Rentrée vrombissante au 102

CONNAITRE | Pour lancer sa nouvelle saison, « l'espace autogéré » de la rue d’Alembert propose deux soirées (dimanche 1er et lundi 2 octobre) : une axée cinéma et une axée musique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 26 septembre 2017

Photo : Lucile Chaufour


Une soirée cinéma suivie d'une soirée concert, c'est l'alléchante proposition de l'équipe du 102 pour ouvrir sa saison. Débuts des hostilités le dimanche 1er octobre avec une série de projections sur le thème des véhicules motorisés et de leur univers – mécanique, huile, essence, cambouis… Au programme, pas de rediffusion intempestive de Top Gear, ni d'intégrale de la saga Fast & Furious, mais plutôt une sélection triée sur le volet de films rares et méconnus, oscillant entre courts-métrages, documentaires de création et cinéma expérimental.

L'occasion par exemple de découvrir le très attendu nouveau documentaire de la réalisatrice d'East Punk Memories Lucile Chaufour (115 DB, en photo) ou encore un téléfilm haletant du début des années 1970, signé par un jeune cinéaste depuis rentré dans la postérité et entièrement centré sur la fuite effrénée d'un automobiliste poursuivi par un mystérieux camion – vous découvrirez bien de quoi on parle sur place !

Le lendemain, fini les images et place à la musique, avec un concert du radical trio noise norvégien MOE, auteur de déflagrations sonores incantatoires qu'on nous décrit comme rien moins qu'apocalyptiques. À ses côtés également le même soir, le duo noise-punk australien DEAD, en charge d'achever une bonne fois pour toutes vos tympans.

Rentrée cinéma et musique au 102
Dimanche 1er et lundi 2 octobre à 19h


Racing movies

Cinéma expérimental en pellicule
Le 102 102 rue d'Alembert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


MoE + Dead

Rock noise expérimental
Le 102 102 rue d'Alembert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"The Dead Don't Die" : comme un petit goût de reviens-y-pas pour Jim Jarmusch

ECRANS | Quelle mouche a piqué Jim Jarmusch (ou quel zombie l’a mordu) pour qu’il signe ce film ni série B, ni parodique, ni sérieux ; ni rien, en fait. Prétexte pour retrouver ses copains dans une tentative de cinéma de genre, ce nanar de compétition figure dans celle de Cannes 2019 dont il a effectué en sus l’ouverture.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Centerville, États-Unis. Depuis la fracturation des Pôles, la terre est sortie de son axe et de drôles de phénomènes se produisent : la disparition des animaux ou l‘éveil des macchabées qui attaquent la ville. Au bureau du shérif Robertson, on commence à lutter contre les zombies… Certes oui, l’affiche de The Dead Don’t Die vantant son « casting à réveiller les morts » a de la gueule. Mais empiler des tombereaux de noms prestigieux (Bill Murray, Tilda Swinton, Adam Driver, Selena Gomez, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Danny Glover...) n’a jamais constitué un gage de qualité, ni garanti de provoquer le tsunami de spectateurs escompté par les producteurs. Voyez les cimetières, où l’on trouve pourtant la plus forte concentration de génies au mètre carré (et une proportion non négligeables de sinistres abrutis) : outre les taphophiles, ils ne rameutent guère les foules. Blague à part, cette affiche reproduisant luxueusement celle plus brute de décoffrage de La Nuit des Morts-Vivants (1968) annonce d’emblée la couleur : Jim Jarmusch vient rejouer la partition du classique horrifique de Geor

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"Rosie Davis" : sans toit, mais ensemble

ECRANS | Une famille irlandaise à la rue vit dans sa voiture en attendant de trouver un logis. Paddy Breathnach traduit concrètement dans ce portrait épique façon Dardenne la flambée libérale actuelle où la fierté et la combativité empêchent, pour l’instant, ses personnages de sombrer.

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Dublin, de nos jours. Jeune couple avec quatre enfants, les Davis ont dû quitter leur maison vendue par leur propriétaire. En attente d’un relogement, cette famille de travailleurs pauvres campe d’hôtel en hôtel. Ça ira mieux demain ; mais d’ici demain, il faut trouver un toit où passer la nuit… Deux jours dans la vie d’une famille. Quarante heures scandées par la litanie des appels aux hôtels accrédités par les services sociaux de la ville, tous soldés par la même fin de non-recevoir. Recluse avec ses quatre enfants dans l’exiguïté de leur monospace, Rosie la mère courage ne se décourage pas et enchaîne les appels tout en incitant l’aînée à faire ses devoirs, en jugulant les bouffées turbulentes du fils, en consolant la cadette et en veillant sur le doudou de la benjamine. Pendant ce temps, le père fait des heures sup’… Les années 1980 avaient connu les "nouveaux pauvres", désignant la population marginalisée à la fin des Trente Glorieuses ; voici que se banalise le concept de travailleurs pauvres, exclus du "luxe" que constitue désormais un toit. Objectivement, la famille Davis se retrouve au moins temporairement SDF, mais Rosie récuse violemment ce terme

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"Bruit de la bande géant" : une nuit à l’écoute au 102

Événement | C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 janvier 2019

C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes, avait organisé au 102 une "nuit blanche d’écoute collective" construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par ses différents membres. Une expérience singulière qui sera renouvelée ce vendredi 1er février au même endroit, avec de nouveau « des pièces sonores très différentes les unes des autres, de différentes époques et de différentes régions du monde : du "field recording", des enregistrements spontanés, des sons tirés d'œuvres pas proprement musicales comme la sculpture ou le cinéma, des bruits, des chants d'animaux, des voix étranges... ». Pour y assister, rendez-vous entre 19h30 et 20h30 au 102 rue d’Alembert armé de duvets, couvertures, oreillers, l’équipe sur place se chargeant de proposer boissons et collations pour tenir jusqu’au brunch du matin.

