"The Neon Demon" : beauté fatale

ECRANS | Retour en grâce pour Nicolas Winding Refn alias NRW (puisque c’est ainsi qu’il sigle son nom au générique) avec un conte initiatique : celui d’une gamine partant à la conquête du monde de la mode. Le récit d’une ambition dévorante et dévorée, à la superbe… superbe.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Comme une promesse, ou une métaphore de cette foire aux vanités qu'est l'industrie de la mode, la première séquence de The Neon Demon offre un condensé glaçant de sang, de flashs et de voyeurisme. Mais on aurait tort de se fier à ce que l'on a sous les yeux : derrière la splendeur et la perfection sans défaut de l'image ; derrière les surfaces lisses et les miroirs, tout est factice. La beauté pure n'existe pas, et lorsqu'elle surgit sous les traits de Jesse, elle est perçue comme une anomalie, une monstruosité dans cet empire des apparences et de l'illusion. Un élément discordant qui va se corrompre en pervertissant son entourage – la pomme cause-t-elle le ver, ou bien le ver détruit-il la pomme ; toujours est-il que la réunion des deux gâte l'ensemble.

Aux antipodes de la superficialité clinquante de l'ère des supermodels et de sa foule de mondains papillonnant dans la lumière déjà croquée par Altman dans Prêt-à-porter (1994), Nicolas Winding Refn signe une œuvre nocturne, intérieure et solitaire. Lorsqu'il filme Jesse en train de défiler, il capte l'accomplissement d'une transfiguration – la jeune femme prenant progressivement conscience de son image, donc son pouvoir d'attraction, y compris sur elle-même.

Film sur des vampires se nourrissant symboliquement de la beauté (créateurs de mode, photographes, consommateurs de papier glacé…), The Neon Demon est en soi un film-vampire puisque l'esthétique ultra léchée de Refn depuis Drive semble épouser, refléter et se nourrir des couleurs saturées ou contrastées prodiguées par la publicité. Sa palette vise à érotiser l'image, à faire de chaque photogramme un objet composé achevé – et surtout un objet de désir. Difficile de ne pas succomber à sa venimeuse séduction.

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (É.-U., 1h57) avec Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote…


The Neon Demon

De Nicolas Winding Refn (ÉU, 1h57) avec Elle Fanning, Jena Malone... Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2016.Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.
Cinéma Comœdia 13 avenue Berthelot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Relic" : entre les murs

Cinéma | ★★★☆☆ De Natalie Erika James (É.-U.-Aust., int.-12 ans, 1h29) avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote… En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Leur mère et grand-mère respective Edna ayant disparu, Kay et Sam se rendent dans la demeure familiale. Peu après le retour de l’aïeule, d’étranges phénomènes se produisent, comme si une présence invisible et menaçante s’était insinuée dans la maison. Ou le trio féminin… Le propre (et la qualité) de ce film est l’absence d’explication rationnelle dans son dénouement : plus on avance dans ce quasi huis clos, plus abstrait et métaphorique devient le récit où les héroïnes semblent frappées par une damnation familiale. Un mal diffus, lié à l’âge, à l’hérédité ; à un trauma vaguement effacé et qui s’incarne pour ressurgir dans la maison ancestrale (quelque part entre Amityville et l’excellent épisode des Mystères de l’Ouest, La Nuit de la maison hantée). Natalie Erika James crée une atmosphère malaisante polysémique, évoquant autant la déréliction, la sénilité que l’accompagnement dans la mort. Ajoutons, tant qu’il y aura encore besoin de le signaler, l’exception que constitue ce film très majoritairement féminin devant et derrière la caméra. Une rareté notable, surtout dans le cinéma de genre.

