L'Italie qui tremble

François Cau | Lundi 14 novembre 2011

Evénement / Enfin débarrassée de la sinistre clique gouvernementale berlusconienne, la scène artistique italienne va-t-elle sortir du marasme dans lequel on l'a laissé pourrir ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que le cinéma italien continue d'exister, même marginalisé. Et ses Rencontres grenobloises nous en défrichent annuellement les plus récents et pertinents représentants. Si cette édition revêt une nouvelle ambition dans sa forme, elle reste dans la même ligne éditoriale : (re)mise en avant de films sacrifiés par une distribution française (ou locale !) peu amène, quête de petits bijoux dans divers festivals, partenariat avec différentes structures pour faire émerger du patrimoine peu connu, suivi d'auteurs… autant d'éléments qui s'ajoutent bien évidemment à une part de subjectivité dans les goûts des programmateurs, sans orienter le regard ou privilégier tels mouvements, mais avec la volonté d'offrir un panorama éclectique de la création contemporaine. Pour ce faire, le public peut se partager entre une compétition composée de films inédits, des œuvres jeune public, des rétrospectives focalisées cette année sur les cinémas du Sud et sur deux acteurs immenses, incarnations fascinantes du meilleur du cinéma italien d'hier (Gian Maria Volonté) et d'aujourd'hui (Toni Servillo), et bien évidemment le traditionnel ciné-concert d'ouverture. Cette année, les jazzmen contrebandiers du Johnny Staccato Band se frottent au Salomé de Carmelo Bene (photo), œuvre frondeuse des années 70, pop et surréaliste à s'en éclater la rétine…  
François Cau

Rencontres du cinéma italien
Du 18 au 29 novembre, lieux divers
Détails de la programmation en pages agenda

 

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Les Rencontres du cinéma italien, un festival pétri de bonnes idées

ECRANS | Qui se souvient d’Elio Petri ? Trop tôt disparu en 1982, le Transalpin aurait eu 90 ans en 2019. Et l’on se prend à rêver aux films que cet engagé enragé (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Les Rencontres du cinéma italien, un festival pétri de bonnes idées

Qui se souvient d’Elio Petri ? Trop tôt disparu en 1982, le Transalpin aurait eu 90 ans en 2019. Et l’on se prend à rêver aux films que cet engagé enragé pourrait tourner de nos jours dans la Botte à nouveau contaminée par la gangrène fascisante. Les Rencontres du cinéma italien concoctées par l’association Dolce Cinema ont la bonne idée de remettre en avant deux œuvres de ce cinéaste essentiel des années 1960 et 1970 : La Classe ouvrière va au paradis (Palme d’Or 1972) et Les Jours comptés (1962). Bien entendu, les rencontres consacrent l’essentiel de leur programmation à des œuvres inédites en France, à l’exception de quelques festivals choisis. En toute logique, les pépites de la compétition de la dernière édition du grand frère annécien, grand défricheur de nouveautés, s’y trouvent bien représentées. Tels Bangla de Phaim Bhuiyan, Maternal de Maura Delpero, Ovunque Proteggimi de Bonifacio Angius, Effetto Domino de Alessandro Rosseo et évidemment le doublement primé La Scompa

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Italia, sempre bella grâce aux Rencontres du cinéma italien

Festival | Rendez-vous au cinéma le Club entre le samedi 17 novembre et le lundi 3 décembre pour vous en rendre compte.

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Italia, sempre bella grâce aux Rencontres du cinéma italien

Aux Rencontres du cinéma italien, la recette servie par Dolce Cinema demeure toujours aussi appétissante et exigeante, l'association grenobloise ayant l’embarras du choix parmi les inédits : très peu de films, y compris les plus populaires, franchissent les frontières de la Botte – même Perfetti sconosciuti, qui a récemment inspiré Le Jeu de Fred Cavayé, n'avait pas su convaincre les distributeurs français ! En parlant de remake, c’est avec une certaine curiosité que l’on découvrira Sono Tornato (photo) de Luca Miniero, variation sur la comédie allemande à succès Il est revenu où, à la place de Hitler, c’est Mussolini qui revient de nos jours au pays et devient la coqueluche du peuple – toutes ressemblances… Côté compétition, on voyagera dans un bel œcuménisme du thriller (Finché c'é prosecco c'é speranza) à la comédie (Fairytale, Il tuttofare) en passant par la science-fiction (Tito e gli