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"Le bord de la bande" : quand les voix des autres envahissent le 102

Installation | Du mercredi 6 au dimanche 17 juin, le 102 propose une pièce sonore diffusée sur une installation de 40 transistors radio. On vous explique tout ça.

Damien Grimbert | Lundi 4 juin 2018

C’est une installation peu commune que celle que présentent Anne-Julie Rollet et Anne-Laure Pigache au 102. Intitulée Le Bord de la bande, elle réunit pas moins de 40 transistors radio (avec tout ce que cela inclut d’approximations, de légers grésillements…) sur lesquels le son se promène et circule à volonté par le biais d’un émetteur. Un dispositif pensé et conçu pour diffuser une pièce sonore tout aussi singulière, issue d’une longue série de rencontres et d’entretiens avec des « entendeurs de voix » réunis au sein des groupes de paroles du REV (Réseau français sur l’entente de voix). Si le fait d’entendre des voix est souvent considéré comme le symptôme de troubles schizophréniques, ce n’est pas pour autant cette dimension pathologique qui intéressait les artistes, mais plutôt la notion d’« audible intangible, que les entendeurs de voix sont seuls à percevoir et pouvoir décrire ». D’où l’intérêt de diffuser la pièce par le biais d’un tel dispositif qui permet, en jouant sur la multiplicité des sources sonores, de créer une fascinante synergie entre les thèmes abordés lors de la conception de la pi

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Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

ECRANS | Derrière le masque de Deadpool se trouve Ryan Reynolds, beau gosse aux traits d’esprits aussi caustiques que le personnage immortel à qui il a donné vie au cinéma. Vous suivez ? Justement, il parle de la suite, "Deadpool 2".

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

Ce deuxième épisode se présente davantage comme une surenchère qu’une suite du premier : l’humour et l’action sont ici amplifiés… Ryan Reynolds : Tout à fait. En étant programmé pour sortir aux beaux jours, il se devait de comporter plus d’action. Mais il fallait conserver le côté décalé du premier, et la dimension "anti-héros" du personnage. Par ailleurs, il y plus d’histoires à raconter, des nouvelles têtes – Domino, X-Forces, Cable… Bref, cela faisait beaucoup de matière pour enrichir cet opus. Quels points communs revendiquez-vous avec le personnage de Deadpool ? J’en ai beaucoup ! (rires) Dès l’instant où je l’ai rencontré voilà onze ans, j’ai insisté pour que le premier film existe, et j’ai dû aller voir tous les studios possibles pour cela. Mais finalement, cela a été un mal pour un bien : le temps ayant passé, il se trouve qu’il était beaucoup plus adapté à l’époque à laquelle nous l’avons sorti. Sinon, c’est vrai que je pense un peu comme Deadpool, mais à sa

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"Deadpool 2" : suite mortelle

ECRANS | de David Leitch (ÉU, 2h) avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ayant trop exterminé de malfaisants, Deadpool reçoit en représailles une "visite" à domicile causant la mort de sa fiancée Vanessa. D’abord désespéré et suicidaire, Deadpool trouve une raison de vivre et de combattre. Ainsi que de nouveaux alliés, qu’il recrute dans sa X-Force… Et si le comédien Ryan Reynolds était en train d’accomplir avec Deadpool, en version ludique et trash, ce que Steven Spielberg avait manqué dans son récent Ready Player One : produire le divertissement adulte célébrant la culture pop dans sa jouissive transversalité absolue ? Incluse dans le cosmos Marvel officiel, mais jouant de la marginalité totale de son personnage-titre pour s’autoriser déviances, provocations et outrages, la franchise possède un enviable statut : Deadpool incarne le "Ça" de la famille, le dépositaire des pulsions inconvenantes, du mauvais goût et de la transgression. L’onanisme, le meurtre, la grossièreté ou le vice sont interdits aux autres boy-scouts ?

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Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

Cinéma | Films expérimentaux, found footage, fictions audacieuses, documentaires de création… C’est à un gigantesque brassage de genre et formats cinématographiques que nous convie le festival Stéréogramme Passionata, organisé vendredi 6 et samedi 7 avril au 102.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

À l’origine étaient cinq collectifs, de dimension variable et basés dans différentes villes, mais réunis par la même passion frénétique et débordante pour la collection, diffusion, manipulation et fabrication d’ « images en mouvement » : Gran Lux à Saint-Étienne, Météorites à Lyon, Le Spoutnik à Genève, Vidéodrome 2 à Marseille et Art Toung! à Grenoble. À force de se croiser d’un événement à un autre, vint logiquement l’idée de se réunir le temps d’un week-end pour échanger en bonne et due forme. Et plutôt que de rester dans l’entre-soi, de convier le public à la fête. C’est ainsi qu'est né, de façon très informelle, le festival Stéréogramme Passionata, avec une première soirée de projection le vendredi réunissant un moyen-métrage choisi par chacun des collectifs, suivie dès le lendemain d’une journée en forme de feu d’artifice cinématographique qui transformera temporairement le 102 en véritable multiplexe alternatif, avec différentes séances projetées dans quatre ou cinq salles différentes. Au programme ce soir Forcément, le rassemblement d’un si grand nombre de fondus de pellicule n’allait pas accoucher d’une programma

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Moesha 13 : « Internet c'est le sang, la connexion, la démultiplication des possibles »

Soirée | Auteure de DJ-sets furieusement avant-gardistes où s’entremêlent les cultures apparues sur internet et celles nées dans la rue, la Marseillaise d’adoption Moesha 13 sera vendredi 8 décembre aux platines du Mark XIII à l’invitation du duo Narco Polo. Rencontre en amont.

