"Le bord de la bande" : quand les voix des autres envahissent le 102

Installation | Du mercredi 6 au dimanche 17 juin, le 102 propose une pièce sonore diffusée sur une installation de 40 transistors radio. On vous explique tout ça.

Damien Grimbert | Lundi 4 juin 2018

Photo : Christophe Lebreton


C'est une installation peu commune que celle que présentent Anne-Julie Rollet et Anne-Laure Pigache au 102. Intitulée Le Bord de la bande, elle réunit pas moins de 40 transistors radio (avec tout ce que cela inclut d'approximations, de légers grésillements…) sur lesquels le son se promène et circule à volonté par le biais d'un émetteur. Un dispositif pensé et conçu pour diffuser une pièce sonore tout aussi singulière, issue d'une longue série de rencontres et d'entretiens avec des « entendeurs de voix » réunis au sein des groupes de paroles du REV (Réseau français sur l'entente de voix).

Si le fait d'entendre des voix est souvent considéré comme le symptôme de troubles schizophréniques, ce n'est pas pour autant cette dimension pathologique qui intéressait les artistes, mais plutôt la notion d'« audible intangible, que les entendeurs de voix sont seuls à percevoir et pouvoir décrire ». D'où l'intérêt de diffuser la pièce par le biais d'un tel dispositif qui permet, en jouant sur la multiplicité des sources sonores, de créer une fascinante synergie entre les thèmes abordés lors de la conception de la pièce et la forme que revêt l'écoute de cette dernière.

Le Bord de la bande
Au 102 du mercredi 6 au dimanche 17 juin (concert le vendredi 8 juin ; brunch d'écoute samedi 9 juin de 11h à 16h)


Le Bord de la bande

Installation par Anne-Julie Rollet et Anne-Laure Pigache avec l’aide de Christophe Lebreton et Pascal Thollet
Le 102 102 rue d'Alembert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Révolte tous azimuts

SCENES | Théâtre. Ce devrait être très prochainement l'un des spectacles de la reprise, à la MC2. On a découvert "La terre se révolte" à Lyon et on vous raconte ce qu'on en a pensé.

Nadja Pobel | Mardi 8 décembre 2020

Révolte tous azimuts

Une étudiante en philo souhaite rencontrer l’auteur syrien qu’elle a entendu sur France Inter. En s’enfouissant dans les ramifications de cet homme plus trouble qu’il n’y parait – il fut salafiste, « pourquoi ? – mais pourquoi pas ? », répond-il comme une évidence – elle enquête sur elle-même et ses origines andalouses. En plus de ce duo qui fait la promesse d’une relation flirtant entre intimité et grands maux du monde contemporain, s’ajoutent donc à La Terre se révolte le journaliste de la radio publique, le père du réfugié, quelques rôles furtifs et… Descartes. Car le penseur est là pour arbitrer le débat qui s’installe entre spinosistes et cartésiens tel que c’est énoncé. Où il est question de laïcité, de (re)lecture du Coran qui rend athée. Ainsi, dans une chambre étroite juchée sur une tournette aux murs amovibles, s’entremêlent les strates d’un récit ambitieux mais malheureusement souvent didactique et emphatique à l’instar de voix réverbérées et de gestes chorégraphiques qui entravent l’adhésion à l’histoire de couple. Pourtant le personnage de Wassim a un recul bienvenu sur sa condition, aliéné à son exil. Mais cela ne suffit pas à ne pas n

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"L'Enfant rêvé" : graine de discorde

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Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

À la tête de la scierie jurassienne familiale, François et Noémie luttent chaque jour pour leur entreprise comme pour leur couple, infécond. Mais voilà que François entame une liaison clandestine avec Patricia, une cliente par ailleurs mariée. Celle-ci va tomber enceinte… Le drame passionné en gestation, aux accents ruraux (et musicaux) de La Femme d’à côté, est hélas rattrapé par une triste prévisibilité lorsqu’à la trame sentimentale s’ajoutent des enjeux plus terre à terre. Le personnage de François ressemble alors à une foultitude de protagonistes masculins vus ici ou là ces dernières années, embringués dans des histoires vaguement similaires (entreprise à sauver avec patriarche emmerdeur dans le terroir/couple en déroute/histoire de fesses) ; à croire que cette situation tient du lieu commun et que Jalil Lespert se substitue ici à Guillaume Canet ou Gilles Lelouche en chemise à carreaux. Restent les paysages du Jura filmés par drone…

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Soleil vert

Reprise | On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

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On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète des Singes : on frissonnait pour rire sans y croire vraiment. Légèrement dépassé dix ans plus tard, Soleil vert revient comme un boomerang aujourd’hui, en particulier grâce sa visionnaire séquence d’ouverture résumant la course à l’abîme créée par la révolution industrielle. Pollution, désertification, famines, inégalités sur-creusées, ciel ocre et humains légalement asservis (coucou Uber). Ne manque qu’un élément faisant tout le sel de ce film se déroulant en 2022, c’est-à-dire demain, que le Pays Voironnais vous propose de découvrir gratuitement mercredi 14 octobre à 20h30 au Cap de Voreppe, dans le cadre du mois de la transition alimentaire. Bon appétit !

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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Soirée double au Club

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Vincent Raymond | Vendredi 24 janvier 2020

Soirée double au Club

Choisis ta séance, camarade ! Le même soir, Le Club propose deux événements exceptionnels. D’un côté, la romance de Todd Haynes Carol, avec Rooney Mara et Cate Blanchett (sur l’écran, pas dans la salle !) ; de l’autre un ciné-débat autour du documentaire Partir, revenir : ou l’ambiguïté de la vie de Juliette Warlop, abordant la douloureuse question du suicide. La projection sera ici suivie d’une discussion animée par des représentants du CHU Grenoble-Alpes. Au Club lundi 3 février, à 19h et 20h15

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"Noura rêve" : divorce à la tunisienne

Cinema | De Hinde Boujemaa (Tun.-Bel.-Fr, 1h30) avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer 5 ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail… De la condition féminine dans les pays du Maghreb post-révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale – à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania –, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leur compagnon (ou ex-) depuis le débu

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"Edith, en chemin vers son rêve" : conte d’automne

ECRANS | De Simon Hunter (G.-B., 1h42) avec Sheila Hancock, Kevin Guthrie, Amy Manson…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

À la mort de son époux impotent, l’octogénaire Edith envoie enfin paître sa fille pour accomplir ce qu’elle n’a pu réaliser avec son père : escalader le Mont Suilven en Écosse. Sans préparation, dotée d’un caractère revêche, elle aura bien besoin de l’aide de Jonny, un jeune guide du cru… Avec son minois de Carrie-Anne Moss version 2050, Sheila Hancock est un visage moins connu – donc moins attendu – pour cet emploi que les incontournables Maggie Smith, Judi Dench ou la jeune Charlotte Rampling ; elle convient donc parfaitement pour incarner ce mixte de rigidité et de fatalisme : "Edie" sait que son escapade s’inscrit dans une parenthèse forcément brève, ouverte par le trépas d’un mari, et qui se refermera par sa propre mort. Dans ce court laps de liberté, malgré les convenances et la désapprobation de sa fille, elle reprend en main son indépendance en refusant d’intégrer un Ehpad. Ce (long) préambule, traitant de la réappropriation d’une destinée confisquée par un homme dominateur puis invalide, s’avère plus intéressant que la partie randonnée : accomplir un exploit sportif lorsque l’on est diminué est certes en soi une autre forme d’émancip

