Joy

ECRANS | De David O. Russell (ÉU, 2h05) avec Jennifer Lawrence, Robert De Niro, Bradley Cooper…

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

David O. Russell donne l'impression de n'avoir dans sa besace qu'une quantité réduite d'ingrédients, et de les recombiner d'une manière (presque) différente à chaque film. On est ainsi assuré de se retrouver devant, au choix : un biopic se déroulant durant les années 1970-80 / une histoire située dans un quartier populaire / une distribution intégrant Jennifer Lawrence, Robert De Niro ou Bradley Cooper.

Triple combo magique avec Joy, qui reprend la "success story" de Joy Mangano, inventeuse (féminisons ce mot) d'un balai auto-essorant ayant débuté dans la misère, tout en alignant les interprètes de Happiness Therapy (2012) ! Sorti juste à temps pour être éligible aux Oscar (dont le calendrier semble désormais dicter la carrière de Russell), Joy met du temps trouver son rythme et surtout sa forme. Certes, on perçoit l'envie de brosser de manière dynamique et alternative le chemin empli de ronces et de chausse-trapes qui mène à la réussite, mais Russell patine en tentant de croiser des destins et des trajectoires autour de son héroïne : n'est pas Paul Thomas Anderson qui veut.

C'est quand son personnage est débarrassé des gêneurs, que sa comédienne peut s'affirmer (toujours stupéfiante Jennifer Lawrence, dans l'art d'être exacte sans en faire trop) et qu'il perd ses velléités maniéristes que le film prend – enfin – une réelle dimension.


Joy

De David O. Russell (ÉU) avec Jennifer Lawrence, Bradley Cooper... Inspiré d'une histoire vraie, JOY décrit le fascinant et émouvant parcours, sur 40 ans, d'une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de son excentrique et dysfonctionnelle famille, et à fonder un empire d’un milliard de dollars.
UGC Part-Dieu CC Part-Dieu niveaux 2 & 4 Lyon 3e
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Affinités formelles

Photo | Exposés à la galerie Alter-Art, les diptyques photographiques de Nicole Joye surprennent. L'un d'eux s'avère même particulièrement étonnant. Découverte.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 février 2020

Affinités formelles

Voilà une expo qui devrait ravir ceux qui envisagent davantage la photographie comme une construction formelle que comme une possible image fictionnelle ou documentaire. Prises pendant plusieurs années à des endroits très différents, les photographies couleur de Nicole Joye jouent des possibilités de rapprochements et de similitudes formelles entre les clichés. Exposées en diptyque, les images se répondent et se complètent. Les reflets sans aspérités d’un immeuble vitré font écho aux ondulations miroitantes d’une surface liquide, la subtile imperfection de l’horizontalité des marches successives d’un escalier dialogue avec celle des lames d’un store... Dans cet ensemble sympathique, un diptyque nous a paru toutefois plus palpitant. Le premier cliché présente, dans la devanture d’un magasin, de musculeux mannequins en plastique qui apparaissent comme les pâles imitations de reproductions de statues antiques elles-mêmes reproduites à partir d’originaux d’un musée dont on devine l’architecture en arrière-plan du second cliché. Un diptyque qui renvoie au propre de l’image photographique qui, elle-même reproductible, n’est qu’une reproduction possible du visible. Au

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Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

Exposition | L'Artothèque de Grenoble investit la Bibliothèque centre-ville jusqu’au samedi 9 mars pour une savoureuse exposition de ses nouvelles acquisitions.

Benjamin Bardinet | Mardi 26 février 2019

Acquisitions en cours d’exposition grâce à l'Artothèque municipale de Grenoble

La traditionnelle exposition annuelle consacrée aux récentes acquisitions de l’Artothèque de Grenoble (située, on le rappelle, à Chavant, dans la Bibliothèque d'étude et du patrimoine) est l’occasion amusante d’évaluer votre assiduité aux expositions grenobloises (et à nos chroniques) puisqu’une bonne partie des pièces acquises sont celles d’artistes ayant récemment exposés à Grenoble. Précisément, l’accrochage à la Bibliothèque centre-ville ouvre avec les photographies de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar dont le travail est encore visible à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine dans l’exposition Nos mémoires vivent. On retrouve chez la première le goût de l’histoire intime et familiale et chez le second un intérêt pour les accidents photographiques et l’artificiel. S’ensuit deux amusants « Rétr

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"The Witch" : ma sorcière mal-aimée

ECRANS | « Ne nous promenons pas près des bois, quand la sorcière y a son chez soi » pourraient chantonner les jeunes protagonistes de ce thriller pour Amish, à la maîtrise redoutable et au jeu impressionnant. Puritains s’abstenir.

