"La Communauté" : ensemble tout devient possible, non ?

ECRANS | Le Danois Thomas Vinterberg, réalisateur du célèbre "Festen", renoue avec son thème de prédilection (l’étude des dynamiques de groupes en vase clos) en exhumant des souvenirs de sa propre enfance au sein d’une communauté. Chroniques sans filtre d’un passé pour lui révolu.

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Les années 1970, au Danemark. Plutôt que de revendre la vaste demeure familiale qu'ils ont héritée, Erik, Anna et leur fille Freja la transforment en une communauté ouverte à une poignée d'amis ainsi qu'à quelques inconnus démocratiquement sélectionnés. Le concept est splendide, mais l'idéal se heurte vite aux murs de la réalité…

À l'inverse de Festen (1998), film adapté en pièce de théâtre, La Communauté fut d'abord un matériau créé pour les planches à Vienne avant d'être transposé pour l'écran. Pourtant, et bien que le sujet s'y prête, Thomas Vinterberg ne se laisse jamais enfermer par le dispositif du huis clos. Prétexte de l'histoire, ce foyer partagé ne fusionne pas les personnages en une masse compacte façon "auberge espagnole" à la sauce nordique : il aurait plutôt tendance à les individualiser, à diffracter leurs trajectoires.

À sa manière, la communauté agit en effet comme un accélérateur sur ces particules élémentaires que sont les individus, provoquant collisions et (ré)percussions, mais également des créations d'"espèces chimiques" inconnues – en l'occurrence, des situations inenvisageables auparavant… pour le meilleur comme le pire.

Fission (de la famille) nucléaire

Initiatrice enthousiaste de cette expérience collective, Anna va ainsi connaître un parcours douloureux à la Gena Rowlands dans les œuvres de Cassavetes (influence revendiquée par Vinterberg), tandis que son Erik d'époux entamera une nouvelle existence et que leur adolescente vivra ses premiers émois hors du nid dans les bras d'un jeune voisin – cela au milieu d'un enchevêtrement d'intrigues partagées. Créer une communauté, c'est parfois ouvrir la porte à toutes les fenêtres !

Témoin d'un passé bien évanoui, identifié non seulement par des marqueurs temporels évidents (couleurs ambiantes beigeasses, mode vestimentaires...), ainsi que par des pratiques désormais interdites (surconsommation de tabac ou d'alcool, désinhibition naturelle des personnages), La Communauté lorgne également vers l'esthétique de cette époque avec ses lumières un peu graisseuses. En dépit des tensions et des douleurs inévitables qu'il raconte, il s'agit du film de groupe le plus apaisé de Vinterberg ; comme si le réalisateur n'avait pu s'empêcher en le faisant d'être gagné par une bouffée de nostalgie résiduelle. Elle est contagieuse.

La Communauté
de Thomas Vinterberg (Dan.-P.-B-Sué., int.-12 ans, 1h51) avec Trine Dyrholm, Ulrich Thomsen, Helene Reingaard Neumann…


La Communauté

De Thomas Vinterberg (Dan., 1h51) avec Trine Dyrholm, Ulrich Thomsen... Dans les années 1970, au Danemark, Erik, professeur d'architecture, et Anna, journaliste à la télévision, s'installent avec leur fille de 14 ans, Freja, dans une villa d'un quartier huppé de Copenhague où ils décident de tenter l'expérience de la communauté. Ils y invitent donc des amis mais aussi de nouvelles connaissances à partager là une vie en collectivité où toutes les règles, toutes les décisions sont prises de manière collégiale et soumises à un vote. Si leur communauté favorise l'amitié, l'amour et l'intimité du groupe, une liaison amoureuse entre Erik et l'une de ses étudiantes va venir perturber la vie de tous...
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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" Drunk" : qui abuse, boira…

Cinéma | Boire / Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau "pilier culturel" scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/L pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente, et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa "bonne humeur" éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; plutôt le regard bienveillant, amusé voire nost

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"Kursk" : sous l'eau, personne ne vous entendra crier...

