"Le Concours" : Il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr., 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l'Institut des hautes études cinématographiques, la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son), représente l'aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d'avoir formé, entre autres, Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l'entrée est si réputé - 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s - qu'il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d'étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire, que ce soit les cours d'écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016).

Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisqu'on pénètre les coulisses d'une grande institution et qu'on assiste à des délibérations — le tabou absolu de la sélection à la française. Ce film au long cours captivera donc chaque année tous les nouveaux candidats, qui sauront ainsi à quelle sauce les examinateurs, plus bienveillants qu'on imagine, s'apprêtent à les accommoder. En revanche, il risque de perdre en route, faute d'indications basiques (il manque un carton explicatif au début sur les modalités générales), curieux et néophytes. Ce concours particulier n'est pas “un” concours parmi d'autres ; il a ses spécificités. Titrer les intervenant(e)s eût aussi été apprécié ; non pour le plaisir du name dropping, mais pour rappeler que l'école est bien en phase avec le monde professionnel.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"The Last Hillbilly" : chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20) documentaire En salles le 30 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des "derniers bouseux" de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux "white trash" dégénérés (les consanguins de Délivrance, la famille de Cletus dans Les Simpson) ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bone), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

Continuer à lire

"Un pays qui se tient sage" : et dans un triste État…

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de David Dufresne (Fr., 1h26)

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Le comble pour un journaliste-documentariste est de signer un film en phase avec l’actualité. Hélas, serait-on tenté d’ajouter à propos de celui de David Dufresne, édifiant travail d’information et d’analyse sociologique, intellectuelle, historique sur les violences policières (et leurs conséquences) observées et subies par les manifestants français depuis 2017. Coïncidence : cela correspond à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Alors que le nouveau dispositif de sécurité (le "schéma national du maintien de l’ordre") tout juste paru laisse entendre que tous les journalistes et observateurs des manifestations (et donc potentiels témoins d’exactions policières) seront désormais susceptibles d’être interpelés pendant l’exercice de leur métier, en violation de leur imprescriptible droit d’informer, Un pays qui se tient sage tombe à pic. Dufresne a en effet collecté toutes ces images captées durant le mouvement des Gilets jaunes notammen

Continuer à lire

"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

Continuer à lire

"Nous le peuple" : constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | De Claudine Bories et Patrice Chagnard (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issus d’une association de mères de famille en banlieue parisienne. Que naîtra-t-il de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague ministère de la cohésion de la Ville et de la participation participative. Et puis non : l’association agréée d’éducation populaire, Les Lucioles du Doc, à l’initiative de ces ateliers, reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la "chose constitutionnelle" – ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée et, naturellement, des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se fracasser contre

Continuer à lire

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

ECRANS | En parallèle de la Coupe du monde de football féminin est organisé partout en France ce festival de cinéma sous-titré « dribbler la différence ». On s'est penchés sur sa déclinaison grenobloise.

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Patriarcat hors-jeu avec le festival Foot d’Elles

Pour la première fois, les stades français accueillent la Coupe du monde de football féminin (elle a commencé le 7 juin). Et pour l’occasion, le festival Foot d’Elles voit le jour, surprenante alliance entre ballon rond et cinéma. Visant à rappeler à quel point le foot peut agir comme facteur d’insertion sociale et professionnelle pour les femmes, Foot d’Elles parcourt la France entière avec une programmation axée autour de six thématiques allant d’un historique du foot féminin français jusqu’à la déconstruction des représentations sociales en passant par les actions essentielles pour une meilleure parité. Une majorité de documentaires composent la sélection, brossant le portrait d’héroïnes et de héros se battant pour faire évoluer les mentalités. Pour donner un écho à ces projections, une série de débats est prévue, histoire d’approfondir les questions soulevées par les films. Chaque ville-étape bénéficiant d’une sélection différente, la programmation grenobloise comptera six œuvres diffusées dans six lieux différents – des cinémas, des associations ou encore en plein air. Citons notamment Les Filles du stade (mardi 25 juin à

Continuer à lire

"Le Fils" : la fabrique russe des petits soldats

ECRANS | D'Alexander Abaturov (Rus-Fr, 1h11) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre, l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexander Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’était leur marinière rouge, ils pourraient être les bidasses du Full Metal Jacket (1987) de Stanley Kubrick effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats "pour de rire" (avec pommettes en charpie et nez explosé), les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, le documentariste glisse des instants de la vie des parents orphelins de Dima, trompant leur pe

Continuer à lire

"Premières Solitudes" : Claire Simon et la jeunesse, une affaire qui roule

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h40) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