Damien Grimbert | Mardi 5 décembre 2017

Moesha 13 : « Internet c'est le sang, la connexion, la démultiplication des possibles »

Née dans le quartier de Stalingrad, dans le XIXe arrondissement de Paris, Moesha 13 grandit d’emblée aux confluences d’une multitude d’influences musicales. Celles de ses parents (« zouk, soukouss, musique malienne »), de ses grandes sœurs (« rap, R’n’B, MTV, coupé-décalé, musiques de dessins animés ») et, rapidement, de son environnement immédiat. « Avant l'arrivée d'internet, j'écoutais le Cut Killer Show à la radio [Skyrock – NDLR], je rappais sur les sons trance de l'émission Skyrave, je mixais sur K7 en ridant entre classique et raï sur différentes stations… J'étais également "résidente clubbeuse" au Pulp et au Social Club, je participais à des freestyles, des battles de rap et de tecktonik, j'allais à des raves sauvages... » Le début de phrase « avant l’arrivée d’internet » est ici de première importance. Très vite, en effet, Moesha plonge en immersion totale. « Internet c'est le sang, la connexion, la démultiplication des possibles, la dématérialisation de l’identité… Je suis devenu accro, j’ai eu une période 1000% internet. J’étais à l’intérieur de la matrice. »

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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Erik Minkkinen et Pierre Faure : musique sans concession

MUSIQUES | Les amateurs de bruit à l’état pur vont être ravis lundi 29 mai au 102.

Damien Grimbert | Mardi 23 mai 2017

Erik Minkkinen et Pierre Faure : musique sans concession

Rencontre entre deux artistes amateurs de bruit à l’état pur, de textures sonores chaotiques, de saturations malaisantes et de distorsions à tout crin, le concert proposé au 102 ce lundi 29 mai à 20h30 n’est pas, vous l’aurez compris, recommandé aux âmes et oreilles sensibles. Ce qui ne l’empêche pas, pour à peu près les mêmes raisons, de s’annoncer comme l’un des évènements musicaux les plus palpitants de cette fin de mois de mai. Au programme, un solo d’Erik Minkkinen (en photo), membre fondateur du fabuleux trio parisien Sister Iodine, dont les expérimentations / déflagrations bruitistes et effrénées entre no wave, harsh noise et black métal, d’une inventivité et précision infinie, ont progressivement acquis à leur cause une foule sans cesse croissante d’adeptes depuis les débuts du groupe à l’orée des années 1990. Il sera ensuite rejoint sur scène le temps d’un duo inédit par le guitariste Pierre Faure, qui distille quant à lui sa passion pour l’expérimentation débridée au sein de formations aussi recommandables que Nappe, Sun Stabbed ou encore La Morte Young.

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Un verre et des emplettes : notre sélection de concept stores grenoblois

GUIDE URBAIN | Faire son shopping en buvant en verre ou un café ? Un concept qui se répand peu à peu à Grenoble, à la faveur de certains lieux, boutiques et cafés dont il fait bon pousser la porte. Voici une sélection de bonnes adresses.

Sandy Plas | Mercredi 26 avril 2017

Un verre et des emplettes : notre sélection de concept stores grenoblois

Le Fil rouge, entre deux mondes Au numéro un de la rue Gabriel Péri, Pierre et Ginette ont décidé de dédier un lieu unique à leurs passions respectives : le vin pour lui, les vêtements vintage pour elle, ancienne costumière. Un mix réussi entre le rouge et la fripe, mais attention, rien de cheap ici : les chemises à motifs, kimonos anciens, jeans usés naturellement et autres vestes en velours sont sélectionnés avec soin, pour leur style et leur qualité. Même démarche du côté de la carte des vins, qui propose des crus coup de cœur, sélectionnés en direct chez les producteurs. Du joli chez L’Étourdi Il y a encore quelques

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Quintana : à fond la guitare

Concert | Jeudi 16 mars, l'Ampérage sera le théâtre d'un déferlement électrique. Sa cause ? Le Quintana Dead Blues eXperience, nouveau projet du fameux bluesman-rockeur atomique Piero Quintana.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

Quintana : à fond la guitare

Depuis qu'on vous a présenté l'an dernier le dernier d'une longue série de disque de Piero Quintana (plus de 25 ans d'expérience dans le domaine), ce bluesman-rockeur atomique a encore fait de la route et du son. Avec des expériences aussi diverses que les premières parties de Jojo Hallyday, Christine & The Queens ou Gaëtan Roussel, des contextes où il faut en avoir sous la pédale pour se distinguer face à un public tout acquis à la cause de quelqu'un d'autre. Mais Quintana n'a jamais eu besoin que de lui-même pour s'imposer et en imposer. En atteste la suite de son projet : Quintana Dead Blues eXperience, qui radicalise un peu plus la façon de son album 69. Soit Quintana, voix "born from the dark side" comme revenue d'une expérience de mort imminente, et attitude façon L'Équipée Sauvage avec Marlon Brando. « Une guitare à fond » (c'est lui qui le dit et on peut lui faire confiance) à qui il fait d'ailleurs subir les meilleurs et les pires outrages ; une GrooveBox MC909 (autrement dit un sampler) pour seule compagne difficile à dompter ; et des chansons tantôt à décorner les bœufs (Please, Ki

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Festival des maudits films 2017 : notre sélection énamourée

ECRANS | Vaste et méconnue constellation peuplée de perles cinématographiques en tout genre, le cinéma bis sera à l’honneur cette semaine à l’occasion de la neuvième édition du Festival des maudits films. Histoire de rendre hommage à la fabuleuse diversité de la programmation, on a (presque) vu tous les films présentés. Voici notre sélection, à découvrir au cinéma Juliet Berto.

Damien Grimbert | Mardi 17 janvier 2017

Festival des maudits films 2017 : notre sélection énamourée

Hitcher : terreur sur la route Certains réalisateurs signent parfois un coup d’éclat inaugural tellement intense qu’ils ne réussiront jamais à l’égaler par la suite. C’est le cas notamment de l’Américain Robert Harmon, auteur en 1986 avec Hitcher d’un thriller routier absolument unique en son genre, baignant dans une atmosphère d’étrangeté aussi trouble qu’envoûtante. Après avoir pris en stop un personnage inquiétant sur une route déserte, un jeune homme va progressivement se trouver plongé dans un véritable cauchemar éveillé, traqué à la fois par l’autostoppeur psychopathe (incarné par un Rutger Hauer iconique comme jamais) et par les forces de police qui le pensent coupable des meurtres commis par son poursuivant. Porté par une réalisation éblouissante, Hitcher n’explique jamais le rapport trouble et chargé de sous-entendus sexuels qui unit le chasseur et sa proie, embarquant le spectateur dans une odyssée routière aux confins du fantastique qui laisse la porte ouverte à une myriade d’interprétations. Jeudi 19

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Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

MUSIQUES | Jeudi 22 décembre au 102, ce sera nuit blanche d’écoute collective...

