Le Printemps du livre avant l'heure

Aurélien Martinez | Mardi 8 mars 2016

Du 30 mars au 3 avril aura lieu le Printemps du livre de Grenoble. Mais pour se familiariser en amont avec les auteurs invités cette année (Hédi Kaddour, Judith Perrignon, …), rendez-vous dès le mercredi 9 mars à l'Espace Printemps installé dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine. Pour quoi faire ? Lire bien sûr (dans des chaises longues) mais aussi échanger des bouquins ou en parler dans un vidéomaton. Ludique, oui.

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Le Printemps du livre : « C'est génial de fédérer autant d'auteurs dans un si bel endroit »

CONNAITRE | Depuis 2015, le Printemps du livre a établi son camp de base dans le Musée de Grenoble, ce qui a dû vous changer… Carine D’Inca : Oui, et c'est (...)

Aurélien Martinez | Lundi 18 mars 2019

Le Printemps du livre : « C'est génial de fédérer autant d'auteurs dans un si bel endroit »

Depuis 2015, le Printemps du livre a établi son camp de base dans le Musée de Grenoble, ce qui a dû vous changer… Carine D’Inca : Oui, et c'est génial de fédérer autant d'auteurs dans un même endroit ! Même si je dois dire que quand la Ville nous a annoncé qu'on quittait le chapiteau du Jardin de Ville qui tenait lieu de librairie, j'ai été un peu réticente comme j'avais le sentiment qu'on allait perdre une manière de capter un public qui venait par hasard. Mais très vite, quand on nous a expliqué que le nouvel endroit serait le Musée de Grenoble, l'un des plus beaux de France, on s'est dit que ça allait ouvrir de nombreuses perspectives. Et je n'avais pas mesuré à quel point ce serait vrai. En quoi ce déménagement a-t-il influé sur la programmation ? Pour moi, il était évident qu'il fallait qu'on trouve du sens au fait qu'un festival littéraire s'installe dans un musée dit des beaux-arts : il ne fallait pas qu’on habite le lieu comme si c'était une salle des fêtes quelconque. Notre chance a été d'avoir des interlocuteur

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

CONNAITRE | Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : (...)

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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Printemps du livre : un "speedbooking" ce jeudi

CONNAITRE | Le Printemps du livre est un moment fort pour tout amateur de littérature. Sauf que, parfois, nous nous retrouvons face à des auteurs que nous ne (...)

Aurélien Martinez | Lundi 20 février 2017

Printemps du livre : un

Le Printemps du livre est un moment fort pour tout amateur de littérature. Sauf que, parfois, nous nous retrouvons face à des auteurs que nous ne connaissons pas ou dans des rencontres causant de livres qui ont l'air passionnants mais que nous n'avons pas lu… Pour remédier à ça (si tant est qu'il faille y remédier – la découverte lors du Printemps de textes ou de personnalités est aussi agréable), l'équipe du festival organise ce jeudi 23 février à 18h30 à la Bibliothèque centre ville un speedbooking. C'est-à-dire ? « De table en table, vous choisissez un livre et un membre de l’équipe du Printemps vous le présente en quelques minutes pour vous donner envie de le lire ou d’en choisir un autre ! En une soirée vous saurez tout sur la 15e édition du Printemps du livre. » D'accord. Vous pourrez donc vous frotter à des univers comme celui de François Begaudeau, Magyd Cherfi,

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Détroit s'invite au Printemps du livre

CONNAITRE | Vidée de ses habitants, jonchée d’immeubles en ruines et de friches industrielles en déliquescence, et frappée par une criminalité galopante, la ville américaine (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 mars 2016

Détroit s'invite au Printemps du livre

Vidée de ses habitants, jonchée d’immeubles en ruines et de friches industrielles en déliquescence, et frappée par une criminalité galopante, la ville américaine de Détroit, ancienne capitale de l’automobile et foyer musical majeur du XXe siècle, évoque désormais un décor de science-fiction. Symbole passé de la révolution industrielle américaine sombré dans un délabrement démographique, économique et social sans précédent, elle n’en exerce pas moins un potentiel de fascination unique sur les journalistes, photographes, cinéastes et romanciers qui trouvent dans sa déréliction massive, mais aussi son exceptionnel potentiel de résilience, une source d’inspiration de premier choix. C’est notamment le cas de Thomas B. Reverdy, qui l’a choisie pour cadre et quasi-protagoniste de son dernier roman Il était une ville, de Judith Perrignon, auteur pour le magazine XXI d’un reportage sur les les jardins communautaires de la « Motor City », ou encore du photographe Guillaume Rivière qui la présente dans son exposition Détroit : Décomposition, recomposition. En marge de leur venue respective au

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Sur un air de Printemps (du livre)

CONNAITRE | Oui, la programmation du Printemps du livre 2016 questionne. Car si les manifestations littéraires invitent souvent des grands noms qui jouent (...)

