Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

Cinéma | Films expérimentaux, found footage, fictions audacieuses, documentaires de création… C’est à un gigantesque brassage de genre et formats cinématographiques que nous convie le festival Stéréogramme Passionata, organisé vendredi 6 et samedi 7 avril au 102.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

À l'origine étaient cinq collectifs, de dimension variable et basés dans différentes villes, mais réunis par la même passion frénétique et débordante pour la collection, diffusion, manipulation et fabrication d' « images en mouvement » : Gran Lux à Saint-Étienne, Météorites à Lyon, Le Spoutnik à Genève, Vidéodrome 2 à Marseille et Art Toung! à Grenoble. À force de se croiser d'un événement à un autre, vint logiquement l'idée de se réunir le temps d'un week-end pour échanger en bonne et due forme. Et plutôt que de rester dans l'entre-soi, de convier le public à la fête.

C'est ainsi qu'est né, de façon très informelle, le festival Stéréogramme Passionata, avec une première soirée de projection le vendredi réunissant un moyen-métrage choisi par chacun des collectifs, suivie dès le lendemain d'une journée en forme de feu d'artifice cinématographique qui transformera temporairement le 102 en véritable multiplexe alternatif, avec différentes séances projetées dans quatre ou cinq salles différentes.

Au programme ce soir

Forcément, le rassemblement d'un si grand nombre de fondus de pellicule n'allait pas accoucher d'une programmation plan-plan. Le premier soir sera ainsi dédié en bonne partie au "found footage", terme anglais qui désigne la récupération de métrages de pellicules impressionnées ou de bandes vidéo recyclées et détournées dans le but de fabriquer un autre film. Une discipline à part entière (La Verifica Incerta de Gianfranco Baruchello, réalisé en 1964 et projeté ce soir-là, est d'ailleurs l'une des premières œuvres du genre), qui débouche souvent sur des résultats détonants.

Réunissant plusieurs courts de grand noms du cinéma des années 1940 et 1950 (Dreyer, Franju, Resnais), mais également des œuvres beaucoup plus confidentielles s'étalant de 1964 à 2018, la grosse quinzaine de films projetés le samedi n'est évidemment pas en reste, faisant preuve d'un éclectisme stylistique et formel de tous les instants. D'autant que diverses performances plus ou moins disruptives sont également prévues, histoire d'étayer encore un programme déjà sacrément alléchant.

Festival Stéréogramme Passionata
Au 102 vendredi 6 avril à 20h30 et samedi 7 avril de 16h


Festival Stéréogramme Passionata

Programme complet sur https://le102.net
Le 102 102 rue d'Alembert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les meilleures idées sont parfois les plus simples, et souvent les plus incongrues. Imaginez donc une séance de projection en plein air, en plein hiver, dans un jardin mais entourés de braséros. C’est ni plus ni moins ce que vous propose l’équipe d’Artoung ! ce mardi au 102. Une équipe qui, parce qu’elle n’en est pas à une bonne idée près, a également centré sa programmation autour de thèmes hautement calorifiques : « chaleur, incandescence, sable et sang chaud, électricité, fièvre, thermomètre, Celsius, brûlure, hutte de sudation ». Parmi les métrages projetés sur grand écran, des documentaires, des films expérimentaux, et des documentaires expérimentaux, avec une sélection oscillant des années 1960 à nos jours et incluant notamment l’excellent moyen-métrage d’un célèbre cinéaste allemand sur l’éruption d’un volcan à la Guadeloupe. Également au programme, « une succession de feux d’artifices et des lumières filmés par superposition », des scènes de vie quotidienne sur la plage de Copacabana en 1982, un très sensuel court-métrage d’avant-garde japonais, une performance improvisée réunissant trois projecteurs 16mm, deux vidéo

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Non content d’offrir chaque mois plusieurs propositions singulières dans les domaines (entre autres) de la musique et du cinéma expérimental, le 102 s’est mis en tête d’organiser, comme il l’avait déjà fait pour les 30 ans du lieu en 2013 et avec Stellaire Amas en 2014, un festival concentré sur plusieurs jours. Organisé en collaboration avec Metamkine, le festival L’Effervescent 2 réunira donc, du jeudi 19 au dimanche 22 mai inclus, une pléiade de concerts, performances, projections de films, conférences, parcours sonores et autres « destructions instrumentales » dans l’espace autogéré de la rue d’Alembert. Soit l’occasion idéale pour découvrir des artistes locaux comme internationaux souvent invisibles ailleurs, officiant chacun dans des gammes aussi diverses que peu communes. Faute de place pour pouvoir tous les citer, on vous renvoie au site internet du lieu pour une présentation détaillée de chaque artiste (www.le102.net), non sans vous avoir recommandé au préalable d’arriver tôt pour être sur de pouvoir trouver place dans l’enceinte (relativement restreinte) du lieu.

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