À l’occasion d’un partenariat au long cours avec les élèves d’une classe d'un lycée d’Ivry, la cinéaste Claire Simon instaure un jeu de rôle leur permettant, par le dialogue, de dévoiler les coulisses de leur vie et de livrer devant la caméra des secrets que leurs potes ne soupçonnaient pas… « On se côtoie tous les jours, mais on ne sait rien les uns les autres » : tel est, en substance, le déclencheur de ce film mû non par une curiosité voyeuriste, mais l’envie sincère de partager le parcours de vie de ses compagnons d’études. Sans avoir peur de mettre les pieds dans le plat avec une question embarrassante ; sans craindre le regard des autres lorsqu’une confidence s’étrangle dans un sanglot. Or, il y a dans ce groupe en apparence banal beaucoup de fractures secrètes, de récits de divorces parentaux, de sentiment d’abandon ou de solitude avérée, d’adoptions… La force des confessions, parfois déchirantes, est estomaquante et compense une construction formelle fragile, voire bancale : un bout à bout de séquences au cadrage incertain, à la lumière inconstante ou au montage minimaliste. Après Récréations, 800 km de différenc

Continuer à lire

"Ervart" en pleine confusion

Théâtre | En adaptant "Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche", texte abracadabrantesque de l’auteur contemporain Hervé Blutsch, le metteur en scène Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans lequel la soi-disant loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et Jean-Claude Bolle-Reddat en tête.

Nadja Pobel | Mardi 6 novembre 2018

Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche et à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle ! Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes... Et, surtout, délire d'Ervart, le personnage principal qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail. Labiche et ses vaudevilles sont à peine entrevus que, déjà, la pièce les dépasse et fait la jonction avec notre époque – les attentats ne sont pas loin. Prometteur. Ervart ou la finesse au placard Problème : le rythme de cette création, née début octobre à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes su

Continuer à lire

Patricia Mazuy : « L’idée, avec John Cale, était de faire une musique qui rentre dans la tête de la folie »

ECRANS | Avec sa franchise bienvenue, la trop rare réalisatrice de "Saint-Cyr" ou "Sport de filles" évoque la conception de son thriller "Paul Sanchez est revenu !" ; et tout particulièrement sa troisième collaboration avec l’ancien du Velvet Underground, compositeur de la bande originale.

Vincent Raymond | Lundi 16 juillet 2018

Patricia Mazuy : « L’idée, avec John Cale, était de faire une musique qui rentre dans la tête de la folie »

Est-ce l’affaire Dupont de Ligonnès en particulier qui vous a inspirée pour Paul Sanchez est revenu ? Patricia Mazuy : Je me suis surtout intéressée à une boulimie de Faites en entrer l’accusé : dans quel état cela nous met quand on s’abandonne dans les faits divers les plus morbides qui soient ? On est contents de se coucher après en se disant : c’est pas nous ! Ce qui est rigolo au cinéma, c’est que l’on pousse les choses à l’extrême, on va plus loin que dans le réel – le film n’est pas du tout naturaliste. C’était bien de travailler cette matière-là. Le film est très ancré dans le Var. Or peu de personnages, notamment parmi les gendarmes,

Continuer à lire

"Paul Sanchez est revenu !" : identification d'un homme

ECRANS | de Patricia Mazuy (Fr, 1h51) avec Laurent Lafitte, Zita Hanrot, Idir Chender…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Aux Arcs-sur-Argens, la gendarmerie a été informée que Paul Sanchez, meurtrier recherché depuis dix ans, a été identifié dans un train. Volontariste, mais souvent gaffeuse, la jeune Marion se lance sur ce dossier dédaigné par ses collègues militaires. Et si elle avait raison d’y croire ? Cinéaste rare faisant parfois des incursions bienvenues devant la caméra (son tempérament pince-sans-rire y est hélas sous-exploité), Patricia Mazuy a toujours su animer des caractères atypiques, et tout particulièrement des francs-tireuses imposant leur loi à l’intérieur de cadres pourtant rigides : Peaux de vaches, Saint-Cyr ou Sport de filles étaient ainsi portés par des battantes qui, si elles n’étaient guère victorieuses, infléchissaient les règles. Marion la gendarme est du même bois, ce qui ne l’exonère pas d’une certaine maladresse la rendant plus attachante et réaliste. Dans ce thriller en forme de chasse à l’homme, davantage que la menace c’est l’omniprésence de la fragili

Continuer à lire

"La Fête des mères" : petite fête de stars

ECRANS | de Marie-Castille Mention-Schaar (Fr, 1h41) avec Audrey Fleurot, Clotilde Courau, Olivia Côte...