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Cinéma en plein air : notre sélection de films à (re)voir cet été à Grenoble et aux alentours

ECRANS | L'été, les écrans géants fleurissent en ville pour proposer aux citadins en mal d'évasion des voyages cinématographiques à la fraîche. Petit sélection maison de ce qu'à la nuit tombée, nous pourrons voir de meilleur en juillet et en août à Grenoble et aux alentours.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Cinéma en plein air : notre sélection de films à (re)voir cet été à Grenoble et aux alentours

Parvana Attention, objet précieux. Déguisée en garçon, une jeune fille défie les Talibans dans cette œuvre animée signée Nora Twomey (et sortie en 2018) à l’univers graphique singulièrement élégant prouvant que les grandes thématiques politiques d’aujourd’hui peuvent constituer la trame d’histoires à la portée du jeune public. À Saint-Martin-d'Hères (parc Romain-Rolland) mardi 9 juillet Au revoir là-haut En 2017, Albert Dupontel a surpris avec ce conte noir plongeant ses racines dans la boue des tranchées de la Première Guerre mondiale et s’épanouissant dans la pourriture insouciante des Années folles. Un grand film passionnant et captivant qui fait rimer épique et esthétique en alignant une galerie de personnages (donc une distribution) estomaquante. À Fontaine (parc de la Poya) mercredi 10 juillet Minuscule,

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"Un peuple et sa Révolution" : quand le peuple sort des cases

Exposition | Publié en janvier chez Actes Sud, la bande dessinée "Liberté" est le premier tome de "Révolution", trilogie consacrée à la Révolution française. Bonne nouvelle : les auteurs Florent Grouazel et Younn Locard exposent leurs planches originales ainsi que leurs carnets de croquis au Musée de la Révolution française de Vizille. Un travail époustouflant !

Benjamin Bardinet | Mardi 2 juillet 2019

Au Musée de la Révolution française, les tableaux représentent, pour la plupart, des figures allégoriques (la Justice, la Liberté…) ou historiques (Marat, Robespierre…) de cet épisode majeur de notre Histoire que fut la Révolution française. Mais dans l’ouvrage titanesque (3 tomes de 250 pages chacun) qu’ils consacrent à ce moment charnière, Florent Grouazel et Younn Locard ont, au contraire, choisi de porter leur regard sur le peuple dans sa diversité. Dans l’exposition qui en découle, les premières planches dévoilent la vie misérable de citadins reclus dans un cloaque sordide, rappelant que les injustices et la misère ont été le terreau de la Révolution. Et que le peuple, souvent en proie aux doutes et aux errances, traversa ce moment sans forcément avoir conscience de ce à quoi il participait. Prenant alternativement la plume, les deux auteurs développent un trait fouillé qui fait merveilleusement état de ce bouillonnement. Fourmillant de détails, chaque case rend compte de l’effervescence qui caractérise le Paris de la fin du XVIIIe siècle. Et quand il s’agit de représenter un événement majeur comme la prise de la Bastill

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"Rêves de jeunesse" : conte… sur toi

ECRANS | de Alain Raoust (Fr., 1h32) avec Salomé Richard, Yoann Zimmer, Estelle Meyer…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Salomé quitte pour l’été sa coloc’ afin d’aller bosser dans la déchèterie du petit village de son enfance. Sur place, livrée à elle-même, elle renoue avec une partie de son passé et enchaîne des rencontres baroques. Dont celle d’une participante d’un jeu télé, échouée devant sa cahute… Les romans d’apprentissage illustrés ont toujours quelque chose d’attachant, surtout lorsqu’ils sont en phase avec la saison ; bien davantage s’ils touchent un public en osmose avec le sujet. En apparence soumis à une intrigue ténue portée par une héroïne discrète pour ne pas dire mutique (plus observatrice qu’actrice) squattant une camionnette abandonnée dans la solitude du mois d’août, Rêves de jeunesse tient plus des “Vacances de Monsieur Godot” que d’une fantaisie d’étudiants à la Klapisch ! Cependant, ce cadre rural où l’absurde surgit volontiers (rappelant le cinéma d’Alain Guiraudie) se révèle un creuset propice à la déconnexion et à l’introspection : Salomé peut poursuivre son histoire grâce au surgissement d’une fille en tout point opposée à ce qu’elle est et… "grandir". Période entre parenthèses, les vacances sont aussi un temps idéal

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Rêvons éveillés avec Michel Gondry

ECRANS | Le Ciné-Club propose un cycle consacré au fameux réalisateur français. Ça commence mercredi 29 mai avec son chef-d'œuvre "Eternal Sunshine of the Spotless Mind".

Élise Lemelle | Mardi 21 mai 2019

Rêvons éveillés avec Michel Gondry

« Le rêve donne un sens à une succession d'images, de sons qui bombardent notre cerveau endormi de manière aléatoire. (…) Il fabrique des histoires à partir du chaos. C'est cette faculté qui, à mon sens, nous autorise l'expérience du cinéma. » Ou comment Michel Gondry résume lui-même son cinéma. La temporalité de ses films coïncide ainsi souvent avec le ressenti de ses personnages, provoquant une distorsion de la réalité qu'il convertit en images au moyen de bricolages optiques et numériques dont il a le secret depuis presque vingt ans. Inspiré, sans doute, par ces bricolages du sommeil, le Ciné-Club de Grenoble compose alors l’ultime cycle de sa saison autour du cinéaste français avec trois de ses longs-métrages qui partent d’une même base narrative : un garçon, inadapté, se morfond dans la monotonie jusqu’à ce qu’une rencontre/idée vienne bouleverser son existence. On commencera par du culte avec un film qui a marqué les esprits à sa sortie : Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004, photo), récompensé par l’Oscar du meilleur scénario original, suit une histoire d’amour contrari

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"Les Crevettes pailletées" : homos au bain

ECRANS | De Cédric Le Gallo et Maxime Govare (Fr, 1h40) avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Parce qu’il a lâché une insulte homophobe à un journaliste, la Fédération de natation oblige Mathias, vice-champion du monde, à redorer son image en l’envoyant entraîner une équipe de water-polo gay. L’objectif ? La qualifier pour les Gay Games. Le problème ? Ils sont très mauvais et Mathias est peu motivé… Un merveilleux hasard fait succéder ce film au Grand Bain dont le succès, à la façon d’un Moïse des bassins chlorés, est susceptible de faciliter l’existence dans les salles de ces Crevettes pailletées. Tant mieux pour elles, même s’il n’y a pas de quoi plonger du tremplin des 10m : cette gentille fable célébrant la tolérance à coups de déhanchés suggestifs, de moues mutines et d’exubérance à la Liberace (vous avez dit "cliché" ?) semble bien terne comparée à Priscilla folle du désert, douche australienne maniant le show et froid de la dérision sans pour autant donner l’impression d’illustrer une version aquatique de Comme ils disent

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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"Un coup de maître" : vieilles canailles !

