24 jours

ECRANS | D’Alexandre Arcady (Fr, 1h50) avec Zabou Breitman, Jacques Gamblin, Pascal Elbé…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

« La vérité sur l'affaire Ilan Halimi » dit le sous-titre façon Faites entrer l'accusé de 24 jours. Arcady choisit d'entrée son point de vue, celui de la famille Halimi et surtout de la mère, qui devine ce que la police se refuse de voir : l'enlèvement n'est pas seulement crapuleux, mais aussi motivé par un antisémitisme aussi stupide que dangereux. OK.

À partir de là, et même si Arcady voudrait nous le faire oublier (« la vérité » du sous-titre), 24 jours est avant tout du cinéma, et sur ce critère-là, il est simplement calamiteux. D'abord, Arcady trahit son point de vue initial et va filmer le gang des barbares, réduits à des jeunes de banlieue wesh wesh et à un Youssouf Fofana représenté comme le plus caricatural des bad guys de série B – sa première apparition de face, au ralenti avec musique menaçante, est à hurler de rire. Clichés regrettables dans un film qui prétend justement dénoncer ceux qui les véhiculent…

Les flics ne sont pas mieux lotis : s'exprimant avec des dialogues à la Julie Lescaut, ils sont des ectoplasmes que le cinéaste ridiculise sans vergogne – et ses acteurs avec, le pauvre Jacques Gamblin en tête. Quant à la famille, entre crises d'hystérie fake à souhait et tirage de gueule généralisée, ils finissent eux aussi par apparaître comme des pantins dans un film qui prend en otage son spectateur, s'autorisant les raccourcis les plus douteux pour marteler une « vérité » qu'au demeurant personne ne lui conteste.

Christophe Chabert


24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi

D'Alexandre Arcady (Fr, 1h50) avec Zabou Breitman, Pascal Elbé, Jacques Gamblin... Elle est entrée dans une boutique de téléphonie sur le boulevard Voltaire. Elle a fait mine de s’intéresser aux nouveaux portables, a obtenu le numéro du vendeur et s’en est allée. Elle l’a rappelé dès le lendemain, lui a dit qu’elle voulait le revoir. Ilan ne s’est pas méfié. Il avait vingt-trois ans, la vie devant lui…
Pathé Échirolles 4 rue Albert Londres Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Les Hirondelles de Kaboul" : cachée

ECRANS | de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) animation

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang (hélas pas si lointaines), cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour "sauver" un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici to

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"L'Incroyable histoire du Facteur Cheval" : aux marges du palais

ECRANS | de Nils Tavernier (Fr, 1h45) avec Jacques Gamblin, Laetitia Casta, Bernard Le Coq…

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

Drôme, XIXe siècle. Maladivement réservé et mutique, le facteur Cheval (Jacques Gamblin) effraie bon nombre des villageois qu’il croise durant sa tournée. Sauf la belle Philomène (Laetitia Casta), qu’il va épouser. Pour leur fille Alice, il va entreprendre la construction d’une œuvre spontanée et insensée : un palais idéal. À partir des bribes de témoignages et de rares documents d’époque (dont le fameux cahier autographe de Joseph-Ferdinand Cheval), Nils Tavernier dresse son portrait du mystérieux architecte naïf autodidacte, postulant à demi-mots que son aversion pour les rapports humains relevait peut-être d’un trouble du spectre de l’autisme. Obstiné, raide dans son col et sa souffrance, Gamblin s’accapare ce personnage s’exprimant davantage par ses doigts bandés et ses monosyllabes soufflées sous ses volumineuses moustaches : le moindre de ses tressaillements est signifiant. De fait, sa construction de Cheval s’avère tout aussi fascinante que l’histoire de l’édification de son palais, qui elle répond à des impératifs narratifs plus classiques, scandée de drames et de deuils ayant marqué le bâtisseur, co

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Avec "Il a déjà tes yeux", Lucien Jean-Baptiste élève la comédie française

ECRANS | de et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr., 1h35) avec également Aïssa Maïga, Zabou Breitman, Vincent Elbaz…

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Avec

Paul et Sali s’aiment, viennent d’ouvrir leur magasin, d’acheter leur maison et rêvent de parachever leur bonheur en étant parents. La nature étant contrariante, ils recourent aux services sociaux leur proposant d’adopter Benjamin, un blondinet, alors qu’eux sont noirs. C’est la joie pour Paul et Sali ; pas pour leur entourage… Lucien Jean-Baptiste a trouvé là un excellent sujet, sans doute le meilleur depuis 30° Couleur : un thème de conte philosophique adapté en comédie de situation. N’étaient quelques invraisemblances grossières (un couple de commerçants débutants et, en théorie, sans fortune disposant d’un emploi du temps aussi souple qu’une gymnaste olympique, voilà qui défie le bon sens), le regard se révèle extrêmement pertinent sur les présupposés sociétaux : la norme n’est, bien souvent, qu’une question d’habitude (voir l’hilarante séquence dans la salle d’attente de la pédiatre), et la plupart des évolutions sont freinées par la peur de l’inconnu. Croquant avec gourmandise tous les travers, le comédien-cinéaste joue adroitement avec les particularismes culturels africains (convivialité d’immeuble, tchipage