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

On pense avoir épuisé le registre des films centrés sur des communautés religieuses archaïques, puritaines ou ultra-rigoristes, des Sorcières de Salem au Village en passant par Witness. Et puis on découvre The Witch, décharge électrique qui joue la carte d’un réalisme cinglant tout en arpentant les terres innombrables et fécondes du cinéma de genre. Construit à partir d’une collection de récits et de légendes du XVIIe siècle (une époque où la superstition et la malveillance étaient promptes à transformer le moindre fait inexpliqué en événement irrationnel d’essence diabolique), The Witch séduit d’abord par son absolue radicalité, ainsi que par sa préférence pour la suggestion, pour l’ellipse. Si le contexte devient rapidement étouffant, puis inquiétant, c’est grâce à un ensemble d’éléments objectifs (les huis clos, les plans posés…) auxquels se greffent des adjuvants plus inconscients : le sentiment de culpabilité grandissant du père et sa voix d’infra-basse, ou le fait d’être face à des comédien

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Blind Sun

ECRANS | de Joyce A. Nashawati (Fr./Gr., 1h28) avec Ziad Bakri, Yannis Stankoglou, Mimi Denissi…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Blind Sun

Les premières images d’un soleil assommant – dilatant presque l’écran par sa luminosité cuisante – d’une terre aride et d’une peau moite laissent augurer d’un travail plastique pur sur les sensations éprouvées face à l’astre… Dommage qu’il ne soit pas mené à son terme : la réalisatrice Joyce A. Nashawati préfère nous placer en regard d’un désastre économique. Celui d’une Grèce exsangue, où l’eau, produit de luxe, serait le privilège de nantis et la convoitise d’un peuple d’ombre prêt à périr pour quelques gouttes. Un postulat à la crédibilité fragile, qui s’assèche très vite : à chaque fois que Joyce A. Nashawati tente de nous ancrer dans le réel, elle nous égare – peut-être parce que le chemin ne l’intéresse pas. Alors que ses séquences plus abstraites, évoquant une possible schizophrénie de son héros, font flotter un parfum d’inquiétude sèche autrement plus original. VR

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Chloé, Joy Orbison et Barnt : trouble-fêtes de l'électro

MUSIQUES | Issus d’horizons culturels distincts, Chloé, Joy Orbison et Barnt n’en partagent pas moins un goût prononcé pour les chemins de traverse, et une volonté commune de réenchanter une scène électronique flirtant chaque jour un peu plus avec l’uniformité. Ils nous donnent rendez-vous à la Belle électrique le temps d'une soirée. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 5 avril 2016

Chloé, Joy Orbison et Barnt : trouble-fêtes de l'électro

La différence entre un DJ-set mémorable et un autre plus quelconque ne tient souvent pas à grand-chose : une petite prise de risque supplémentaire, un effort un peu plus conséquent pour apporter un supplément d’âme… Et, à ce petit jeu, force est de reconnaître que les trois artistes réunis en têtes d’affiche par la Belle électrique font figure d’experts. On ne va pas forcément revenir une nouvelle fois sur les talents dans ce domaine de Chloé, ex résidente du Pulp et figure de proue du label parisien Kill The DJ, déjà venue nous rendre visite à plus d’une reprise. Reste qu’on n‘en est pas moins curieux de la voir côtoyer sur scène le Londonien Joy Orbison (en photo), de passage lui pour la première fois à Grenoble. Neveu d’un des pionniers de la scène jungle britannique, Peter O’Grady de son vrai nom commence à mixer à l’âge de 13 ans avant de passer à la production une fois atteint la vingtaine. Grandi au son des différentes variantes de la rave culture britannique (two-step, UK garage, grime, dubstep, UK funky…), il signe avec son premier single Hyph Mngo en 2009 un tube absolument imparable qui va le propulser immédiatement en chef de file d’une scène post-

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Birth of Joy : Born again

MUSIQUES | Compulsif sur disque et fracassant sur scène, le trio néerlandais s'accomplit surtout dans l'exercice live où sa capacité d'embrasement ne devrait une fois de plus pas être démentie à la Source. Une Source qui ne suffira pas à éteindre son psychédélisme brûlant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Birth of Joy : Born again