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"Un jour de pluie à New York" : Grosse Pomme à l’eau signée Woody Allen

ECRANS | De Woody Allen (É.-U., 1h32) avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Kelly Rohrbach…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Ashleigh (Elle Fanning) a obtenu d’interviewer un réalisateur arty pour le journal de sa fac… à condition d’aller à Manhattan. Bonne nouvelle pour son petit copain Gatsby (Timothée Chalamet), qui leur organise un week-end en amoureux dans son New York chéri. Sur place hélas, rien ne se déroulera comme prévu… Cette histoire d'un couple qui se remet en question à l’issue d’une nuit marquée par les tentations sentimentales erratiques de l’un des des deux partenaires dans un New York à la fois mondain et irréel, ça a un petit air de Eyes Wide Shut donc d’une relecture de La Nouvelle rêvée de de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler dont Stanley Kubrick s’était inspirée, accommodée à la sauce Allen. Mais Woody ayant déjà encensé son bien-aimé Manhattan dans toutes les hauteurs ne parvient plus à en offrir un regard qui ne soit à la limite de l’auto-citation, voire de l’auto-parodie. Et si l’on doit admettre de ne frayer ici (une fois encore) qu’avec des démocrates érudits ayant des névroses de couple et résidant autour d’un Central Park réchauffé par les couleurs l’automne, faut-il en plus supporter des dialogu

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"Teen Spirit" : aux chants, élisez !

ECRANS | De Max Minghella (ÉU, 1h32) avec Elle Fanning, Rebecca Hall, Elizabeth Berrington…

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

Issue d’une famille immigrée polonaise vivant dans l’austérité et la foi sur une petite île britannique, la talentueuse Violet rêve de devenir chanteuse. Quand l’émission Teen Spirit organise des auditions près de chez elle, elle tente sa chance, escortée par un coach atypique… Bien qu’elle semble toute de probité candide et de lin blanc vêtue, la diaphane Elle Fanning doit posséder un je-ne-sais-quoi dans sa longiligne silhouette la désignant comme l’interprète idéale d’une ambition dévorante, mais inconsciente. Modèle à l’éclosion diaboliquement faramineuse pour Nicolas Winding Refn (The Neon Demon en 2016), elle mue ici d’oie blanche en popstar en étant propulsée au milieu d'une scintillante foire aux vanités fluo à la demande de l'acteur Max Minghella, qui signe ici son premier long-métrage. Si sa très crédible transfiguration constitue l’un des atouts du film, celui-ci ne se repose pas sur les talents de son interprète (dans tous les sens du terme). Version acidulée de A Star is born à l’heure des télé-crochets, Teen Spirit reprend la trame de la rédemption du vieux mentor en

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"Galveston" : en v’là du noir, en v’là par Mélanie Laurent

ECRANS | de Mélanie Laurent (ÉU, 1h31) avec Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Crachant ses poumons, Roy s’imagine condamné par la maladie. En attendant, le caïd de la Nouvelle-Orléans dont il est l’homme de main cherche à le descendre. Alors Roy s’enfuit avec la jeune Rocky, une de ses prostituées et des papiers sensibles. Commence une cavale nerveuse… Au crédit de Mélanie Laurent réalisatrice, il faut tout d’abord placer son choix courageux de ne pas avoir engagé la comédienne Mélanie Laurent – et pourtant, elle aurait pu aisément caler un second rôle à l’accent franchie dans ce décor louisianais. L’ambiance poisseuse d’un motel dépeuplé, l’anti-héros lessivé par son absence de perspective et défiguré par les bourre-pifs, la femme fatale pour laquelle il est prêt à se sacrifier… On peut cocher un à un les items du film noirs, le contrat est globalement respecté et la réalisatrice s’en tirerait honnêtement s’il n’y avait cette aberrante scène où le personnage d’Elle Fanning se croit obligé d’avouer avec force détails ses traumatismes d’enfance (façon Chinatown) que tout un chacun a déduits des silences et des regards échangés lors des séquences précédentes. Ce besoin de passer par la case "grandes eaux" tradui

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"How to Talk to Girls at Parties" : retour en demi-teinte pour John Cameron Mitchell

ECRANS | De John Cameron Mitchell (GB, 1h42) avec Elle Fanning, Alex Sharp, Nicole Kidman...