ECRANS | de Gastón Duprat (Esp- Arg, 1h41) avec Guillermo Francella, Luis Brandoni, Raúl Arévalo…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Galeriste à Buenos Aires, Arturo est las de soutenir Renzo, un ami peintre jadis à la mode, mais aujourd’hui dépassé et aigri. Alors qu’il vient de saborder une magnifique chance de se refaire, Renzo est victime d’un accident qui le laisse amnésique. Pour Arturo, c’est une occasion en or… Coréalisateur de l’excellent Citoyen d’honneur (2017), Gastón Duprat continue d’explorer les saumâtres coulisses de la création artistique, jetant ici son dévolu sur un plasticien et son nécessaire double, conjointement homme-lige et parasite, le galeriste. Car dans ce duo complexe (l’un s’acquitte de l’art, l’autre des chiffres), bien malin qui saurait les départager en terme de filouterie : le peintre se vante d’être ontologiquement ambitieux et égoïste (il prétend que c’est une condition sine qua non pour exercer son métier), le marchand ne fait pas mystère de sa passion pour les dollars. À partir de ces deux personnages en apparence peu fréquentables, Duprat compose pourtant une touchante

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"Bruit de la bande géant" : une nuit à l’écoute au 102

Événement | C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 janvier 2019

C’était il y a un peu plus de deux ans : pour fêter ses trente ans d’existence, le collectif Archipel Urbain, plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes, avait organisé au 102 une "nuit blanche d’écoute collective" construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par ses différents membres. Une expérience singulière qui sera renouvelée ce vendredi 1er février au même endroit, avec de nouveau « des pièces sonores très différentes les unes des autres, de différentes époques et de différentes régions du monde : du "field recording", des enregistrements spontanés, des sons tirés d'œuvres pas proprement musicales comme la sculpture ou le cinéma, des bruits, des chants d'animaux, des voix étranges... ». Pour y assister, rendez-vous entre 19h30 et 20h30 au 102 rue d’Alembert armé de duvets, couvertures, oreillers, l’équipe sur place se chargeant de proposer boissons et collations pour tenir jusqu’au brunch du matin.

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Trois soirées pour bien commencer février

Soirées | Bloquez votre vendredi 1er et samedi 2 février. Et le dimanche 3 pour vous en remettre.

Damien Grimbert | Mardi 29 janvier 2019

Trois soirées pour bien commencer février

01.02.19 > Ampérage Subversion #4 avec Phase Fatale Nouvelle année et nouveau line-up pour les soirées techno, indus et EBM du collectif grenoblois The Dare Night, qui accueillent en tête d’affiche pour leur quatrième édition une nouvelle pointure de la scène actuelle. En l’occurrence Hayden Payne alias Phase Fatale, jeune New-Yorkais installé à Berlin qui n’a, depuis quatre ans, cessé d’enchaîner les sorties sur les labels les plus influents du genre, d’Avant! et aufnahme + wiedergabe à Jealous God en passant par Hospital Productions, BITE et Ostgut Ton. 02.02.19 > Belle électrique AZF & Manu Le Malin Pour sa nouvelle soirée à la Belle électrique, l’association Icône a décidé de frapper fort, en rassemblant sur scène deux figures françaises iconiques de la techno sans concession : le vétéran Manu Le Malin, véritable légende de la scène hardcore française depuis le début des années 1990 qui n’a rien perdu de sa puissance d’impact, et la charismatique

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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"Marche ou crève" : jusqu’au bout des limites

ECRANS | de Margaux Bonhomme (Fr, 1h25) avec Diane Rouxel, Jeanne Cohendy, Cédric Kahn…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Elisa vit avec son père et sa sœur Marion dont le handicap a eu raison du noyau familial : la mère, épuisée de s’en occuper et seule à militer pour un placement en institution, a préféré quitter la maison. Alors Elisa prend le relai de son père, au risque de sacrifier son avenir… La dédicace finale, « à ma sœur », laisse peu de doute sur l’inspiration de la réalisatrice Margaux Bonhomme, et sur la charge personnelle autant qu’affective pesant sur ce film. De fait, Marche ou crève déroule un schéma tristement banal dans la galaxie du handicap : nombreuses sont les familles à connaître une rupture, favorisée par la polarisation extrême suscitée par l’enfant réclamant une attention plus soutenue mais aussi résultant de l’accumulation de stress et de fatigue causée par l’absence de relais par des tiers – on parle là de conséquences privées et intimes d’une politique publique insuffisante. Ici, ni la mère, ni le père, ni la sœur ne veulent être soupçonnés de mal aimer Marion (ce que signifie le recours au placement en institution), et ils s’obstinent dans le dévouement sacerdotal jusqu’à un isolement mortifère. R

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Quand la Pologne s'affiche au Mois du graphisme d'Échirolles

Festival | Après le Japon en 2016, le Mois du graphisme nous invite cette année à découvrir, au Centre du graphisme (qui l'organise) comme dans d'autres lieux partenaires, et pendant plus d'un mois, la folle créativité des affichistes polonais des années 1950 à aujourd'hui. Visite guidée de ce programme visuellement passionnant.

Benjamin Bardinet | Mardi 20 novembre 2018

Quand la Pologne s'affiche au Mois du graphisme d'Échirolles

Entre le graphisme et Échirolles, c'est une histoire qui dure depuis 1990 ; histoire renforcée en 2016 avec l'ouverture du Centre du graphisme, devenu l'épicentre du Mois du graphisme. Un centre qui, pour cette nouvelle édition baptisée Pologne : une révolution graphique, consacre une rétrospective à la singulière école polonaise de l'affiche. Le parcours propose, grosso modo, de découvrir une génération de créateurs par salle : les pionniers dans la première, leurs élèves dans la seconde et, dans la dernière, la jeune génération. L'accrochage n'y va pas par quatre chemins et, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le visiteur est immergé dans l'effervescence créative qui caractérise l'affiche polonaise d'après-guerre. Bien que la personnalité singulière de chaque artiste soit mise en avant par un mur d'affiches qui lui est dédié, il se dégage de cette jungle graphique des sensibilités communes qui témoignent d'un goût prononcé pour le surréalisme, le grotesque et les volutes psychédéliques.

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Trois séances à la Vence scène de Saint-Égrève pour célébrer l’armistice

ECRANS | Il y a tout juste un siècle, la Der des Ders s’achevait dans la boue des tranchées, avec l’espoir qu’aucune génération ne revivrait plus jamais pareille (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Trois séances à la Vence scène de Saint-Égrève pour célébrer l’armistice

Il y a tout juste un siècle, la Der des Ders s’achevait dans la boue des tranchées, avec l’espoir qu’aucune génération ne revivrait plus jamais pareille abomination. Las ! Le traité de Versailles un an plus tard allait créer les conditions d’un chaos plus effroyable encore. Pour ne pas être condamné à revivre l’Histoire, il faut la connaître et l’entretenir grâce au cinéma qui rappelle, au-delà du "spectacle", la réalité des faits. Trois œuvres, trois regards, pour expliquer la balafre 1914-1918 sont projetés le week-end des 10 et 11 novembre à la Vence scène de Saint-Égrève. L’incontournable Kubrick Les Sentiers de la Gloire (1957), le bancal mais joliment fait film d’animation Adama de Simon Rouby et le puissant Au revoir là-haut (2017, photo) d'Albert Dupontel. Vous pouvez faire la passe de trois.

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"Départ Flip" : la (magnifique) tribu de Sala

Cirque | Pour sa première création seule aux commandes et hors de scène, Aurélie La Sala de la compagnie Virevolt (qu'elle a fondée en 2000 avec Martin Cuvelier) signe un spectacle remuant, interrogeant dans les airs ce qu'est le groupe, à la fois répulsif et refuge. Un "Départ Flip" remarquable à découvrir au Grand Angle ce mois-ci et à la Rampe en décembre.

