Tricycle et chuchotements

ACTUS | Au sortir d’un an et demi de réflexions, concertations et autres négociations effrénées, le voile se lève enfin sur le pôle théâtral baptisé le Tricycle. Ses maîtres d’œuvre nous ont présenté un projet annoncé comme «militant» - c’est tout le mal qu’on lui souhaite. François Cau

Christophe Chabert | Lundi 18 avril 2011

Il y a quinze jours, la convention d'objectifs du Tricycle a été validée en conseil municipal, sa ratification par toutes les parties (dont le Maire) devrait intervenir dans les jours qui viennent. Et la foule en délire de s'exclamer «génial ! mais what the fuck ?». Eh bien il s'agit tout simplement de la réponse, enfin formulée clairement, à la question de savoir ce qu'il allait advenir du Théâtre 145 et du Théâtre de création (pour ce qui est de l'avenir des Barbarins et de leur projet autour du quartier, rendez-vous dans les semaines à venir, mais les perspectives sont a priori bien moins sombres que redoutées).

À partir de la saison prochaine (dès le 23 ou 24 septembre, avec peut-être un événement pour marquer le coup mais rien n'est moins sûr), un collectif d'artistes présidé par Serge Papagalli et comptant dans ses rangs Valère Bertrand, Gilles Arbona, Gregory Faive et Bernard Falconnet va gérer un nouveau pôle théâtral constitué des deux équipements précités. La même foule en délire de s'écrier «Mais s'il y a deux lieux et qu'ils sont cinq, pourquoi le collectif s'appelle le Tricycle ?». Parce qu'à la base, il y avait également la Salle Noire dans le lot et, comme le dit Serge Papagalli, «ce qu'il y a de bien avec le tricycle, c'est que tu restes debout même si tu pars mal» - ce moustachu n'a pas son pareil pour calmer les foules. Y compris quand il s'agit de rectifier le tir du Dauphiné qui annonçait il y a peu son retour en grandes pompes au 145, puisque c'est un peu plus compliqué que cela. Revenons donc en arrière.

La communauté de l'agglo

Dans les premiers mois de son arrivée au poste d'adjointe à la culture, Eliane Baracetti met direct sa popularité sur le tapis en déclarant ne pas vouloir forcément reconduire les Barbarins Fourchus à la tête du Théâtre 145, enchaîne les assertions sur la nécessité de renouveler le paysage, et ce sans jamais remettre en question la présence historique, au hasard, d'un Diden Berramdane à la tête du Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas – ce qui n'a pas forcément toujours été compris, surtout que bilan contre bilan, les choses se discutent du côté des cahiers des charges... Mais voilà, pour les salles du quartier Chorier-Berriat, l'adjointe a une amorce de plan.

En automne 2009, elle contacte sept personnes : Serge Papagalli, Jean-Vincent Brisa, Pascale Henry, Bernard Falconnet, Emilie Le Roux, Grégory Faive et Valère Bertrand. Un club des 7 qu'elle aura choisi selon des critères subjectifs, voire parfois amicaux, mais dans l'idée, le but est de fédérer des personnalités artistiques et des générations différentes pour réfléchir à l'avenir et à l'éventuelle mutualisation de trois lieux : le Théâtre 145, le Théâtre de création et la Salle Nnoire. Valère Bertrand accepte parce qu'il a « senti le traumatisme qu'a laissé l'affaire du Rio dans la ville par rapport aux gens de théâtre. La ville a mal géré, c'est évident, mais – et ce que je dis n'engage que moi – nous, gens de théâtre, l'avons aussi mal géré et appréhendé. On aurait tout à fait pu insister pour qu'un autre lieu naisse. On a quand même gueulé. Et après avoir gueulé, on nous lance cette invitation, on ne peut pas louper un tel rendez-vous ».

Une poignée de réunions plus tard, on se retrouve déjà en juin 2010 et vient le temps pour tout le monde de préciser les choses. Pour l'adjointe à la culture, il y a bien évidemment l'envie d'arrêter de déléguer dans la douleur, surtout après les premières réactions relatives au départ futur des Barbarins, mais aussi la volonté de faire quelque chose de concret du Théâtre de création ; toujours selon Valère Bertrand, « ce lieu ne fonctionnait pas comme ça, je crois qu'Eliane Baracetti était déjà acquise au principe de démunicipalisation ».

