La Grande beauté du cinéma italien

Christophe Chabert | Jeudi 7 novembre 2013

Photo : "Les conséquences de l'amour" de Paolo Sorrentino


Les huitièmes Rencontres du cinéma italien organisées par Dolce cinema affichent un programme dantesque, que ce soit dans sa compétition, son panorama ou ses hommages. L'ouverture, vendredi 15 novembre à 20h30, se fera en grande pompe à La Source avec un ciné-concert autour de Maciste aux enfers (1925), mis en musique par l'Unikum Swak, ensemble de quinze musiciens dirigé par Mauro Coceano.

Le festival prendra ensuite ses quartiers au Club, avec notamment un très beau focus sur le travail du chef opérateur Luca Bigazzi à travers quatre films : Lamerica de Gianni Amelio, Une journée à Rome de Francesca Comencini, L'Intervalo de Leonardo di Costanzo et surtout Les Conséquences de l'amour (photo) de Paolo Sorrentino. La complicité entre Bigazzi et Sorrentino, entamée avec ce beau film trop méconnu et poursuivi jusqu'à son récent et sublime La Grande Bellezza – repris dans le panorama du festival – leur a permis de développer une sophistication visuelle qui a peu d'équivalent dans le cinéma contemporain. Bigazzi sera présent au festival pour deux rencontres où il parlera de son métier et de sa technique.

Autre moment important de cette édition : une grande rétrospective consacrée au cinéma italien confronté à la question de la résistance qui traverse les époques et les luttes. On passera donc du fascisme (avec deux œuvres essentielles, Le Conformiste de Bertolucci et Saló de Pasolini) aux manifestations anti-Berlusconi (le documentaire Bandiera Viola, sur le «No-Berlusconi day» du 5 décembre 2009), ou encore de la question de l'immigration sur l'île de Lampedusa (Terraferma d'Emmanuele Crialese) à l'invention du mouvement slow food, né en Italie avant de devenir un courant mondial (Slow food story de Stefano Sardo).

Enfin, à la Cinémathèque, c'est Anna Magnani qui sera à l'honneur, avec trois classiques inoxydables : Mamma Roma de Pasolini, Rome ville ouverte de Rossellini et Bellissima de Visconti. L'ensemble du festival dessine ainsi un tour complet du cinéma italien, passé, présent et même futur, peut-être pas aussi catastrophique qu'on a pris l'habitude de le dire

Christophe Chabert

Rencontres du cinéma italien
Du 15 au 26 novembre


Les Conséquences de l'amour

De Paolo Sorrentino (It, 1h50) avec Toni Servillo, Adriano Giannini, Olivia Magnani... Mais quels sont les secrets de Titta di Girolama ? Cet homme de cinquante ans vit depuis huit ans dans une anonyme chambre d'hôtel d'un petit village suisse tout aussi anonyme. Huit ans sans parler à qui que ce soit. Huit ans à passer du hall au bar de l'hôtel, seulement entouré de cigarettes et de silence. Titta di Girolama semble être perdu dans la contemplation de quelque chose de caché. Chaque homme a un secret. Celui-ci en a plus d'un.
Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Grande Bellezza

De Paolo Sorrentino (It, 2h30) avec Toni Servillo, Luis Tosar... Rome dans la splendeur de l’été. Les touristes se pressent sur le Janicule : un Japonais s’effondre foudroyé par tant de beauté. Jep Gambardella – un bel homme au charme irrésistible malgré les premiers signes de la vieillesse – jouit des mondanités de la ville.
Lumière Bellecour 12 rue de la Barre Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les Rencontres du cinéma italien, un festival pétri de bonnes idées

ECRANS | Qui se souvient d’Elio Petri ? Trop tôt disparu en 1982, le Transalpin aurait eu 90 ans en 2019. Et l’on se prend à rêver aux films que cet engagé enragé (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Les Rencontres du cinéma italien, un festival pétri de bonnes idées

