La mort leur va si bien

CONNAITRE | Avec un Tramway nommé culture, structure qui s'occupe de la vie culturelle du campus, on est certains d'être transportés à chaque fois dans de nouvelles contrées. Et ce n'est pas la neuvième édition de son festival thématique annuel, gratuit et ouvert à tous, qui va déroger à la règle. Encore plus frissonnant qu'un livre de "Chair de poule", l'événement 2015 s'annonce "Mortel" ! Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 24 mars 2015

Mardi 24 mars, le campus grenoblois et une partie de la ville risquent fort bien de se retrouver dans les limbes, mais de façon artistique et amusante. Pour sa neuvième édition, le festival thématique du service culturel de l'Université Grenoble Alpes a décidé d'être "mortel". Il y a de quoi grincer des dents et être ébahi de ne pas avoir vu passer ces neuf années.

Julien Wegner, chargé de l'organisation (à gauche sur la photo) : « Le festival est né en 2006. À l'époque, l'idée était que la programmation culturelle de l'université, assurée par le Tramway nommé culture, soit complétée par une proposition qui permettrait aux étudiants de participer par le biais d'appel à projets. La forme festival s'est vite imposée avec l'envie que l'événement soit thématique. » Voilà donc quasiment une décennie que la joyeuse équipe du TNC organise chaque année son festival, en passant par différents thèmes (la folie, le poil, l'interdit...), avec l'objectif de créer une émulsion artistique sur le campus et ailleurs.

Mais au-delà du simple appel à projets, l'événement offre une véritable opportunité aux élèves en les mettant en lien avec les différentes structures culturelles de la ville. « Chaque fois on essaye, autant que possible, de réunir une proposition estudiantine, une structure culturelle et une forme d'art. On sollicite des étudiants et on les connecte avec un établissement. Par exemple, au Muséum, il y aura une déambulation théâtralisée dans les collections. L'idée est de récupérer des lieux et de les exploiter dans un autre format, ce qui donne souvent des projets originaux et décalés. C'est un peu notre plus-value. » Une façon stimulante et intéressante de réveiller les neurones parfois engourdis de la population de l'université, tout en sortant du cadre habituel puisque le festival se balade aussi en ville.

Pour tous les mortels

Et quand il arrive en ville, il ne fait pas les choses à moitié. Cette année, la manifestation sera donc au Muséum, mais aussi au Musée de Grenoble, au Musée dauphinois, à Spacejunk, à l'Hexagone... Bref, il y aura de la mort à chaque recoin. Et pour tout le monde, car bien que cette proposition soit attachée à l'université, le TNC insiste sur le fait qu'il s'agit d'un événement grand public.

« On s'adresse principalement aux étudiants par la force des choses comme on fait beaucoup de communication sur le campus. Mais le festival est aussi partout en ville, gratuit et ouvert à tout le monde. On essaye d'ouvrir les étudiants à la culture en dehors de la fac mais ça vise aussi l'ensemble des habitants ». Un public que l'équipe souhaite donc large, pour une programmation variée et un thème toujours renouvelé.

En 2015, c'est donc "mortel". « À la fin de chaque année culturelle, l'équipe se réunit pour faire le bilan et réfléchir à la prochaine édition. C'est à ce moment-là qu'on a eu vent que le Musée dauphinois organiserait l'exposition Confidences d'outre-tombes. Comme dans le cadre du festival on travaille beaucoup avec eux, on s'est dit que si on faisait un thème "mortel", ça permettrait de faire un lien avec leur proposition. La soirée de clôture aura ainsi lieu au Musée dauphinois, le mercredi 1er avril, et au-delà de ce que nous avons prévu, on en profitera aussi pour faire visiter l'exposition. »

Rien de néfaste

Des visites, du théâtre, des concerts, du ciné... : la programmation est variée pour mieux vous servir. Mais il y a certains incontournables. « Selon nous, tout est intéressant, forcément, mais disons que dans les grands rendez-vous, il y a la nocturne des étudiants au Musée de Grenoble [événement phare de l'établissement qui propose ce soir-là des visites insolites dans tout le musée – NDRL]. C'est eux qui l'organisent et nous, on s'occupe de la programmation en dernière partie de soirée de 23h à 1h. Il y aura un concert de l'Orchestre du campus de Grenoble dans la galerie centrale du musée. Ils joueront Le Sacre du printemps de Stravinsky, accompagnés de Benjamin Kuperberg qui remixera certains extraits avec des sons électroniques. C'est un des enjeux de la manifestation : créer des mélanges avec ici une composante classique et des intermèdes un peu électro pour rehausser l'ensemble.»

Il continue : « Et puis il y aura la clôture au Musée dauphinois : une soirée autour de l'esthétique de la fête des morts avec les traditions mexicaines très colorées, assez joyeuses. Une fanfare jazz fera une procession funéraire depuis la Maison de l'international pour ramener les gens jusqu'au musée. Une fois arrivé, il y aura un un concert du groupe mexicain Andariego et les tatoueurs de chez Black Sheep, installés dans la chapelle, qui vont tatouer en direct. C'est une sorte de performance. » Un déroulé chargé mais palpitant, mené par la petite équipe du festival, pour une semaine résolument mortelle.

Festival Mortel !, du mardi 24 mars au mercredi 1er avril, dans divers lieux de Grenoble et de l'agglo


Nocturnes des étudiants

Performances, visite insolite et concert de l'Orchestre des Campus de Grenoble accompagné de Benjamin Kuperberg
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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