Nadja Pobel | Mardi 9 octobre 2018

Ne pas s'attendre à une démonstration de force sur les douze trapèzes qui, au début de la représentation, sont encore repliés sur eux-mêmes. Bien sûr, les cinq acrobates savent parfaitement les manier mais là n'est pas le propos, qui est plutôt d’affirmer comment on fait groupe, par contrainte ou par choix. Ainsi, il faut tout d'abord que les interprètes se familiarisent avec un nouvel environnement – ici, c'est la verticalité. Leurs corps l'appréhendent lentement, déployant les trapèzes depuis un grill de cordes, le plateau haut perché du dispositif scénique. Sans que l'exercice ne soit synchrone, la simultanéité avec laquelle tout se déroule rend l’installation joyeuse et ludique, les filles s'amusant même comme des enfants sur une balançoire. Cette candeur traverse tout le travail d'Aurélie La Sala, directrice artistique de la compagnie Virevolt, sans que cela ne l'empêche d'empoigner son sujet à pleines mains. Bestiaire Le groupe dont il est question en filigrane est celui de migrants débarqués sur une terre inconnue. Postés sur un cube à moins d'un mètre du sol, ils semblent regarder la mer menaçant de les aspirer. Point alors le danger qui é

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Yannis Youlountas sera lundi au Club pour "L’Amour et la Révolution"

ECRANS | On se souvient qu’il y a deux ans, le réalisateur Yannis Youlountas avait présenté à l’Espace Aragon Je lutte donc je suis, son documentaire sur la (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Yannis Youlountas sera lundi au Club pour

On se souvient qu’il y a deux ans, le réalisateur Yannis Youlountas avait présenté à l’Espace Aragon Je lutte donc je suis, son documentaire sur la situation grecque. Le revoici aujourd’hui, cette fois-ci au Club (lundi 8 octobre à 20h15), pour la suite de son travail montrant les conséquences de l’austérité subie par la république hellénique. Avec un titre (L’Amour et la Révolution) un peu moins désespérant que, au hasard, "la bourse ou la vie" – au moins, on peut concilier amour et révolution. À noter que les bénéfices du film seront reversés à des initiatives solidaires autogérées en Grèce.

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Patricia Mazuy : « L’idée, avec John Cale, était de faire une musique qui rentre dans la tête de la folie »

ECRANS | Avec sa franchise bienvenue, la trop rare réalisatrice de "Saint-Cyr" ou "Sport de filles" évoque la conception de son thriller "Paul Sanchez est revenu !" ; et tout particulièrement sa troisième collaboration avec l’ancien du Velvet Underground, compositeur de la bande originale.

Vincent Raymond | Lundi 16 juillet 2018

Patricia Mazuy : « L’idée, avec John Cale, était de faire une musique qui rentre dans la tête de la folie »

Est-ce l’affaire Dupont de Ligonnès en particulier qui vous a inspirée pour Paul Sanchez est revenu ? Patricia Mazuy : Je me suis surtout intéressée à une boulimie de Faites en entrer l’accusé : dans quel état cela nous met quand on s’abandonne dans les faits divers les plus morbides qui soient ? On est contents de se coucher après en se disant : c’est pas nous ! Ce qui est rigolo au cinéma, c’est que l’on pousse les choses à l’extrême, on va plus loin que dans le réel – le film n’est pas du tout naturaliste. C’était bien de travailler cette matière-là. Le film est très ancré dans le Var. Or peu de personnages, notamment parmi les gendarmes,

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"Paul Sanchez est revenu !" : identification d'un homme

ECRANS | de Patricia Mazuy (Fr, 1h51) avec Laurent Lafitte, Zita Hanrot, Idir Chender…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Aux Arcs-sur-Argens, la gendarmerie a été informée que Paul Sanchez, meurtrier recherché depuis dix ans, a été identifié dans un train. Volontariste, mais souvent gaffeuse, la jeune Marion se lance sur ce dossier dédaigné par ses collègues militaires. Et si elle avait raison d’y croire ? Cinéaste rare faisant parfois des incursions bienvenues devant la caméra (son tempérament pince-sans-rire y est hélas sous-exploité), Patricia Mazuy a toujours su animer des caractères atypiques, et tout particulièrement des francs-tireuses imposant leur loi à l’intérieur de cadres pourtant rigides : Peaux de vaches, Saint-Cyr ou Sport de filles étaient ainsi portés par des battantes qui, si elles n’étaient guère victorieuses, infléchissaient les règles. Marion la gendarme est du même bois, ce qui ne l’exonère pas d’une certaine maladresse la rendant plus attachante et réaliste. Dans ce thriller en forme de chasse à l’homme, davantage que la menace c’est l’omniprésence de la fragili

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Le Ciel, version coulisses (et concerts)

ACTUS | La salle de concert grenobloise, située près de la place de Verdun et fermée depuis 2015, va organiser des portes ouvertes ce dimanche 17 juin grâce à l'association Plege.

Damien Grimbert | Mardi 12 juin 2018

Le Ciel, version coulisses (et concerts)

Salle de concert emblématique fermée en 2015 par la Ville de Grenoble pour raisons économiques, le Ciel n’en accueille pas moins dans ses sous-sols de nombreux studios de répétition et d’enregistrement encore utilisés par un nombre conséquent de musiciens grenoblois. C’est cet "envers du décor" habituellement réservé à ses seuls utilisateurs que l’association Plege, créée après la fermeture pour assurer la sauvegarde du lieu, a décidé d’ouvrir pour la toute première fois au public le temps d’une journée portes ouvertes. Au programme, une exposition d’affiches de concerts réalisées par une pléiade d’artistes grenoblois de haut vol, un atelier de création d’instruments virtuels et numériques animé par l’Acroe, et enfin toute une flopée de concerts de premier choix avec au line-up Lynhood, Marc Di Malta, Poupard, Hold Station, Rémi Guirao, F de Shooosh, Bételgeuse, Lokom et Poopitch. Le soir venu, c’est cette fois la salle de diffusion elle-même qui rouvrira temporairement, le temps d’un concert réunissant le hardcore teinté d

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"Queercore : how to punk a revolution" : no future straight

ECRANS | Mardi 29 mai, le festival grenoblois Vues d'en face, centré sur le cinéma LGBT, proposera de découvrir au Club ce fascinant documentaire sur le queercore, « mouvement social et artistique né dans les années 1980 qui a cherché à provoquer, au travers de l’art et de la musique punk, la société hétéronormée ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mai 2018

« Une farce devenue réelle » : voilà comment, dans le documentaire Queercore : how to punk a revolution, le réalisateur Bruce LaBruce explique la genèse de ce mouvement culturel et social né dans les années 1980 pour « élargir le discours ». Aux manettes de cette sous-culture, des artistes et activistes queer et punk qui voulaient non pas réunir les deux scènes mais en créer une nouvelle en se détachant de ce qu’ils abhorraient dans chacune d’elle : le côté bourgeois et apolitique des homos, et les relents misogynes et homophobes des punks. Proposé par Vues d’en face, le festival international du film LGBT de Grenoble, dans le cadre de ses séances mensuelles au Club, ce documentaire de Yony Leyser sorti l’an passé est passionnant du fait de la richesse du panel de témoins interviewés – Bruce LaBruce donc mais également, au rayon des plus connus, les musiciennes Peaches et Kim Gordon ou encore le réalisateur John Waters. Et par les nombreux enjeux qu’ils convoquent en tout juste 1h20. Alors que le mot queer vient de rentrer cette année dans le dictionnaire Robert (« personne dont

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Moor Mother : activiste sonique

Concert | Artiste engagée aux multiples facettes, l’Américaine Camae Ayewa compose, sous l’alias Moor Mother, une musique expérimentale radicale et avant-gardiste qui emprunte autant à l’afro-futurisme de Sun Ra qu’à la noise et l’électronique. À découvrir au 102.