Aurélien Martinez | Mardi 29 mars 2016

Sur un air de Printemps (du livre)

Oui, la programmation du Printemps du livre 2016 questionne. Car si les manifestations littéraires invitent souvent des grands noms qui jouent involontairement les têtes de gondole (Virginie Despentes, Édouard Louis, Emmanuel Carrère et Christine Angot début mars à la Fête du livre de Bron ; Éric Reinhardt et la goncourisée Lydie Salvayre l’an passé au Printemps du livre), la liste des auteurs de cette année n’en met pas plein la vue – même si quelques noms sortent du lot (on y reviendra). Un choix (volontaire ?) qui, paradoxalement, ouvre un beau champ des possibles puisque le lecteur vorace comme le néophyte pourra partir à la découverte des différents univers proposés sans que certains en phagocytent d’autres. Une liberté de cheminement accordée au public matérialisée jusque dans l’abandon de la thématique annuelle qui guidait les précédentes éditions – "Avec le temps" en 2015. Le sujet est le livre, pas besoin d’en rajouter semble nous asséner le Printemps. D’accord, pas la peine de crier. Des mots et des œuvres

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Haut les mots avec le Printemps du livre

CONNAITRE | Printemps du livre, treizième édition, sous-titrée « avec le temps ». Avec toujours l’envie de faire se rencontrer les auteurs qui posent un (...)

Aurélien Martinez | Mardi 24 mars 2015

Haut les mots avec le Printemps du livre

Printemps du livre, treizième édition, sous-titrée « avec le temps ». Avec toujours l’envie de faire se rencontrer les auteurs qui posent un regard précis sur le monde (comprendre : pas les auteurs de supermarché) et les lecteurs dont la découverte avec les œuvres est plutôt solitaire. Une démarche cette année renforcée par une donnée a priori pas très enthousiasmante : la fin du traditionnel chapiteau du Jardin de ville faute de budget (ça coûtait un bras cette affaire). Mais l’équipe du Printemps a finalement trouvé une solution de repli tout aussi séduisante (voire plus) : investir le prestigieux Musée de Grenoble pendant tout le week-end et ainsi faciliter les échanges entre les participants. L’ensemble des auteurs invités sera ainsi de la partie au cours de ces deux jours où l’entrée des lieux sera complètement libre, que vous soyez lecteur ou non. Mais comme chaque année, le Printemps se déroulera aussi dans de nombreux autres endroits de la ville et de l’agglo : dans des bibliothèques (forcément), des librairies (forcément aussi), des lieux culturels (la salle Juliet Berto, le Théâtre municipal, le Petit Angle…), des écoles… Outre les traditi

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Qui es-tu Printemps du livre?

CONNAITRE | Le Printemps du livre, à quoi ça sert ? Carine d’Inca : Ça sert à beaucoup de choses : créer du lien social, inciter à la lecture, soutenir la création littéraire (...)

Aurélien Martinez | Mardi 8 avril 2014

Qui es-tu Printemps du livre?

Le Printemps du livre, à quoi ça sert ? Carine d’Inca : Ça sert à beaucoup de choses : créer du lien social, inciter à la lecture, soutenir la création littéraire et l’économie du livre, mettre en avant des auteurs y compris ceux de la région... C’est un espace de réflexion et de convivialité autour du livre. Quel était l’objectif à la création du festival, en 2003 ? Depuis le début, le Printemps fait le lien entre littérature et réalité. C’est une manière de montrer comment les livres enrichissent notre réflexion, non seulement sur le monde mais aussi sur nous-mêmes. Et depuis ? C’est le même objectif, mais le festival a évolué. Auparavant, nous favorisions les rencontres avec plusieurs écrivains. C’était parfois frustrant. Nous veillons aujourd’hui à ce que chaque auteur invité ait, en plus de ses rencontres croisées, un temps à lui, avec son public. Les lecteurs peuvent le questionner et il répond en toute sérénité. Ce moment de rencontre privilégié fait la force et l’originalité du Printemps du livre de Grenoble. Le Printemps s