ECRANS | de Thomas Vinterberg (Bel-Lux, 1h57) avec Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Août 2000. Victime d’une avarie grave, le sous-marin nucléaire russe Kursk gît par le fond en mer de Barents avec quelques survivants en sursis. Les tentatives de sauvetage par la flotte nationale ayant échoué, la Royal Navy britannique propose son aide. Mais Moscou, vexé, fait la sourde oreille… On avait quitté Thomas Vinterberg évoquant ses souvenirs d’enfance dans La Communauté (2017), récit fourmillant de personnages centré sur une maison agrégeant une famille très élargie. Le réalisateur danois persiste d’une certaine manière dans le huis clos avec cette tragédie héroïque en usant à bon escient des "armes" que le langage cinématographique lui octroie. Sobrement efficace (l’excès en la matière eût été obscène), cette superproduction internationale (Matthias Schoenaerts, Colin Firth, Léa Seydoux...) travaille avec une enviable finesse les formats d’image pour modifier le rapport hauteur/largeur et ainsi renforcer l’impression d’enfermement, comme elle dilate le temps ou le son dans les instants

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Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

ECRANS | Quels sont les cinéastes et, surtout, les films à ne pas louper avant la fin de l'année ? Réponses en presque vingt coups – dix-neuf pour être précis.

La rédaction | Mardi 4 septembre 2018

Rentrée cinéma 2018 : et voici les films qui feront les prochains mois

Les Frères Sisters de Jacques Audiard Sortie le 19 septembre Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix (à l’œil puant le vice et la perversité), ce néo-western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Climax de Gaspar Noé Sortie le 19 septembre Une chorégraphe a réuni une équipe internationale de danseurs pour son nouveau projet qu’elle achève de répéter dans une salle isolée. Après un ultime filage, la troupe s’octroie un réveillon festif sur la piste, s’enivrant de musique et de sangria. Mais après quelques verres, les convives se mettent à vriller sérieusement. Qu’y avait-il donc dans cette satanée sangria ? Noé compose un cocktail de survival et de transe écarlate à déguster séance hurlante.

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"Festen" : une famille pas si formidable

Théâtre | Critique enthousiaste du spectacle que le metteur en scène Cyril Teste proposera à la MC2 du mardi 23 au samedi 27 janvier.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Festen est un de ces spectacles qui ont une immédiateté évidente, démontrant s'il le fallait encore que le théâtre contemporain n'est pas qu'un truc forcément prise de tête et/ou ennuyeux auquel on ne comprend pas grand-chose. Mais plutôt un art qui peut prendre aux tripes lorsque, par exemple, les artisans qui le conçoivent portent sur le plateau de grands récits à multiples entrées – ici un huis clos familial dans lequel un fils, sorte de Hamlet moderne (la référence est clairement affichée par le metteur en scène Cyril Teste), va révéler au cours d’un dîner les terribles agissements passés du père et démontrer l’hypocrisie d'une société bourgeoise souhaitant à tout prix se donner une image respectable, même si cela doit passer par une hypocrisie mortifère. Une immédiateté qui vient aussi du matériau adapté (un film – celui du Danois Thomas Vinterberg, Prix du jury à Cannes en 1998) et de la façon qu’a Cyril Teste de concevoir une mise en scène mod

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Cyril Teste : « Faire en sorte que le théâtre reste en permanence au présent »

Théâtre | En adaptant le fameux film "Festen" (1998) du Danois Thomas Vinterberg sur un repas de famille qui va révéler les terribles agissements du père, le metteur en scène Cyril Teste livre un spectacle intense et captivant. Et emmène le théâtre dans des contrées cinématographiques avec cette « performance filmique » dans laquelle le récit se suit aussi bien sur le plateau que sur grand écran, via des images tournées en direct. On en parle avec lui.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Cyril Teste : « Faire en sorte que le théâtre reste en permanence au présent »

