The Danish girl

ECRANS | De Tom Hooper (GB, 2h) Avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016


The Danish girl

De Tom Hooper (EU-Angl-All, 2h) avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander... La remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
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Street art : à Lyon, le festival Peinture fraîche fait fusionner créativité et technologies

ESCAPADES | Malgré la crise sanitaire, la grande célébration lyonnaise du street art a bien lieu ! Le tour de force opéré par la deuxième édition de Peinture fraiche (...)

Sarah Fouassier | Mardi 20 octobre 2020

Street art : à Lyon, le festival Peinture fraîche fait fusionner créativité et technologies

Malgré la crise sanitaire, la grande célébration lyonnaise du street art a bien lieu ! Le tour de force opéré par la deuxième édition de Peinture fraiche réside dans sa capacité à convoquer les nouvelles technologies. Les fresques, photographies et installations de PF Juin, Brusk, Bond Truluv, Aheneah, The Blind, Soda, Alber One, El Pez, Cart›1, Ben Eine, Adam Fujita, Astro, Mars Yahlet de 9e Concept sont soumises à une double lecture : celle qui est possible à l’œil nu et celle opérée grâce à son smartphone ou à un visioguide délivré par le festival. Peinture Fraîche permet ainsi aux artistes d’explorer de nouvelles possibilités créatives. Du mariage de la technologie et de l’art naît une capacité à s’émerveiller. Ce n’est pas tout : avec l’artiste argentin Spidertag, on met de côté la réalité augmentée au profit de la lumière et d’un nouveau type de fresque murale. Faite de câbles de néons flexibles, son installation apporte une respiration. Idem du côté de l’œuvre interactive d’Antonin Fourneau, qui permet d’appréhender le pinceau d’une façon inédite en composant des messages et de

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"Little Joe" : graine de malheur

ECRANS | Amy travaille dans un laboratoire de phytogénétique sur le projet Little Joe, une plante rendant ses possesseurs heureux. Mais à la suite d’une série de (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Amy travaille dans un laboratoire de phytogénétique sur le projet Little Joe, une plante rendant ses possesseurs heureux. Mais à la suite d’une série de dysfonctionnements, le "prototype" contamine son fils et certains chercheurs, qui commencent à agir étrangement… Sur le papier, Little Joe aguiche plus qu’il ne promet tant ce conte moral paraît en phase avec des préoccupation sociétales, éthiques, biologiques et écologiques. Jessica Hausner, la réalisatrice, coche toutes les cases en abordant autant les dangers encourus par la manipulation du vivant que le désir illusoire de fabriquer un bonheur universel… mais totalement artificiel – sur ce chapitre, la science n’est pas la seule concernée par cette philippique filmique : les religions affirment à leurs adeptes que leurs doctrines aspirent aux mêmes résultats. Cette promesse de mieux vivre ne peut qu’aboutir à une catastrophe, au nom de l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » : le pollen de Little Joe transforme ceux qui le respirent en monstres dépourvus d’empathie. À cette fable effrayante, la cinéaste ajoute une dimension plastique stupéfian

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Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

ECRANS | Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été (...)

Vincent Raymond | Mercredi 19 décembre 2018

Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été impressionnant. Et un travail colossal. Mais si quelqu’un devait s’atteler à la tâche, je voulais que ce soit moi, car ce film signifie énormément pour beaucoup de personnes de ma génération. Il fallait que cette suite reflète dignement l’esprit du film de 1964, même si la barre était particulièrement haute. Avec mes co-scénaristes Dave Magee et John de Luca, nous avons dû créer un script pour lier les parties musicales entre elles. Car les livres de P. L. Travers fonctionnent par épisodes ; il n’y a pas vraiment de narration liant les chapitres les uns aux autres. Puisque Le Retour de Mary Poppins dépeint l’époque de la Grande Dépression à Londres, il fallait comprendre les difficultés de cette période et trouver un écho très contemporain. C’était un exercice d’équilibriste d’arriver à cett

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"Le Retour de Mary Poppins" : Mary à tout prix (et pareille à elle-même)

ECRANS | Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique, pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que (...)