Damien Grimbert | Lundi 30 avril 2018

Moor Mother : activiste sonique

Pas évident de décrire en quelques mots la musique de Moor Mother : mêlant samples de musiques traditionnelles afro-américaines manipulés au point de devenir méconnaissables, field recording, drone, nappes ambient, rythmiques alambiquées et déflagrations bruitistes, les audacieux collages sonores qui servent d’écrin à son spoken word hanté convoquent un spectre d’influences aussi vaste que sans cesse fluctuant. Cette ambivalence troublante, qui transforme chacun de ses concerts en expérience unique et provoque chez l’auditeur une sensation de déboussolement, Camae Ayewa ne l’utilise évidemment pas de manière fortuite. Elle s’en sert au contraire comme d’un outil pour créer une sensation d’urgence, et renforcer ainsi l’impact de son propos : partager l’expérience de vie chaotique de la communauté noire défavorisée et violentée dont elle est issue. Plutôt que de céder à la facilité des prêches moralisateurs, elle préfère ainsi créer une immersion viscérale dans un univers ouvertement politique, où les spectres du passé et la dureté du présent se heurtent aux fragments d’un possible futur. Sur le terrain Cette approche afro-futuriste

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"1984" et "Fahrenheit 451" seront projetés vendredi à la Cinémathèque

ECRANS | Le vendredi 4 mai, aller au cinéma Juliet-Berto tu devras. C’est ainsi que la plupart des fans de la saga vous parleront sans doute, en cette journée (...)

Margaux Rinaldi | Lundi 30 avril 2018

Le vendredi 4 mai, aller au cinéma Juliet-Berto tu devras. C’est ainsi que la plupart des fans de la saga vous parleront sans doute, en cette journée mondiale Star Wars. Pas pour vénérer des "lucasseries", mais pour le cycle Retour vers le futur de la Cinémathèque de Grenoble. Cette dernière préfère en effet vous emmener en 1984 sur la planète de George Orwell, via le film de Michael Radford sorti, justement, en 1984, et dans le monde de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, à travers l’adaptation de François Truffaut réalisée en 1966. Comme le dit si bien l’écrivain grenoblois Jean-Pierre Andrevon (qui présentera la soirée) dans son livre Le Travail du Furet, ces deux œuvres-là, c’est « comme au cinoche, une histoire avec une morale ». Assurément passionnant, et sans doute un brin flippant au vu des sujets évoqués – un Big Brother manipulant et contrôlant les moindres détails de la vie de ses sujets dans 1984 (photo), et un pays indéfini dans lequel la littérature

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"La Révolution silencieuse" : silence dans les rangs allemands

ECRANS | de Lars Kraume (All., 1h51) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

1956, à Stalinstadt en République démocratique allemande (RDA). Pour protester à leur façon contre la répression en cours à Budapest, Kurt, Theo et Lena proposent à leurs camarades de terminale de procéder à une minute de silence. L’initiative est adoptée, mais les conséquences seront redoutables… Sur les écrans français quelques semaines après que l’on a célébré en Allemagne le 5 février dernier le Zirkeltag (date à partir de laquelle le nombre de jours depuis l’effondrement du Mur dépasse celui durant lequel il balafrait la ville), ce biopic d’anonymes porte une valeur très symbolique outre-Rhin, et purement informative ailleurs. En particulier à destination des générations nouvelles : difficile pour elles d’imaginer que les Corées actuelles correspondent à un modèle superlatif des RFA et RDA d’antan. Pas de révélation en revanche dans la présentation des méthodes coercitives dont le régime "démocratique" pouvait user lorsqu’il s’agissait de "convaincre" une brebis qu’elle s’égarait du bon troupeau et de ses camarades : chantage, manœuvres psychologiques, intimidations… Une sacrée bande de vilains cocos ! Après

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Avec "Le rêve blanc", le Musée dauphinois raconte l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes

Exposition | Mi-avril, le Musée dauphinois a ouvert les portes d’une nouvelle exposition permanente baptisée "Le rêve blanc, l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes" qui retrace l’histoire de la pratique du ski au XXe siècle. On s’est laissé guider par Franck Philippeaux, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.

Alice Colmart | Mardi 24 avril 2018

Avec

Alors que la neige fond et que les stations de ski ferment leurs pistes, le Musée dauphinois ne semble pas prêt à tourner la page de l’hiver. Après Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, toujours en cours au rez-de-chaussée pendant toute l’année 2018, une nouvelle exposition, cette fois-ci de longue durée (sans date de fin donc), s’attaque aux sports d’hiver. Située au dernier niveau du bâtiment, elle a pour but de présenter « les différents engrenages du système économique que sont les sports d’hiver » selon le conservateur du musée Franck Philippeaux, avec des photos, cartes postales, films et autres objets en tous genres. Tout au long du parcours, on découvre ainsi l’évolution des pratiques à travers une vaste collection d’équipements adoptés par les sportifs au fil des ans – skis, monoskis, patinettes… On en apprend par exemple plus sur le passage du ski en bois au ski métallique, jusqu’au plus récent sn

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Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

Cinéma | Films expérimentaux, found footage, fictions audacieuses, documentaires de création… C’est à un gigantesque brassage de genre et formats cinématographiques que nous convie le festival Stéréogramme Passionata, organisé vendredi 6 et samedi 7 avril au 102.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Festival Stéréogramme Passionata : popcorn et pellicule au 102

À l’origine étaient cinq collectifs, de dimension variable et basés dans différentes villes, mais réunis par la même passion frénétique et débordante pour la collection, diffusion, manipulation et fabrication d’ « images en mouvement » : Gran Lux à Saint-Étienne, Météorites à Lyon, Le Spoutnik à Genève, Vidéodrome 2 à Marseille et Art Toung! à Grenoble. À force de se croiser d’un événement à un autre, vint logiquement l’idée de se réunir le temps d’un week-end pour échanger en bonne et due forme. Et plutôt que de rester dans l’entre-soi, de convier le public à la fête. C’est ainsi qu'est né, de façon très informelle, le festival Stéréogramme Passionata, avec une première soirée de projection le vendredi réunissant un moyen-métrage choisi par chacun des collectifs, suivie dès le lendemain d’une journée en forme de feu d’artifice cinématographique qui transformera temporairement le 102 en véritable multiplexe alternatif, avec différentes séances projetées dans quatre ou cinq salles différentes. Au programme ce soir Forcément, le rassemblement d’un si grand nombre de fondus de pellicule n’allait pas accoucher d’une programma

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À vous de voir : une fête du cinéma avant l'heure à Saint-Égrève

Festival | Rendez-vous du vendredi 9 au mercredi 14 février à la Vence Scène pour découvrir un paquet de films. Dont des très bons !

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

À vous de voir : une fête du cinéma avant l'heure à Saint-Égrève

« Six jours de fête autour du cinéma » attendent les férus de 7e art à la Vence Scène de Saint-Égrève, où le festival À vous de voir revient pour sa 3e édition. Au programme, trente-quatre films (dont onze en avant-première) et neuf destinés au jeune public. Des films de tous genres attendent donc les spectateurs, de la comédie loufoque Les Tuche 3 à la saisissante enquête journalistique L’Apparition de Xavier Giannoli, en passant par la dernière œuvre en date de Clint Eastwood, Le 15h17 pour Paris (photo). Le festival invite également au voyage avec

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"Au revoir là-haut" : et Albert Dupontel signa son plus grand film

ECRANS | Conte noir plongeant ses racines dans la boue des tranchées et s’épanouissant dans la pourriture insouciante des Années folles, le sixième long-métrage d'Albert Dupontel fait rimer épique et esthétique en alignant une galerie de personnage (donc une distribution) estomaquante.