Pourquoi avoir décidé de porter un film sur scène, et ce film en particulier ? Cyril Teste : Tout simplement parce que Festen est un chef-d’œuvre du cinéma, un film qui fait partie d’une des dernières Nouvelles vagues en Europe : le Dogme [mouvement lancé en 1995 par plusieurs réalisateurs danois sous l'impulsion de Lars von Trier et de Thomas Vinterberg – NDLR]. C’est une œuvre artistique forte, qui contient des propos forts : Thomas Vinterberg va se servir du thème de l’inceste, ce tabou inavouable, pour faire entendre cette vérité enfouie comme d’autres : le racisme – 1998, l’année de sa sortie, correspond à la montée du nationalisme au Danemark –, la maltraitance faite aux femmes, la question du mépris entre classes sociales… Dans Festen, on est face à une cartographie d’une société qui est pleinement la nôtre. Car il y a vingt ans, Thomas Vinterberg avait déjà senti que de mauvaises bases avaient été posées et venait en rendre compte. C’est donc un film qui raconte la fin d’un monde, ce qui n’est pas la fin du monde, mais un endroit où il est possible d’assister à la chute de quelque chose tout

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Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Noël | Noël approchant à grands pas, voici notre traditionnelle sélection de cadeaux immatériels. Soit des concerts et des spectacles dont il reste des places (on s’en est assuré) et qui, lors du déballage des paquets, vous placeront pour sûr du côté de celles et ceux qui refusent ce monde matérialiste-capitaliste et qui préfèrent offrir des émotions vivantes – même si bon, une tablette, ça peut toujours faire plaisir.

La rédaction | Mardi 5 décembre 2017

Notre sélection de places de spectacle et de concert à mettre sous le sapin

Pour les cinéphiles qui n’ont rien contre aller de temps en temps au théâtre Créé cet automne, le spectacle Festen de Cyril Teste est l'une des claques théâtrales de l'année, justement parce que c'est plus que du théâtre. Qualifié de « performance filmique » par son metteur en scène, c'est l'adaptation sur le plateau du fameux film Festen de Thomas Vinterberg sorti en 1998 sur une réunion de famille qui part en vrille du fait de la révélation d’actes terribles commis par le père il y a des années. Un récit anxiogène à l'écran, qui se déploie sur scène dans une scénographique immense… et sur un écran retransmettant des images tournées en direct, notamment derrière le décor. Remarquable. Festen À la MC2 du mardi 23 au samedi 27 janvier De 10€ à 25€ Pour celles et ceux que le burlesque n’effraie pas, bien au contraire Le théâtre, ce n'est pas que des spectacles bavards et longs. C'est aussi des propositions sans paroles au potentiel comique incroyable, dans la

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Thomas Vinterberg : « "La Communauté" est mon film le plus personnel »

Interview | Avant de reprendre les repérages de son prochain film, le réalisateur de "La Communauté" revient sur ce projet largement autobiographique ayant pris naissance sur les planches…

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Thomas Vinterberg : «

Votre nouveau film La Communauté doit beaucoup à l’expérience de la scène, et notamment aux comédiens qui ont improvisé le matériau initial en votre compagnie. Peut-on donc considérer qu’il s’agit d’une œuvre collective ? Thomas Vinterberg : Oui, en effet. Bien que tout film soit le résultat d’un travail collectif, et en particulier celui-ci, il s’agit pourtant de mon film le plus personnel. Diriger son épouse actuelle dans un film inspiré par son propre passé, est-ce un moyen d’unifier toutes ses vies dans un objet idéal – un film à la fois symbolique et sentimental ? J’ai engagé mon épouse parce que j’aime la filmer, mais aussi parce que ma manière favorite de travailler est d’écrire pour des acteurs que j’adore et que je connais bien. Durant notre tournage en Suède, en sa compagnie et celle de plusieurs de mes meilleurs amis, la vie est devenue par instants… idéale. C’est l’expérience de travail la plus joyeuse que j’aie jama

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A second chance

ECRANS | De Susanne Bier (Dan, 1h42) avec Nikolaj Coster-Waldau, Maria Bonnevie, Ulrich Thomsen…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