Benne et vole

Première réelle étape, rendre un préprojet pour septembre 2010. Le collectif bouge dans sa forme, rectifiant ainsi le caractère arbitraire de sa prime existence, et sollicite Dominique Laidet, Bernard Garnier, Muriel Vernet, Patrick Zimmerman, Gilles Arbona, Marie Brillant, Benjamin Moreau, Jean-Cyril Vadi – certains déclineront, d'autres feront un passage mais ne pourront y rester faute de temps ou de possibilité d'investissement sur un projet au long cours.

La prime volonté de l'adjointe à la culture de créer une sorte de comité de programmation est rapidement balayée (et entraîne du coup le départ de Jean-Vincent Brisa). Écarté aussi le désir formulé par Eliane Baracetti dans nos colonnes de créer un paysage théâtral grenoblois en escalier, avec des débuts au Théâtre de Création pour les compagnies émergentes, puis un accès au plateau du 145, et enfin un sacre au Théâtre Municipal ou à la MC2 pour ceux qui ont vraiment été sages. D'après Valère Bertrand, « ça a été très vite retiré. On a bien vu comment les jeunes qui sont allés à la Maison de la Culture ont été envoyés au casse-pipe et se sont plantés. Il ne s'agit pas non plus de faire un projet grenoblo-grenoblois, mais de mettre en place un théâtre avec son identité. Et les projets qui seront soutenus le seront en amont et en aval, pour renforcer la production et la diffusion ».

La Salle noire sort également du projet, avec là aussi plus d'infos dans les semaines à venir. Dans la foulée, une décision cruciale est prise, entraînant là aussi pas mal de défections : celle de faire travailler les membres du collectif bénévolement pendant cette phase de réflexion mais surtout dans la mise en œuvre du projet, pour lequel ne sera embauché qu'une administratrice – le but étant, après d'âpres négociations avec la municipalité, d'additionner les budgets de fonctionnement du 145 et du Théâtre de création et d'en consacrer « au moins 50% à la création » (comme le fait remarquer Serge Papagalli, « si on s'était fait payer, on aurait au moins consacré 5% à la création »). Ce qui rend, pour ses cinq survivants, le projet farouchement militant, voire utopique, en tout cas inédit.

Fabrique d'utopie

Donc concrètement, chaque saison, le pôle constitué du Théâtre de Ccréation et du Théâtre 145 accueillera entre six et huit créations, avec deux semaines de répétitions et deux semaines de représentations, auxquelles s'ajouteront en plus cinq spectacles en diffusion, le tout avec des conditions d'accueil professionnelles - et donc pas uniquement de rémunérations à la recette.

La programmation sera essentiellement théâtrale (« à 70% »), mais inclura toujours les festivals comme Regards Croisés, Les Arts du Récit, Le Festival de la Marionnette. Enfin, des échanges et partenariats avec les structures du quartier et le Conservatoire à Rayonnement Régional sont prévus. Il n'est pour l'instant pas question que les membres du collectif se programment eux-mêmes ; de son propre chef, la voix du président Serge Papagalli lors des votes ne comptera pas double et le nombre en réunion sera toujours impair.

Dit comme ça, c'est sûr qu'on a envie de faire comme dans les films américains : se lever, taper très fort et très lentement dans les mains pour lancer une salve d'applaudissements vouée à prendre une ampleur exponentielle, avant qu'un tube FM ne vienne recouvrir la bande-son. Reste à voir tout de même la qualité artistique du projet, le maintien de son indépendance vis-à-vis de la municipalité, et si le public qui répondra à l'appel sera toujours aussi varié que celui que les Barbarins avaient réussi à attirer au 145…

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Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Théâtres 145 et Poche : Tricycle va remettre les clés à la Ville

ACTUS | Rendez-vous le mercredi 31 août à 11h30 devant l’hôtel de Ville de Grenoble, à l'invitation du collectif débarqué des deux théâtres du bout du cours Berriat.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 août 2016

