Où il est question des journalistes convoqués par la DGSI (et, plus largement, de la liberté de la presse)

Édito du n°1135 - mercredi 29 mai 2019 - Petit Bulletin Grenoble

« En France, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de liberté d'informer » a déclaré la semaine dernière Emmanuel Macron au youtubeur Hugo Travers. Certes, si le président de la République le dit, on ne peut que le croire. Mais il est normal que de nombreuses sociétés de journalistes aient dénoncé dans un texte les convocations récentes par la Direction générale de la sécurité intérieure de plusieurs de leurs confrères et consœurs (au moins huit, travaillant pour France Inter, Disclose, Quotidien et Le Monde) enquêtant sur des sujets sensibles – affaire Benalla, ventes d'armes françaises au Yémen…

Extrait : « Nous dénonçons fermement ces convocations qui ressemblent à de nouvelles tentatives d'intimidation de journalistes qui n'ont fait que leur travail : porter à la connaissance des citoyens des informations d'intérêt public. Nous rappelons une nouvelle fois que la protection des sources a été consacrée par la Cour européenne des droits de l'homme comme "l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse", et que le secret défense ne saurait être opposé au droit à l'information, indispensable à un débat public digne de ce nom, ni servir d'épée de Damoclès pour dissuader les journalistes d'enquêter, et de publier. »

Ça peut faire corporatiste de le signaler une nouvelle fois (et puis franchement, au PB, vous parlez juste de culture alors de quoi vous mêlez-vous ?), mais il est toujours bon de rappeler à celles et ceux qui nous gouvernent les bases de la protection des sources. Ça la foutrait mal que la France régresse encore au classement mondial de la liberté de la presse – nous sommes 32e sur 180 pays selon Reporters sans frontières (photo), ce qui n'est pas très glorieux.