A second chance

Les polars venus du froid ont un je-ne-sais-quoi d’intrigant : l’étrangeté familière que pourrait renvoyer un film américain customisé par un accessoiriste ayant pour seul bréviaire un catalogue de déco suédois. Dommage que la langue (aurait-elle des accents trop germaniques ?) et l’absence de stars identifiées demeurent des obstacles pour le grand public, car il se prive de très honnêtes thrillers. Tel A second chance, qui joue à la fois avec la notion du déterminisme social, de la justice et de l’éthique : un flic peut-il enfreindre la loi pour protéger un enfant ET sauver son couple en même temps ? Si, évidemment, la réponse est négative, le chemin tortueux qu’il va suivre (intérieurement, évidemment : on baigne dans la culture protestante) mérite le détour et des spectateurs. Avant qu’Hollywood n’absorbe l’intrigue et n’en livre son probable remake…

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Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Un Moi(s) de cinéma #6

Au sommaire de ce sixième numéro : • Cannes 2015 : bilan rapide • Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg • Vice Versa de Pete Docter • Une seconde mère d'Anna Muylaert

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Loin de la foule déchaînée

ECRANS | De Thomas Vinterberg (Ang-ÉU, 1h59) avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen…

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Loin de la foule déchaînée

Après La Chasse, où son savoir-faire virait à la manipulation contestable, Thomas Vinterberg continue sa carrière sinueuse avec cette nouvelle adaptation du roman de Thomas Hardy. Au XIXe siècle dans le Dorset anglais, une femme, Batsheba Everdene, va déchaîner les passions des hommes : d’abord celles de Gabriel Oaks, un berger taciturne mais droit, puis de William Boldwood, un propriétaire terrien psychologiquement fragile, et enfin du sergent Troy, un soldat dont elle tombera follement amoureuse. Vinterberg approche cette matière hautement romanesque avec une fidélité scrupuleuse, montrant comment d’une suite de hasards peut surgir une forme de fatalité : la perte d’un cheptel, un héritage imprévu, un mariage raté à cause d’une erreur sur le nom de l’église… Les personnages, malgré ces incessants revirements du destin, gardent tous leur droiture et leurs principes : Batsheba cherche à préserver sa liberté et son indépendance, Oaks se pose en ange gardien dissimulant ses sentiments derrière sa droiture morale, Boldwood ronge son frein sans comprendre pourquoi elle se refus

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La Chasse

ECRANS | La calomnie d’une enfant provoque un déchaînement de violence sur un innocent assistant d’éducation. Comme un contrepoint de son tube "Festen", Thomas Vinterberg montre que la peur de la pédophilie est aussi inquiétante que la pédophilie elle-même, dans un film à thèse qui en a la qualité (efficace) et le défaut (manipulateur). Critique et interview. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

La Chasse

On sort de La Chasse un peu sonné, pris comme le héros dans un engrenage asphyxiant où chaque tentative pour rétablir la vérité l’enfonce dans le désespoir et renforce l’injustice à son encontre. Thomas Vinterberg a de toute évidence réussi son coup : il laisse peu de place à la réflexion durant ces 110 minutes – jusqu’à sa fin "ouverte" narrativement, mais totalement close philosophiquement. Les interrogations viendront après, une fois la distance retrouvée avec un spectacle efficace mais fondamentalement pipé. La Chasse raconte comment Lucas, assistant d’éducation en bisbille avec sa femme pour la garde de son fils, va voir le ciel lui tomber sur la tête après qu’une des petites filles de l’école où il travaille l’ait accusé de « lui avoir montré son zizi ». L’enfant a en fait une réaction d’amoureuse déçue face à un homme qu’elle avait identifié comme un possible père de substitution, lui prodiguant l’affection que son vrai paternel ne lui témoignait plus. La calomnie va prendre des proportions terribles : di

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«Mes films parlent de la fragilité humaine»

ECRANS | Rencontre avec Thomas Vinterberg, réalisateur de "La Chasse". Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 novembre 2012

«Mes films parlent de la fragilité humaine»