Théâtres 145 et Poche : Tricycle va remettre les clés à la Ville

C’était le feuilleton de la saison dernière, dont le dernier acte (ou pas, l'avenir nous le dira) aura lieu mercredi 31 août. « Après la suppression brutale de notre subvention, la convention de Tricycle avec la Ville de Grenoble prend fin. La municipalité dirigée par Éric Piolle, plusieurs fois interpellée, a refusé tout dialogue autour de notre projet et a décidé de municipaliser les Théâtre 145 et Théâtre de Poche jusqu’alors sous la responsabilité du collectif artistique » écrit Tricycle dans un dernier mail qui dénonce également le licenciement des deux salariés de l’association « sans aucune proposition de reclassement ». « Nous proposons à toutes celles et ceux qui pensent qu’une autre politique culturelle est possible de venir le mercredi 31 août à 11h30 sur le parvis de la mairie de Grenoble pour une remise symbolique des clés des deux théâtres. » Deux théâtres qui, on le rappelle, sont maintenant

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Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

ACTUS | Les théâtres 145 et de Poche, qui appartiennent à la Ville de Grenoble mais étaient gérés depuis 2011 par un collectif d'artistes, sont maintenant sous la responsabilité de la directrice du Municipal. Directrice qui vient de dévoiler sa prochaine saison, en compagnie de l'élue aux cultures de la Ville de Grenoble à l'orgine de cette fusion.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

Voilà, c’est affiché clairement sur la plaquette de la prochaine saison du Théâtre municipal de Grenoble dévoilée la semaine dernière à la presse : le 145 et le Poche, théâtres du bout du cours Berriat dirigés pendant cinq ans par le collectif Tricycle, sont maintenant chapeautés par le Théâtre municipal, qui dispose ainsi de trois plateaux de jauges différentes (660, 240 et 150 places) pour l’ensemble de ses propositions artistiques. Même si cette réunion n’est visiblement pas encore définitive, comme l’a précisé l’élue aux cultures Corinne Bernard – « il faut qu’on trouve ensemble un chemin pour que tout le monde soit satisfait » (certains lui reprochent cette municipalisation de la culture). Sinon, niveau chiffres, il y aura la saison prochaine 90 levers de rideau sur les trois plateaux pour 48 spectacles en tout et 18 compagnies en résidence de création (principalement au 145 et au Poche). « La pari a été réussi » assure Corinne Bernard, évoquant

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Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

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PB d'or 2015 : bonus

ACTUS | Cette année à Grenoble, on a notamment eu droit à de la politique culturelle difficile à suivre et de l'art contemporain dans la tourmente.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : bonus

Le PB d’or du truc qu’on regarde d’un œil depuis longtemps sans toujours vraiment comprendre ce que c’est : la politique culturelle de la Ville de Grenoble Bon, on ne va pas encore tirer sur l’ambulance, mais quand même… On a pourtant essayé de comprendre, on est allés à tous les "chantiers de la culture" organisés par la mairie, on a disséqué toutes les paroles publiques du maire Éric Piolle et, surtout, de son adjointe aux cultures Corinne Bernard… Pourtant, rien n’y fait, on ne comprend toujours pas où ils veulent aller quand ils parlent de culture – la chasse aux gros ? le local à tout prix ? la culture jugée élitiste à la poubelle ? (oui, on se pose les mêmes questions que l’an passé). Et on n’est visiblement pas les seuls, le milieu culturel grenoblois, qui avait énormément soutenu Éric Piolle pendant la campagne des municipales de 2014, semblant lui aussi de plus en plus remonté après diverses décisions municipales abruptes – comme

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Grenoble : une pétition nationale contre « la liquidation programmée du Tricycle »

ACTUS | Les signataires, dont pas mal de grands noms du spectacle vivant et de la culture en France (Olivier Py, Maguy Marin, Anne Alvaro...), s’opposent à la décision du maire Éric Piolle et de son équipe de reprendre le Théâtre 145 et le Théâtre de poche en régie directe.