Damien Grimbert | Mardi 19 juin 2018

Par le biais de ses deux premiers films (Hedwig and the Angry Inch en 2001 et, surtout, Shortbus en 2006), John Cameron Mitchell s’est d’emblée distingué comme un réalisateur singulier, porté par une approche aussi iconoclaste que généreuse des questions de genre. Après un long hiatus (Rabbit Hole, son dernier long-métrage, remonte à 2010), le voici de retour avec l’adaptation d’une nouvelle du célèbre auteur de fantasy britannique Neil Gaiman (Sandman, American Gods) portée par un casting prestigieux (Elle Fanning, Nicole Kidman…), mais dont la modestie d’ambition réduit malheureusement l’attrait. Histoire d’amour touchante entre un jeune ado punk révolté et une extraterrestre de passage sur terre au sein d’une colonie régie par des règles hautement absurdes, How to Talk to Girls at Parties évolue en permanence sur le fil entre un script se prêtant volontiers à l’humour distancié et une foi sans limite dans son histoire d’amour improbable. D’où un résultat sympathique, généreux mais fatalement un peu bancal, qui peine à marquer durablement les mémoires.

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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

ECRANS | de Angela Robinson (ÉU, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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PB d'or 2016 : cinéma

C'était 2016... | Il a suffi d’un rapide sondage au sein de la rédaction pour retenir, parmi les centaines de longs-métrages sortis en 2016, une dérisoire poignée de favoris.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : cinéma

Le PB d'or du film de l'année : Ma vie de Courgette Ils sont quatre à avoir suscité un enthousiasme partagé au PB et à avoir triomphé de l’épreuve du temps – les autres films se fondant dans un indistinct profond, des bobines "à oublier" (le destin ordinaire de toute franchise comique ou d’action parvenant au numéro 3) aux "sans plus" (les bons films, sans plus), en passant par les "bof", le si large ventre mou de la production mondiale. On ne s’étonnera pas de la surreprésentation de films sortis depuis la rentrée de septembre dans notre quatuor final : passée cette gare de triage pour le cinéma d’auteur qu’est le Festival de Cannes, le second semestre regorge de pépites... Pas de podium donc, mais trois films pailletés d’or, plus un davantage doré que les autres ; quatre approches complémentaires du cinéma. En juin, avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn a rappellé comme Gaspar Noé que le 7e art peut (doit) être un langage artistique à part, et qu’il convient d’en explorer ses

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Qui es-tu Nicolas Winding Refn?

ECRANS | Petite bio du réalisateur de "The Neon Demon", en salle ce mercredi 8 juin.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Qui es-tu Nicolas Winding Refn?

1970 : Naissance le 29 septembre à Copenhague. Son nom composé le prédestine au cinéma : son père Anders Refn est monteur et sa mère Vibeke Winding photographe. 1978 : Suit sa mère aux États-Unis où il étudie à l’American Academy of Dramatic Arts (New York). 1996 : Pusher, son premier long métrage, révèle Mads Mikkelsen, qui sera tête d’affiche de Pusher 2 (2004). 2009 : Après Pusher 3 (2005), il signe un biopic aussi brillant qui violent sur un prisonnier britannique rebelle, Bronson, qui révèle Tom Hardy au grand public. 2011 : Drive lui vaut sa première sélection en compétition au Festival de Cannes et un Prix de la Mise en scène. Ryan Gosling y perd définitivement son étiquette Disney et Kavinsky y gagne une notoriété mondiale

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Nicolas Winding Refn : «Un film divertissant, glamour et vulgaire»

ECRANS | Revenu bredouille de Cannes, "The Neon Demon" avait pourtant tout pour plaire à George Miller, puisque c’est un film d’horreur adolescent. Explications par ce pince-sans-rire élégant qu’est Nicolas Winding Refn, à qui l'on doit également "Drive", "Only God Forgives" ou encore "Pusher".