Qui se souvient d’Elio Petri ? Trop tôt disparu en 1982, le Transalpin aurait eu 90 ans en 2019. Et l’on se prend à rêver aux films que cet engagé enragé pourrait tourner de nos jours dans la Botte à nouveau contaminée par la gangrène fascisante. Les Rencontres du cinéma italien concoctées par l’association Dolce Cinema ont la bonne idée de remettre en avant deux œuvres de ce cinéaste essentiel des années 1960 et 1970 : La Classe ouvrière va au paradis (Palme d’Or 1972) et Les Jours comptés (1962). Bien entendu, les rencontres consacrent l’essentiel de leur programmation à des œuvres inédites en France, à l’exception de quelques festivals choisis. En toute logique, les pépites de la compétition de la dernière édition du grand frère annécien, grand défricheur de nouveautés, s’y trouvent bien représentées. Tels Bangla de Phaim Bhuiyan, Maternal de Maura Delpero, Ovunque Proteggimi de Bonifacio Angius, Effetto Domino de Alessandro Rosseo et évidemment le doublement primé La Scompa

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Italia, sempre bella grâce aux Rencontres du cinéma italien

Festival | Rendez-vous au cinéma le Club entre le samedi 17 novembre et le lundi 3 décembre pour vous en rendre compte.

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Italia, sempre bella grâce aux Rencontres du cinéma italien

Aux Rencontres du cinéma italien, la recette servie par Dolce Cinema demeure toujours aussi appétissante et exigeante, l'association grenobloise ayant l’embarras du choix parmi les inédits : très peu de films, y compris les plus populaires, franchissent les frontières de la Botte – même Perfetti sconosciuti, qui a récemment inspiré Le Jeu de Fred Cavayé, n'avait pas su convaincre les distributeurs français ! En parlant de remake, c’est avec une certaine curiosité que l’on découvrira Sono Tornato (photo) de Luca Miniero, variation sur la comédie allemande à succès Il est revenu où, à la place de Hitler, c’est Mussolini qui revient de nos jours au pays et devient la coqueluche du peuple – toutes ressemblances… Côté compétition, on voyagera dans un bel œcuménisme du thriller (Finché c'é prosecco c'é speranza) à la comédie (Fairytale, Il tuttofare) en passant par la science-fiction (Tito e gli

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"Silvio et les autres" : l’Italie à sa botte

ECRANS | de Paolo Sorrentino (It-Fr, 2h38) avec Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Sergio, petit escroc provincial, cherche à s’attirer les faveurs de Berlusconi afin de monter en gamme dans le bizness. S’il dispose des atouts nécessaires (de jeunes femmes), il lui faut trouver la connexion idoine. Au même moment, dans sa villa, l’ex "Cavaliere" se prépare à revenir au pouvoir. La première séquence montre un agneau innocent entrant par mégarde dans la demeure de Berlusconi. Fatale erreur : fasciné par la télévision diffusant un jeu quelconque, il s’écroule raide, traîtreusement pétrifié par la climatisation glaciale, aussi sûrement que par une œillade de Méduse. Malheur à tous ces Icare et Sémélé ayant désiré approcher leur divinité : leur chute sera à la hauteur de leur orgueil. Cette ouverture en forme de parabole résume tellement bien le propos du film qu’on se demande, un peu inquiets, si ce qui suit peut être du même niveau. Même si le cinéaste italien Paolo Sorrentino (La Grande Bellezza,

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Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

Festival | Prenez date : les Rencontres du cinéma italien menées par Dolce Cinema se dérouleront du 18 au 26 novembre, principalement au Club. Clizia Centorrino, directrice de l'association grenobloise, nous présente cette onzième édition consacrée aux femmes.