Damien Grimbert | Lundi 19 décembre 2016

Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

Créé en décembre 1986 au 102 rue d’Alembert, le collectif Archipel Urbain s’est imposé en l’espace de trente ans comme une plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes. Une telle longévité méritait bien évidemment un anniversaire, restait juste à déterminer sous quelle forme exactement on allait bien pouvoir fêter 30 ans de musique expérimentale... Plutôt que de jouer la carte (attendue) du live et des choix cornéliens qui l’accompagnent, l’équipe actuelle a privilégie une nuit blanche d’écoute collective, construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par la vingtaine de programmateurs qui se sont succédé depuis la création du collectif. Un peu comme une immense émission de radio qu’on écouterait confortablement recroquevillés entre amis jusqu’au petit matin, et qui alternerait bandes-son, collages, créations sonores, field-recording, œuvres électro-acoustiques, lives enregistrés, pièces radiophoniques et autres étrangetés en tout genre, de Charlemagne Palestine à Ryoji Ikeda… Une prop

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Des étincelles au coin du feu avec le Braséro cinéma du 102

Projections | « En juin dernier, on s’est dit que ça serait chouette de projeter des films dans le jardin du 102 en plein hiver. » L’équipe du 102 l’a voulu : elle le fera ce mardi 13 décembre. Avec une sélection hautement incandescente.

Damien Grimbert | Mardi 6 décembre 2016

Des étincelles au coin du feu avec le Braséro cinéma du 102

Les meilleures idées sont parfois les plus simples, et souvent les plus incongrues. Imaginez donc une séance de projection en plein air, en plein hiver, dans un jardin mais entourés de braséros. C’est ni plus ni moins ce que vous propose l’équipe d’Artoung ! ce mardi au 102. Une équipe qui, parce qu’elle n’en est pas à une bonne idée près, a également centré sa programmation autour de thèmes hautement calorifiques : « chaleur, incandescence, sable et sang chaud, électricité, fièvre, thermomètre, Celsius, brûlure, hutte de sudation ». Parmi les métrages projetés sur grand écran, des documentaires, des films expérimentaux, et des documentaires expérimentaux, avec une sélection oscillant des années 1960 à nos jours et incluant notamment l’excellent moyen-métrage d’un célèbre cinéaste allemand sur l’éruption d’un volcan à la Guadeloupe. Également au programme, « une succession de feux d’artifices et des lumières filmés par superposition », des scènes de vie quotidienne sur la plage de Copacabana en 1982, un très sensuel court-métrage d’avant-garde japonais, une performance improvisée réunissant trois projecteurs 16mm, deux vidéo

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Le 102 se plie en 4 avec L’Effervescent 2

CONNAITRE | Zoom sur le festival que le 102 rue d'Alembert organise du jeudi 19 au dimanche 22 mai. Au programme ? Des concerts mais pas que...

Damien Grimbert | Mardi 17 mai 2016

Le 102 se plie en 4 avec L’Effervescent 2

Non content d’offrir chaque mois plusieurs propositions singulières dans les domaines (entre autres) de la musique et du cinéma expérimental, le 102 s’est mis en tête d’organiser, comme il l’avait déjà fait pour les 30 ans du lieu en 2013 et avec Stellaire Amas en 2014, un festival concentré sur plusieurs jours. Organisé en collaboration avec Metamkine, le festival L’Effervescent 2 réunira donc, du jeudi 19 au dimanche 22 mai inclus, une pléiade de concerts, performances, projections de films, conférences, parcours sonores et autres « destructions instrumentales » dans l’espace autogéré de la rue d’Alembert. Soit l’occasion idéale pour découvrir des artistes locaux comme internationaux souvent invisibles ailleurs, officiant chacun dans des gammes aussi diverses que peu communes. Faute de place pour pouvoir tous les citer, on vous renvoie au site internet du lieu pour une présentation détaillée de chaque artiste (www.le102.net), non sans vous avoir recommandé au préalable d’arriver tôt pour être sur de pouvoir trouver place dans l’enceinte (relativement restreinte) du lieu.

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East Punk Memories

ECRANS | de Lucile Chaufour (Fr., 1h20) avec Kelemen Balázs, Miklós Tóth, Mozsik Imre…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

East Punk Memories

Sa réputation n’ayant franchi ni les frontières, ni les âges, le bien-fondé d’un documentaire tout entier consacré au punk magyar a de quoi laisser dubitatif. Si l’on ajoute que Lucile Chaufour n’a disposé que de maigres images d’archives et cadré tous ses interlocuteurs dans la même position frontale, on s’interroge sur la pertinence de sa démarche. Pas longtemps : en 80 minutes, elle explique le punk et sa singularité hongroise. Gauchiste contestant les autorités libérales capitalistes en occident, le mouvement versait plutôt à droite à l’Est, où il faisait face au pouvoir communiste. On apprend que si ses adeptes épousaient les mêmes codes de deux côtés du mur, c’était pour des raisons parfois idéologiquement opposées : quand les Sex Pistols usaient d’insignes tels que les croix gammées par esprit de subversion provocatrice, certains punks hongrois reproduisaient par conviction personnelle cet affichage qu’ils pensaient sincère… East Punk Memories révèle un nationalisme décomplexé vécu comme une tradition, mais aussi cette inévitable "nostalgie" ressentie depuis la chute du Mur : des libertés individuelles ont certes été gagnées, mais les inégalités ont cru

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« Une rave party pour insectes »

CONNAITRE | Franchement, à l’idée de visiter une installation sonore et visuelle prenant la forme d’un « manège polyphonique » à base de haut-parleurs recomposés, (...)