Aurélien Martinez | Mercredi 9 décembre 2015

Grenoble : une pétition nationale contre « la liquidation programmée du Tricycle »

On avait évoqué en octobre la décision de la Ville de Grenoble d’arrêter l’aventure Tricycle, du nom du collectif d’artistes qui gère le Théâtre 145 et le Théâtre de poche ; le projet municipal étant de reprendre les deux lieux en régie directe au sein d'un ensemble plus vaste incluant le Théâtre municipal de Grenoble (tout est résumé ici). Un dossier symbolisant la rupture entre la Ville et beaucoup d'artistes grenoblois. Une pétition vient d’être lancée pour s’opposer à « cette décision brutale ». Extrait : « Le légitime souci de "la culture pour tous" est, hélas, devenu l’alibi populiste pour refuser de penser et de considérer les spécificités de l’art et de la fa

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La Ville sort le Tricycle du Théâtre 145 et du Poche

ACTUS | Depuis quatre ans, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche sont gérés par un collectif d’artistes (baptisé Tricycle) dont le cœur du projet est la création théâtrale contemporaine locale. Une aventure qui pourrait s’arrêter à la fin de la saison, la Ville de Grenoble ayant décidé de reprendre en régie directe ces deux lieux lui appartenant, pour les inscrire dans un ensemble plus vaste. On fait le point. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 12 octobre 2015

La Ville sort le Tricycle du Théâtre 145 et du Poche

Ces derniers mois, on entendait pas mal de bruits sur l’avenir incertain du Tricycle, ce collectif d’artistes gérant depuis 2011 le Théâtre 145 et le Théâtre de poche dans le but « d’encourager la création de spectacles à travers des résidences d’artistes ». Est-ce que l’équipe Piolle voulait poursuivre ce projet lancé par l’équipe Destot, projet que l’adjointe aux cultures Corinne Bernard avait même loué dans nos colonnes en arrivant aux affaires – « Il y a 88 compagnies de spectacle vivant à Grenoble, et une dizaine de lieux. Doit-on continuer à donner les clés à un seul artiste ? Sur cette question, l’expérimentation du Tricycle est tellement bonne qu’il faut peut-être continuer comme ça. » Ça c’était en septembre 2014. Depuis, le collectif a eu peu de contacts avec la nouvelle municipalité malgré leurs nombreuses demandes. La dernière présentation de saison s’est dér

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Les bâtisseurs d'avenir

SCENES | Alors que sera lancée jeudi soir la quatrième saison du Tricycle, on s’est une fois de plus penchés sur ce projet audacieux qui demande néanmoins toujours d’être expliqué. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 septembre 2014

Les bâtisseurs d'avenir

« Trois ans déjà » comme l’écrit Gilles Arbona, l’un des artistes à la tête du collectif Tricycle, dans l’édito de la nouvelle plaquette. Trois ans pendant lesquels l’idée d’un théâtre (ou plutôt de deux – le 145 et le Poche) dédié à la création théâtrale s’est affinée. Depuis, l’équipe aux commandes s’est dotée d’un projet spécifiant ses missions – il est disponible en fin de plaquette. Hélène Gratet, autre membre du collectif (aux côtés de figures grenobloises variées comme Serge Papagalli, Grégory Faive, Bernard Falconnet...) nous le résume : « On est partis des trois premières années d’expérience. On a commencé à le mettre en place cette saison, autour de trois axes forts : l’expérimentation, les écritures contemporaines et la pluralité des esthétiques. » Avec toujours un principe : faire de la création en aidant les artistes qui, sans l’aide du Tricycle, ne pourraient pas montrer leur travail – d’où l’absence de grosses têtes d’affiche, même locales, dans la programmation. Pour info, le collectif

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Chansons de gestes

MUSIQUES | Un énième festival de chanson ? Mouais... Sauf que celui du Tricycle, qui aura lieu du vendredi 7 au samedi 15 décembre au Théâtre de poche et au Théâtre 145, (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 28 novembre 2012

Chansons de gestes

Un énième festival de chanson ? Mouais... Sauf que celui du Tricycle, qui aura lieu du vendredi 7 au samedi 15 décembre au Théâtre de poche et au Théâtre 145, s’intitule Chants libres. Et, surtout, est sous-titré « un espace théâtral dédié à la chanson à voir ». Comprendre par là que les artistes qui pousseront la chansonnette sont avant tout des hommes et des femmes de théâtre, ce qui produira un léger décalage fort appréciable. Le premier soir, on découvrira ainsi Gueules de nuit, spectacle où trois comédiennes interprètent Barbara. Plus tard, les trublions Oskar et Viktor (photo), et leur approche décomplexée du répertoire français, seront de la partie. Et l’on assistera avec plaisir à une nouvelle représentation du maintenant incontournable Disque usé, cabaret déglingué porté par trois « chatoyantes » hautes

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Sacrée Marie-Christine !