Alice Colmart | Mardi 14 novembre 2017

Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

À qui s’adresse le festival ? Clizia Centorrino : Ce n’est pas qu’un festival pour les Italiens ! Dans la section compétition, on trouve d’ailleurs des films qui ne sont pas forcément distribués en Italie et en France. Bien sûr, sa position à Grenoble est stratégique, car la communauté italienne est très importante. Mais notre plus grand désir est de voir des salles pleines de Français. Cette 11e édition fait la part belle aux femmes. Pourquoi ce choix ? En voyant le peu de réalisatrices femmes, nous nous sommes posé une question très simple : parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? On a donc cherché à mettre en avant des films réalisés par des femmes, dans lesquels elles ont toujours un rôle essentiel, ou bien sont à la diégese de l’histoire. Autre point important, nos spectatrices devaient se reconnaître chez ces femmes. Dans ces films, elles luttent entre leur travail et leur vie de famille, font le choix de ne pas avoir d’enfant ou encore tentent de gagner leur indépendance… Quels sont vos deux films coups de cœur au programme de cette année ? Indi

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Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

ECRANS | Le film de l'Italienne, intitulé "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été" (1974), sera diffusé jeudi 24 novembre à la Cinémathèque de Grenoble, dans le cadre des Rencontres du cinéma italien. On vous explique pourquoi c'est culte.

Damien Grimbert | Mardi 22 novembre 2016

Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

[Mise à jour : Dolce cinema nous annonce que le film ne sera pas diffusé comme prévu, et sera remplacé par "Film d'amore e d'anarchia" sur le même thème et avec les mêmes acteurs] Objet d’un abyssal remake avec Madonna au début des années 2000 (autant évacuer d’emblée ce douloureux souvenir), Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été fait partie de ces films comme, selon la formule consacrée, on serait bien incapable d’en faire aujourd’hui. Réalisé en 1974 par l’Italienne Lina Wertmüller, il affiche en effet dès son introduction une frontalité sociale terrassante : d’un côté les riches oisifs, réunis sur un voilier le temps d’une croisière entre amis bien nés, et de l’autre les pauvres matelots prolétaires à leur service, chacun détestant l’autre au dernier degré et ne se privant pas de le faire savoir, langage fleuri à l’appui. Pour autant, lorsque la jeune bourgeoise la plus arrogante du lot se retrouve soudain isolée sur une île déserte avec pour seule compagnie un marin insoumis aussi mar

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10e Rencontres du cinéma italien de Grenoble : ecco il cinéma !

ECRANS | Du samedi 19 au dimanche 27 novembre, on a rendez-vous au cinéma le Club et ailleurs en ville pour un programme chargé concocté par l'association Dolce Cinema.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

10e Rencontres du cinéma italien de Grenoble : ecco il cinéma !

C’est un revenant méritant, poursuivant avec vaillance sa résurrection. Pas le festival "Rencontres du cinéma italien" animé par l’enthousiaste association Dolce Cinema, mais le cinéma transalpin tout court, qui avait senti de très près le vent de boulet sous le règne de Berlusconi. Encore exsangue il y a peu, sa production a repris du poil de la bête, et l’on a assisté à l’éclosion de nouveaux talents comme au réveil de quelques grands anciens. Le miracle, qui n’a pas lieu qu’à Milan, s’exporte du coup chaque automne en Isère. Les spectateurs de la 10e édition de Rencontres en feront le constat, avec une sélection de quatorze longs-métrages récents et/ou inédits, parmi lesquels le (discutable) Ours d’or Fuocoammare de Gianfranco Rosi, l’un des six documentaires programmés. Un genre en essor, preuve que les cinéastes ont des choses à dire sur l’état du monde : économie et politique avec Europa Impari/Magna Grecia ou Io sto

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Nouvelle jeunesse italienne

ECRANS | Zoom sur la 9e édition du fameux festival organisé par l’association Dolce Cinema.