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Nicolas Winding Refn : «Un film divertissant, glamour et vulgaire»

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le milieu de la mode – The Neon Demon suit les traces d’une jeune fille débarquant à Los Angeles pour devenir mannequin ? Nicolas Winding Refn : En fait, je ne l'ai pas choisi, je voulais faire un film sur la beauté. Parce que tout le monde a un avis sur cette notion de beauté : soit pour la considérer comme étant dépourvue d’intérêt, soit comme étant une valeur absolue. Même si elle apparaît largement dans de nombreuses facettes de notre vie, c’est évidemment dans l'univers de la mode qu’elle est la plus célébrée. Nous vivons dans un monde totalement obnubilé par la beauté, où elle est devenue une obsession artistique et générale. Cette "monnaie" n’a jamais été dévaluée, mais sa durée de vie devient de plus en plus éphémère et se récolte de plus en plus jeune. The Neon Demon n’est-il pas plus particulièrement un film sur l’intoxication par la beauté –​ ce qui, au passage, vous a fait encourir un risque de surdose en dirigean

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Only god forgives

ECRANS | Nicolas Winding Refn rate le virage post-"Drive" avec ce film vaniteux qui ressemble à l’œuvre d’un chef décorateur surdoué cherchant sans y parvenir quelque chose à raconter. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 mai 2013

Only god forgives

Quant on avait découvert Drive, Nicolas Winding Refn n’était plus un inconnu : la trilogie Pusher et le génial Bronson avaient déjà montré l’étendue de son talent et de ses ambitions. Si surprise il y avait, c’était celle d’un cinéaste qui synthétisait dans une forme pop et romantique un creuset d’influences et de codes qu’il arrivait à régénérer. Avec Only god forgives, Winding Refn tombe dans son propre maniérisme et ce qui hier relevait du plaisir se transforme ici en effort désespéré pour faire autre chose que de l’imagerie pure et simple. L’argument, en soi, n’est pas plus original que celui de Drive : en Thaïlande, deux frères vivotent entre matchs de boxe et trafics de drogue. Le plus âgé, dans un coup de folie, tue une prostituée, avant d’être à son tour massacré par le père éploré, poussé dans son geste par un flic sadi

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Twixt

ECRANS | De Francis Ford Coppola (EU, 1h29) avec Val Kilmer, Elle Fanning, Bruce Dern...

François Cau | Vendredi 6 avril 2012

Twixt

Adoptant l'adage bressonien voulant que le public ne sache pas ce qu'il veut, Francis Ford Coppola ne se soucie plus de plaire, il est libre. L'Homme sans âge et Tetro annonçaient cette nouvelle condition surgissant comme un long processus de maturation dans sa carrière. Twixt lui ouvre une nouvelle voie, plus escarpée, plus radicale, qu'il faut atteindre avec la même exigence folle que son auteur. On ne trouvera pas chez lui d'objet plus vertigineux que cet épisode des Contes de la crypte tourné comme un film d'avant-garde rétro futuriste. Chef-d' œuvre total aux allures de série B hybride, Twixt dresse une grande ligne verticale dans la filmographie de Coppola. Pour en sortir un méta-film onirique flottant sur les terres détournées de Stephen King ; un voyage mélancolique où le spectre d'Edgar Allan Poe guide Val Kilmer, écrivain sur le déclin, dans les limbes rêvées où gît le deuil de sa fille. Les grands motifs de l'auteur se mélangent : le temps, détraqué et ici gigogne, emboîte les images et son personnage dans un dédale dément de fondus enchainés. Des vampires aux airs de Rusty James traversent à moto des plan

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D’où viens-tu, Nicolas Winding Refn ?

ECRANS | Filmographie / Non seulement il y a eu une vie avant Drive pour le réalisateur danois, mais elle fut riche en uppercuts cinématographiques. François Cau

François Cau | Mercredi 28 septembre 2011

D’où viens-tu, Nicolas Winding Refn ?