Margaux Rinaldi | Mardi 22 mai 2018

Une fleuriste, une nounou, une journaliste, une pédiatre… Et même une présidente de la République. Elles sont toutes égales devant le cycle de la vie ; d’enfants elles deviennent des mères, confrontées aux aléas de la vie, entre le travail, les mômes et leur propre génitrice dont elles doivent à leur tour s’occuper… Dans le prolongement de son précédent film Le Ciel attendra, Marie-Castille Mention-Schaar croise plusieurs histoires, chacune portée par une distribution mirobolante réunissant Audrey Fleurot, Nicole Garcia ou encore Vincent Dedienne dans son premier rôle au cinéma, s’émancipant ainsi du registre comique dans lequel on le réduit trop souvent. Si la réalisatrice respecte bien le cahier des charges d’un film choral, enrichi par quelques messages subliminaux sur le temps et l’amour dissimulés dans les décors, les rebondissements, quant à eux, auraient sans doute pu être peaufinés. Soit le dénouement est atte

Continuer à lire

"Blue" : Disneynature prend l'eau

ECRANS | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (ÉU, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d’une valeur incommensurable, peuplé d’une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité. Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l’eau de roche : la faune marine mérite d’être protégée, c’est une question de survie pour l’écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature (la division documentaire et environnement du studio californien) se dote des "armes" conventionnelles pour le faire passer : trouver d’attachants protagonistes pour susciter l’empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles. Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d’un piqué et d’une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge (les dauphins) restent prisonniers d’un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive – désolé Cécile de France. L’image nue se suffit à elle-même. D’autant que le film comp

Continuer à lire

"America" : plongée saisissante dans l'Amérique profonde (et trumpiste)

ECRANS | de Claus Drexel (ÉU, 1h22) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 12 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine de 2016 bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’"Amérique profonde" dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des côtes est et ouest. À la manière d’un zoom, le documentaire America complète et approfondit le We Blew it (2017) de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weill pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens (gens ordinaires, électeurs, militants ou non), le documentariste a fouillé une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande

Continuer à lire

"L'Insoumis" : un portrait un peu gauche de Jean-Luc Mélenchon

ECRANS | de Gilles Perret (Fr, 1h35) documentaire

Vincent Raymond | Vendredi 16 février 2018

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, on s’étonnait de ne pas avoir dès 20h de déclaration à chaud ni d’images de Jean-Luc Mélenchon. Cette absence médiatique du bouillonnant candidat, si présent durant la campagne, était-elle consécutive à la stupéfaction, la déprime ou une bouderie de se retrouver classé quatrième à l’issue du scrutin ? Près d’un an plus tard, cet instant d’actualité, devenu fragment d’histoire immédiate, nous parvient grâce à la "caméra embarquée" exclusive d’une production privée (le paradoxe s’avère pour le moins étrange concernant le champion de La France Insoumise) ; celle du documentariste Gilles Perret, alors en train de tourner son portrait. Las, on devrait parler d’hagiographie tant le film du bon camarade Perret, partageant les idées de Mélenchon, s’emploie à renvoyer du candidat un reflet flatteur, visant à rectifier la caricature de loup-garou ordinairement diffusée par ses adversaires. D’un côté comme de l’autre, il s’agit pourtant de propagande, et aucune n’est donc recevable... Proche idéologiquement de son sujet, Perret peut difficilement adopter une distance critique

Continuer à lire

"Atelier de conversation" : ceci est un documentaire optimiste

ECRANS | de Bernhard Braunstein (Aut.-Fr., 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 5 février 2018

Pareille à un aquarium, une drôle de salle posée au milieu de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou accueille chaque semaine des étrangers résidents en France pour une session de discussion dans la langue de Molière. Un sacré melting-pot – pardon : mélange. Bribes de séances, fragments d’échanges captés lors de ces ateliers, intervenants de tous les pays filmés en plan rapproché devant s’acquitter une seul règle (parler en français)… Le dispositif, des plus minimalistes, suffit à bâtir un film d’une incroyable richesse humaine en télescopant les unes contre les autres les destinées de celles et ceux qui s’expriment ici, dans le sanctuaire du groupe. Chacun·e vient lesté·e de son histoire – qui réfugié·e, qui étudiant·e, qui retraité·e – et participe à la construction d’un récit contemporain d’une authentique mixité. La volonté commune de maîtriser l’idiome du pays hôte est supérieure à toute considération, et les emportements naissants sont vite apaisés par les modératrices et modérateurs du lieu, garants de la stricte neutralité de l’enclave. Document sur des gens

Continuer à lire

"12 jours" : Raymond Depardon épuise son filon

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 27 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours de Raymond Depardon répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron, près de Lyon) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention – celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la "folie" ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte au réalisateur français, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

Continuer à lire

"L'École de la vie" : entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… La réalisatrice chilienne Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros (Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette ; Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale...) et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantilisés dans des cours où on leur demand

Continuer à lire

"L’Assemblée" : Mariana Otero au plus près de Nuit debout

ECRANS | de Mariana Otero (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Fin mars 2016. Le projet de loi de réforme du code du travail (dite loi El Khomri) provoque l’inquiétude de nombreux salariés. À Paris, des citoyens occupent la place de la République où ils tiennent réunions et assemblée générales durant des semaines. C’est Nuit debout. Du crépuscule du soir à son petit matin bien blême, Marina Otero arrive à condenser l’utopie boiteuse de Nuit debout dans ce qu’elle a de sympathique, de spontané et de désorganisé. Même sans connaître l’issue du mouvement, on lit dans cette micro résurgence d’un mai-68 hivernal (plus diurne que nocturne) son inéluctable inaboutissement : l’agora de la place de la République semble pleine, mais bien vide du peuple authentique (combien d’ouvriers, de précaires réels, de pauvres ?). Et si faible face aux forces de l’ordre, qui dispersent gaz lacrymogènes et manifestants avec une redoutable efficacité. Vécu de l’intérieur, en sympathie avec les apprentis néo-démocrates de la place, L’Assemblée est un document pour mémoire ; la trace mélancolique de ce mois de mars d’une centaine de jours…