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« Je ne connais aucun adverbe Kickapoo »

CONNAITRE | Vous êtes un auteur assez "neuf" en France puisque vos livres n'y sont publiés que depuis 2012 et la série des Jeremy Cook depuis l'an dernier. Or, Le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 avril 2014

« Je ne connais aucun adverbe Kickapoo »

Vous êtes un auteur assez "neuf" en France puisque vos livres n'y sont publiés que depuis 2012 et la série des Jeremy Cook depuis l'an dernier. Or, Le Linguiste était presque parfait date de 1980 et Une putain de catastrophe de 1990. N'aviez-vous pas peur qu'ils paraissent datés ? David Carkeet : Excellente question. Les trois livres de la série Jeremy Cook, qui étaient épuisés, ont été réimprimés en 2010 aux États-Unis en même temps que From Away [La Peau de l'Autre, Seuil, 2012], mon dernier livre. J'en ai profité pour retravailler Le Linguiste.... Trente ans avaient passé depuis sa première publication et il y avait quelques questions de style et d'intrigue avec lesquels je n'étais plus vraiment en accord. Après tout, c'était ma première expérience d'écrivain, c'est à peine si je savais ce que je faisais à l'époque (rires). Mais je n'ai pas voulu toucher à son co

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L'auteur était presque parfait

CONNAITRE | Au début du Linguiste était presque parfait, le « génie en résidence » Jeremy Cook est chargé de faire visiter à un journaliste l'Institut Wabash, une crèche (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 avril 2014

L'auteur était presque parfait

Au début du Linguiste était presque parfait, le « génie en résidence » Jeremy Cook est chargé de faire visiter à un journaliste l'Institut Wabash, une crèche expérimentale de l'Indiana où d'illustres linguistes soumettent les « areuh-areuh » de bambin à des études sur la naissance du langage. Lorsque le journaliste lui demande s'il peut lui présenter ses collègues, Cook répond « Allons plutôt les voir. Les mots ne leur rendraient pas justice ». Ce qui pourrait être la réponse à la question : « Quel est le comble pour des linguistes ? ». En une ligne, David Carkeet annonce la couleur : les membres de l'Institut Wabash ne sont qu'une bande de farfelus totalement en rupture avec la réalité et Cook ne vaut guère mieux. Il est totalement à côté de la plaque dès lors qu'il ne s'échine pas à percer le mystère de la signification du « mboui ! » régulièrement énoncé par le jeune Wally. Il lui faudra pourtant en résoudre deux autres : pourquoi a-t-on retrouvé l'un de ses

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C’est notre choix

CONNAITRE | Qui ? Jakuta Alikavazovic Quoi ? Entre essai érudit sur l’art, la création ou la conservation et le feuilleton vaudevillesque décapé et décapant, La Blonde et (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 5 avril 2013

C’est notre choix

Qui ? Jakuta Alikavazovic Quoi ? Entre essai érudit sur l’art, la création ou la conservation et le feuilleton vaudevillesque décapé et décapant, La Blonde et le bunker offre une aventure romanesque réjouissante. Histoires d’amour ambigües, enquête sur une mystérieuse collection d’art, personnages unis par des liens peu communs : tout ici peut s’enorgueillir de distiller du mystère. Réjouissant disions-nous… Où ? Vendredi 12 avril à 14h30 (Bibliothèque centre-ville), samedi 13 avril à 16h (Petit angle), dimanche 14 à 10h30 (Petit angle) et 17h30 (Bibliothèque centre-ville) -------- Qui? Patrick Deville Quoi? Son roman Peste & Choléra, qui sera lu par Denis Lavant (article ici) Quand? Samedi 13 avril à 20h (Théâtre municipal) --------

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Ce vieux rêve qui bouge

CONNAITRE | Ne serait-ce que parce que l'incitation à la lecture est déjà une spectaculaire opération de salubrité publique, il faut louer des manifestations comme le (...)