Pusher (1996)La descente aux enfers d’un dealer accumulant les mauvais coups du sort. Un premier film sec comme un coup de trique, qui bringuebale son spectateur entre une esthétique cousine du Mean Streets de Scorsese et des dialogues à la Tarantino. Le réalisateur, caméra à l’épaule, y teste quelques-uns de ses gimmicks de mise en scène (présentation iconique des personnages, travail sur la texture sonore, éclairages fluos stridents dans la dernière partie…). Bleeder (1999)Winding Refn reprend le casting de Pusher pour cette variation en mode mineur, dont le décor principal (un vidéoclub) lui permet de citer tous ses cinéastes préférés dans une amusante scène d’intro en forme de grand déballage. Scandé par des fondus filtrés en rouge, le film exprime de façon crue les doutes existentiels de son auteur, comme son besoin viscéral de faire du cinéma. Le tout d’une manière encore plus désespérée que Pusher, en une catharsis hardcore de ses trouilles d’homme, de mari, de futur père. Inside job (2003)Un vigile (John Turturro, incroyable) enquête sur le meurtre “accidentel“ de son épouse lors d’une f

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Drive

ECRANS | Déjà remarqué avec la trilogie Pusher et le brillant Bronson, Nicolas Winding Refn s’empare d’un polar de série B trouvé par son acteur Ryan Gosling et le transforme en magnifique geste de mise en scène, jouissif d’un bout à l’autre, remettant au goût du jour les élans pop du cinéma des années 80. Christophe Chabert

François Cau | Mercredi 28 septembre 2011

Drive

Dix minutes chrono. Il suffit de dix minutes pour que Nicolas Winding Refn fasse battre notre pouls au rythme de son nouveau film. Dix minutes chrono, c’est le temps (réel) que met un mystérieux chauffeur sans nom (Ryan Gosling) pour conduire une poignée de voyous masqués et les aider à accomplir un casse parfait, sans accroc ni violence. La méticulosité du personnage, sa science de la route, des distances, du temps qu’il faut à une voiture de police pour arriver sur les lieux du crime, fusionne avec celle du cinéaste, expert en fluidité cinématographique qui se paye le luxe de souligner son art en laissant bourdonner un beat techno métronomique et hypnotique sur la bande-son, au diapason de son découpage et de son montage. Au terme de cette introduction étourdissante, on a redécouvert le sens du mot virtuosité, ce bonheur de se laisser absorber dans un spectacle jouissif. Sexy beast À vrai dire, on ne se hasardera pas à louer les qualités scénaristiques de Drive. On peut même dire que le script n’a rien de renversant, et qu’entre de mauvaises mains, il aurait pu donner une série B anodine qui aurait fini

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Cannes jour 10 : Bonne conduite

ECRANS | Drive de Nicolas Winding Refn. This must be the place de Paolo Sorrentino.

François Cau | Samedi 21 mai 2011

Cannes jour 10 : Bonne conduite

Dans la dernière ligne droite du festival, celle où l’on risque à tout instant la sortie de route, les organisateurs de ce Cannes 2011 ont eu la bonne idée de programmer un film qui s’appelle Drive. C'est logique et bienvenu, car le nouveau Nicolas Winding Refn, qu'on l'aime ou pas, a fait l'effet d'un shoot de red bull sur les festivaliers. Le cinéaste danois avait tenté une première fois l'aventure hollywoodienne avec Inside job (rien à voir avec le docu coup de poing sorti l'an dernier), dont l'échec public et critique l'ont renvoyé direct et la rage au cœur vers son pays natal. Depuis, entre la fin de sa trilogie Pusher, l'incroyable Bronson et le très personnel Valhalla Rising, Winding Refn est devenu un des cinéastes qui compte dans le paysage mondial. Mais Drive n'a rien d'un film personnel, c'est une commande ouvertement commerciale qu'il a reprise au pied levé et sur laquelle il a pu déverser sa cinéphilie et son incontestable talent de metteur en scène. On y suit un cascadeur de cinéma qui, la nuit tombée, devient chauffeur pour des hold-ups millimétrés. Un super-héros à l'envers, particulièrement taciturne et insondable, qui derrière sa voix douce et son blouson élimé ca

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