Nouvelle jeunesse italienne

ECRANS | Zoom sur la 9e édition du fameux festival organisé par l’association Dolce Cinema.

Vincent Raymond | Mardi 17 novembre 2015

Portées par des férus du 7e art transalpin regroupés dans l'association Dolce Cinema, les Rencontres du cinéma italien de Grenoble avaient connu en 2014 une édition « antonionienne » de semi-éclipse. Elles en sont sorties réinventées afin de poursuivre leur précieuse mission : la mise en avant de la créativité des réalisateurs contemporains.

Avec sa programmation d'une dizaine de films récents tous projetés deux fois (les festivaliers, habitués aux choix cornéliens et autres sacrifices, en savent gré aux organisateurs), la manifestation s'offre de multiples primeurs, comme L'Attesa de Piero Messina avec Juliette Binoche (photo), quelques jours avant sa sorties en salle. Mais aussi des exclusivités, le plus souvent présentées par les équipes : Le Cose Belle de Giovanni Piperno et Agostino Ferrente sera accompagné par ce dernier, Smokings par son réalisateur Michele Fornasero, WAX (We are the X generation) par le réalisateur Lorenzo Corvino et son actrice Gwendolyn Gouvernec…

À noter également un week-end spécial mafia autour de deux avant-premières, Belluscone (toute ressemblance avec…) de Franco Maresco et La Tratattativa de Sabrina Guzzanti (qui interviendra par visioconférence).

Enfin, on ne saurait évoquer les nouveautés sans jeter un coup d'œil dans le rétroviseur. Le patrimoine sera donc dignement célébré avec un hommage original au maître Vittorio de Sica, à travers un ciné-concert de Miracle à Milan (1951) assuré par le trio Buffle !, histoire de marquer en musique une clôture… allegretto !

9e Rencontres du cinéma italien de Grenoble, jusqu'au jeudi 26 novembre à Grenoble (principalement au Club et à la Cinémathèque)


L'Attente

De Piero Messina (Fr-It, 1h40) avec Juliette Binoche, Lou de Laâge... Dans les grands salons d’une ancienne villa marquée par le temps, Anna, touchée par un deuil soudain, passe ses journées dans la solitude. La campagne sicilienne, sauvage et d’une grande beauté, entoure la maison et l’isole tandis que le brouillard se lève lentement sur les flancs de l’Etna. Seuls les pas de Pietro, l’homme à tout faire, rompent le silence. A l’improviste arrive Jeanne, la petite amie de Giuseppe, le fils d’Anna, qu’il a invitée à venir passer quelques jours en Sicile. Anna ignorait l’existence de Jeanne et Giuseppe est absent. Il va revenir bientôt, très bientôt..... c’est ce que dit Anna à Jeanne. Les jours passent, les deux femmes apprennent lentement à se connaître et attendent ensemble le jour de Pâques, où Giuseppe rentrera pour la procession.
Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


SmoKings

Documentaire
Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le Cose Belle

De Giovanni Piperno, Agostino Ferrente (2015, It, 1h28 ) documentaire
A Naples, le temps n’existe pas. C’est une croyance populaire, un porte-bonheur, une farce, une chanson. A Naples, on passe son temps à attendre et puis, soudainement, on le passe à se souvenir. Est-ce que les belles choses vont arriver ? Se sont-elles déjà passées ? Fabio et Enzo, deux garçons de 12 ans, toujours des enfants… et Adele et Silvana, deux jeunes filles de 14 ans… 4 vies pleines d’espoir dans le Naples de 1999, 4 regards pleins de beauté, de tristesse, d’ingéniosité, de fragilité, de peur et d’espoir. Une dizaine d’années plus tard, ces 4 jeunes nous donnent à voir le fardeau de devenir adultes, dans le Naples d’aujourd’hui. On dit que le temps résout tout ? Peut-être que le temps n’est qu’une superstition pour conjurer le mauvais sort, un expédiant, une chanson… Le Club 9 bis, rue Phalanstère Grenoble
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Il Maestro

ECRANS | Changement de cap pour les 5e Rencontres du Cinéma Italien de Grenoble : à l’occasion du 90e anniversaire de la naissance de Federico Fellini, l’association Dolce Cinema nous propose une rétrospective foisonnante de son œuvre. FC

François Cau | Lundi 15 novembre 2010

Il Maestro

Jusqu’à présent, ce festival exposait une programmation en forme de panorama de la cinématographie italienne récente. Mais comme on l’évoquait il y a deux semaines en off avec Sabina Guzzanti, réalisatrice de l’excellent documentaire Draquila (n’écoutez pas les mauvaises langues qui prétendent qu’il s’agit d’une vision caricaturale et foncez le voir), le cinéma italien n’est pas particulièrement à la fête en ce moment. Rappelons qu’à l’instar de la France, le système de production italien repose majoritairement sur les financements venus des chaînes de télévision, dont les plus importantes se trouvent sous la férule du très peu cinéphile Silvio Berlusconi. «Pour lui, tous les artistes sont de gauche, et donc contre lui. Alors que si l'on regarde les productions de ces dernières années, très peu de films se montrent critiques ou parlent ouvertement de politique» nous disait la réalisatrice. Et de fait, après des coupes budgétaires drastiques opérées en 2005 dans les deniers de l’industrie cinématographique italienne, cette dernière va sûrement voir les crédits d’impôts indispensables à sa survie non renouvelés par le conseil des ministres. Dans ce contexte morose, même le plébiscite

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