Le documentaire loin des clichés avec L'Excentrique Cinéma

Mini festival | Du mardi 2 au jeudi 4 mai, au Club, à Mon Ciné et au 102 aura lieu un festival de cinéma particulier. Où l'on pourra découvrir des films sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

Damien Grimbert | Mardi 25 avril 2017

Défenseur d'un cinéma « où les auteurs affirment des points de vue pour penser et comprendre le monde environnant », le méconnu collectif grenoblois Cinex (Atelier du cinéma excentrique) propose au grand public un accès à son univers par le biais de son événement L'Excentrique Cinéma. Au programme, trois documentaires de création projetés dans trois lieux distincts (et accompagnés de rencontres avec leurs réalisateurs respectifs). Des films liés non pas par une thématique commune mais par des préoccupations socio-politiques convergentes ainsi que des modes de narration libres et non-formatés sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

  • Pas comme des loups (le mardi au Club, photo) de Vincent Pouplard accompagne ainsi deux jeunes frères d'une vingtaine d'années en rupture avec les normes sociétales, mais dont le mode de vie marginal s'accompagne d'une autodiscipline peu commune.

  • 300 hommes d'Emmanuel Gras et Aline Dalbis (le mercredi à Mon Ciné) se penche quant à lui sur les hôtes d'un centre d'accueil de nuit de Marseille.

  • Enfin, le jeudi au 102, on aura droit à l'intrigant The Uprising de Peter Snowdon, qui utilise des vidéos tournées par des habitants de Tunisie, d'Égypte, du Bahreïn, de Libye, de Syrie et du Yémen pour recréer à l'écran une révolution pan-arabique imaginaire, faisant écho aux soulèvements bien réels du Printemps Arabe.

L'Excentrique Cinéma
Au Club, à Mon Ciné et au 102 du mardi 2 au jeudi 4 mai


Pas comme des loups

De Vincent Pouplard (Fr, 59 min) documentaire Roman et Sifredi ont à peine 20 ans. Ils sont en mouvement, comme leur identité, entre exclusion et marginalité. Dans des lieux secrets, souterrains, squats, lisières de bois, sous des ciels nuageux ou des néons à faible tension, ils inventent leur vie, leur langage et leurs codes.
Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


300 hommes

D'Aline Dalbis et Emmanuel Gras (Fr, 1h22) documentaire Entre ces murs, il y a trois cent hommes, il y a l'urgence. Ils ont des noms mais ils ont perdu leur histoire en route. Ils rient et se confrontent, ils refont le monde, celui qu'ils ont perdu. Ils ont un lit. Là ils attendront le jour. C'est Forbin, la nuit à Marseille.
Mon Ciné 10 avenue Ambroise Croizat Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Uprising

Film de Peter Snowdon Entièrement construit à partir des images amateurs des manifestants des Printemps Arabes, des citoyens et des résidents de longue durée en Tunisie, en Égypte, au Bahreïn, en Libye, en Syrie et au Yémen. The Uprising raconte une révolution imaginaire composée de, inspirée par, et rendant hommage aux révolutions réelles.
Le 102 102 rue d'Alembert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Et si le Dispel disparaissait ?

Collectif | Le collectif artistique installé allée de la Casamaures, à Saint-Martin-le-Vinoux, craint d’être expulsé avant le printemps. Qu’est-ce que la culture aurait à perdre à son démantèlement ? On s’est rendu sur place pour en parler avec les premiers intéressés.

Martin de Kerimel | Lundi 25 janvier 2021

Et si le Dispel disparaissait ?

Pas de panneau indicateur. Aucune enseigne. Simplement, sur un bout de grillage, une boîte aux lettres commune qui rappelle que, derrière le portail en partie ouvert, il y a toujours du monde. Les structures qui composent le Dispel cultivent-elles la discrétion ? Non : l’accueil qu’elles nous ont réservé témoigne du contraire. Simplement, elles n’organisent que très rarement des événements ouverts à tous. Et, quand c’est le cas, il se peut qu’une partie du public "consomme" sans se poser de question et ignore totalement le nom des créateurs. Au Petit Bulletin, on garde cependant un bon souvenir de l’Excentrique Cinéma, par exemple, ou d'une journée portes ouvertes étonnante, de nature à titiller bien des curiosités. Le Dispel, on le perçoit comme un lieu à part, au sens noble du terme. C’est pour cette raison que, fin décembre, lorsque l’on nous a

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L’Excentrique Cinéma : « On est très loin du documentaire classique »

Festival | Du jeudi 3 au samedi 5 octobre, l’association grenobloise Cinex présentera, dans trois lieux distincts, l’Excentrique Cinéma, une passionnante sélection de documentaires "de création", loin des clichés et conventions habituelles du genre. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, on vous présente tous ceux que l’on a déjà pu voir ; puis on échange avec l'un des organisateurs.