Continuer à lire

Vincent Dedienne : « Commencer à dire au revoir à mon spectacle »

Humour | Février 2014 : dans le cadre de l’anniversaire des 20 ans du "Petit Bulletin", nous programmions le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, habile croisement entre les mondes du théâtre et de l’humour. Trois ans et demi plus tard, après une longue tournée, quatre Olympia complets, un Molière en poche et plusieurs chroniques à succès dans les médias, voilà que Vincent Dedienne met un terme à la vie de "S'il se passe quelque chose" en s’offrant notamment une grosse exposition avec la diffusion du spectacle jeudi 12 octobre dans tous les cinémas Pathé de France. Ça méritait bien une interview sous forme de bilan.

Nadja Pobel | Samedi 7 octobre 2017

Vincent Dedienne : « Commencer à dire au revoir à mon spectacle »

Pourquoi avoir choisi de présenter votre spectacle S’il se passe quelque chose dans une salle de cinéma (en différé, la captation ayant été réalisée en juin) ? Vincent Dedienne : Parce que malgré les nombeuses dates de la tournée, il y a encore plein d’endroits dans lesquels je ne suis pas passé. C’est donc l’occasion que le spectacle soit vu dans des villes comme Montpellier, Strasbourg, Gap, Angoulême... C'est aussi l'occasion de faire la fête pour la 300e représentation tout en commençant à dire au revoir à ce spectacle qui s’arrêtera le 31 décembre à Paris. Pourquoi avoir pris la décision de l'arrêter, alors que son succès est indéniable (vous venez de remplir quatre Olympia) ? On pourrait continuer à faire des dates, notamment grâce à l’effet Molière [en mai dernier, il a obtenu le Molière de l'humour 2017 – NDLR], mais comme j’ai

Continuer à lire

"Des rêves sans étoiles" : prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de "réhabilitation" pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux. À ces "tête-à-tête" trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

Continuer à lire

"Macadam Popcorn" : grandeurs et évolutions des petits commerces de cinéma

ECRANS | de Jean-Pierre Pozzi (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Voici un documentaire que l’on voudrait aimer par principe ; autant pour son sujet que pour l’opiniâtreté de sa démarche et ses (modestes) tentatives formelles. Jean-Pierre Pozzi et son camarade le dessinateur Mathieu Sapin y écument la France des salles de cinéma alternatives, après le passage au "tout numérique", et donnent la parole aux défenseurs acharnés de l’exception "art et essai" – ces propriétaires de salles maintenant coûte que coûte leurs écrans dans le paysage. Scandé de trop rares séquences animées, ce road movie leur a pris des mois, voire des années. Hélas, une partie de leur énergie s’est diluée au fil du temps, et le film s’en ressent : on devine à sa réalisation bancale, à son montage façon coq-à-l’âne et à l’absence hurlante de continuité que les protagonistes (au jeu merveilleusement approximatif) ont dû caler les sessions de tournage au gré de leurs disponibilités. Cette forme inachevée, parasitant un fond édifiant (notamment les témoignages d’intervenants pittoresques, aventureux et sympas) montre les limites d’un cinéma militant privilégiant les intentions à l’énonciation.

Continuer à lire

"Sous peine d’innocence" : Severino Diaz, présumé coupable

ECRANS | de Pierre Barnérias (Fr., 1h34) documentaire avec Severino Diaz…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Condamné à 15 ans de prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, l'Américain Severino Diaz n’a jamais plaidé coupable. À cause de cela, sa libération conditionnelle lui a à maintes fois été refusée, allongeant sa peine d’une dizaine d’années. Sans jamais entamer sa résolution… L’histoire dramatique de Diaz sert de support à un documentaire brouillon et éparpillé façon puzzle, ne sachant pas vraiment quel fil suivre : tantôt il s’intéresse au destin singulier de ce prisonnier intègre (grâce à une masse d’entretiens réalisés avec Diaz entre 2004 et 2016) ; tantôt il dresse une hagiographie de la Maison d’Abraham, institution créée par un Aveyronnais (le Père Pierre) à New York pour la réinsertion des détenus. Entre les deux, des images illustratives souvent inutiles (tels des stop-motions cache-misère semblant piochés sur Internet) ne parvenant pas à corriger la qualité médiocre des prises vue ni du montage. Dommage qu’un sujet et des personnages aussi intenses pâtissent d’une absence de point de vue aussi flagrante : ou l’auteur s’engage, ou il reste neutre, mais il ne peut demeurer dans cet entre-deux. Son indécision aggrave (voire explique) la faiblesse de

Continuer à lire

"Jamais contente" : plein l’dos, l’ado !