SCENES | On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 21 septembre 2012

Sacrée Marie-Christine !

On vous en parlait dans notre Panorama de rentrée consacré au spectacle vivant : le Tricycle, soit l’ensemble comprenant le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche, va entamer sa deuxième année d’exercice, après une première en dents de scie – le collectif à la tête du projet le reconnaît aisément. L’ouverture de saison de ce week-end s’apparente donc à un premier test. Pour le réussir, l’équipe a choisi de confier la difficile tâche du spectacle inaugural à la jeune comédienne grenobloise Émilie Geymond, qui présentera son solo Un petit moment en compagnie de Marie-Christine Duval. Soit une dame d’un certain âge qui arrive sur le plateau par hasard, et qui ne le quittera plus quarante-cinq minutes durant. On a pu assister à une générale la semaine dernière : malgré le nombre restreint de spectateurs dans la salle, la rencontre entre Marie-Ch

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Qui se cherche se trouve ?

SCENES | En décembre dernier, nous décernions un award du lieu qui se cherche au Tricycle, le collectif d’artistes locaux qui, poussé par la mairie, reprenait le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche. Alors que l’équipe aux commandes va entamer sa deuxième saison, a-t-elle affiné son projet ? Il semblerait que oui... Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 10 septembre 2012

Qui se cherche se trouve ?

« Je ne sais pas si l’on s’est trouvés, mais nous, on a trouvé des trucs en tout cas ! » explique Grégory Faive, jeune metteur en scène membre du collectif Tricycle. « On avait pris votre remarque avec beaucoup d’humour, parce que c’était vrai. Mais l’année qui vient laisse augurer du bon ! » À la lecture de leur nouvelle plaquette de saison, on ne peut qu’acquiescer : le propos semble plus lisible. Les historiques Grégory Faive, Gilles Arbona, Bernard Falconnet et Serge Papagalli (Valère Bertrand a quitté l’aventure), rejoints par d’autres, ont donc revu leur copie. « On s’était astreint un cahier des charges beaucoup trop ambitieux par rapport à nos moyens plus qu’à nos envies. On a donc recentré notre travail de programmation principalement sur l’aide à la résidence de projets où il y a évidemment de l’émergence, mais où surtout l’implication du Tricycle est décisive. » « Très compliqué » Flash back : en septembre 2011, le Tricycle voit le jour dans des conditions qui ne sont pas les meilleures possibles. « Ça a été très compliqué, d’abord parce que se sont juxtaposés l’arrivée du Tricycle et le départ des Barbarins [ces d

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Awards 2011 théâtre

SCENES | L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 16 décembre 2011

Awards 2011 théâtre

L’award du meilleur spectacle de l’année… voire plus : Notre terreur Car oui, des créations comme celle du collectif parisien D’ores et déjà, découvert au printemps à la MC2, on n’en voit malheureusement pas tous les jours. Leur Notre terreur, relecture des derniers jours de Robespierre en s’axant sur l’exercice du pouvoir d’une poignée de révolutionnaires propulsée à la tête du Comité de salut public, fut un acte théâtral d’une très grande force, élaboré avec une méthode singulière nourrie d’improvisations. D’où, à l’époque, notre titre de Une on ne peut pluspéremptoire : « ça c’est du théâtre » ! L’award du lieu qui se cherche : Le Tricycle C’est l’idée qui avait occupé les théâtreux grenoblois pendant au moins un an : la volonté de la municipalité de co

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Et c’est parti…

SCENES | Samedi soir aura lieu l’évènement que tout le milieu théâtral grenoblois attend fébrilement (certains avec bienveillance, d’autres avec méfiance) depuis que (...)