Partez-vous toujours d’un sujet pour vos films et, dans le cas de La Chasse, s’agissait-il de la sacralisation de la parole de l’enfant ?Thomas Vinterberg : Mes films viennent d’endroits très variés, mais toujours de quelque chose qui relève de la fragilité humaine. Mon prochain film parlera du rejet d’une femme vieillissante, à cause de sa chair. Festen parlait d’un secret profondément enfoui chez un personnage. Dans La Chasse, j’étais intéressé à la fois par l’enfant et par l’homme en tant que victimes. Il y a entre eux une amitié très forte, presque une histoire d’amour. C’est un très bon couple, tous les deux rejetés par leur famille et c’est pour cela qu’ils se comprennent si bien. Pas sur un plan sexuel, évidemment… Dans le cas de la petite fille, à cause d’un mensonge, tout son monde s’écroule autour d’elle, ce qui est très touchant. Quant à l’histoire de Lucas, elle m’intéresse car il est sacrifié sur l’autel du besoin qu’ont les gens d’incarner leurs peurs à travers un bouc émissaire. Dans les cas réels que j’ai étudiés, le

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Beaucoup d’amour, peu d’érections

ECRANS | Le 65e festival de Cannes arrive déjà à mi-parcours de sa compétition, et celle-ci paraît encore bien faible, avec ce qui s’annonce comme un match retour de 2009 entre Audiard et Haneke et une forte tendance à la représentation du sentiment amoureux. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Lundi 21 mai 2012

Beaucoup d’amour, peu d’érections

Serait-ce la nouvelle loi cannoise ? Pour une année de compétition passionnante, la suivante serait forcément décevante ou mineure. Le cru 2009 était exceptionnel, celui de 2010 fut cauchemardesque ; l’édition 2011 était brillante, celle de 2012 a démarré piano. Tout avait pourtant bien commencé avec un film d’ouverture extraordinaire, Moonrise kingdom de Wes Anderson, et la projection du Audiard, De rouille et d’os. Puis vint le temps des désillusions : par exemple Après la bataille de Yousri Nasrallah, qui se complait dans une forme de soap opéra ultra-dialogué alors qu’il avait manifestement l’envie de retrouver le lustre des grands mélodrames égyptiens. Évoquant la Révolution récente, le cinéaste tombe dans le piège du cinéma à sujet, didactisme balourd que l’intrigue sentimentale ne vient pas alléger, au contraire. Nasrallah veut aborder tous ses enjeux en même temps, mais oublie complètement de les mettre en scène. Catastrophe aussi avec Paradis : Amour d’Ulrich Seidl, où la misanthropie du réalisateur éclate à tous les plans. Fustigeant à la fois les vieilles Autrichiennes qui vont au Kenya pour se payer une tranche de tourisme sexuel e

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Revenge

ECRANS | De Susanne Bier (Dan, 1h53) avec Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm…

François Cau | Vendredi 11 mars 2011

Revenge

Un jeune orphelin de mère entraîne le souffre-douleur de sa classe dans une spirale incontrôlable. Le père de ce dernier, médecin humanitaire, jongle entre une séparation douloureuse, un garagiste crétin qui le provoque et un chef de guerre qui terrorise son campement en Afrique. Susanne Bier, spécialiste danoise du mélodrame hardcore à thèse (Brothers, After the Wedding, Nos souvenirs brûlés), s’attaque ici à l’engrenage de la vengeance, dans un récit complexe et ambitieux, quitte à se tendre quelques pièges au passage – on peut renâcler sur le ton systématiquement plombant d’un film où tout le monde semble rivaliser de dépression, ou sur l’impasse (volontaire) de la sous-intrigue labellisée “choc des civilisations“. On ne peut nier, en revanche (AH AH AH), la puissance cinématographique incroyable que la réalisatrice insuffle à un scénario qui aurait pu se perdre dans son caractère programmatique. Ce souffle artistique transcende complètement le film, à travers sa réalisation, ses cadres et sa photo impeccables, ses acteurs incroyables. D’un scénario / dissertation très Dossier de l’écran dans l’esprit (la violence amène-t-elle la violence ? vous avez deux heures), Bier a tiré un

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