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"Silvio et les autres" : l’Italie à sa botte

ECRANS | de Paolo Sorrentino (It-Fr, 2h38) avec Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Sergio, petit escroc provincial, cherche à s’attirer les faveurs de Berlusconi afin de monter en gamme dans le bizness. S’il dispose des atouts nécessaires (de jeunes femmes), il lui faut trouver la connexion idoine. Au même moment, dans sa villa, l’ex "Cavaliere" se prépare à revenir au pouvoir. La première séquence montre un agneau innocent entrant par mégarde dans la demeure de Berlusconi. Fatale erreur : fasciné par la télévision diffusant un jeu quelconque, il s’écroule raide, traîtreusement pétrifié par la climatisation glaciale, aussi sûrement que par une œillade de Méduse. Malheur à tous ces Icare et Sémélé ayant désiré approcher leur divinité : leur chute sera à la hauteur de leur orgueil. Cette ouverture en forme de parabole résume tellement bien le propos du film qu’on se demande, un peu inquiets, si ce qui suit peut être du même niveau. Même si le cinéaste italien Paolo Sorrentino (La Grande Bellezza,

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Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

Festival | Prenez date : les Rencontres du cinéma italien menées par Dolce Cinema se dérouleront du 18 au 26 novembre, principalement au Club. Clizia Centorrino, directrice de l'association grenobloise, nous présente cette onzième édition consacrée aux femmes.

Alice Colmart | Mardi 14 novembre 2017

Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

À qui s’adresse le festival ? Clizia Centorrino : Ce n’est pas qu’un festival pour les Italiens ! Dans la section compétition, on trouve d’ailleurs des films qui ne sont pas forcément distribués en Italie et en France. Bien sûr, sa position à Grenoble est stratégique, car la communauté italienne est très importante. Mais notre plus grand désir est de voir des salles pleines de Français. Cette 11e édition fait la part belle aux femmes. Pourquoi ce choix ? En voyant le peu de réalisatrices femmes, nous nous sommes posé une question très simple : parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? On a donc cherché à mettre en avant des films réalisés par des femmes, dans lesquels elles ont toujours un rôle essentiel, ou bien sont à la diégese de l’histoire. Autre point important, nos spectatrices devaient se reconnaître chez ces femmes. Dans ces films, elles luttent entre leur travail et leur vie de famille, font le choix de ne pas avoir d’enfant ou encore tentent de gagner leur indépendance… Quels sont vos deux films coups de cœur au programme de cette année ? Indi

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Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

ECRANS | Le film de l'Italienne, intitulé "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été" (1974), sera diffusé jeudi 24 novembre à la Cinémathèque de Grenoble, dans le cadre des Rencontres du cinéma italien. On vous explique pourquoi c'est culte.

Damien Grimbert | Mardi 22 novembre 2016

Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

[Mise à jour : Dolce cinema nous annonce que le film ne sera pas diffusé comme prévu, et sera remplacé par "Film d'amore e d'anarchia" sur le même thème et avec les mêmes acteurs] Objet d’un abyssal remake avec Madonna au début des années 2000 (autant évacuer d’emblée ce douloureux souvenir), Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été fait partie de ces films comme, selon la formule consacrée, on serait bien incapable d’en faire aujourd’hui. Réalisé en 1974 par l’Italienne Lina Wertmüller, il affiche en effet dès son introduction une frontalité sociale terrassante : d’un côté les riches oisifs, réunis sur un voilier le temps d’une croisière entre amis bien nés, et de l’autre les pauvres matelots prolétaires à leur service, chacun détestant l’autre au dernier degré et ne se privant pas de le faire savoir, langage fleuri à l’appui. Pour autant, lorsque la jeune bourgeoise la plus arrogante du lot se retrouve soudain isolée sur une île déserte avec pour seule compagnie un marin insoumis aussi mar

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10e Rencontres du cinéma italien de Grenoble : ecco il cinéma !

ECRANS | Du samedi 19 au dimanche 27 novembre, on a rendez-vous au cinéma le Club et ailleurs en ville pour un programme chargé concocté par l'association Dolce Cinema.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

10e Rencontres du cinéma italien de Grenoble : ecco il cinéma !