Vincent Raymond | Lundi 17 décembre 2018

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique, pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que leur père, jeune veuf, s’emploie à sauver leur maison d’une saisie. Heureusement, sa magie sera le sucre qui aidera la médecine à passer… Disons-le tout net, cette suite est une délicieuse mine de paradoxes. Tout d’abord parce qu’elle s'applique davantage à répliquer l’opus initial qu’à le prolonger, histoire de montrer l’immutabilité de la nounou – laquelle, pourtant, a changé de physionomie en changeant d’interprète (Emily Blunt). Ainsi le ramoneur est-il ici remplacé par un allumeur de réverbères (même genre de monte-en-l’air, en plus propre sur lui) ; l’oncle Albert s'envolant au plafond troqué par une cousine Topsy vivant tête-bêche ; la séquence champêtre en animation par… une séquence champêtre en animation (avec une touche de cabaret en sus). Bénéficiant des évolutions techniques contempora

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"Les Animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald" : trop cuites, les baguettes

ECRANS | 1927. Le sournois Grindelwald s’évade durant son transfert, affolant toutes les polices magiques du globe. Dumbledore expédie en secret Norbert Dragonneau (...)

Vincent Raymond | Lundi 12 novembre 2018

1927. Le sournois Grindelwald s’évade durant son transfert, affolant toutes les polices magiques du globe. Dumbledore expédie en secret Norbert Dragonneau sur ses traces, à Paris. Mais le collectionneur d’animaux fantastiques étant assigné à territoire britannique, il lui faut donc ruser… Désormais recyclée scénariste et productrice de ce cycle spin-off de Harry Potter, J. K. Rowling ne risque-t-elle pas, à force de tirer sur sa corde, de griller son aura auprès de ses plus fidèles fanatiques ? Oh, l’autrice dispose d’un confortable capital sympathie, et beaucoup de dragées surprises de Bertie Crochue seront avalées avant que ses émules ne commencent à douter de son infaillibilité, à renoncer à leur vénération pour ce gourou au sourire si doux. Prendre un tant soit peu de recul permet pourtant de constater la platitude paresseuse de cet épisode, qui pourrait tenir en deux formules de première année à Poudlard : "Dillutio salsa" (on rallonge la sauce) et "Revelatio caudalix" (on balance un vieux cliffhanger à la fin, histoire d’inciter à venir voir le prochain volet). Bien sûr, ce néo-pentateuque contient quelques friandises

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Grenoble : attention, patrimoine en danger

ESCAPADES | Grenoble a un petit parc patrimonial. Pas moins de 800 000 m2, soit juste 20 fois la taille d’Alpexpo. La mairie a pour mission de conserver ce (...)

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 juin 2016

Grenoble : attention, patrimoine en danger

Grenoble a un petit parc patrimonial. Pas moins de 800 000 m2, soit juste 20 fois la taille d’Alpexpo. La mairie a pour mission de conserver ce patrimoine. Mais voilà, son entretien revient à 6, 5 millions d’euros par an. Alors lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’avenir de tel ou tel joyau, les élus doivent se gratter la tête. La tour Perret, symbole s’il en est de la Grenoble innovante ? 8 millions d’euros de réparations sont prévus. L’Orangerie, sis boulevard Jean Pain, aujourd’hui consacrée aux espaces verts (matériels divers et palmiers frileux) ? Ce serait 1 million. Au vu de ces montants à sept chiffres, Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine à la Ville de Grenoble, l’assure : il va falloir choisir. « On ne peut pas être partout alors la mairie va faire une liste d’équipements à rénover. » Une réflexion qui va durer jusqu’à l’automne. Elle évoque des lieux à la Villeneuve, sans plus de précisions. Surtout, Maud Tavel pense, comme nous, à l’Ancien musée de peinture. Un gros mor

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Noël ne se passe pas comme prévu

ARTS | Le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, dévoile en cette fin d'année sa désormais traditionnelle Exposition de Noël à l'Ancien musée de (...)

