Gilles Paris : « J'aime que d'autres s'accaparent mon univers »

ECRANS | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman "Autobiographie d’une courgette" de Gilles Paris est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Photo : David Inaszewski/Koboy


C'est la seconde fois que votre roman est "adopté" (plus qu'adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles, du point de vue de l'auteur ? Assistez-vous de loin aux envols de ces Icare (Courgette est le surnom d'un enfant nommé Icare) ?

Gilles Paris : Oui à la fois de loin – je laisse aux professionnels le soin d'adapter ce roman librement – et à la fois de près car je suis à la trace ce qu'ils font et je m'en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J'aime que d'autres s'accaparent mon univers pour y insérer le leur.

Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l'animation, atténuent-ils la crudité du sujet ?

La mort de la mère, par exemple, était difficile à traiter à l'image, ce que je comprends bien. C'est beaucoup plus "acceptable" dès le début du film, ce qui, en effet, ne l'a pas empêché d'être fidèle à l'esprit du roman, à sa poésie et à ce fond social qui rapproche ces enfants.

Depuis sa parution en 2002, votre roman a été lu par des milliers d'adolescents et étudié par de très nombreux collégiens. A-t-il eu des résonances particulières chez certains d'entre eux ; vous ont-ils fait part de leurs émotions de lecteurs ?

Oui, bien sûr, dans les salons et librairies ou lors de rencontres avec les écoles, je partage avec eux cette émotion rare de lecture. Il y a chez les collégiens un naturel qui me désarme, ils voient vraiment le monde différemment, ils sont plus ancrés dans la réalité que moi !

Autobiographie d'une courgette
de Gilles Paris, éditions Plon et J'ai Lu


Ma vie de courgette

De Claude Barras (Sui-Fr, 1h06) animation Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.
Le Méliès 28 allée Henri Frenay Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

Continuer à lire

Ensemble, c’est tout (animé) !

Festival / Du mercredi 22 février au samedi 4 mars | Soufflant cette année ses cinq bougies, Voir Ensemble, l’excellent festival jeune public organisé par le cinéma le Méliès, s'est construit une solide réputation d'oasis poétique et éducative pour toute la famille. Le programmateur Marco Gentil nous présente son (déjà grand) "bébé".

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Ensemble, c’est tout (animé) !

Concevoir, rassembler, unir, découvrir, transmettre… Tels sont les termes qui reviennent le plus dans la bouche de Marco Gentil, le programmateur de Voir Ensemble, pour définir ce festival organisé par le cinéma le Méliès depuis 2013. Tout est parti d’une ambition assumée : transformer Les Rencontres cinématographiques en un “vrai” festival, intégrant une compétition et des films inédits. « L’idée première, la notion centrale, c’était “se voir ensemble” ; grâce à cette spécificité de la salle de cinéma qui permet de découvrir des films avec d’autres spectateurs et de partager des émotions. » Un projet en résonance avec la ligne éditoriale du Méliès – lequel fait partie de La Ligue de l’Enseignement de l’Isère et propose tout au long de l’année moult rendez-vous autour de l’éducation à l’image. Pour les petits et l’écran L’avénement de Voir Ensemble s’inscrit dans un contexte actuel des plus favorables pour le cinéma d’animation. Longtemps ghettoïsé, ce dernier séduit aujourd’hui séduit un public grandissant grâce à son inépuisable capacité d’émerveillement et d’intelligence : le succès dans les salles (pl

Continuer à lire

PB d'or 2016 : cinéma

C'était 2016... | Il a suffi d’un rapide sondage au sein de la rédaction pour retenir, parmi les centaines de longs-métrages sortis en 2016, une dérisoire poignée de favoris.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : cinéma

Le PB d'or du film de l'année : Ma vie de Courgette Ils sont quatre à avoir suscité un enthousiasme partagé au PB et à avoir triomphé de l’épreuve du temps – les autres films se fondant dans un indistinct profond, des bobines "à oublier" (le destin ordinaire de toute franchise comique ou d’action parvenant au numéro 3) aux "sans plus" (les bons films, sans plus), en passant par les "bof", le si large ventre mou de la production mondiale. On ne s’étonnera pas de la surreprésentation de films sortis depuis la rentrée de septembre dans notre quatuor final : passée cette gare de triage pour le cinéma d’auteur qu’est le Festival de Cannes, le second semestre regorge de pépites... Pas de podium donc, mais trois films pailletés d’or, plus un davantage doré que les autres ; quatre approches complémentaires du cinéma. En juin, avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn a rappellé comme Gaspar Noé que le 7e art peut (doit) être un langage artistique à part, et qu’il convient d’en explorer ses

Continuer à lire

"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

cinéma | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, le réalisateur Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt pourtant avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; et un véritable un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Lundi 17 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre qu'est Ma vie de courgette ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Le film d'animation est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Louis Aragon en d’autres circonstances : ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentales, des maltraitances enfantines, d’énurésie (le pipi au lit), d’éveil à l’amour et à la sexualité… Un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, donc, attaquées de front, sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés

Continuer à lire

Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

ECRANS | Un "Harry Potter", un "Star Wars", un Marvel, un Loach Palme d’or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie, mais bel et bien face à la rentrée cinéma 2016. Une rentrée qui nous promet tout de même quelques belles surprises, plus ou moins tapies dans l'ombre. Tour d'horizon.

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur – exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Dans cette catégorie, les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter, et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Mystère... Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange – un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire à des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espérer un sou

Continuer à lire