François Cau | Lundi 19 septembre 2011

Et c’est parti…

Samedi soir aura lieu l’évènement que tout le milieu théâtral grenoblois attend fébrilement (certains avec bienveillance, d’autres avec méfiance) depuis que le projet a été impulsé par la mairie il y a de ça plus d’un an : la soirée d'ouverture du Tricycle, collectif d’artistes regroupant Serge Papagalli, Valère Bertrand, Gilles Arbona, Bernard Falconnet et (le beaucoup plus jeune que les quatre autres) Gregory Faive. Une association qui s’est vue confier la programmation du nouveau pôle théâtral regroupant le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche (ex Théâtre de création). Leur positionnement ? Le « mais pas que ». Comprendre que l’on croisera principalement des Grenoblois, « mais pas que »… ; principalement des jeunes créateurs, « mais pas que »… ; principalement du théâtre, « mais pas que »… Le tout dans le but de « requestionner la production et le soutien à la création » au sein d’une scène locale qui, au fil des années, en a vu de belles (depuis la fermeture du Rio jusqu’aux récentes coupes budgétaires). Dans le but de dynamiser et pérenniser les forces en présence, l’équipe aux commandes (qui n’a pas vocation à squatter le plateau

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Départ en fanfare

CONNAITRE | Avant de se voir remplacés par l’équipe du Tricycle dès la saison prochaine, les Barbarins Fourchus animent une ultime fois le Théâtre 145, le temps d’une semaine où se croiseront invités prestigieux, animations cintrées, folies barbarines et gens du quartier. François Cau

François Cau | Vendredi 3 juin 2011

Départ en fanfare

Avec le recul, une fois passés les multiples courants contraires consécutifs à l’annonce de leur départ irrévocable du Théâtre 145 après dix années de bons et loyaux services, l’équipe des Barbarins Fourchus n’a pas bu la tasse. L’épreuve a soudé l’équipe, l’a poussé à se recentrer sur son projet artistique – les plus optimistes d’entre eux parlent même à présent d’une contrainte stimulante (et personne n’a menacé de s’immoler par le feu dans le bâtiment). Leur aide de fonctionnement à l’année en tant que compagnie (15000 euros) n’a pas bougé, et le conseil municipal devrait trancher en juillet leur obtention de la Salle Noire comme lieu de répétition et résidence, voir plus si possibilités. Oh, bien sûr, au détour de “quelques“ phrases, on perçoit des touches d’amertume, des interrogations légitimes sur la pérennité de leur approche d’un outil culturel qu’ils ont su, durant toute leur convention avec la ville, ouvrir à des publics qui n’auraient jamais osé y mettre un ongle d’orteil par peur qu’on l’arrache et qu’on se moque de son indigence. « Ce qu’on a fait ici, c’est du populaire, de l’accessible à tout le monde. On a assumé ça avec un axe social évident, dont l’artiste, à

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Grenoble : attention, chantiers

CONNAITRE | Théâtre / Enjeu décisif de l’orientation de la ville en termes de politique culturelle, le devenir du Théâtre 145 ne manque pas de centraliser toutes les inquiétudes quant à la sauvegarde d’une certaine conception de la démocratisation culturelle… François Cau

François Cau | Lundi 12 avril 2010

Grenoble : attention, chantiers

Rappel pour les distraits : en décembre prochain, la convention entre les Barbarins Fourchus et la Ville de Grenoble, qui confiait aux premiers la gestion et l’animation du Théâtre 145, prendra fin. Les artistes, après avoir encaissé le coup, ont bien volontiers admis que le renouvellement, au bout de dix années d’activité, pouvait avoir du bon. Via leur réunion publique du 18 mars dernier, les joyeux cabotins ont bien pris soin de ne pas personnaliser le débat : comme l’a exprimé en introduction l’aîné de la bande, Lino, en bondissant d’un fauteuil roulant avec un panache certain, les Barbarins sont réputés pour leur caractère inoxydable. Non, ce qui les inquiète, eux et bon nombre d’habitués du lieu, c’est le maintien de leur travail de médiation au sein du quartier Berriat St-Bruno, dont la qualité a d’ailleurs été reconnue par la Ville. Via des ateliers, rencontres, animations pour tout public (telles que les bals ou les cinémas de quartier), les Barbarins ont réussi à décomplexer ceux qui n’auraient jamais franchi les portes du théâtre en s’imaginant à tort que cette culture n’est pas pour eux. Un travail dont les Barbarins n’ont pas manqué de souligner l’importance toujour

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