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

Noël ne se passe pas comme prévu

Le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, dévoile en cette fin d'année sa désormais traditionnelle Exposition de Noël à l'Ancien musée de peinture. Ayant pour ambition de présenter dans un même lieu une sélection hétéroclite d'artistes contemporains de la région Rhône-Alpes, cette nouvelle édition tient malheureusement plus du déballage de cadeaux de Noël que de la manifestation défricheuse de nouveaux talents artistiques. Comme au petit matin du 25 décembre, il y a certaines pièces présentées place Verdun que l'on souhaiterait échanger sur eBay. Mais fort heureusement ça reste Noël, avec dans le lot toujours de bonnes surprises. On (re)trouve les photographies de nature mortifère d'Alexis Berar découvertes en octobre à la galerie Ex Nihilo. Jérôme Cavaliere et Stéphane Déplan, eux, présentent une vidéo intitulée Désaccords faite de séquences de baston récupérées sur Internet sur lesquelles ont été apposés des sous-titres ironiques sur le discours de l'art. Dès lors, un dialogue plein d'humour et de

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Vivian Maier, miroir des autres

ARTS | Avec quelque 200 000 négatifs accompagnés de films vidéo, l’œuvre de Vivian Maier est considérable, mais aussi totalement mystérieuse. Un secret artistique, (...)

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier, miroir des autres

Avec quelque 200 000 négatifs accompagnés de films vidéo, l’œuvre de Vivian Maier est considérable, mais aussi totalement mystérieuse. Un secret artistique, malgré de nombreuses investigations, parsemé de zones d'ombre qui soulèvent bien des questions. Car en presque 50 années de pratique photographique, Vivian Maier, nourrice toute sa vie, n'a jamais montré ses clichés. Jusqu'au jour où, fin 2007, John Maloof, agent immobilier à la recherche d'images pour réaliser un livre sur son quartier de Chicago, acquiert en salle des ventes un carton rempli de négatifs de la nurse anonyme. La partie de Cluedo est alors amorcée. Il faudra à John Maloof, reconverti pour l'occasion en détective amateur, plusieurs années pour découvrir l'identité de la photographe qui se cache derrière ces images. En 2009, Vivian Maier décède dans l'anonymat et la pauvreté. C'est à ce moment qu'Internet donne à Sherlock Maloof la première pièce du puzzle : le nom de l'auteure. Armé de sa meilleur preuve, il découvre que Vivian Maier n'a pas seulement laissé derrière elle un nombre impressionnant de photographies, mais aussi un garde-meuble rempli d'une vie à collecter des journaux, des tickets et de

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Vivian Maier : campagne, mon amour

ARTS | Certes, l'histoire du Champsaur n'a, fort heureusement, rien à voir avec celle du film Hiroshima, mon amour. Mais la référence permet cependant d'évoquer (...)

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier : campagne, mon amour

Certes, l'histoire du Champsaur n'a, fort heureusement, rien à voir avec celle du film Hiroshima, mon amour. Mais la référence permet cependant d'évoquer l'histoire passionnelle entre Vivian Maier et cette campagne française située dans les Alpes. Une relation discrète, à l'image de sa vie, mais intense comme en témoignent les photographies réalisées dans ces montagnes aux environs des années 1950. Et si aujourd'hui l'Américaine au Rolleiflex est connue pour ses clichés de rue à Chicago et à New York, la Maison de l'image, en partenariat avec l'association "Vivian Maier et le Champsaur", met en lumière pour la troisième édition de sa manifestation photographique annuelle dans l'Ancien musée de peinture un patrimoine visuel riche de la paysannerie de l'époque, tout aussi important que le pendant "street photography" américain. D'origine française par sa mère, Vivian Maier a vécu dans la région du Champsaur, haute vall

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Ex-Machina

ECRANS | Imitation game a popularisé la figure d’Alan Turing auprès du grand public ; sans le succès du film, il est peu probable que les spectateurs (...)