C’est un revenant méritant, poursuivant avec vaillance sa résurrection. Pas le festival "Rencontres du cinéma italien" animé par l’enthousiaste association Dolce Cinema, mais le cinéma transalpin tout court, qui avait senti de très près le vent de boulet sous le règne de Berlusconi. Encore exsangue il y a peu, sa production a repris du poil de la bête, et l’on a assisté à l’éclosion de nouveaux talents comme au réveil de quelques grands anciens. Le miracle, qui n’a pas lieu qu’à Milan, s’exporte du coup chaque automne en Isère. Les spectateurs de la 10e édition de Rencontres en feront le constat, avec une sélection de quatorze longs-métrages récents et/ou inédits, parmi lesquels le (discutable) Ours d’or Fuocoammare de Gianfranco Rosi, l’un des six documentaires programmés. Un genre en essor, preuve que les cinéastes ont des choses à dire sur l’état du monde : économie et politique avec Europa Impari/Magna Grecia ou Io sto

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Nouvelle jeunesse italienne

ECRANS | Zoom sur la 9e édition du fameux festival organisé par l’association Dolce Cinema.

Vincent Raymond | Mardi 17 novembre 2015

Nouvelle jeunesse italienne

Portées par des férus du 7e art transalpin regroupés dans l’association Dolce Cinema, les Rencontres du cinéma italien de Grenoble avaient connu en 2014 une édition « antonionienne » de semi-éclipse. Elles en sont sorties réinventées afin de poursuivre leur précieuse mission : la mise en avant de la créativité des réalisateurs contemporains. Avec sa programmation d’une dizaine de films récents tous projetés deux fois (les festivaliers, habitués aux choix cornéliens et autres sacrifices, en savent gré aux organisateurs), la manifestation s’offre de multiples primeurs, comme L’Attesa de Piero Messina avec Juliette Binoche (photo), quelques jours avant sa sorties en salle. Mais aussi des exclusivités, le plus souvent présentées par les équipes : Le Cose Belle de Giovanni Piperno et Agostino Ferrente sera accompagné par ce dernier, Smokings par son réalisateur Michele Fornasero, WAX (We are the X generation) par le réalisateur Lor

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À demi programmé, mais plein d'espoir

ACTUS | L'ordre logique des choses voudrait que les Rencontres du cinéma italien de l'association Dolce Cinema célèbrent cette année leur neuvième édition. Mais faute (...)

Charline Corubolo | Mardi 18 novembre 2014

À demi programmé, mais plein d'espoir

L'ordre logique des choses voudrait que les Rencontres du cinéma italien de l'association Dolce Cinema célèbrent cette année leur neuvième édition. Mais faute de moyens, le festival est remplacé par une semaine d'avant-premières au cinéma Le Club et à la Cinémathèque de Grenoble, transformant le neuf en huit et demi. L'année dernière déjà, la manifestation avait rencontré des problèmes, cumulant des dettes qui aujourd'hui mettent l'association en grande difficulté. Des soucis financiers qui viennent en partie des subventions qui « ne sont pas mesurées par rapport à l'amplitude du projet » nous explique Chiara Clericetti, bénévole à Dolce Cinema. « L'année dernière, nous avions fait un concert de soutien, mais cette année, en plus de l'aspect économique, il y a eu des changements en interne dans l'équipe qui ont également fragilisé l'ensemble. Nous avons donc préféré organiser cette semaine particulière afin de sensibiliser le public, d'ouvrir un espace pour faire appel aux gens et tenir une assemblée générale afin de réélire le bureau ». Une semaine donc d'avant-premières, de

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La Grande beauté du cinéma italien

ECRANS | Les huitièmes Rencontres du cinéma italien organisées par Dolce cinema affichent un programme dantesque, que ce soit dans sa compétition, son panorama ou ses (...)

Christophe Chabert | Jeudi 7 novembre 2013

La Grande beauté du cinéma italien

Les huitièmes Rencontres du cinéma italien organisées par Dolce cinema affichent un programme dantesque, que ce soit dans sa compétition, son panorama ou ses hommages. L’ouverture, vendredi 15 novembre à 20h30, se fera en grande pompe à La Source avec un ciné-concert autour de Maciste aux enfers (1925), mis en musique par l’Unikum Swak, ensemble de quinze musiciens dirigé par Mauro Coceano. Le festival prendra ensuite ses quartiers au Club, avec notamment un très beau focus sur le travail du chef opérateur Luca Bigazzi à travers quatre films : Lamerica de Gianni Amelio, Une journée à Rome de Francesca Comencini, L’Intervalo de Leonardo di Costanzo et surtout Les Conséquences de l’amour (photo) de Paolo Sorrentino. La complicité entre Bigazzi et Sorrentino, entamée avec ce beau film trop méconnu et poursuivi jusqu’à son récent et sublime La Grande Bellezza – repris dans le panorama du festival – leur a permis de développer une sophistication visue

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Nous aussi on est là !