ECRANS | de Émilie Deleuze (Fr., 1h29) avec Léna Magnien, Patricia Mazuy, Philippe Duquesne…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Mal dans sa peau en famille et au collège, seule parmi ses copines à redoubler, Aurore commence l’année dans la déprime. Mais avec ce prof de lettres moins nul que les autres et ce beau gosse lui proposant de rejoindre son groupe de rock, elle va trouver des raisons d’espérer… Cette adaptation de Marie Desplechin offre une alternative moins bécasse à ces films pour ados qu’on croirait d’habitude écrits par d’aspirants-ados de tous âges. Pour autant, il n’y a pas de quoi frôler l’extase ni la pâmoison : on parcourt de jolis lieux communs, un peu dépassés mais charmants, en compagnie du prof révélateur de potentiel (Alex Lutz, dans sa version sérieuse) et d’un groupe de garage comme il s’en constituait il y a trente ans. On peut se montrer disons… réservé sur l’habillage jaune bubble-gum du film, mais l’essentiel est ailleurs : le choix judicieux de l’interprète principale, la jeune Léna Magnien, une gamine en apparence insignifiante et renfermée, qui envoie du bois au micro. Elle trouve en la réalisatrice Patricia Mazuy, ici comédienne, une mère criante de vérité molle.

Continuer à lire

"Sex Doll" : London Darling

ECRANS | de Sylvie Verheyde (Fr., 1h42) avec Hafsia Herzi, Ash Stymest, Karole Rocher…

Vincent Raymond | Mardi 6 décembre 2016

Escort girl travaillant à Londres pour le compte de Raphaëlle et menant grand train, Virginie est approchée par Rupert, un mystérieux jeune homme fréquentant souvent les prostituées de son genre. Dans un but très précis… On ne changera pas Sylvie Verheyde, qui n’aime rien tant que décrire les faunes populo-marginales et les filmer entre chien et loup. Sauf qu’elle en tire des histoires arty confuses se regardant la misère (du Claire Denis, mais en plus sinistre), bien cachées derrière un alibi social – ce qui ne manque pas d’arriver, ici encore. Oh, on voudrait bien y croire, ne serait-ce que pour lui faire plaisir ; seulement, il y a un hic : l’interprète du rôle principal, Hafsia Herzi. Ses qualités de jeu ne sont pas en cause, entendons-nous bien ; elle n’a juste pas le physique bimboesque requis pour rendre crédible sa situation de demi-mondaine. Lorsqu’on y songe, c’est plutôt rassurant pour la comédienne…

Continuer à lire

"The Other Side" : le Mois du documentaire joue les prolongations

ECRANS | Il devait s'arrêter ce mercredi 30 novembre. Mais c'était sans compter sur Mon Ciné, à Saint-Martin-d'Hères, qui organise une soirée jeudi 1er décembre autour du film "The Other Side". Bonne idée.

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

En théorie, la 17e édition du Mois du film documentaire s’achève dans toute la France le mercredi 30 novembre. Pas à Saint-Martin-d’Hères, où Mon Ciné résiste encore et toujours aux règles par trop contraignantes, en prolongeant de quelques journées cette fenêtre sur ce genre d’une richesse aussi insondable que méconnue. En programmant tout d’abord le très réussi film d’Olivier Babinet Swagger, une œuvre de création collaborative s’attachant au quotidien comme aux aspirations d’ados de banlieue parisienne. Et en projetant le 1er décembre en ciné-rencontre (puis plusieurs jours ensuite en séance seule) une œuvre insolite et âpre de Roberto Minervini sortie l’an dernier : The Other Side. Auréolé d’une sélection cannoise (catégorie Un certain regard, fort appropriée), le film nous plonge dans la misère la plus crasse : celle d’un peuple déclassé vivant en Louisiane. Gueules ravagées, chicots noirâtres, silhouettes émaciées ou marquées par

Continuer à lire

"La Philo vagabonde" : la philo selon Alain Guyard

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr., 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs – et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de "produit culturel", Guyard se veut une manière coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu – certes, lui porte et apporte des valeurs humaines, mais d’autres se servent de leur enveloppe charismatique pour charrier du vent ou du purin.