Damien Grimbert | Mardi 1 octobre 2019

L’Excentrique Cinéma : « On est très loin du documentaire classique »

Si vous n’habitez pas le quartier de l’Esplanade, n’êtes pas un supporter de la Juventus de Turin et ne faites pas partie de la communauté italienne de Grenoble, il y a de grandes chances que le bar grenoblois La Tonnelle (« Chez Angelo » pour les intimes) ne vous évoque rien. Ce que capte brillamment le film Un Solo Amore, réalisé in situ par Yoann Demoz et Fabien Fischer, c’est pourtant à quel point la tension, la fébrilité et la vaste gamme d’émotions contradictoires qui traversent le visage des clients du bar les soirs de match constituent non seulement un spectacle de cinéma hypnotique, mais également un portrait en creux d’un microcosme socioculturel d’une richesse et d’une justesse infinies. Évidemment, on ne cite pas cet exemple au hasard : allier geste cinématographique et immersion dans un contexte bien particulier à travers un point de vue inattendu, c’est justement le trait commun qui réunit une bonne partie des films projetés dans le cadre de l’Excentrique Cinéma. Points de vue multiples On aurait ainsi aussi bien pu citer

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Dispel on you : portes ouvertes à couper le souffle

Événement | Site industriel à l’abandon à Saint-Martin-le-Vinoux réinvesti au fil des ans par une poignée d’associations défricheuses aux affinités artistiques communes, Dispel ouvre brièvement ses portes ce samedi 28 avril pour dévoiler un aperçu de son (phénoménal) potentiel créatif.

Damien Grimbert | Mardi 24 avril 2018

Dispel on you : portes ouvertes à couper le souffle

Les apparences peuvent être trompeuses. A priori, comme ça, une journée "portes ouvertes" réunissant projections, installations et performances, ça ne tranche pas outre mesure avec le tout-venant. Mais les quelques centaines de curieux ayant eu la chance d’assister aux deux premières éditions en 2014 et 2016 peuvent en témoigner : avec Dispel on you, on est plus proche d’une gigantesque fête foraine artistique DIY hallucinée que d’une visite d’atelier un peu plan-plan. En 2016, dans le jardin, un massif portail bariolé à l’envergure démesurée donnait ainsi accès à une cour accueillant un bateau reconverti en bar, autour duquel se déhanchaient des danseurs sur fond de musique brésilienne. Et dans le véritable dédale de pièces et de couloirs de l’entrepôt adjacent, chaque salle offrait une nouvelle découverte : concerts, librairie alternative, mur de télés, dispositif cinétique, projections sur le plafond à regarder couché, performances épileptiques sur pellicule et bien d’autres créations... De l’autre côté du miroir Qu’on ne s’y trompe pas pour autant :

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"Makala" : captivant

ECRANS | de Emmanuel Gras (Fr., 1h36) avec Kabwita Kasongo, Lydie Kasongo…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Au Congo, Kabwita bâtit sa maison. Afin d’acheter les tôles destinées à recouvrir le toit, il entreprend de fabriquer du charbon qu’il ira vendre sur le marché de Kolwezi. Alors s’engage un très long processus : coupe du bois, calcination, acheminement "à dos d’homme" et cycle de lourds sacs… Dûment récompensé par le Prix de la critique lors du dernier Festival de Cannes, ce film oscille – sans avoir vocation à trancher, d’ailleurs – entre documentaire et fiction ; flirte parfois avec le suspense pour s’achever par une envolée mystique. Captivant par sa pure élégance formelle, avec ses plans enveloppants (voire caressants), Makala est un film quasi marxiste, dans la mesure où il matérialise toutes les étapes de la production d’un – très exigu – capital, conquis par un forçat de la terre. Le réalisateur français Emmanuel Gras saisit du labeur l’abrutissante mécanique hypnotique, l’ingratitude de la rétribution, comme il montre l’aisance des intermédiaires ou le racket ordinaire opéré par les forces de l’ordre. D’aucuns pourraient se gausser devant la croisade dérisoire de Kabwita, arguant qu’il ne se passe pas grand-c

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On n’est pas des moutons

CONNAITRE | L’association Cinex se décrit comme un « atelier du cinéma excentrique » et soutient « des projets de cinéma singuliers » depuis désormais vingt ans. Films (...)

Laetitia Giry | Jeudi 1 novembre 2012

On n’est pas des moutons

L’association Cinex se décrit comme un « atelier du cinéma excentrique » et soutient « des projets de cinéma singuliers » depuis désormais vingt ans. Films documentaires, expérimentaux ou de fiction, toutes les formes sont permises et conseillées. Pour fêter cet anniversaire, Cinex organise trois soirées de projection dans trois lieux (le 102, le Méliès et la Bifurk) : trois identités et trois projets. L’une consacrée à des documentaires évoquant l’Algérie contemporaine qui frappent par leur terrible réalisme. Des récits filmés avec patience dans lesquels les déclarations tragiques se succèdent. Harguine Harguine suit par exemple des rescapés ayant tenté de fuir leur pays en bateau : « on n’est pas libres, on préfèrerait rester, ne pas aller vers la mort », « un être humain ne devrait pas être humilié de cette façon »… La seconde soirée s’intéresse à des films réalisés cette année par des cinéastes et amateurs grâce à l’atelier de l’association. Des productions plus rêches, comme Match et ses images sur-pixélisées d’un match de rugby avec arrêts, coupes et répétitions, le tout enrobé d’une musique lancinante redoublant la ten

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