Damien Grimbert | Mercredi 13 mai 2015

« Une rave party pour insectes »

Franchement, à l’idée de visiter une installation sonore et visuelle prenant la forme d’un « manège polyphonique » à base de haut-parleurs recomposés, on était partagés entre saine curiosité… et appréhension de ne rien capter. Première surprise, la visite se déroule à la nuit tombée, téléphone portable coupé. Une fois arrivés à l’étage, à l’entrée des deux salles dans lesquelles se déroule l’installation, on ne voit pas grand-chose (si ce n’est un assemblement de petites structures diverses plongées dans la pénombre et quelques ombres mouvantes) ; et, surtout on entend encore moins. Pourtant, après une bonne dizaine de minutes à errer les bras ballants, d’attraction en attraction, la magie commence à opérer. Dans la salle du fond, des micro-sons cycliques à peine discernables au premier abord prennent peu à peu plus d’importance jusqu’à former un intrigant ballet sonore. Et sous la yourte improvisée de la première pièce, on se retrouve immergés par diverses sources sonores aléatoires, évoluant dans un chaos apparent Portés par l’ambiance singulière, les jeux de lumières et les bruits et chuchotements discrets des quelques personnes présentes, on ent

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The Dead Brothers, six pieds sous terre

MUSIQUES | C'est à croire qu'après chaque concert, certains membres des Dead Brothers enterrent les autres dans l'arrière cour du rade où ils viennent de jouer, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 février 2015

The Dead Brothers, six pieds sous terre

C'est à croire qu'après chaque concert, certains membres des Dead Brothers enterrent les autres dans l'arrière cour du rade où ils viennent de jouer, tassent la terre sèche d'un coup de pelle et détalent vers d'autres aventures après cooptations de nouveaux membres périssables. Bon, on fantasme, mais en un peu plus de 15 ans d'existence, le groupe suisse, pensionnaire du désormais mythique label Voodoo Rhythm du Reverend Beat-Man (ce qui aide un peu à se faire une idée des mœurs maisons), a écumé, usé, flingué, dessoudé plus d'une vingtaine de membres – entendez ce terme au sens qui vous siéra. Sans doute est-ce aussi parce les Dead Brothers se définissent comme un groupe de funérailles. Réjouissez-vous car les Dead Brothers conviendront à tout type d'inhumation et en tout lieu puisque sourdent de leur musique frissonnante et claquante, en une drôle de fusion post-mortem, l'ambiance de l'Est ancestral comme celle de l'Ouest fatal (rencontre mortelle entre Goran Bregovic, David Eugene Edwards et même Georges Brassens) dont ils inhument La mauvaise réputation – au Bal des Vampires. Il paraît que l'acte d'enterrer ses morts, même s'il n'est pas très rafraîchissant,

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Les anges déchus

MUSIQUES | Boxeur, chef opérateur, chanteur, musicien, auteur (y compris de roman, avec La Nuit ne viendra jamais), Joseph d'Anvers n'est pas la moitié d'un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Les anges déchus

Boxeur, chef opérateur, chanteur, musicien, auteur (y compris de roman, avec La Nuit ne viendra jamais), Joseph d'Anvers n'est pas la moitié d'un touche-à-tout. Un touche-à-tout que le who's who musical a tendance à s'arracher : il a écrit pour Françoise Hardy, Miossec, Alain Bashung (le sublime Tant de nuits) et même ce bon vieux Dick (Rivers). Et que certaines autres pointures (Mario Caldato Jr., Troy Von Balthazar ou Moreno Veloso) n'hésitent pas à venir épauler à l'occasion. Mais la nature du touche-à-tout est de n'être jamais rassasié. C'est ainsi que depuis 2012, Joseph d'Anvers tourne régulièrement avec Dead Boys, un spectacle qui transpose sur scène un recueil de nouvelles sorti en 2009 en France et signé Richard Lange, écrivain américain pour le moins fascinant, ancienne petite main chez Larry Flynt et proche de TC Boyle, au goût prononcé pour l'envers du décor angeleno, celui des parias. À partir d'histoires de losers plus ou moins magnifiques, l'auteur du morceau Les Anges déchus construit un sp

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Marche funèbre

MUSIQUES | Impossible de ne pas entendre dans les premières notes de cordes grinçantes de l'album Dead Man – le second d'Harold Martinez après le très remarqué Birdmum – (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

Marche funèbre

Impossible de ne pas entendre dans les premières notes de cordes grinçantes de l'album Dead Man – le second d'Harold Martinez après le très remarqué Birdmum – l'atmosphère fantomatique de la bande-son composée par Neil Young pour le film éponyme, surréaliste et métaphysique de Jim Jarmusch, ce parcours initiatique d'un homme mort-vivant. Puis les guitares western – on ne peut plus western – arrivent et Harold Martinez scande « I turn around in my prison (...) I'm dead and gone, but safe and free ». Immédiatement, c'est une évidence, le production brute d'Harold Martinez et de son compère batteur Fabrice Tolosa s'est non seulement étoffée mais a gagné en atmosphère comme en noirceur. Ces incantations ne sont que plus vibrantes et pénétrantes – on y retrouve ce timbre chamanique qui font de Martinez le David Eugene Edwards du Sud-Est (de la France, hein ?).   Et puis bien sûr, il y a ces compositions, qui elles aussi ont franc

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Jarmusch : un train, des fleurs et quelques clopes…

ECRANS | Après que son très beau Only lovers left alive s’est taillé un succès au long cours dans les salles, la Cinémathèque revient en quatre films sur la carrière de Jim (...)