Continuer à lire

Les Habitants : un Depardon décevant

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h24) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Les Habitants : un Depardon décevant

Raymond Depardon déplace un studio-caravane sur les routes de France, invitant les badauds à poursuivre devant sa caméra la discussion qu’ils tenaient sur le trottoir. Le cadre, fixe, est partout identique, mais les propos (re)tenus très inégaux : on passe ainsi de la philosophie de comptoir à quelques (trop rares) considérations constructives. Comme si Depardon avait manqué de matière utile dans ses rushes, et s’était cru obligé de conserver des séquences d’habitants mal à l’aise devant l’objectif, ressassant artificiellement leur conversation, ou meublant le vide par des rires gênés (voir le joli couple évoquant sa prochaine union). Le dispositif rappelle Délits flagrants, mais en moins intense du fait de son montage plus lâche. Il ressemble surtout à une sorte de face B (ou de bonus DVD grand format) du remarquable Journal de France (2012), portrait itinérant de l’Hexagone à travers ses paysages et quelques témoignages saisis sur le motif. La déception se situe donc à la mesure de l’attente. Doit-on la tempérer en affirmant que

Continuer à lire

La Sociologue et l’Ourson

ECRANS | de Étienne Chaillou & Mathias Théry (Fr., 1h18) documentaire…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

La Sociologue et l’Ourson

On avait à peu près tout vu et entendu au moment de la présentation du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (dite du “mariage pour tous”). Beaucoup de passions et d’écume, empêchant toute réflexion sereine ou toute parole structurée en faveur de la loi d’être relayée dans le calme. Étienne Chaillou et Mathias Théry font table rase de cette chienlit en proposant de suivre le parcours de l’une des expertes sollicitées le temps de l’examen du projet, la sociologue Irène Théry – qui n'est autre que la mère de l’un des documentaristes. À la fois conviviale et didactique, l’approche ne manque pas d’originalité : les auteurs ont pris le parti de remplacer la plupart des intervenants dans les images d’archives par des jouets animés qui dédramatisent le sujet sans le ridiculiser. Et de rendre la sociologie vivante en illustrant de manière plaisante les exemples concrets choisis par la spécialiste dans son histoire familiale, à l’occasion des entretiens qu’elle accorde à son rejeton. Ce documentaire dispose enfin d’un autre grand mérite : il inscrit le texte dans le temps républicain, en abrasant (autant que faire se peut) la surmédiat

Continuer à lire

No Land's Song

ECRANS | de Ayat Najafi (All./Fr., 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

No Land's Song

Monter un concert avec des solistes féminines au pays des mollahs, où les voix non masculines sont prohibées… Le défi que s’est lancé la compositrice Sara Najafi rappelle le pari des Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, en particulier son jeu de cache-cache (de caméra) permanent. Najafi use de bien des contorsions pour parvenir à ses fins, mettant les autorités face à leurs contradictions et leur suprême hypocrisie – le documentaire rappelle qu’avant 1979, les Iraniennes pouvaient librement chanter, et n’étaient pas spécialement voilées. Et malgré des déconvenues, grâce de la ruse légitime, on assiste à un concert-passerelle entre l’Iran et la France, avec, entre autres, Jeanne Cherhal et Élise Caron. VR

Continuer à lire

Little go girls

ECRANS | de Éliane de Latour (Fr., 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Little go girls

On ne pourra jamais reprocher à Éliane de Latour de manquer d’engagement ou d’honnêteté dans ses projets documentaires. Little go girls montre ainsi comment, parce qu’elle s’est intéressée au sort de ces prostituées ivoiriennes en les suivant et les accompagnant, la réalisatrice leur a permis de sortir de la rue et du tapin. Une aventure exemplaire, dont le rendu manque hélas épouvantablement de vie. L’exposition photographique par laquelle tout a débuté devait en concentrer davantage que ce film asthénique VR

Continuer à lire

Merci Patron !

ECRANS | Jusqu’alors peu connu du grand public, le journal alternatif "Fakir" s’offre un splendide coup de pub en divulguant son opération de flibuste victorieuse contre la deuxième fortune française Bernard Arnault. De l’extorsion de fonds ? Non ; de justes représailles… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 23 février 2016

Merci Patron !

Le patron de Fakir, François Ruffin, doit jubiler du bon tour qu’il joue à Bernard Arnault, inflexible capitaine d’industrie aussi jaloux de ses profits que de sa discrétion. Car avec son documentaire branquignolesque, tenant plus du carnet de notes filmé potache que de l’investigation orthodoxe, il dresse non seulement un bilan de “l’action bienfaisante” du brillant milliardaire au sein des filatures de Nord-Picardie, mais il donne surtout des visages et des noms à ses victimes directes : les Klur, une famille d'ouvriers déclassés promis à une misère noire. Puisque Bernard Arnault a fabriqué sa fortune en pratiquant de-ci de-là des entorses à la vérité (prétendant, par exemple, que sa marque Kenzo fabriquait en France alors que les usines étaient délocalisées en Pologne ou ailleurs), et de grosses fractures à l’éthique (si ce n’est pas amoral d’entasser autant de fric par pure avidité, en laissant crever toute une région…), Ruffin use de ruses pour lui faire restituer une partie de son butin. Ses armes principales étant la menace de bruit médiatique et son air de crétin inoffensif ; parfait pour tourner en ridicule un hyper-patron. Comment se paye