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Après avoir frôlé la mort dans les tranchées, une "gueule cassée" dotée d’un talent artistique inouï et un comptable tentent de "s’indemniser" en imaginant une escroquerie… monumentale. Honteux ? Il y a pire : Aulnay-Pradelle, profiteur de guerre lâche et assassin, veut leur peau… La barre était haut placée : du monumental roman de Pierre Lemaitre, statufié en 2013 par un de ces Goncourt que nul ne saurait discuter (ils sont si rares…), Albert Dupontel a tiré le grand film au souffle épique mûrissant en lui depuis des lustres. La conjonction était parfaite pour le comédien et réalisateur qui, s’il n'a jamais caché ses ambitions cinématographiques, n’avait jusqu’à aujourd’hui jamais pu conjuguer sujet en or massif et moyens matériels à la mesure de ses aspirations. Chapeau, Lafitte Le roman se prêtait à l’adaptation mais n’a pas dû se donner facilement – l’amplitude des décors et des situations augmentant les risques de fausse route et d’éparpillement. Galvanisé, Dupontel s’est réapproprié ce récit picaresque et lui à donné un équivalent cinématographique. S’il a sabré quelques détails (l’homosexualité), il a joué sur l’aspect

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"Taxi Sofia" : le conteur tourne dans la capitale bulgare

ECRANS | de Stephan Komandarev (Bul.-All.-Mac., 1h43) avec Vassil Vassilev, Ivan Barnev, Assen Blatechki…

Vincent Raymond | Mardi 10 octobre 2017

Portrait de la Bulgarie contemporaine à travers les chauffeurs et chauffeuses de taxi de Sofia, le temps d’une nuit, après que l’un d’entre eux a abattu le banquier lui extorquant de l’argent. Où l’on découvre que conduire est pour chacun non un pis-aller, mais une activité de complément… Avec les coiffeur·se·s, les prostitué·e·s et les prêtres, les chauffeur·se·s de taxi figurent parmi les professions les plus souvent récipiendaires des confidences de la population ; leur mobilité leur permettant de surcroît de disposer d’un échantillon sociologiquement plus varié et représentatif. Cela pour dire que l’idée initiale de ce film (cousin éloigné du Taxi Téhéran de Panahi) ne manquait pas d’à-propos. Sillonner la capitale bulgare permet d’établir un saisissant kaléidoscope du pays : lycéennes se prostituant, médecin à deux doigts de migrer à l’Ouest, prêtre faisant des heures sup’ ou oligarques ayant profité de la fin du communisme en constituent ainsi le paysage ordinaire. Hélas, si certaines séquences atteignent une tension dram

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Rentrée vrombissante au 102

CONNAITRE | Pour lancer sa nouvelle saison, « l'espace autogéré » de la rue d’Alembert propose deux soirées (dimanche 1er et lundi 2 octobre) : une axée cinéma et une axée musique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 26 septembre 2017

Rentrée vrombissante au 102

Une soirée cinéma suivie d’une soirée concert, c’est l’alléchante proposition de l’équipe du 102 pour ouvrir sa saison. Débuts des hostilités le dimanche 1er octobre avec une série de projections sur le thème des véhicules motorisés et de leur univers – mécanique, huile, essence, cambouis… Au programme, pas de rediffusion intempestive de Top Gear, ni d’intégrale de la saga Fast & Furious, mais plutôt une sélection triée sur le volet de films rares et méconnus, oscillant entre courts-métrages, documentaires de création et cinéma expérimental. L’occasion par exemple de découvrir le très attendu nouveau documentaire de la réalisatrice d’East Punk Memories Lucile Chaufour (115 DB, en photo) ou encore un téléfilm haletant du début des années 1970, signé par un jeune cinéaste depuis rentré dans la postérité et entièrement centré sur la fuite effrénée d’un automobiliste poursuivi par un mystérieux camion – vous découvrirez bien de quoi on parle sur place ! Le lendemain, fini les images et place à la musique, avec un concert du radical trio noise norvégien MOE, auteur de déflagrations sonores incantatoires qu’on nous décrit co

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"Des rêves sans étoiles" : prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de "réhabilitation" pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux. À ces "tête-à-tête" trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

ECRANS | Bien sûr, on en oublie. Mais il y fort à parier que ces quatorze films constituent des pierres de touche de la fin 2017. Alors sortez votre agenda et cochez les jours de sortie avec nous.

Vincent Raymond | Lundi 28 août 2017

Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

Le Redoutable de Michel Hazanavicius 13 septembre Portrait chinois du cinéaste culte Jean-Luc Godard, au moment où il se défait de ce qui lui reste de fantaisie et commence par se prendre sérieusement au sérieux, Le Redoutable est adapté du récit autobiographique Un an après d’Anne Wiazemsky, qui fut en couple avec Godard. En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Michel Hazanavicius (l'homme derrière The Artist et les OSS 117) en a extrait une substance cinématographique purement godardienne, faite de références intellectuelles, de calembours à tiroirs et de ruptures narratives et stylistiques qui dépeint sans déférence ni cruauté le JLG égaré de 1967 (à son époque Mao-moi), à la fois fragile et tyrannique, jouée sans afféterie (mais avec chevrotement et cheveu sur la langue obligatoires) par Louis Garrel.

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Erik Minkkinen et Pierre Faure : musique sans concession

MUSIQUES | Les amateurs de bruit à l’état pur vont être ravis lundi 29 mai au 102.

Damien Grimbert | Mardi 23 mai 2017

Erik Minkkinen et Pierre Faure : musique sans concession

Rencontre entre deux artistes amateurs de bruit à l’état pur, de textures sonores chaotiques, de saturations malaisantes et de distorsions à tout crin, le concert proposé au 102 ce lundi 29 mai à 20h30 n’est pas, vous l’aurez compris, recommandé aux âmes et oreilles sensibles. Ce qui ne l’empêche pas, pour à peu près les mêmes raisons, de s’annoncer comme l’un des évènements musicaux les plus palpitants de cette fin de mois de mai. Au programme, un solo d’Erik Minkkinen (en photo), membre fondateur du fabuleux trio parisien Sister Iodine, dont les expérimentations / déflagrations bruitistes et effrénées entre no wave, harsh noise et black métal, d’une inventivité et précision infinie, ont progressivement acquis à leur cause une foule sans cesse croissante d’adeptes depuis les débuts du groupe à l’orée des années 1990. Il sera ensuite rejoint sur scène le temps d’un duo inédit par le guitariste Pierre Faure, qui distille quant à lui sa passion pour l’expérimentation débridée au sein de formations aussi recommandables que Nappe, Sun Stabbed ou encore La Morte Young.