Depuis leur éclosion-explosion en 2012 qui obligea quasiment les organisateurs des Transmusicales de Rennes à sortir les canons à eau pour maîtriser l'incendie psychédélique en passe d'embraser la Bretagne de l'Atlantique à l'Oural, les trois Néerlandais de Birth Of Joy n'ont pas vraiment chômé avec pas moins de quatre albums studios et un live bourrés jusqu'à la garde de riffs à décorner un moulin. Une inspiration compulsive dont on ne sait si elle doit quelque chose à un usage tout personnel du psychédélisme en produits manufacturés et illicites, et qui est autant une bonne nouvelle qu'elle ne met en lumière les limites du groupe. Car quand on n'a pas pour ambition de réinventer la roue et qu'on laisse beaucoup de gomme sur l'asphalte, il faut du pneu de rechange en stock. Or c'est peut-être ce qui manque à Birth of Joy, groupe de live indéniablement du genre à vous faire vous souvenir de cette dent sur pivot perdue dans la mêlée de leur concert, mais dont les disques ne sont sûrement pas destinés, en dépit d'un vrai don pour l'éclectisme intra-psyché – l'orgue Hammond les a tirés du troupeau –, à laisser une grande marque dans l'Histoire. Celle-ci étant de

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À cœur Joy

MUSIQUES | Ceux qui se souviennent de Venus – et comment ne pas s'en souvenir ? – ont certainement toujours à l'esprit le timbre unique de la voix du groupe, Mark (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 novembre 2014

À cœur Joy

Ceux qui se souviennent de Venus – et comment ne pas s'en souvenir ? – ont certainement toujours à l'esprit le timbre unique de la voix du groupe, Mark Huyghens. Dès les premières notes jouées par Joy, le projet qui lui a succédé, ce timbre se rappelle instantanément à la mémoire. Pour y faire une marque peut-être même encore plus profonde. Car autour, on ne retrouve rien de la belle emphase de Venus, plutôt un dépouillement qui pousse la voix du Belge à résonner plus en avant.   Joy, c'est donc au départ, en 2010, Huyghens avec une percussionniste (Françoise Vidick) montée sur un kit 60's rénové par ses soins et une violoncelliste ; tout ce petit monde baignant dans une atmosphère de transe qui fleure bon la fin des haricots. Le remplacement du violoncelle par une basse, celle de Katel, amorce un virage esthétique sur le second album All the Battles. Moins lancinant, plus incisif, plus pop aussi. Mais entre la voix traînante et les orages (de guitares) électriques d'Huyghens, les chœurs battants et les coups de boutoirs inexorables de Vidick et de Katel, c'est tout de mê

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Pas la Joy

MUSIQUES | Tout le monde, ou presque, se souvient du groupe belge Venus, éminent membre de la très prolifique scène belge du début des années 2000. Le groupe, auteur du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 septembre 2014

Pas la Joy

Tout le monde, ou presque, se souvient du groupe belge Venus, éminent membre de la très prolifique scène belge du début des années 2000. Le groupe, auteur du fameux Beautiful Day entendu dix fois par jour depuis dix ans, était notamment mené par Marc Huyghens. Lequel a, au tournant de la dizaine (2010 donc), fondé une nouvelle petite entreprise musicale accompagnée, faute de Venus, de deux femmes en guise de muses-musiciennes. Ambiance pas très jouasse, mélancolie à la pelle, grandiloquence ténébreuse, tentations post-rock et blues foncé superposant grosses guitares et violoncelle au bord du suicide, c'était le programme de l'album éponyme sorti il y a quatre ans. Le vibrant trio revient avec le suivant mais aussi sur scène pour le présenter. Âmes sensibles, ne pas s'abstenir. SD Joy (+ Hell's Kitchen), samedi 15 novembre à la Source (Fontaine)

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Joy Division

MUSIQUES | Fin 2012, Birth of Joy a été l'une des révélations des Transmusicales de Rennes. Si ce n'est, d'après les observateurs, la claque live de cette édition. Et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 janvier 2013

Joy Division

Fin 2012, Birth of Joy a été l'une des révélations des Transmusicales de Rennes. Si ce n'est, d'après les observateurs, la claque live de cette édition. Et moins parce que leur nom évoque à beaucoup le souvenir de téléfilms roses multidiffusés sur M6 que parce que le trio a une autre façon de vous dépoiler. Bien sûr, ne pas voir dans la musique de Birth of Joy la papatte un peu pesante de Jim Morrison & co, c'est s'être enfoncé une baguette de batterie dans chaque oreille. Le chanteur a ce quelque chose du "Roi Lézard", ou du moins aimerait l'avoir – le batteur, lui, réussit beaucoup mieux son imitation de Keith Moon sous stéroïdes. Fort heureusement, les influences de ce groupe néerlandais qu'on penserait grandi dans une plantation de cactus peyotl – ce qui réflexion faite n'est pas totalement contradictoire quand on connaît les Hollandais – fait également œuvre de charité à l'égard de tout ce qui touche au psychédélisme : stoner rock incassable à la Queens of the Stone Age, garage ivre de claviers façon Seeds – petit conseil aux débutants : un orgue Hammond, ça peut vous sauver un disque, un groupe, une carrière –, ou guitares en plein trip metal à la Led