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Ex-Machina

Imitation game a popularisé la figure d’Alan Turing auprès du grand public ; sans le succès du film, il est peu probable que les spectateurs comprennent spontanément à quoi Alex Garland fait référence dans Ex-Machina. On y voit un informaticien remporter, lors d’un prologue expéditif, une sorte de loterie interne à son entreprise pour aller passer un séjour auprès de son patron dans sa somptueuse villa isolée du reste du monde. Assez vite, il se rend compte que loin d’être des vacances, il s’agit encore et toujours de travail – n’y voyez pas là une quelconque critique sociale, nous sommes dans le futur. En l’occurrence, faire passer un test de Turing à une androïde sexy dotée d’une intelligence artificielle, histoire de voir si celle-ci prend conscience de son caractère robotique ou si elle persiste à se considérer comme humaine – auquel cas, le test est réussi. Ex-Machina devient alors un long développement autour de la scène inaugurale de Blade runner, le réplicant moustachu étant remplacé par une bimbo diaphane au corps inachevé, laissant

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Une merveilleuse histoire du temps

ECRANS | « C’est sans doute la phrase la plus anglaise que j’ai jamais entendue » dit Jane Hawkins (la très belle et très douée Felicity Jones) à sa mère (la revenante (...)

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2015

Une merveilleuse histoire du temps

« C’est sans doute la phrase la plus anglaise que j’ai jamais entendue » dit Jane Hawkins (la très belle et très douée Felicity Jones) à sa mère (la revenante Emily Watson) qui lui propose d’aller chanter dans la chorale de sa paroisse. Une merveilleuse histoire du temps est, de même, le film le plus anglais qui soit, du moins selon une image internationale faite de patrimoine littéraire et de patrimoine tout court. Pourtant, cette bio filmée du cosmologiste Stephen Hawking, atteint de la maladie de Lou Gehrig (popularisée récemment par les pitreries humanitaires des stars lors du Ice Bucket challenge), paraissait bien éloignée de ce programme. Or, le film ne s’attarde guère sur les racines de son génie, sa passion des trous noirs, du big bang et de l’origine du temps, et son infirmité est surtout un formidable véhicule pour que le comédien qui l’incarne, Eddie Redmayne, offre une performance remarquable au sens où, des spectateurs aux votants de l’académie des oscars, tout le monde se plaira à la remarquer. Non, ce qui intéresse Anthony McCarten, le scénariste, et James Marsh, réalisateur du très fort

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Les Misérables

ECRANS | Les Misérables n’est pas un bon film. On pourrait même passer la critique entière à en lister les défauts. À commencer par le travail de Tom Hopper lui-même, dont (...)

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Les Misérables

Les Misérables n’est pas un bon film. On pourrait même passer la critique entière à en lister les défauts. À commencer par le travail de Tom Hopper lui-même, dont le trop admiré Discours d’un roi montrait déjà les limites : par exemple, Hooper s’avère absolument incapable de donner une forme aux passages non chantés. Alternant grand angle et longues focales, ils sont cousus n’importe comment par un montage aberrant réduisant l’action à une bouillie d’images incohérentes. On peut aussi s’interroger sur la valeur musicale de la partition de Schönberg et Boublil : ces "tubes" pensés pour des chanteurs à voix ont pris du plomb dans l’aile, et seul l’investissement des comédiens permet de leur donner un nouveau souffle. Au milieu de ce casting all stars, on trouve une incroyable faute de goût : Russell Crowe dans le rôle de Javert. L’acteur sort sa grosse voix dans les passages parlés, mais part dans les aigus dès qu’il se met à chanter, sapant toute la crédibilité du personnage. Le récit est ce qui résiste le mieux à ce duplicata

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Royal affair

ECRANS | Pour ceux qui se demandent ce que le mot "académisme" veut dire, on conseille la vision de Royal affair, véritable modèle du genre. Soit un sujet historique (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

Royal affair

Pour ceux qui se demandent ce que le mot "académisme" veut dire, on conseille la vision de Royal affair, véritable modèle du genre. Soit un sujet historique – la passion entre la Reine Caroline Matilde et le médecin du roi Christian VII, imprégné de philosophie des Lumières et qui va peu à peu, politiquement et sentimentalement, remplacer un souverain plus préoccupé par le jeu et les prostituées à gros seins que par le pouvoir – que Nicolaj Arcel prend soin de ne jamais bousculer par des idées de mise en scène. Il se contente de l’illustrer avec une reconstitution parfaite, une direction artistique top chic, de la musique bien pompière. Propret, Royal affair se contente d’exposer scolairement l’affair(e), sans jamais prendre le risque de l’ambiguïté ou de la zone d’ombre, faisant à la fois le musée et l’audio-guide, le roman et le dossier pédagogique qui l’accompagne. On serait bien en peine d’y trouver un quelconque point de vue, une once de trouble ou de regard contemporain. Christophe Chabert

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My week with Marilyn

ECRANS | Il n’y a paradoxalement que peu de genres cinématographiques aussi balisés que le biopic (pour “biographic picture“), alors que dans un monde parfait, (...)