Vincent Raymond | Mardi 17 novembre 2015

Nouvelle jeunesse italienne

Portées par des férus du 7e art transalpin regroupés dans l’association Dolce Cinema, les Rencontres du cinéma italien de Grenoble avaient connu en 2014 une édition « antonionienne » de semi-éclipse. Elles en sont sorties réinventées afin de poursuivre leur précieuse mission : la mise en avant de la créativité des réalisateurs contemporains. Avec sa programmation d’une dizaine de films récents tous projetés deux fois (les festivaliers, habitués aux choix cornéliens et autres sacrifices, en savent gré aux organisateurs), la manifestation s’offre de multiples primeurs, comme L’Attesa de Piero Messina avec Juliette Binoche (photo), quelques jours avant sa sorties en salle. Mais aussi des exclusivités, le plus souvent présentées par les équipes : Le Cose Belle de Giovanni Piperno et Agostino Ferrente sera accompagné par ce dernier, Smokings par son réalisateur Michele Fornasero, WAX (We are the X generation) par le réalisateur Lor

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Youth

ECRANS | Deux artistes octogénaires tentent de soulager leurs multiples douleurs dans un hôtel de luxe grouillant de curistes aisés. Après sa réussite "La Grande Bellezza", Paolo Sorrentino s'embourbe en voulant à tout prix amener son film vers une séquence de fin grandiose. Qui, du coup, affadit dramatiquement l'ensemble. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

Youth

Mick travaille sur un projet de film au milieu d’un aréopage de jeunes scénaristes, Fred a lui tiré un trait sur son métier de compositeur. Un émissaire de la Reine d’Angleterre lui fait miroiter un anoblissement. En contrepartie, Mick devra diriger un concert. Sa réponse ? Non. À l’instar de Wes Anderson pour Grand Budapest Hotel, mais dans un style plus classique, Paolo Sorrentino se crée sa Montagne magique à lui. Un décor helvétique déréalisé, où les minutes ont suspendu leur inexorable course ; où tout est figé dans des rites immuables, fréquenté par une aristocratie désuète et anachronique… Si les personnages de Fred et Mick se détachent, préférant la solitude ou leurs moments de complicité, voire la compagnie d’un jeune acteur (Paul Dano), c’est que demeure en eux une flamme de vitalité s’exprimant en dépit des trahisons du corps : l’instinct de création. Tant que l’un peut continuer à "faire" de la musique (pour lui-même, à partir du son d’un papier de bonbon ou des clarines des vaches) et l’autre du cinéma, aucun des d

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Épisode MMXV : une rentrée cinéma en Force

ECRANS | Cette rentrée 2015 ressemble à une conjonction astronomique exceptionnelle : naines, géantes, à période orbitale longue ou courte, toutes les planètes de la galaxie cinéma s’alignent en quelques semaines sur les écrans. Sortez vos télescopes ! Enfin… chaussez vos lunettes. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Épisode MMXV : une rentrée cinéma en Force

C’est l’étoile Jacques Audiard, tout de Palme laurée, qui a annoncé la fin de la trêve estivale en mettant Dheepan en orbite le 26 août. Une précocité qui n’égale pas celle de Winter Sleep l’an passé : le film de Nuri Bilge Ceylan avait jailli début août sur les écrans. Dans son sillage, l’intégralité (ou presque) du palmarès cannois va se révéler : Mon roi de Maïwenn (Prix d’interprétation féminine pour Emmanuelle Bercot) et Chronic de Michel Franco (Prix du scénario) le 21 octobre ; The Lobster de Yorgos Lanthimos (Prix du Jury) le 28 ; Le Fils de Saul de László Nemes (Grand Prix) le 4 novembre. Si l’on excepte Maïwenn, il y a là un étonnant tir groupé ; comme si les jeunes cinéastes étrangers distingués sur la Croisette s’étaient ligués pour tenter d’exister commercialement. Car la concurrence en salle sera rude : d’abord, les poid

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À demi programmé, mais plein d'espoir

ACTUS | L'ordre logique des choses voudrait que les Rencontres du cinéma italien de l'association Dolce Cinema célèbrent cette année leur neuvième édition. Mais faute (...)