Christophe Chabert | Mardi 13 mai 2014

Jarmusch : un train, des fleurs et quelques clopes…

Après que son très beau Only lovers left alive s’est taillé un succès au long cours dans les salles, la Cinémathèque revient en quatre films sur la carrière de Jim Jarmusch. Choix judicieux : chacun résume assez fidèlement les voies explorées par le cinéaste, qui se rétractent toutes en un geste d’errance immobile, de langueur cool et de réinvention des icônes américaines. Dans Mystery train, trois histoires se déroulent en parallèle à Memphis, avec en guise de point de jonction un hôtel miteux et un coup de feu entendu au petit matin. On y croise le fantôme d’Elvis et un Joe Strummer bien vivant, un couple de Japonais en pèlerinage dans cette Mecque musicale et une Italienne en transit affectif et géographique. Le « train » du titre, c’est autant celui qui transporte les deux amoureux nippons que le hit de Presley ; correspondance immédiate avec l’ouverture de Dead man (photo), sublime variation autour du western, où les guitares plaintives de Neil Young accompagnent les roues d’un train qui emmène Willi

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Lignes de front

CONNAITRE | Pendant des décennies, Jean "Moebius" Giraud, l'immortel co-créateur de Blueberry, a été la référence absolue du western réaliste. Et bien qu'ils aient été (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 20 novembre 2013

Lignes de front

Pendant des décennies, Jean "Moebius" Giraud, l'immortel co-créateur de Blueberry, a été la référence absolue du western réaliste. Et bien qu'ils aient été nombreux à s'aventurer avec succès sur les mêmes impitoyables terres, du docteur ès sales trognes Hermann Huppen (Comanche) au touche-à-tout François Boucq (Bouncer), aucun n'est vraiment parvenu à se détacher de cette figure tutélaire. Sauf Christian Rossi qui, sur un scénario de Fabien Nury et Xavier Dorisson, a opéré en ce début de siècle un impressionnant dépoussiérage du genre avec l'occulte W.E.S.T.. Cet aquarelliste émérite avait pourtant toutes les raisons de rester dans l'ombre du maître : ses débuts dans la peinture de l'Ouest sauvage américain, il les a faits aux côtés de Giraud lui-même, au début des années 90, en prenant sa succession graphique sur Jim Cutlass, une série narrant la lutte d'un ancien officier nordiste contre des extrémistes de tous poils. Deadline (Glénat), sa dernière œuvre, est presque un retour aux sources, ce one-shot scénarisé par Laurent-Frédéric Bollée prenant place en pleine Guerre de Sécession. Sauf qu'ici, ce

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Renouvellement des stocks

MUSIQUES | Avec son esprit familial, son ouverture à la bande dessinée et aux arts de la rue, et son éthique environnementale, Le Cabaret Vert, «éco-festival» ardennais (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Renouvellement des stocks

Avec son esprit familial, son ouverture à la bande dessinée et aux arts de la rue, et son éthique environnementale, Le Cabaret Vert, «éco-festival» ardennais qui soufflera l'an prochain sa dixième bougie, a tout pour être le raout musical estival le plus recommandable du pays. Si ce n'est que nous lui connaissons un prédécesseur haut-savoyard : Musiques en Stock, événement qui non seulement affiche des qualités similaires depuis déjà une douzaine d'années, mais qui se paye en sus le luxe d'être gratuit et de briller par des choix musicaux plus tranchés, plus élégants et plus cohérents. Et on ne dit pas ça uniquement parce que, de School Is Cool, quatuor de popeux belges dont l'exubérance orchestrale fait passer Arcade Fire pour une fanfare vicinale, aux Black Angels, qui depuis bientôt une décennie remodèlent à coups de pulsations psychédéliques leur Texas natal à l'image de la Californie, en passant par Conor O'Brien, le petit prince irlandais du folk à tiroirs (sous le nom de Villagers), et Jon Spencer, le petit père du blues rock à réservoirs, nombre de nos chouchous s'y produiront début juillet. La preuve, on ne vous a touché mot ni des feul

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Evil dead

ECRANS | Réalisé par un jeune cinéaste uruguayen plutôt doué, Fede Alvarez, et produit sous l’égide de son créateur Sam Raimi, ce remake est une bonne surprise, très fidèle et en même temps plein de libertés vis-à-vis de son modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 mai 2013

Evil dead

L’actualisation intensive du catalogue de l’horreur 70-80 continue, avec ses hauts (rares) et ses bas (nombreux). On va bientôt pouvoir faire le compte des films qui n’ont pas eu droit à leur remake, puis établir des classements, du plus infâmant (le direct to DVD, ce qui est arrivé à I spit on your grave, il faut dire assez pourrave) au plus malin (on pense à Aja, mais aussi à Rob Zombie et son vrai-faux remake d’Halloween). Où placer ce remake d’Evil dead, au demeurant très réussi ? Dans une case qui n’appartiendrait qu’à lui — mais qui ne serait pas loin de l’excellent La Dernière maison sur la gauche… En appelant à la réalisation un jeune cinéaste uruguayen, Fede Alvarez, Sam Raimi a eu l’intelligence de lui laisser les coudées franches pour proposer une relecture cohérente de son opera prima, quitte parfois à en prendre l’exact contre-pied. C’est d’abord cela qui frappe en voya

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Le 102 : auprès de mon squat

ACTUS | En 1983, le 102, squat autogéré axé sur la diffusion de « formes artistiques et politiques marginales », ouvrait ses portes. Aujourd’hui, il est toujours là, et s’est mué en « lieu autogéré de diffusion et de réflexion » dixit l’équipe aux commandes. Une équipe qui a prévu de fêter les trente ans du lieu en grande pompe, sur tout le mois de mai. Du coup, on a remonté le fil de l’histoire. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 18 avril 2013