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B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Événement | Rendez-vous samedi 13 mai, à Varces donc et en musique, pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Initiée en 2014 sous la forme d’une "simple" bourse aux vinyles, la manifestation culturelle B-Face, organisée à Varces par le centre socio-culturel de Varces-Allières-et-Risset, n’a cessé de gagner en ambition année après année au point de se transformer, pour sa quatrième édition, en véritable festival. Aux côtés des traditionnels stands de disques, expositions et animations en tout genre (ateliers participatifs parents-enfants, démonstration de sérigraphie, blind-tests…), B-Face a ainsi concocté cette année une véritable programmation musicale digne de ce nom, réunissant pas moins de sept groupes différents oscillant entre rock, noise, pop, folk, punk, électro et psyché. Après une première salve de concerts gratuits en plein air l’après-midi (avec Sourdure et As A New Revolt), c’est la salle l’Oriel qui prendra le relais le soir venu, avec les prestations de Titus d’enfer, It It Anita (en photo), Blood Sport, God !Zilla et Noyades. Soit autant de formations farouchement indépendantes (fidèles ainsi à l’esprit très "Do It Yourself" du festival) réunies par différentes associations bien connues de l

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"La Colère d’un homme patient" : vengeance glacée

ECRANS | de Raúl Arévalo (Esp., int.- 12 ans, 1h32) avec Antonio de la Torre, Luis Callejo, Ruth Diaz…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Huit ans après un braquage musclé qui s’est mal terminé pour les victimes comme pour les malfaiteurs, un étrange bonhomme taiseux se rapproche du gang à l’origine des faits. Son but : la vengeance. L'Espagnol Raúl Arévalo ouvre son premier film sur une prometteuse séquence, au spectaculaire duquel il est difficile d’être insensible. Las ! La suite ne sera pas du même tonneau, marquée par un rythme un tantinet poussif, malgré les efforts ou effets pour le muscler (inserts de cartons-chapitres durant la première demi-heure, violence stridulante…) afin de maintenir une tension en accord avec le sujet. Un sujet qui constitue un problème majeur pour ce thriller moralement discutable : il s’agit tout de même d’une "charlesbronsonnerie" contemporaine vantant froidement, sans la moindre distance, le principe de l’auto-justice. Ajoutons que l’intrigue, par trop rectiligne, ne réserve aucune surprise dans son dénouement. Malgré cette brutalité générale, La Colère… a bénéficié en Espagne d’un accueil des plus favorables, conquérant les Goya des meilleurs film, acteur et jeune réalisateur. Va falloir se calmer.

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Ojoloco : une nuit entière pour le cinéma de genre

Festival | Vendredi 24 mars de 20h à 6h du matin, le festival Ojoloco (dédié, on le rappelle, au cinéma ibérique et latino-américain) investira la Cinémathèque de Grenoble pour une nuit spéciale. On vous en dit plus...

Damien Grimbert | Mercredi 22 mars 2017

Ojoloco : une nuit entière pour le cinéma de genre

Temps fort de cette cinquième édition du festival Ojoloco (dont on vous parle ici), la Nuit Blanche du cinéma de genre permettra de découvrir, aux côtés de trois autres pelloches sympathiques (les zombies cubains de Juan de los muertos, les dévergondages érotiques de Torremolinos 73 et les savants-fous mexicains de L’Incroyable professeur Zovek), deux véritables trésors oubliés de la série B espagnole. Deuxième et dernier film du réalisateur d’origine uruguayenne Narciso Ibáñez Serrador, Les Révoltés de l'an 2000 / Quién puede matar a un niño ? (1976, en photo) accompagne un couple de touristes anglais sur une petite île isolée de la côte espagnole qui semble avoir été entièrement désertée par ses habitants. Seuls trainent encore dans les rues quelques petits groupes d’enfants, dont l’apparente jovialité va rapidement laisser place à des comportements nettement plus inquiétants... Thriller fantastique minimaliste baigné dans un soleil de

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À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Festival | Les Rencontres cinématographiques de Saint-Egrève reviennent pour « 6 jours de fête autour du cinéma ». En tout, 34 films dont 9 avant-premières et 10 films jeune public seront projetés. Présentation de cette deuxième édition prévue du 17 au 22 février, à la Vence scène.

Julien Homère | Jeudi 16 février 2017

À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Pour ceux qui ont du temps libre et raffolent des buffets à volonté, le festival de Saint-Egrève À vous de voir promet pour sa deuxième édition un mélange de saveurs capable de rassasier la plus vorace des gourmandises. En guise de mise en bouche le vendredi 17 février, un concert des partitions de Nino Rota ou encore Georges Delerue donnera le "la" à "Musique et cinéma", la thématique du festival ici accommodée sur scène par 120 chanteurs servis show pendant 2 heures. Ce hors-d’œuvre déjà copieux avalé, optez pour un vol-au-vent à travers les montagnes mongols en compagnie de La Jeune Fille et son aigle (photo), documentaire d’Otto Bell. Si vous êtes soucieux des questions sociétales, vous ne resterez pas sur votre faim : Un paese di Calabria, là présenté par sa co-réalisatrice Shu Aiello, et Chez nous de Lucas Belvaux (en avant-première) montreront les côtés tantôt lumineux, tantôt sombres des crises migratoires européennes. Quant aux enfants, i

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Déferlement sonore à l'Engrenage

MUSIQUES | A l’initiative de l'association Les Evadées (déjà à l'’origine de quelques très beaux plateaux musicaux à Grenoble ces derniers mois, et quelque chose nous dit (...)

Damien Grimbert | Mardi 7 février 2017

Déferlement sonore à l'Engrenage

A l’initiative de l'association Les Evadées (déjà à l'’origine de quelques très beaux plateaux musicaux à Grenoble ces derniers mois, et quelque chose nous dit que 'c’est loin d’'être fini), l'Engrenage accueillera ce vendredi à partir de 20h trois projets musicaux des plus recommandables. En tête d'’affiche, on trouvera ainsi Revok (en photo), quintet parisien en activité depuis plus d'une dizaine d'années, et auteur d'un « post-hardcore » noisy et abrasif d’'une énergie folle, comme le démontre leur dernier album en date Bunt Auf Grau, sorti il y a tout juste deux ans sur le très bon label Fear Music Satan. Suite des hostilités avec Chaos E.T. Sexual, envoûtant trio mêlant influences doom, drone, et industrielles à des rythmiques hip-hop saccadées et des nappes de guitares épiques dans un fascinant mélange des genres. Projet solo planant et expérimental réunissant improvisations à la guitare, boucles et effets en tout genre, Bob Cooper se chargera de son côté de la première partie. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le tout sera à prix libre et clôturé d’un DJ-set pour se remettre de ses émotions.

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PB d'or 2016 : musique

C'était 2016... | Avec du changement côté Cabaret frappé, des images fortes ou encore une confirmation.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : musique

Le PB d’or de la bonne surprise : la nouvelle configuration du Cabaret frappé En janvier 2016, la Ville de Grenoble convoquait la presse pour annoncer un changement de taille : le Cabaret frappé, festival musical qu’elle organise chaque été au Jardin de Ville, passerait en gratuité totale – contre, auparavant, une première partie sous le kiosque en accès libre et, ensuite, une série de concerts payants sous chapiteau. Une décision politique motivée par un souci de faire évoluer le festival né en 1999, mais surtout par des considérations financières, cette gratuité permettant paradoxalement de réduire pas mal de coûts – plus de chapiteau par exemple. Pourquoi pas, même si, du coup, nous pouvions craindre une édition 2016 au rabais… Sauf que ça ne s’est pas produit, grâce justement à cette nouvelle organisation qui a redonné du souffle au dispositif. Le Jardin de Ville fut ainsi judicieusement repensé par l’équipe organisatrice autour d’une grande scène et d’un bar sous le kiosque, ce qui ne donnait

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"Fais de beaux rêves" : pas de passé, pas d'avenir

ECRANS | de Marco Bellocchio (It.-Fr., 2h10) avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino…