Charline Corubolo | Mardi 18 novembre 2014

À demi programmé, mais plein d'espoir

L'ordre logique des choses voudrait que les Rencontres du cinéma italien de l'association Dolce Cinema célèbrent cette année leur neuvième édition. Mais faute de moyens, le festival est remplacé par une semaine d'avant-premières au cinéma Le Club et à la Cinémathèque de Grenoble, transformant le neuf en huit et demi. L'année dernière déjà, la manifestation avait rencontré des problèmes, cumulant des dettes qui aujourd'hui mettent l'association en grande difficulté. Des soucis financiers qui viennent en partie des subventions qui « ne sont pas mesurées par rapport à l'amplitude du projet » nous explique Chiara Clericetti, bénévole à Dolce Cinema. « L'année dernière, nous avions fait un concert de soutien, mais cette année, en plus de l'aspect économique, il y a eu des changements en interne dans l'équipe qui ont également fragilisé l'ensemble. Nous avons donc préféré organiser cette semaine particulière afin de sensibiliser le public, d'ouvrir un espace pour faire appel aux gens et tenir une assemblée générale afin de réélire le bureau ». Une semaine donc d'avant-premières, de

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Nous aussi on est là !

ACTUS | C’est la semaine des soirées de soutien. Après Hadra, on a rendez-vous le mardi 5 novembre à l’Ampérage pour celle de l’association Dolce cinema, qui organise (...)

Aurélien Martinez | Lundi 28 octobre 2013

Nous aussi on est là !

C’est la semaine des soirées de soutien. Après Hadra, on a rendez-vous le mardi 5 novembre à l’Ampérage pour celle de l’association Dolce cinema, qui organise les Rencontres du cinéma italien (à partir du 15 novembre). Pourquoi une telle soirée ? Brice Di Gennaro, directeur de la manifestation : « Ça fait sept années que l’on a des soucis, que l’on organise le festival avec des bouts de ficelle. On a un budget qui oscille entre 20 et 30 000 euros à l’année, alors qu’un festival comme le nôtre, dans une démarche professionnelle, demanderait 100 000 euros ! Du coup, on n’a pas de salarié fixe, même si l’on est l’un des trois plus grands festivals de ciné de Grenoble – avec le court-métrage et Vues d’en face. [...] Cette soirée de soutien va notamment nous permettre d’augmenter le nombre d’adhérants. » Au programme, des projections de courts-métrages italiens et un concert du groupe grenoblois Stone Cavalli. AM

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La Grande Bellezza

ECRANS | L’errance estivale d’un écrivain qui n’écrit plus dans la Rome des fêtes et des excès. Derrière ses accents felliniens, le nouveau film de Paolo Sorrentino marque l’envol de son réalisateur, désormais au sommet de son inventivité visuelle et poétique, portant un regard à la fois cruel et plein d’empathie sur le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 mai 2013

La Grande Bellezza

De jour, un touriste asiatique fait un malaise en contemplant Rome depuis ses hauteurs ; de nuit, une fête orgiaque et débridée attire la faune des mondains romains. Cette bonne dizaine de minutes n’a rien à voir avec ce qu’on appelle traditionnellement une «exposition» au cinéma. C’est plutôt un poème filmique, sans dialogue et sans intrigue, où la caméra semble défier la gravitation. Depuis Les Conséquences de l’amour, on connaît la virtuosité de Paolo Sorrentino, sa capacité à intensifier les sensations par un travail extrêmement sophistiqué sur les focales, les mouvements de caméra et un montage musical épousant l’humeur des séquences. Mais jamais il n’avait osé s’affranchir à ce point de la dramaturgie pour tenter une immersion non pas dans une histoire, mais d’abord dans un monde, pour restituer ses propres perceptions d’une ville dont il abhorre les excès et dont il adore la beauté. Les inconséquences de l’amour Ce qui est, peu ou prou, le sentiment de Jeb (Toni Servillo), autrefois auteur d’un roman culte (L’Appareil h

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Voyages en Italie

ECRANS | 2012 restera comme une bonne année pour le cinéma italien : un ours d’or (mérité) à Berlin pour César doit mourir des frères Taviani, un Grand prix (déjà plus généreux) (...)

Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

Voyages en Italie

2012 restera comme une bonne année pour le cinéma italien : un ours d’or (mérité) à Berlin pour César doit mourir des frères Taviani, un Grand prix (déjà plus généreux) à Cannes pour le Reality de Matteo Garrone… La septième édition des Rencontres du cinéma italien prend donc acte de cette bonne santé. À côté de sa compétition proposant sept films, fictions ou documentaires mêlés, le panorama propose ainsi un reflet passionnant du cinéma italien actuel. Il faudra notamment surveiller le nouveau film de Ivano De Matteo après son formidable La Bella gente ; avec Gli Equilibristi, il continue à scruter la mauvaise conscience des classes moyennes, en montrant cette fois les conséquences de la séparation d’un couple "ordinaire". Lors du derni

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L’Italie qui tremble

ECRANS | Evénement / Enfin débarrassée de la sinistre clique gouvernementale berlusconienne, la scène artistique italienne va-t-elle sortir du marasme dans lequel on (...)

François Cau | Lundi 14 novembre 2011

L’Italie qui tremble

Evénement / Enfin débarrassée de la sinistre clique gouvernementale berlusconienne, la scène artistique italienne va-t-elle sortir du marasme dans lequel on l’a laissé pourrir ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que le cinéma italien continue d’exister, même marginalisé. Et ses Rencontres grenobloises nous en défrichent annuellement les plus récents et pertinents représentants. Si cette édition revêt une nouvelle ambition dans sa forme, elle reste dans la même ligne éditoriale : (re)mise en avant de films sacrifiés par une distribution française (ou locale !) peu amène, quête de petits bijoux dans divers festivals, partenariat avec différentes structures pour faire émerger du patrimoine peu connu, suivi d’auteurs… autant d’éléments qui s’ajoutent bien évidemment à une part de subjectivité dans les goûts des programmateurs, sans orienter le regard ou privilégier tels mouvements, mais avec la volonté d’offrir un panorama éclectique de la création contemporaine. Pour ce faire, le public peut se partager entre une compétition composée de films inédits, des œuvres jeune public, des rétrospectives focalisées cette année sur les cinémas du Sud et sur deux acteurs immenses, incarnat

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This must be the place

ECRANS | Sean Penn en rocker glam vieillissant et déprimé qui part à la recherche du tortionnaire nazi de son père mort : c’est l’improbable, déroutant et en fin de compte attachant nouveau film du réalisateur d’Il Divo. Christophe Chabert

François Cau | Jeudi 7 juillet 2011

This must be the place

Imaginez un Robert Smith dépressif dans une maison art-déco de Dublin, traînant au supermarché avec sa pote gothique, faisant de la pelote basque dans sa piscine vide… Voici Cheyenne, anti-héros du nouveau film de Paolo Sorrentino, sous les traits d’un Sean Penn grimé en chanteur de Tokio Hotel viré vieux travelo. Réaction logique du spectateur : prendre ce type pour un crétin et regarder ce petit monde tourner en rond dans les cadres chiadés du réalisateur comme une mauvaise contrefaçon du cinéma des frères Coen — la présence de Frances MacDormand dans le rôle de la femme de Cheyenne pousse d’autant plus à la comparaison. Après une demi-heure de ce manège agaçant, Sorrentino commence à renverser tous ses clichés. This must be the place s’avère alors graduellement attachant, en dépit d’une partie dramatique où Cheyenne part aux Etats-Unis à la recherche du nazi qui a torturé son père, road movie qui frôle plus d’une fois la sortie de route. Le rocker philosophe Le film réussit toutefois son pari pour deux raisons : d’abord, nous faire épouser le regard de Cheyenne sur le monde, cette ironie qui en fait un sage au milieu des fous. Sur c

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Cannes jour 10 : Bonne conduite

ECRANS | Drive de Nicolas Winding Refn. This must be the place de Paolo Sorrentino.