François Cau | Dimanche 25 mars 2012

Ce vieux rêve qui bouge

Ne serait-ce que parce que l'incitation à la lecture est déjà une spectaculaire opération de salubrité publique, il faut louer des manifestations comme le Printemps du Livre. L'équipe de Grenoble Ville Lecture, en précieux partenariat avec les bibliothèques de Grenoble et sa flamboyante agglo, pousse le lecteur impénitent dans ses derniers retranchements en lui soumettant moult rencontres avec des plumes aguerries ou fraîchement révélées des scènes littéraires françaises et, cette année particulièrement, internationales ; et prolonge le plaisir avec des spectacles, des lectures et autres animations, tout en maintenant une permanence sous chapiteau au Jardin de Ville. Alors après, bien sûr, on peut pinailler sur la prog. Regretter que le cru 2012 soit exsangue du côté du polar ou de la science-fiction (ce dernier genre drainant malheureusement trop peu de curieux), qu'il laisse un peu de côté le neuvième art (avec quelques notables exceptions, comme la présence de Samuel Ribeyron pour ses Super Beige), ainsi que la poésie ou le théâtre, ou enfin qu'il ne compte pas dans ses rangs Régis Jauffret pour son monstrueux Claustria

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L’enfant du rock

CONNAITRE | Déjà invité l’an dernier pour présenter son Sang des âmes, Theo Hakola est donc de retour cette année, avec dans sa besace un singulier cadeau : une adaptation (...)

François Cau | Lundi 11 avril 2011

L’enfant du rock

Déjà invité l’an dernier pour présenter son Sang des âmes, Theo Hakola est donc de retour cette année, avec dans sa besace un singulier cadeau : une adaptation musicale et théâtralisée de sa Valse des affluents, relecture de La Chartreuse de Parme stendhalienne située en plein Idaho. Quand on connaît le talent littéraire et musical de cet irrésistible touche-à-tout, on se dit que le résultat sera fatalement à la hauteur de ses promesses chaloupées. Agitateur des groupes Orchestre rouge et Passion Fodder dans les années 80, il fait cavalier seul dès le début de la décennie suivante – non sans avoir présenté aux gens de chez Barclay un petit groupe bordelais nommé Noir Désir. Sans perdre de vue l’horizon musical (il compose toujours aujourd’hui ; son dernier titre en date, Fox News is my muse, est une satire épique de 7 minutes de la fameuse chaîne info américaine), Theo Hakola se diversifie, se lance dans la rédaction d’articles pour différentes supports américains et français, tâte de la radio, se jette dans la mise en scène théâtrale, réalise quelques albums, apparaît au cinéma chez Christophe Honoré (dans Ma Mère), tout en approfondissant son goût pour la culture française. Après

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Le printemps, mode d’emploi

CONNAITRE | Pour sa neuvième édition, la manifestation littéraire phare de la sulfureuse agglomération grenobloise a donc choisi de se focaliser sur la thématique En quête (...)

François Cau | Lundi 11 avril 2011

Le printemps, mode d’emploi

Pour sa neuvième édition, la manifestation littéraire phare de la sulfureuse agglomération grenobloise a donc choisi de se focaliser sur la thématique En quête d’origines. Un axe suffisamment large pour pouvoir embrasser goulûment de vastes spectres des écritures contemporaines, majoritairement francophones, mais également venues d’ailleurs avec quelques invités internationaux de marque comme Alan Duff, John Burnside ou le mexicain David Toscana. On peut enfoncer des portes ouvertes et parler de sujet particulièrement bien vu en nos temps troublés, ce qui serait vrai, mais ce serait nier une bonne partie du boulot accompli pour célébrer la polysémie du terme “origine“, sa multiplicité d’angles possibles, souvent envisagés avec force originalité. Pour se raccorder au thème de cette édition 2011, les auteurs retenus par l’équipe du Printemps en appellent à la veine autobiographique (Didier Eribon, Annie Ernaux…), à l’extrapolation fictionnelle (Alain Fleischer - photo, Robert Bober…), mixent parfois même les deux (Philippe Forest), sans oublier les précieuses contributions scientifiques ou les plumes, nombreuses cette année encore, honorant les jeunes publics. L’essentiel de l’événem

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Littérature mon amour

CONNAITRE | Septième édition pour le Printemps du livre de Grenoble, qui confirme la position centrale de cette manifestation culturelle dans l’agglo, sorte de place (...)

