Les Noceurs, de Brecht Evens
Article publié le Vendredi 16 décembre 2011 par François Cau consulté 1753 fois
(Actes Sud BD)

Une lecture expressément conseillée à tous ceux qui ont vu dans le dernier film de Roman Polanski un « vaudeville sociologique réussi » (Libération). Ils tireront de son audace formelle et de sa sophistication narrative deux leçons essentielles. Petit un, que l'on peut décrier la superficialité de l'époque (ici par le prisme d'un plasticien largué dans une biennale aux airs de fête de la saucisse) sans s'en remettre à des stéréotypes si dépassés qu'on les datera bientôt au carbone 14. Petit deux, qu'il n'est pas nécessaire de mettre au placard sa virtuosité pour proposer une étude de mœurs digne de ce nom (le théâtre filmé, ce n'est pas du cinéma). C'est simple : si cette symphonie de couleurs et perspectives autant évocatrice des darons du graphic novel alternatif (Chris Ware, David Mazuchelli...) que de Chagall, Seurat, Matisse et Dufy, ne vaut pas à son auteur un prix du meilleur album à Angoulême (l'an passé, ses Noceurs n'avaient été récompensés « que » par celui de l'Audace), on mange la filmo du cinéaste sus-cité. Benjamin Mialot






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