Le 102 : auprès de mon squat

Rue d’Alembert, entre la Clinique mutualiste et la rue Nicolas Chorier, se trouve une maison qui, de l’extérieur, ressemble à n’importe quelle autre maison de ville grenobloise. Sauf qu’en réalité, on est très loin de la bicoque discrète et de son confort bourgeois – c’est même tout le contraire ! « En 1983, le 102 rue d’Alembert est une ancienne boutonnerie vide depuis des années. Du coup, une équipe de gens ouvre illégalement cet endroit qui appartient à la ville. Et il devient un lieu d’habitation et d’activités culturelles. » Cyril, l’un des membres du collectif aux commandes aujourd’hui, revient ainsi sur la naissance de ce projet tant culturel que politique. Pascal, lui aussi pilier du 102, embraie. « À la fin des années 80, le projet s’affine, et le 102 fédère une scène musicale alternative pas forcément représentée dans les institutions culturelles classiques. Au fur et à mesure, l’activité de diffusion se renforce et se structure. » Pareil pour le cinéma. Cyril : « Il y a la découverte du cinéma expérimental, avec notamment la mise en place d’un atelier de développement de film – ce qui, à l’époque, existe nulle part. » Pa

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Dead Man Down

ECRANS | De Niels Arden Oplev (ÉU, 2013) avec Colin Farrell, Noomi Rapace, Isabelle Huppert...

Aurélien Martinez | Vendredi 29 mars 2013

Dead Man Down

Où vas-tu Colin Farrell ? Sur le déclin après avoir touché la grâce dans Miami Vice, l'acteur au regard d'enfant égaré s'est perdu. À nouveau en galère dans Dead Man Down, on se demande si ce n'est pas cuit pour lui à force d'enchaîner nanars et remakes balourds. Polar foireux débutant sur un thriller crypté avant de vite bifurquer sur un double récit de vengeance bien mal mené, Dead Man Dow ne tient aucune de ses promesses. Et ce n'est pas Niels Arden Oplev, auteur du déjà pas fameux Millenium suédois, qui sauve les meubles. L'auteur tente de donner un peu d'âme et d'espace à ses personnages (un immigré hongrois et une femme victime d'un accident réunis dans une quête vengeresse), mais là où devrait naître zones d'ombres et ambiguïtés, se multiplient les rebondissements patauds. Prisonnier d'un scénario sans latitudes et réduisant ses enjeux à la nullité de sa petite mécanique,  Dead Man Down débouche là où risque de finir la carrière de Farrell, dans l'indifférence tota

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Dead man talking

ECRANS | De et avec Patrick Ridremont (Belg, 1h41) avec Virginie Efira, François Berléand…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mars 2013

Dead man talking

Qui trop embrasse, mal étreint. Pour sa première réalisation, Patrick Ridremont avait visiblement beaucoup de sujets à traiter : la relativité de la justice, la mise en spectacle de celle-ci par l’intrusion de la télévision, les regrets d’un homme condamné à laisser sa vie en plan sans l’avoir accomplie… Sa mise en scène traduit le même appétit de tout faire en même temps : de la comédie de caractère, de l’étude psychologique, un zeste de film noir… Cette générosité n’est pas blâmable, mais elle est contre-productive à l’écran ; surtout, le film souffre d’une esthétique de court-métrage étiré, avec ses décors cheap et irréalistes, son concept décliné jusqu’à plus soif et surtout, l’omniprésence d’un dialogue sentencieux qui prend sans cesse le pas sur l’image et l’action. Quant à Virginie Efira, pourtant en passe de trouver enfin une crédibilité sur grand écran avec 20 ans d’écart, elle est ici totalement à côté de la plaque. Christophe Chabert

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«Se libérer de l’écriture»

SCENES | Le collectif Moebius, dont on avait déjà pu apprécier le travail à plusieurs reprises, dévoile cette semaine au Tricycle "Lambda, si quelqu’un aime le monde", nouvelle création dont on attend beaucoup. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 24 janvier 2013

«Se libérer de l’écriture»

En 2008, dans la Salle noire (qui, à l’époque, faisait partie du Théâtre de création, aujourd’hui Théâtre de poche), nous découvrions un jeune collectif nommé Moebius, avec sa pièce Les Atrides. Soit l’histoire de cette dynastie mythologique à travers des textes d’Eschyle, Euripide ou encore Sénèque rassemblés sur le plateau transformé en une sorte de ring de boxe (le public était placé autour). Le spectacle, énergique et généreux, avait de la gueule, les interprètes investissant littéralement la scène, avec cris et sueur. La proposition rencontra un petit succès, le Théâtre de création renouvela sa confiance à la compagnie (dont certains membres sont grenoblois). Cette dernière put alors dévoiler en 2010, toujours dans la même salle, Sans pères. Avec le même principe : un mix de différents textes (ici principalement des écrits de Tchekhov), desquels cette fois-ci seulement les personnages les plus jeunes avaient été extraits.

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Réveiller le punk

MUSIQUES | Rock / On ne sait pas pour vous, mais de notre côté, ça fait bien longtemps qu’on ne s’est pas tapé un bon concert punk des familles, histoire de se défouler (...)

François Cau | Lundi 23 janvier 2012

Réveiller le punk

Rock / On ne sait pas pour vous, mais de notre côté, ça fait bien longtemps qu’on ne s’est pas tapé un bon concert punk des familles, histoire de se défouler un bon coup, de headbanger comme des sales, de se manger de l’énergie musicale brute de décoffrage sans penser aux paroles ou même à demain. La très recommandable association Night Klébard, elle, n’a que faire des lendemains qui déchantent puisqu’elle nous propose un triple plateau punk rock ce dimanche à l’Ampérage. On y testera dans un premier temps la résistance de nos tympans avec les valentinois de Bad Chickens, hérauts d’un son tout en guitares massives, aux lyrics dégueulées entre deux pintes de whisky tiède. On redescendra un chouïa avec les lyonnais de The Traders : en dépit des promesses charriées par leur patronyme pour le moins kamikaze par les temps qui courent, les structures inégales de leurs morceaux (pourtant courts) font d’eux les maillons faibles de la soirée – avec tout de même une efficacité bruitiste avérée. Pour ce qui est du plat de résistance, on nous offre les Dead to me, quatuor de San Francisco, jeunes papas d’un troisième album, Moscow Penny Ante, qui ne révolutionne certes pas la galaxie punk r