François Cau | Vendredi 20 mars 2009

Littérature mon amour

Septième édition pour le Printemps du livre de Grenoble, qui confirme la position centrale de cette manifestation culturelle dans l’agglo, sorte de place to be incontournable pour qui aime les mots et les partager. Vu son âge, le Printemps peut donc se permettre de se rebeller, ce qu’il nous fait avec brio cette année : désobéissance, insoumission, résistance et révolte seront, nous dit-on, les maîtres mots de cette édition 2009. En cette période socialement agitée, il n’en fallait pas plus pour nous attirer dans ce monde magique de la littérature, nous, sorte de rebelles cachés au fond de nos abris. Des auteurs spécialisés en rébellion au sens large du terme ont donc répondu présent. Citons en vrac l’Afghan Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008 avec Syngué Sabour, la féministe Gisèle Halimi, le toujours poétique William Cliff ou encore le local de l’étape Franck Pavloff, tous en révolte perpétuelle. La rébellion en marche Et ça tombe bien, car c’est exactement ce que l’on attend d’un artiste : ne pas accepter les conventions, dynamiter l’ordre établi, questionner en permanence notre monde, le retourner dans tous les sens pour mettre en lumière ses c

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«L'idée de nation est obsolète»

CONNAITRE | Dans les Dépossédés, vous parlez de l'échec d'écrire sur la pauvreté. Robert McLiam Wilson : Ce livre c'est une réponse, un hommage. Je ne suis ni un expert, ni (...)

Séverine Delrieu | Mercredi 14 mars 2007

«L'idée de nation est obsolète»

Dans les Dépossédés, vous parlez de l'échec d'écrire sur la pauvreté. Robert McLiam Wilson : Ce livre c'est une réponse, un hommage. Je ne suis ni un expert, ni un technicien dans ce domaine. Ce livre, je l'ai fait en réponse à un homme que j'ai vu à la télévision anglaise. Dans une très intelligente émission il avait dit : «il n'y a pas de pauvreté en Angleterre, car tout le monde a la télévision». Cet homme était un premier conseiller du premier gouvernement Bush, un homme sérieux, de pouvoir. Et les gens écoutaient ça, ces conneries. Cela m'a rendu fou. Mon livre, c'était une simple réponse à cela. Parce que je n'étais pas un expert, la seule chose que je pouvais faire c'était aller dans les endroits, décrire ce que je voyais. Malheureusement, c'est toujours important de faire cela, car les choses sont les mêmes aujourd'hui. Je viens juste de lire dans une revue française respectable et très académique, un sujet sur «la pauvreté parmi les millionnaires aux États-Unis». My God, j'étais jaloux, j'étais vraiment jaloux ! Parce que c'était la meilleure satire de tous les temps et tout d'un coup, j'ai réalisé que le sujet était sérieux que ce n'était pas du deuxième degré. En France

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Chili, terre mère

CONNAITRE | CRITIQUE / L’écriture de Sartre et la Citroneta, deuxième roman du chilien Mauricio Electorat – aux airs d’autobiograhie -, est fougueuse, indécrottablement (...)

| Mercredi 21 mars 2007

Chili, terre mère

CRITIQUE / L’écriture de Sartre et la Citroneta, deuxième roman du chilien Mauricio Electorat – aux airs d’autobiograhie -, est fougueuse, indécrottablement drôle. À l’image de son narrateur Pablo, chilien installé à Paris fin des années 90, et traducteur exploité. Au moment où démarre le récit, Pablo cherche à se loger dans Paris. «Ce qu’il ne souhaiterait pas à son pire ennemi», dit-il justement, scènes à l’appui. La raison : sa femme l’a quitté. Mais comme un malheur ne vient jamais seul, Pablo apprend quasi simultanément la mort de sa mère au Chili. Alors qu’il s’envole pour Santiago, le récit alterne alors entre souvenirs de ses années d’étudiant gauchiste et de lycéen communiste sous la dictature Pinochet, avec des souvenirs de sa vie parisienne - notamment les retrouvailles avec Nelson, ancien traître des ses années estudiantines. De cette mémoire douloureuse qui rejaillit, de ces années politiques dures, Electorat a su restituer le dynamisme juvénile de la resistance qui ne manque pas de dérision face aux scènes les plus brutales et les plus absurdes. Sans s’y attendre, le récit se colore joyeusement de lettres de soutien envoyées par Sartre, Duras ou Costa-Gavras au groupe

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Fascination pour l'ailleurs

CONNAITRE | CRITIQUE / Troublante, étrange histoire de fascination que celle écrite par Sherko Fatah dans Petit Oncle. Fascination, qui s’enclenche par une volonté de (...)