Continuer à lire

Les Saisons

ECRANS | De Jacques Perrin & Jacques Cluzaud (Fr., 1h37) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Saisons

À l’instar des studios Pixar, le Jacques Perrin documentariste aura exploré tous les milieux (l’eau, l’air, la terre), produit et réalisé des œuvres plébiscités par les scolaires et signé les livres s’y rapportant. Seule différence notable, il n’a pas (encore) de parc d’attractions à sa gloire, ni de jouets à l’effigie des personnages de ses films ! Animé par une sincère volonté de sensibiliser les spectateurs à la beauté fragile du monde, aux menaces pesant sur sa faune et par conséquent sur le futur de l’Homme, l’artiste s’est engagé depuis vingt ans pour la Nature comme il le fit autrefois contre les totalitarismes. Moins planant (forcément) que Le Peuple migrateur (2001), moins naïf que le glougloutant Océans (2009), Les Saisons est de ces films contemplatifs parcourant les campagnes que l’on regarde de préférence un dimanche de fainéantise, claquemuré chez soi. L’œil mi-clos, dans un état modifié de conscience provoqué par la voix veloutée de Jacques Perrin, avec des chaussettes Meg Ryan aux pieds et une tasse de thé fumante à proximité. Chaque documentaire de Cluzaud & Perrin se posant comme un défi techni

Continuer à lire

Humour : les temps forts de la saison

SCENES | Une sélection à base de Professeur Rollin, de Vincent Dedienne, d'Alex Lutz et même de Fills Monkey. Aurélien Martinez et Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Dimanche 13 septembre 2015

Humour : les temps forts de la saison

Le Professeur Rollin Oui, le Professeur Rollin a toujours quelque chose à dire. La preuve avec Le Professeur Rollin se rebiffe, nouveau seul-en-scène où l’humoriste lettré répond aux questions qu’on lui pose, sur tout un tas de sujets : les raisins noirs et blancs (baptisés ainsi par des daltoniens), les ouvrages sur les perdrix, le paprika ou encore l’islam et l’homosexualité non souhaitée d’un enfant. C’est que le Professeur a, entre deux phrases proches de l’absurde et trois questions à l’intérêt discutable, décidé de dénoncer à sa façon la bien-pensance ambiante, en prenant soin tout de même de ne pas passer pour un vieux réac – l’allusion à Zemmour est bien trouvée. C’est drôle, surprenant, limite parfois ; bref ça mérite d’en savoir plus avec une interview. Attention Professeur, on va nous aussi vous poser des questions. Si bien sûr vous acceptez de nous répondre ! AM Vendredi 2 octobre à l’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères)

Continuer à lire

Vincent Dedienne devient chroniqueur au Supplément de Canal +

ACTUS | Le jeune comédien, que le Petit Bulletin Grenoble avait programmé dans le cadre des 20 ans du journal, vient de décrocher une chronique dans l'émission de Maïtena Biraben, en remplacement de Stéphane De Groodt. Présentation

Aurélien Martinez | Dimanche 14 septembre 2014

Vincent Dedienne devient chroniqueur au Supplément de Canal +

En février 2014, le Petit Bulletin Grenoble fêtait ses 20 ans avec un jeune artiste dont le premier seul-en-scène (S'il se passe quelque chose, repris à Bourgoin-Jallieu le 7 octobre) avait été encore peu vu. Depuis, Vincent Dedienne a signé pour trois mois non-stop à Paris dès octobre, et vient de se lancer dans une carrière de chroniqueur sur Canal +, dans le Supplément du dimanche midi (il remplace l'excellent Stéphane De Groodt).

Continuer à lire

He’s back

SCENES | Depuis sa création il y a un an à Paris, S’il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

He’s back

Depuis sa création il y a un an à Paris, S’il se passe quelque chose, le seul-en-scène du jeune comédien Vincent Dedienne, fait beaucoup parler de lui – en bien, cela va sans dire. Du coup, Laurent Ruquier (qui ne s'occupe que de Gaspard Proust et Michael Gregorio) l'a récemment signé, avec à la clé trois mois non-stop à Paris à la rentrée, au Petit Hébertot. Un début de carrière en fanfare pour un comédien qui, logiquement, se trouve de plus en plus sollicité – il multiplie les projets, comme par exemple mettre en scène le prochain projet de François Rollin. Classe. En attendant, après la date sold out du Théâtre 145 en février organisée par nos soins, son spectacle mariant habilement humour et théâtre repassera par Grenoble les jeudi 12 et vendredi 13 juin à 21

Continuer à lire

Vincent Dedienne : profession amuseur

SCENES | Et si l’humour et le théâtre se réconciliaient ? C’est ce que propose le jeune comédien Vincent Dedienne avec son spectacle "S’il se passe quelque chose" : un seul-en-scène alternant sketchs savoureux et textes plus personnels. Un véritable bijou, accessible et excellemment bien écrit, que l’on vous invite à découvrir dans le cadre des 20 ans du "Petit Bulletin" – oui, le journal se la joue programmateur ! Mais au fait Vincent, qui êtes-vous ?