François Cau | Vendredi 30 mars 2012

My week with Marilyn

Il n’y a paradoxalement que peu de genres cinématographiques aussi balisés que le biopic (pour “biographic picture“), alors que dans un monde parfait, chaque personnalité ainsi transfigurée par le 7eart devrait au moins voir ses singularités respectées… Las : l’œuvre d’une vie est vouée à y être lapidairement résumée et expliquée par les plus petits dénominateurs communs, et l’interprète se doit de foncer dans un mimétisme outré, garant de nombreuses nominations. Dans ce contexte lénifiant, un film comme My week with Marilyn, où les comédiens courent moins à l’imitation qu’à la réinterprétation, fait donc a priori un bien fou – il ne se concentre que sur une parenthèse désenchantée de la tumultueuse vie de Marilyn Monroe, lors d’un tournage en Angleterre sous la houlette du très pincé Laurence Olivier. L’occasion pour le réalisateur de nous amuser du choc des cultures entre le professionnalisme guindé de l’establishment cinématographique anglais et le capricieux star system américain ne jurant que par la « method » chère à l’Actors Studio. Dans l’écrin d’une mise en scène discrète mais élégante, l’expérience se révèle même savoureuse. Las, quand la trame sentimentale re

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Melting pot

ARTS | Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. (...)

François Cau | Vendredi 9 décembre 2011

Melting pot

Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. Pour participer, un seul critère : avoir un lien avec la région Rhône-Alpes. Résultat : il y en a pour tous les goûts. Il est à noter que cette cinquième édition, plutôt chargée, fait la part belle aux installations et à l’interactivité. Dans ce vaste catalogue d’œuvres, certaines ont plus particulièrement attiré notre attention. C’est le cas des Candidatures spontanées de Pierre Buttin, qui a détourné le règlement du concours en se servant du formulaire d’inscription comme support artistique afin de confectionner un calendrier de l’Avent. On ne ratera pas non plus Migrant de Cyrille André pour sa folie des grandeurs et sa poésie : la gigantesque sculpture d’un homme à l’abandon s’envole, emportée par des ballons en polystyrène. Li Li, quant à elle, tente les gourmands, mais attention, pas de grignotage sans effort : il faudra grimper à l’échelle pour manger des bretzels. Et enfin, même si on n’a pas tout compris, on a quand même remarqué la persévérance de Maria Landgraf qui tous les jeudis après-midis obéi

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Le Discours d’un Roi

ECRANS | La razzia effectuée par Le Discours d’un Roi sur les nominations aux Oscars n’a rien d’étonnant ; le film semble calibré pour séduire l’Académie, répondant au (...)

François Cau | Mercredi 26 janvier 2011

Le Discours d’un Roi

La razzia effectuée par Le Discours d’un Roi sur les nominations aux Oscars n’a rien d’étonnant ; le film semble calibré pour séduire l’Académie, répondant au cahier des charges du cinéma historico-culturel. Il y a un sujet, véridique — l’accession, contrainte et forcée, au trône de Grande-Bretagne du Roi Georges VI et ses déboires oratoires liés à un bégayement intempestif ; des numéros d’acteurs au cabotinage gênant — on a vu Colin Firth meilleur qu’ici, même s’il en fait moins que Bonham Carter en précieuse ridicule. Et il y a une forme, emphatique et arty, un surfilmage constant fait de décadrages voyants et de courtes focales sur des décors sans profondeur, qui donne parfois l’impression de regarder autant les tapisseries que les acteurs. Le film hurle si fort sa subtilité qu’il en devient lourd, notamment dans des dialogues qui ne ratent jamais l’occasion de récapituler avec des grandes sentences théâtrales le propos et les états d’âme des personnages. Les séquences de rééducation sont censées fournir un contrepoint comique à cette grandiloquence ; mais voir le futur Roi éructer tel un malade de la Tourette des «fuck» et des «shit» est amusant une fois, pas dix. On regrett

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