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Mes amis, mes amours, mes emmerdes

SCENES | "J’ai 20 ans qu’est-ce qui m’attend ?": un titre programmatique pour un spectacle inégal néanmoins enthousiasmant dans ses meilleurs moments. Merci François Bégaudeau et Joy Sorman ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 12 octobre 2012

Mes amis, mes amours, mes emmerdes

On reproche souvent au théâtre contemporain français de ne pas s’intéresser au monde qui l’entoure. Un reproche en partie avéré, si l’on compare notamment avec ce qu’il se passe hors de France (les Anglais, par exemple, ne se privent pas d’interroger sur scène l’actualité brulante). Bien sûr, certains artistes français refusent ce constat, et c’est d’ailleurs souvent ceux qui nous passionnent le plus. J’ai 20 ans qu’est-ce qui m’attend ?, le projet de Cécile Backès, avait donc tout pour attirer notre attention. À savoir porter sur le plateau les doutes et les aspirations d’une génération dont on peine à définir les contours. La metteuse en scène, après avoir mené son enquête sur le terrain, a laissé le soin à cinq auteurs quadragénaires de livrer chacun un texte sur le sujet. À elle ensuite d’en faire un spectacle. On stage Des textes qui, s’ils évoquent des questions pratiques (trouver un appartement, une colocation, un boulot), ont une plus grande ambition. Et c’est justement là que le bât blesse : quand les auteurs sont dans la simple démonstration. La partie de Maylis de Kerangal, sur un jeune couple contraint de falsifier son dossier pour espérer

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À 20 ans...

SCENES | Comment est la jeunesse d’aujourd’hui ? Vaste question, à laquelle se sont attelés cinq auteurs tout juste quarantenaires (François Bégaudeau, Joy Sorman, ou (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 5 septembre 2012

À 20 ans...

Comment est la jeunesse d’aujourd’hui ? Vaste question, à laquelle se sont attelés cinq auteurs tout juste quarantenaires (François Bégaudeau, Joy Sorman, ou encore Aurélie Filippetti – comme le temps est très long dans le domaine du spectacle vivant, le projet a été lancé bien avant qu’elle ne devienne ministre). Il en résulte cinq textes, qui s’appuient sur des entretiens - documentaires effectués parallèlement en Lorraine et à Paris avec différents jeunes. Le tout sera mis en scène par Cécile Backès, et on attend tout simplement de voir ce que cela peut donner. Réponse avec J'ai 20 ans qu'est-ce qui m'attend, du 16 au 27 octobre à la MC2.

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My joy

ECRANS | De Sergey Loznitsa (Russie-Ukraine, 2h07) avec Victor Nemets, Olga Shuvalova…

François Cau | Vendredi 12 novembre 2010

My joy

My joy est un film d’impasses, de carrefours et de virages. Il y a une route qui ne mène nulle part, un nulle part bloqué dans un cercle temporel qui le maintient en dehors du monde. Il y a un poste-frontière que l’on franchit une fois au début, une fois à la fin, mais qui ressemble à un simulacre où les douaniers font semblant d’être des douaniers. Il y a des personnages qui tournent en rond et un cinéaste qui s’amuse à verser le spectateur dans le fossé à intervalles réguliers. Le temps de reprendre ses esprits, on ne sait déjà plus qui est qui, combien de temps s’est écoulé, si on est avant ou après l’accident, engourdi par cette manière pour le moins iconoclaste de raconter une histoire, des histoires, mais aussi l’Histoire, celle de l’Ukraine et de la Russie. Comprenne qui pourra ; on est bien incapable de dire où Loznitsa veut en venir. En revanche, une chose est certaine : nous sommes face à un sacré metteur en scène dont le geste est d’une grande liberté, qui confectionne des moments de pure sidération visuelle, des gags très noirs, des blocs de cinéma assez excitants qu’on a du mal à coudre ensemble. Même quand on s’ennuie (et on s’ennuie parfois, sinon souvent), quelque c

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