| Mercredi 21 mars 2007

Fascination pour l'ailleurs

CRITIQUE / Troublante, étrange histoire de fascination que celle écrite par Sherko Fatah dans Petit Oncle. Fascination, qui s’enclenche par une volonté de se perdre, de s’oublier donc par un mensonge : Michael, étudiant à Berlin, désœuvré, en manque d’affection frappe à la porte d’un appartement inconnu et se fait passer pour un électricien. Il y rencontrera Nina, clandestine venue du Nord Irak, puis Rahman de la même communauté et employé d’un chantier avec qui Michael aura une relation amicale étrange : alors qu’a priori tout les sépare, ils navigueront d’un vernissage branché à une partie de capture d’un cygne pour le repas de Noël - une scène d’introduction très parlante sur la violence de l’époque. Mais il rencontrera surtout Omar, dit le Petit Oncle, un vieil homme nerveux, incontrôlable, traumatisé communiquant uniquement avec Nina. Des rencontres décisives pour Michael, qui trouvera dans ce monde de la désolation, dans cet univers parallèle, un endroit où s’ancrer, une raison de vivre trouble. Vivre pour l’amour qu’il éprouve soudainement pour Nina, personnage fuyant, insaisissable avec qui il ne peut communiquer. Vivre aussi pour percer le secret de Omar et partir en Irak

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«Je ne suis pas un auteur à hypothèses»

CONNAITRE | Vous faites le récit de votre construction à travers souvenirs, travail de mémoire. En quoi était-il important, pour vous, d’écrire ce livre ? Zahia Rahmani : (...)

Séverine Delrieu | Mercredi 21 mars 2007

«Je ne suis pas un auteur à hypothèses»

Vous faites le récit de votre construction à travers souvenirs, travail de mémoire. En quoi était-il important, pour vous, d’écrire ce livre ? Zahia Rahmani : Tous les livres sont importants, au moment où on les fait. Je pense qu’à ce moment-là, il y avait deux urgences : l’une était la confrontation avec la question de la mort de ma mère. Ce qui a fait surgir en moi un sentiment de panique, une peur, et la question du territoire. C’est-à-dire, je me suis retrouvée, de fait, convaincue d’être dans un territoire, parce que j’y avais été emmenée, et je ne m’étais pas vraiment posée cette question-là, tant que la mère vivait. C’était ma patrie. D’autre part, les commentaires cumulés ces dernières années sur les individus venant de pays musulmans et plutôt du Maghreb, l’histoire du voile, les émeutes, ne me laissaient pas de répit. En ce sens où moi, je suis arrivée en France en 67, et je n’imaginais pas dans les années 70 d’être confrontée, 20 ou 30 ans plus tard, à une nécessité de dire : je suis d’ici. Et donc dire, je suis d’ici, cela signifiait pour moi raconter comment j’avais grandi dans cette campagne française. Le “je suis d’ici”, cela ne veut pas dire raconter un attachement

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Écritures des frontières

CONNAITRE | Passer les frontières, implique la rencontre avec l’autre et l’ailleurs. La part belle sera donc faites aux auteurs de nationalités étrangères - pour notre (...)

Séverine Delrieu | Mercredi 21 mars 2007

Écritures des frontières

Passer les frontières, implique la rencontre avec l’autre et l’ailleurs. La part belle sera donc faites aux auteurs de nationalités étrangères - pour notre plus grand plaisir. Certains écriront sur l’exil, l’immigration. D’autres sur le Monde, curieux de le connaître, de le comprendre et de l’analyser. Les frontières pourront être aussi impalpables, iréelles, comme dans le passage du rêve à la réalité, ou celui de la vie vers la mort. Les frontières, ce sont aussi celles interrogées au frottement des disciplines, entre journalisme et littérature par exemple, entre poésie et autres formes de pensées. Des passages de frontières. En s’organisant comme chaque année autour de thématique - celle de cette année est passionnante et propulse cette édition vers le haut -, Le Printemps du Livre ouvre son espace aux livres, non seulement publiés dans l’année (c’est le cas pour Hélène Cixous, Jean Rolin, Zahia Rahmani, Serko Fatha, Soultan Iachourkaev...), aussi bien d’ailleurs, des écritures d’auteurs connus, comme d’autres écritures, univers et langues à découvrir ; et permet également de retrouver et célébrer de remarquables auteurs, poètes qui n’ont pas forcément “d’actualité littéraire”, c

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