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Playlist

MUSIQUES | Une sélection de morceaux emblématiques de Patti Smith. FC

François Cau | Lundi 31 octobre 2011

Playlist

Land (Horses, 1975) Un morceau de plus de 9 minutes, d’une extravagante liberté, incroyable fusion entre ses primes activités poétiques influencées par les auteurs de la Beat Generation et ses velléités de prophète rock – chacun de ses albums contiendra au moins un de ces morceaux de bravoure, comme une marque de fabrique à contre-courant des formats radiophoniques déjà devenus la norme. Le texte, d’une longueur forcément épique, commence par être quasi murmuré. Les doublures voix se font plus pressantes, le riff de guitare monte vite en puissance, en rythme sur les scansions du prénom du “héros“. Le chant amène progressivement la mélodie à l’aide de mantras répétitifs et addictifs, puis le morceau prend son envol, avec une fougue jamais démentie. Le texte, collage surréaliste exécuté à grands renforts de néologismes, est une invraisemblable épopée tour-à-tour drôle, glauque, perverse et enlevée.   Pissing in a river (Radio Ethiopia, 1976) Une superbe ballade rock, fiévreuse, désespérée, l’attente d’un être aimé dont on sait qu’il ne ressent rien en retour. Quand la poésie s’y fait triviale, à l’image de son titre ou du terrible vers « My bowels are e

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Emportés par la fougue

SCENES | La jeune compagnie Moebius est de celles qui ne peuvent laisser indifférent. Si l’on a beaucoup à redire sur "Sans pères", leur nouvelle création, on salue tout de même cette envie incontestable de faire du théâtre propre aux grands passionnés. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 19 mars 2010

Emportés par la fougue

Il y a un an et demi, on découvrait la compagnie Moebius au Théâtre de Création. Ce collectif de dix acteurs (issus pour la plupart de l’école de Montpellier) avait débarqué dans le petit milieu théâtral avec fracas : leur Atrides, chaos d’un héritage, sorte de relecture mythologique délirante de cette lignée maudite, avait été une excellente surprise (le spectacle sera repris fin avril à l’Espace 600). En ce mois de mars, voici donc les Moebius de retour : ils essaient cette fois-ci de réécrire une tragédie en plongeant au cœur de la fin du XIXe siècle russe, avec les mots de Tchekhov en guise d’appuis. En guise d’appuis, oui, car le projet ne se réduit pas à la présentation d’une énième version de La Mouette ou Platonov. La metteuse en scène Marie Vauzelle a construit, avec les autres membres (l’écriture fut collective), une pièce à partir de fragments d’autres, en supprimant les pères et en ne retenant que les passages où interviennent des personnages de leurs âges – idée titanesque et porteuse de sens. « Notre génération (nous avons entre vingt-tr

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Le tragique a du bon

SCENES | Pour commencer sa saison, le Théâtre de création envoie du lourd en mettant en avant Moebius, une jeune troupe montant, 2h30 durant, le mythe des Atrides. (...)

François Cau | Jeudi 9 octobre 2008

Le tragique a du bon

Pour commencer sa saison, le Théâtre de création envoie du lourd en mettant en avant Moebius, une jeune troupe montant, 2h30 durant, le mythe des Atrides. Regroupés autour de Thomas Bédécarrats (ancien du CNR de Grenoble, que l’on a notamment vu sur scène en 2007 dans Le Fredon de Pascal Mengelle), ces jeunes élèves sortis en juin dernier de l’Ecole de théâtre de Montpellier ont sélectionné des textes d’Eschyle, Euripide, Sénèque & compagnie pour retracer l’histoire de cette dynastie maudite (chose qu’aucune pièce seule ne fait). On prévient tout de suite ceux qui n’auraient pas suivi de cours de lettres classiques durant leur jeunesse : un petit topo sur qui est qui sera le bienvenu avant de venir, sous peine de se laisser rapidement déborder par les multiples ramifications de ces Feux de l’amour (et de la haine) antiques. Une fois ces précautions prises, fort est de constater que la sauce prend tout de suite malgré les réticences intrinsèques qu’inspirent ce genre de projet mastoc. Placés dès le début dans une dynamique de groupe, les comédiens incarnent le mythe, le portent à bout de bras, avec énergie et générosité. Dans la salle noire du théâtre où la

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Mort d’un voyageur

ECRANS | Critique / Les puristes du chamanisme (certes peu nombreux sur Grenoble, mais bon) pourront arguer du fait que le film de Jim Jarmusch ne traite de (...)

| Mercredi 28 février 2007

Mort d’un voyageur

Critique / Les puristes du chamanisme (certes peu nombreux sur Grenoble, mais bon) pourront arguer du fait que le film de Jim Jarmusch ne traite de leur sujet de prédilection uniquement de façon connexe. On se permettra de leur répondre que la vision de Dead Man plonge le spectateur dans une véritable transe cinématographique, ne nécessitant l’absorption d’aucune substance psycho-active, et ce dès sa première scène. La (superbe) musique de Neil Young, construite sur une poignée d’accords répétés en boucles quasi liturgiques, se fait entendre sur le périple ferroviaire de William Blake. Les rencontres et scènes incongrues se succèdent, liées sans suite apparente par une série de fondus au noir. Le grain de l’image, le noir et blanc somptueux, l’attention apportée au moindre détail pour recréer un ouest sauvage américain basé sur ses clichés sans pour autant exalter ses derniers (sinon de façon grotesque), le jeu tout en contradiction de Johnny Depp : Jarmusch a trouvé l’équation idéale pour ce voyage poétique de vie à trépas, et il nous le fait sentir directement, sans surligner ses effets. Dead Man absorbe ses inspirations esthétiques pour imposer son propre rythme, lancinant, et s

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