Une famille respectable

ECRANS | De Massoud Bakhshi (Iran-Fr, 1h30) avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian…

Christophe Chabert | Jeudi 25 octobre 2012

S'inscrivant dans le courant, visiblement en plein essor, du réalisme social iranien, Massoud Bakhshi jette un regard particulièrement sombre et désespéré sur son pays. Le destin du protagoniste se retrouve ainsi obstrué de tous les côtés : le souvenir douloureux d'une enfance où son père, violent et tyrannique, est allé jusqu'à faire subir des électrochocs à sa propre femme qui le déteste au point de refuser l'argent qu'il lui lègue, et qui lui permettrait de quitter le pays ; et la rigidité bureaucratique de l'État iranien, qui refuse à ce professeur d'enseigner librement, mais aussi de rentrer en Europe où il a pourtant passé la majeure partie de sa vie. Avec des éclats de cinéma qui rappellent le film noir – l'enlèvement au début filmé en caméra subjective, mais aussi la séquence avec le frère dans la tour – Une famille respectable révèle un cinéaste à suivre, même s'il lui manque encore le style et la rigueur d'un Asghar Farhadi.

Christophe Chabert 

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Yalda, la nuit du pardon

ECRANS | Un programme de télévision durant lequel une condamnée à mort tente d’obtenir sa grâce auprès de la fille de son défunt époux, le tout devant les caméras, en direct (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Yalda, la nuit du pardon

Un programme de télévision durant lequel une condamnée à mort tente d’obtenir sa grâce auprès de la fille de son défunt époux, le tout devant les caméras, en direct et en temps réel… Cela pourrait être une pièce de théâtre de l'absurde contemporaine ; quelque chose comme la rencontre entre Ionesco, Jafar Panahi (la scène se déroulant dans l’Iran d’aujourd’hui) et Philip K. Dick, allant au-delà de ce que Le Prix du danger (1983) et Running Man (1988) extrapolaient avec l’avénement de la société du spectacle et du capitalisme. Ici, la loi religieuse se soumet à ces nouveaux maîtres (ce qui en dit long sur son élasticité morale) et c’est étonnamment le représentant de la justice, et donc de l’État, qui porte la voix la plus modérée et la plus humaine, dépassé qu’il est par l’immondice du procédé incitant les téléspectateurs à infléchir le sort de la malheureuse, comme aux jeux du cirque. Sauf qu’en 2020, la responsabilité de chacun est diluée et la mise à mort, virtuelle. Avec son huis clos propice à une adaptation sur les planches, Yalda serait-il une parabole ? Hélas non : les

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