ACTUS | C’est la semaine des soirées de soutien. Après Hadra, on a rendez-vous le mardi 5 novembre à l’Ampérage pour celle de l’association Dolce cinema, qui organise (...)

Aurélien Martinez | Lundi 28 octobre 2013

Nous aussi on est là !

C’est la semaine des soirées de soutien. Après Hadra, on a rendez-vous le mardi 5 novembre à l’Ampérage pour celle de l’association Dolce cinema, qui organise les Rencontres du cinéma italien (à partir du 15 novembre). Pourquoi une telle soirée ? Brice Di Gennaro, directeur de la manifestation : « Ça fait sept années que l’on a des soucis, que l’on organise le festival avec des bouts de ficelle. On a un budget qui oscille entre 20 et 30 000 euros à l’année, alors qu’un festival comme le nôtre, dans une démarche professionnelle, demanderait 100 000 euros ! Du coup, on n’a pas de salarié fixe, même si l’on est l’un des trois plus grands festivals de ciné de Grenoble – avec le court-métrage et Vues d’en face. [...] Cette soirée de soutien va notamment nous permettre d’augmenter le nombre d’adhérants. » Au programme, des projections de courts-métrages italiens et un concert du groupe grenoblois Stone Cavalli. AM

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La Grande Bellezza

ECRANS | L’errance estivale d’un écrivain qui n’écrit plus dans la Rome des fêtes et des excès. Derrière ses accents felliniens, le nouveau film de Paolo Sorrentino marque l’envol de son réalisateur, désormais au sommet de son inventivité visuelle et poétique, portant un regard à la fois cruel et plein d’empathie sur le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 mai 2013

La Grande Bellezza

De jour, un touriste asiatique fait un malaise en contemplant Rome depuis ses hauteurs ; de nuit, une fête orgiaque et débridée attire la faune des mondains romains. Cette bonne dizaine de minutes n’a rien à voir avec ce qu’on appelle traditionnellement une «exposition» au cinéma. C’est plutôt un poème filmique, sans dialogue et sans intrigue, où la caméra semble défier la gravitation. Depuis Les Conséquences de l’amour, on connaît la virtuosité de Paolo Sorrentino, sa capacité à intensifier les sensations par un travail extrêmement sophistiqué sur les focales, les mouvements de caméra et un montage musical épousant l’humeur des séquences. Mais jamais il n’avait osé s’affranchir à ce point de la dramaturgie pour tenter une immersion non pas dans une histoire, mais d’abord dans un monde, pour restituer ses propres perceptions d’une ville dont il abhorre les excès et dont il adore la beauté. Les inconséquences de l’amour Ce qui est, peu ou prou, le sentiment de Jeb (Toni Servillo), autrefois auteur d’un roman culte (L’Appareil h

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La Belle endormie

ECRANS | De Marco Bellocchio (It-Fr, 1h51) avec Toni Servillo, Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher…

Christophe Chabert | Dimanche 7 avril 2013

La Belle endormie

Avec La Belle endormie, Marco Bellocchio s’empare d’un fait-divers qui a embrasé l’Italie – la décision de mettre un terme à la vie d’Eluana Englaro, dans un état végétatif depuis 17 ans – provoquant manifestations cathos et débats au Parlement. Mais il n’en fait que le lien entre trois histoires de fiction qui, chacune à leur manière, traitent aussi de la question. On y voit un sénateur berlusconien prêt à voter contre son groupe, tandis que sa fille va se joindre au cortège des manifestants réclamant la survie d’Eluana ; une actrice veillant en illuminée mystique sa fille dans le coma ; et une droguée qui tente de se suicider et se retrouve surveillée de près par un médecin têtu. Bellocchio tombe dans les mêmes travers scénaristiques que les fictions chorales engagées américaines genre Collision : les personnages ne semblent exister qu’à l’aune de la démonstration du cinéaste et le dialogue, notamment dans la partie à l’hôpital, fait preuve d’un didactisme sentencieux assez indigeste. En revanche, La Belle endormie montre à quel point il reste un metteur en

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Voyages en Italie

ECRANS | 2012 restera comme une bonne année pour le cinéma italien : un ours d’or (mérité) à Berlin pour César doit mourir des frères Taviani, un Grand prix (déjà plus généreux) (...)

Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

Voyages en Italie

2012 restera comme une bonne année pour le cinéma italien : un ours d’or (mérité) à Berlin pour César doit mourir des frères Taviani, un Grand prix (déjà plus généreux) à Cannes pour le Reality de Matteo Garrone… La septième édition des Rencontres du cinéma italien prend donc acte de cette bonne santé. À côté de sa compétition proposant sept films, fictions ou documentaires mêlés, le panorama propose ainsi un reflet passionnant du cinéma italien actuel. Il faudra notamment surveiller le nouveau film de Ivano De Matteo après son formidable La Bella gente ; avec Gli Equilibristi, il continue à scruter la mauvaise conscience des classes moyennes, en montrant cette fois les conséquences de la séparation d’un couple "ordinaire". Lors du derni

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Il Maestro

ECRANS | Changement de cap pour les 5e Rencontres du Cinéma Italien de Grenoble : à l’occasion du 90e anniversaire de la naissance de Federico Fellini, l’association Dolce Cinema nous propose une rétrospective foisonnante de son œuvre. FC

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

Il Maestro

Jusqu’à présent, ce festival exposait une programmation en forme de panorama de la cinématographie italienne récente. Mais comme on l’évoquait il y a deux semaines en off avec Sabina Guzzanti, réalisatrice de l’excellent documentaire Draquila (n’écoutez pas les mauvaises langues qui prétendent qu’il s’agit d’une vision caricaturale et foncez le voir), le cinéma italien n’est pas particulièrement à la fête en ce moment. Rappelons qu’à l’instar de la France, le système de production italien repose majoritairement sur les financements venus des chaînes de télévision, dont les plus importantes se trouvent sous la férule du très peu cinéphile Silvio Berlusconi. «Pour lui, tous les artistes sont de gauche, et donc contre lui. Alors que si l'on regarde les productions de ces dernières années, très peu de films se montrent critiques ou parlent ouvertement de politique» nous disait la réalisatrice. Et de fait, après des coupes budgétaires drastiques opérées en 2005 dans les deniers de l’industrie cinématographique italienne, cette dernière va sûrement voir les crédits d’impôts indispensables à sa survie non renouvelés par le conseil des ministres. Dans ce contexte morose, même le plébiscite

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Ils voulaient jouer cabaret

MUSIQUES | Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation (...)

François Cau | Vendredi 5 février 2010

Ils voulaient jouer cabaret

Et revoilà le Johnny Staccato Band ! Le temps de quatre soirées très différentes, le Théâtre 145 va redevenir le "Syncopated Club", avec aux manettes l’émanation la plus jazzy des Barbarins Fourchus. Flash-back : il y a une bonne quinzaine d’années, à l’époque où Mitterrand finissait tout juste ses affaires avant de les laisser à Chirac, Grenoble voyait débouler le Johnny Staccato Band : une formation de sbires pas tous jazzmen, mais tous emplis d’une liberté créatrice loin des codes d’un jazz classique trop figé à leur goût. Depuis, la scène locale n’est plus la même, et ce ne serait pas pour nous déplaire (en témoigne le nombre pléthorique d’articles que nous leur avons consacrés dans ces colonnes – à consulter sur notre site internet si vous voulez connaître leur bio sur le bout des doigts). Leur musique sonne comme un coup de pied dans la fourmilière, avec une fâcheuse tendance à mélanger les genres, et à se plonger dans un passé pas si lointain où le jazz se jouait dans des vieux clubs qu’on aurait pu croire inventés pour servir de décor au cinéma. Niveau actu, les musiciens viennent tout juste de sortir un six titres intitulé Smuggling time, enregistré en 2008 à Tijuana :

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Le retour du gang

MUSIQUES | Cela fait bientôt douze ans que le Johnny Staccato Band est en maraude, et on n’est toujours pas près de se lasser des déambulations jazz du collectif. Parce (...)