Vincent Raymond | Vendredi 23 décembre 2016

En charge de la cession de l’appartement familial, Massimo, un journaliste, replonge dans son passé et notamment un événement le hantant depuis l’enfance : cette nuit fatale où sa mère mourut subitement, sans l’avoir bordé… Tout à la fois portrait psychologique empli de subtile délicatesse et traversée dans l’Italie des quarante dernières années, cette nouvelle réalisation de Marco Bellocchio témoigne de sa virtuosité tranquille comme de l’importance de ce mémorialiste discret. Si l’Histoire est une toile de fond (en plus d’être la "matière première" dont se nourrit le héros au quotidien), elle n’a rien d’une surface lisse : on y lit les soubresauts d’un État chahuté, marqué par les crises et les collusions entre sport, affaires, criminalité – est-ce d’ailleurs un hasard si un ancien Président du Conseil a brillé dans les trois catégories ? Alternant les séquences de passé(s) et de présent dans une construction "en lasagne", Fais de beaux rêves accouche d’une vérité évidente pour tout spectateur, mais aussi sans doute pour Massimo : sa révélation tient de la délivrance. C’est contre ce silence qu’il a bâti son existe

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"Norm" : qui a vu l’ours Omar Sy ?

ECRANS | de Trevor Wall et Xia Xiao Ping (É.-U., 1h30) animation

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Norm, un gentil ours polaire doué de la parole, gagne New York escorté par des lemmings indestructibles pour faire sa fête à Mr. Greene, un fourbe promoteur aux allures de baba-cool mais voulant envahir l’Arctique. Devinez qui gagnera à la fin ? Un dessin animé dénonçant l’avidité des grosses entreprises et la personnalité janusienne de leurs dirigeants, avec un sous-texte écologiste : pourquoi pas, ça ne peut pas plus faire de mal à la cause qu’un documentaire de Mélanie Laurent. Malheureusement, ce discours un peu divergent se plaque sur une forme oscillant entre le banal et le bancal – à l’instar des lemmings crétins à tout faire, épigones de Minions en moins jaunes et plus velus. Sans être déplaisant à voir, Norm ne captive pas. On a ainsi tout le loisir de tenter de reconnaître les voix des doubleurs (Omar Sy en tête), d’observer les arrière-plans ou de remarquer les étranges ressemblances entre certaines silhouettes fugaces et des chancelier(e)s allemand(e)s contemporain(

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Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

MUSIQUES | Jeudi 22 décembre au 102, ce sera nuit blanche d’écoute collective...

Damien Grimbert | Lundi 19 décembre 2016

Archipel Urbain : « un anniversaire sans dancefloor »

Créé en décembre 1986 au 102 rue d’Alembert, le collectif Archipel Urbain s’est imposé en l’espace de trente ans comme une plaque tournante européenne vitale, vivante et singulière pour la promotion, la diffusion et la création des musiques expérimentales et improvisées sous toutes leurs formes. Une telle longévité méritait bien évidemment un anniversaire, restait juste à déterminer sous quelle forme exactement on allait bien pouvoir fêter 30 ans de musique expérimentale... Plutôt que de jouer la carte (attendue) du live et des choix cornéliens qui l’accompagnent, l’équipe actuelle a privilégie une nuit blanche d’écoute collective, construite autour d’une programmation fleuve d’une dizaine d’heures concoctée par la vingtaine de programmateurs qui se sont succédé depuis la création du collectif. Un peu comme une immense émission de radio qu’on écouterait confortablement recroquevillés entre amis jusqu’au petit matin, et qui alternerait bandes-son, collages, créations sonores, field-recording, œuvres électro-acoustiques, lives enregistrés, pièces radiophoniques et autres étrangetés en tout genre, de Charlemagne Palestine à Ryoji Ikeda… Une prop

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Une affaire patrimoniale #4 : la République au Musée de la Révolution française de Vizille

ESCAPADES | Mystérieusement réapparu en 2015 à Rome lors d'une biennale d'antiquaires, l’écusson peint par Jean-Baptiste Wicar en 1793 est la première représentation de la première République française, imaginée pour remplacer les fleurs de lys de la monarchie. Le Musée de la Révolution française de Vizille vient de l’acquérir, comme nous l’expliquons dans ce quatrième épisode de notre web-série "Une affaire patrimoniale".

Charline Corubolo | Mercredi 7 décembre 2016

Une affaire patrimoniale #4 : la République au Musée de la Révolution française de Vizille

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Des étincelles au coin du feu avec le Braséro cinéma du 102

Projections | « En juin dernier, on s’est dit que ça serait chouette de projeter des films dans le jardin du 102 en plein hiver. » L’équipe du 102 l’a voulu : elle le fera ce mardi 13 décembre. Avec une sélection hautement incandescente.

Damien Grimbert | Mardi 6 décembre 2016

Des étincelles au coin du feu avec le Braséro cinéma du 102

Les meilleures idées sont parfois les plus simples, et souvent les plus incongrues. Imaginez donc une séance de projection en plein air, en plein hiver, dans un jardin mais entourés de braséros. C’est ni plus ni moins ce que vous propose l’équipe d’Artoung ! ce mardi au 102. Une équipe qui, parce qu’elle n’en est pas à une bonne idée près, a également centré sa programmation autour de thèmes hautement calorifiques : « chaleur, incandescence, sable et sang chaud, électricité, fièvre, thermomètre, Celsius, brûlure, hutte de sudation ». Parmi les métrages projetés sur grand écran, des documentaires, des films expérimentaux, et des documentaires expérimentaux, avec une sélection oscillant des années 1960 à nos jours et incluant notamment l’excellent moyen-métrage d’un célèbre cinéaste allemand sur l’éruption d’un volcan à la Guadeloupe. Également au programme, « une succession de feux d’artifices et des lumières filmés par superposition », des scènes de vie quotidienne sur la plage de Copacabana en 1982, un très sensuel court-métrage d’avant-garde japonais, une performance improvisée réunissant trois projecteurs 16mm, deux vidéo

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The Divine Comedy : l’empereur Neil Hannon toujours divin

pop | Six ans après son dernier album, Neil Hannon de The Divine Comedy revient avec un "Foreverland" tout en contraste. La simplicité structurelle de la pop y côtoie des orchestrations sublimes, et l'intimité de certains titres rencontre l'humour d'autres. Absolument divin.

Gabriel Cnudde | Dimanche 30 octobre 2016

The Divine Comedy : l’empereur Neil Hannon toujours divin

Il ne porte pas de couronne ni de sceptre, mais Neil Hannon est bien un empereur. À la tête de The Divine Comedy depuis plus de 25 ans, le Nord-Irlandais règne sur un territoire immense où se rejoignent les frontières de la pop et de la musique classique. Avec son onzième album, Foreverland, ce dandy hors du temps met en place une nouvelle fois un voyage temporel réjouissant. Un voyage naïf mais pas niais, pop mais pas mielleux, intimiste mais pas égocentrique ; bref, un voyage absolument indispensable pour tous ceux qui pensaient la pop morte et enterrée depuis des années. Invoquant de grandes figures du passé pour l'aider sur le champ de bataille (Napoleon Complex, Catherine the Great), Neil Hannon remporte toutes ses campagnes. Alliant la simplicité structurelle de ses morceaux à une orchestration instrumentale monumentale, il surprend. Avec lui, ce qui pourrait sonner banal et déjà vu devient grandiose. Orchestre pop C'est bien là tout le talent de The Divine Comedy : faire de la pop un genre orchestrale majestueux. La guitare côtoie un clavecin lyrique, un ensemble de corde

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