François Cau | Samedi 21 mai 2011

Cannes jour 10 : Bonne conduite

Dans la dernière ligne droite du festival, celle où l’on risque à tout instant la sortie de route, les organisateurs de ce Cannes 2011 ont eu la bonne idée de programmer un film qui s’appelle Drive. C'est logique et bienvenu, car le nouveau Nicolas Winding Refn, qu'on l'aime ou pas, a fait l'effet d'un shoot de red bull sur les festivaliers. Le cinéaste danois avait tenté une première fois l'aventure hollywoodienne avec Inside job (rien à voir avec le docu coup de poing sorti l'an dernier), dont l'échec public et critique l'ont renvoyé direct et la rage au cœur vers son pays natal. Depuis, entre la fin de sa trilogie Pusher, l'incroyable Bronson et le très personnel Valhalla Rising, Winding Refn est devenu un des cinéastes qui compte dans le paysage mondial. Mais Drive n'a rien d'un film personnel, c'est une commande ouvertement commerciale qu'il a reprise au pied levé et sur laquelle il a pu déverser sa cinéphilie et son incontestable talent de metteur en scène. On y suit un cascadeur de cinéma qui, la nuit tombée, devient chauffeur pour des hold-ups millimétrés. Un super-héros à l'envers, particulièrement taciturne et insondable, qui derrière sa voix douce et son blouson élimé ca

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Il Maestro

ECRANS | Changement de cap pour les 5e Rencontres du Cinéma Italien de Grenoble : à l’occasion du 90e anniversaire de la naissance de Federico Fellini, l’association Dolce Cinema nous propose une rétrospective foisonnante de son œuvre. FC

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

Il Maestro

Jusqu’à présent, ce festival exposait une programmation en forme de panorama de la cinématographie italienne récente. Mais comme on l’évoquait il y a deux semaines en off avec Sabina Guzzanti, réalisatrice de l’excellent documentaire Draquila (n’écoutez pas les mauvaises langues qui prétendent qu’il s’agit d’une vision caricaturale et foncez le voir), le cinéma italien n’est pas particulièrement à la fête en ce moment. Rappelons qu’à l’instar de la France, le système de production italien repose majoritairement sur les financements venus des chaînes de télévision, dont les plus importantes se trouvent sous la férule du très peu cinéphile Silvio Berlusconi. «Pour lui, tous les artistes sont de gauche, et donc contre lui. Alors que si l'on regarde les productions de ces dernières années, très peu de films se montrent critiques ou parlent ouvertement de politique» nous disait la réalisatrice. Et de fait, après des coupes budgétaires drastiques opérées en 2005 dans les deniers de l’industrie cinématographique italienne, cette dernière va sûrement voir les crédits d’impôts indispensables à sa survie non renouvelés par le conseil des ministres. Dans ce contexte morose, même le plébiscite

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Il Divo

ECRANS | En s’attaquant à la figure ambiguë du politicien italien Giulio Andreotti, Paolo Sorrentino ne se contente pas de nous livrer un énième biopic, mais explose le genre pour en révéler, enfin, tout le potentiel cinématographique. François Cau

François Cau | Jeudi 18 décembre 2008

Il Divo

Un saisissant travelling avant accompagne un premier soliloque. Giulio Andreotti (Toni Servillo, sidérant) y évoque avec son flegme terrifiant l’ironie de sa destinée professionnelle : il aura survécu à tous ceux qui le laissaient pour mort politiquement, avec pour seule séquelle ces migraines qui lui valent d’avoir le visage orné d’aiguilles d’acupuncture. En un plan d’une évidence formelle terrassante, Sorrentino fait mine de désacraliser son héros pour mieux asseoir sa redoutable rhétorique. La machine esthétique peut alors s’emballer : la mélodie imparable du Toop Toop de Cassius se fait entendre, accompagne un faux générique où les séquences de meurtres perpétrés par la mafia s’enchaînent à un rythme vertigineux. Vient ensuite, en addendum de ce premier puzzle visuel que le film reconstituera au fil des événements, la présentation du “courant andreottien“ - des politicards improbables, filmés comme les membres d’un gang, discrets sifflotements “leoniens“ à l’appui. En une bobine à peine, Paolo Sorrentino s’empare d’une matière narrative complexe (les dessous de la politique italienne des trente dernières années, ni plus ni moins !) et la transfigure en un matériau cinématog

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