| Mercredi 16 janvier 2008

Le retour du gang

Cela fait bientôt douze ans que le Johnny Staccato Band est en maraude, et on n’est toujours pas près de se lasser des déambulations jazz du collectif. Parce qu’il ne cesse de renaître à chaque nouvelle création, apportant à chaque fois son lot de compositions (et d’improvisations) novatrices, qu’il propose une ouverture d’esprit musicale trop rare à l’heure actuelle, flirtant avec élégance avec les styles et les écoles sans jamais perdre son âme, et avant tout parce qu’il est composé de sacrément bons musiciens, dont l’alchimie sonore fonctionne tout simplement à la perfection. Mais ce qui rend les concerts du groupe si particuliers est à chercher encore ailleurs, dans son refus d’appréhender le jazz de façon purement intellectuelle, détachée, pragmatique, trop conscient que ce dernier est avant tout une histoire d’hommes, d’atmosphères, de rues, et de bars. Il ne suffit pas de restituer les rythmes, il faut restituer les émotions, les sentiments, et le Johnny Staccato Band s’y emploie en joignant à la musique son contexte (le théâtre 145 transformé en club de jazz à l’ancienne, exception fait de l’atmosphère enfumée, parce que bon, hein, c’est la loi…), et en marquant ses fili

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Faces

MUSIQUES | Il est dans l’aventure Johnny Staccato depuis ses prémices, et en scande les compos de sa maîtrise de flûtiste aguerri. Rencontre avec Sergio Zamparo, le plus syncopé des Barbarins. Propos recueillis par FC

Christophe Chabert | Mercredi 24 janvier 2007

Faces

Quelle est l’idée maîtresse derrière les représentations éparses du Johnny Staccato Band ?Sergio Zamparo : Une sorte d’ironie sur l’image qu’on a tous de l’Amérique, ses super héros, ses mythes, des USA avant l’arrivée du libéralisme. C’est bien évidemment un grand hommage à John Cassavetes, pour le vent de liberté et de réalité qui anime son état d’esprit cinématographique. Et pour le côté épars, c’est vrai qu’on joue à une régularité assez misérable, mais en même temps ça reste dans le concept d’un vrai groupe alternatif. Une idée qu’on a eu il y a dix ans, qui a connu des changements, des évolutions, un petit bijou précieux dans lequel on aime se retrouver, où on se sent ouverts. Vos dernières prestations étaient des shows à part entière, avec notamment beaucoup de jeux de lumières et de vidéo. Quel est votre parti pris pour les trois concerts au 145 ?On a appelé ça le Syncopated Club. Le principe est de plonger dans une situation paradoxale et intemporelle, en recréant une sorte de jazz-club à l’américaine, où l’entrée se fera par la porte de service, il y aura un espace de bar où les gens pourront faire

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Jazz de contrebande

MUSIQUES | Pour leur nouvelle apparition sur les planches du Théâtre 145, les membres du gang plus connu sous le nom de Johnny Staccato Band s’apprêtent à transformer le lieu en tripot le temps de trois soirées. Retour sur leur carrière éclatée. FC

Christophe Chabert | Mercredi 24 janvier 2007

Jazz de contrebande

La genèse exacte du projet se perd en conjectures. On la situera donc quelque part dans l’année 1995 : la compagnie des Barbarins Fourchus s’embarque alors dans une tournée nationale intitulée le Moderne Voyage. Sous un chapiteau itinérant, les musiciens s’allient aux toulousains ascendants circassiens d’Okupa Mobil pour livrer un spectacle en dix tableaux, qu’ils promèneront de Chalon à Poitiers, en passant bien sûr par Grenoble (à l’Esplanade, précisément). C’est au cœur de ce projet artistique que naît le concept Johnny Staccato Band : des Barbarins, mais aussi tous les invités possibles et imaginables, participent de la façon la plus free possible à un simili big band jazz. Une variation musicale et ludique au sein de la compagnie, qui fournit un plaisir sans cesse renouvelé à ses instigateurs. Après un remarqué détour par le Festival de Jazz de Grenoble en 1997, le Johnny Staccato Band revêt les atours d’un side-project à la récurrence éclatée. Mais l’état d’esprit qui anime ses musiciens est beaucoup trop synchrone avec celui des Barbarins Fourchus pour qu’il reste lettre morte. Inquiétude sur le libéralisme galopant, sur l’omniprésence états-unienne, sur les nouv

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