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Je compte sur vous

ECRANS | De Pascal Elbé (Fr, 1h38) avec Vincent Elbaz, Julie Gayet, Zabou Breitman…

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

Je compte sur vous

Pourquoi les artistes, et tout particulièrement les comédiens, éprouvent-ils une telle attirance pour les escrocs ? Sans doute parce qu’ils reconnaissent en eux des doubles inversés, des alter ego tombés du mauvais côté de la loi ou de la morale, puisqu’ils usent de leurs talents à des fins exclusivement crapuleuses. Pascal Elbé ne fait pas exception, fasciné qu’il a été par la "carrière" de Gilbert Chikli, inventeur d’une méthode d’extorsion douce reposant sur la séduction vocale. En jouant de son autorité et de son charisme au téléphone, mais également en décryptant le profil psychologique de ses victimes (et leurs éventuelles fragilités), le détrousseur les convainc qu’il est habilité à exiger d’eux un transfert de fonds. Après enquête, Elbé a rencontré Chikli ; il s’est inspiré de ce mythomane toxique pour composer son scénario… avant de bien vite s’en éloigner. Osera-t-on dire qu’il signe un polar "honnête", à défaut d’être flamboyant ? "Son" Gilbert a trop de circonstances atténuantes : l’origine de sa malhonnêteté est imputée à sa mère, elle-même indélicate ; il est inconséquent, joueur et quelque part victime de malfrats plus puissants. Et puis, il m

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De toutes nos forces

ECRANS | De Nils Tavernier (Fr, 1h30) avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy…

Christophe Chabert | Mardi 25 mars 2014

De toutes nos forces

Attention, recrudescence de téléfilms sur grand écran en ce début de saison ! À ce titre, le film de Nils Tavernier (fils de Bertrand, qui donne ici une furieuse et imprévue modernité au cinéma de son père) est quasi imbattable. Les bons sentiments, les rebondissements téléphonés, la platitude visuelle et les dialogues surannés renvoient impitoyablement à la plus mauvaise des télévisions, et le scénario se contente de recycler les schémas éculés du mélodrame sportif. À ceci près que le héros est handicapé physique et qu’il va convaincre son père (Jacques Gamblin, à la filmographie longtemps irréprochable, et qui commence à enchaîner les faux-pas) de courir à nouveau un triathlon mythique, en tandem cette fois. Cette originalité-là consignée, rien ne différencie De toutes nos forces de n’importe quel Rocky, où doute, culpabilité, élan, effort, découragement et dépassement de soi se succèdent selon une construction archi-prévisible, avec les inévitables brouilles et réconciliations familiales en sauce froide mélodramatique. Christophe Chabert

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Le Fils de l’autre

ECRANS | De Lorraine Levy (Fr, 1h45) avec Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk…

François Cau | Vendredi 30 mars 2012

Le Fils de l’autre

Casse-gueule au possible, le sujet du Fils de l’autre ressemble à une version sérieuse de La Vie est un long fleuve tranquille transposé dans le contexte israélo-palestinien. Soient deux couples, l’un juif, l’autre arabe, dont les enfants ont été échangés par inadvertance à la maternité et qui, dix-sept ans plus tard, découvrent la méprise. Peut-être consciente qu’elle marche sur des œufs, Lorraine Levy (sœur de Marc et réalisatrice de deux films plutôt oubliables jusqu’ici) s’applique à se sortir par le haut des embûches de son script. Le questionnement identitaire des deux ados, notamment, est finement traité, l’enfant de Gaza ayant déjà une longueur d’avance sur son «frère» de Tel-Aviv, maturité acquise dans l’adversité et lui offrant un recul salutaire face à la situation. À l’arrivée, cette identité apparaît avant tout comme une construction culturelle, et non une question de sang ou de sol, donc aisément déplaçable. Levy choisit clairement d’aller vers l’optimisme, ce qui lui évite, à la différence du récent Une bouteille à la mer, de tomber dans

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No et moi

ECRANS | De Zabou Breitman (Fr, 1h45) avec Nina Rodriguez, Julie-Marie Parmentier…

François Cau | Vendredi 12 novembre 2010

No et moi

Voix rauque, verbe cru, gestes désordonnés, excessive dans la joie comme dans la violence : le double regard que porte Zabou Breitman et son interprète Julie-Marie Parmentier sur Nora, jeune sans-abri recueillie par une famille de gentils bourges, est embarrassant. Côté réalisatrice, cela ressemble à de la bonne conscience déplacée, à la bourre (Marie-Chantal découvre, en 2010, les SDF…) et maladroitement romancée (rendons aussi à Delphine Le Vigan, auteur du bouquin adapté, ce qui lui appartient). Côté actrice, on est face à une pure performance, un rôle à César qui passe par pertes et fracas la crédibilité pour susciter l’extase des spectateurs et des votants. Raconté par la voix-off bien pratique d’une enfant surdouée, arrosé d’une louche de pathos (le gamin mort, la mère dépressive) et embaumé par des clips récurrents sur de la musique branchée d’avant, No et moi exaspère dans sa manière de forcer l’émotion et l’apitoiement. CC

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