Aurélien Martinez | Mardi 18 février 2014

Vincent Dedienne : profession amuseur

Comment un comédien de formation classique, après avoir joué divers grands auteurs (Hugo, Molière, Duras...), se retrouve à faire un spectacle d’humour ? Vincent Dedienne : Parce que j’en rêve depuis que j’ai découvert le théâtre par ce biais. Muriel Robin, Pierre Palmade... : ce sont eux qui m’ont donné envie de faire le métier de comédien. L’idée d’être seul en scène m’a toujours excité. Avant de connaître Shakespeare, Claudel ou je ne sais qui, je pensais que le théâtre c’était ça : uniquement des gens qui écrivent leurs propres textes et qui les disent seuls en scène. J’y suis donc revenu quand j’ai eu un peu moins de travail, pour voir comment ça pouvait se réconcilier avec une formation classique. Avec l’idée d’être mieux armé grâce à cette formation (à l’école de la Comédie de Saint-Étienne) ? Ce n’est pas tant d’être armé... Dans une école supérieure d’art dramatique, quand tu fais justement de l’art dramatique, il y a l’idée que c’est honteux d’avoir l’ambition d’être un am

Continuer à lire

L'Orchidoclaste

ECRANS | La réalisatrice Laetitia Masson sera à Grenoble mardi 18 février pour l'ouverture de la biennale Cinéduc. Elle présentera notamment son film "L'Orchidoclaste" sur l'architecte Rudy Ricciotti. Critique. Guillaume Renouard

Aurélien Martinez | Mardi 11 février 2014

L'Orchidoclaste

Au-delà du simple portrait d’un architecte et de son travail, L'Orchidoclaste est avant tout le portrait d’un homme. Celui de Rudy Ricciotti, sudiste un peu flambeur sur les bords, amoureux de pêche et du chant des cigales, lauréat du grand prix national de l’architecture en 2006. Son homme, la cinéaste Laetitia Masson ne le lâche pas d’une semelle. Filmé dans son travail, sur un chantier, en grande discussion avec ses amis, seul face à la caméra, et même en train de pisser, Rudy est le rouage essentiel qui fait tourner les cinquante minutes du documentaire.  « Putaing c’est bon » Né en Algérie française, actuellement domicilié à Bandole, dans le Var, l’architecte-artiste a tout du sudiste, jusqu’à la caricature. Marcel blanc, teint hâlé, épaisse chevelure argentée à la mèche romantique, barbe de trois jours, regard d’ébène, visage taillé à la serpe, et l’accent, bien sûr. « Putaing c’est bon l’anisette quand même, ça fait longtemps que j’en ai pas bue ! On s’en fait une deuxième avant d’y aller ? » Peut-on toucher de plus près le cœur de l’identité méridionale ? Ce physique, la caméra de Laetitia Masson l’explore sous toutes les coutu

Continuer à lire

20 ans de PB avec Vincent Dedienne

SCENES | Vincent Dedienne viendra à Grenoble le lundi 24 février dans le cadre des 20 ans du Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Lundi 3 février 2014

20 ans de PB avec Vincent Dedienne

C’est le spectacle le plus drôle que l’on ait vu depuis longtemps, à l’humour intelligent et accessible. Surtout, il donne un sacré coup de fouet à une scène comique qui a tendance à tourner en rond autour des mêmes thèmes (l’amour, les nouvelles technologies, l’alcool...), en se servant simplement des bases du métier : le théâtre, et la création de personnages. Le S’il se passe quelque chose du jeune Vincent Dedienne, programmé le lundi 24 février à 20h au Théâtre 145 dans le cadre des 20 ans du journal, est donc immanquable. Pour pouvoir dire, une fois qu’il sera connu (il vient de signer avec un très gros producteur), "je l’ai vu à ses débuts"! Réservations sur www.digitick.com ou au 04 76 84 79 30.

Continuer à lire

"S’il se passe quelque chose" : drôlerie extrême

Théâtre | "Le Petit Bulletin" a vingt ans, et les fête en grandes pompes. Notamment en programmant un spectacle au Théâtre 145, en coréalisation avec le Tricycle. Notre choix s’est porté sur le "S’il se passe quelque chose" du jeune Vincent Dedienne : une création théâtrale à l’humour mitraillette conçue par un auteur-interprète bluffant, tant dans l’écriture que dans le jeu. Tout simplement immanquable.

Aurélien Martinez | Vendredi 24 janvier 2014

Formé à l’École de la Comédie de Saint-Étienne, Vincent Dedienne est ce que l’on appelle communément un comédien. Du Hugo, du Molière, mais aussi du Guibert : il a un CV qui produit son petit effet. Qu’un artiste au parcours classique se lance dans le one-man-show a quelque chose de surprenant. Et, dans ce cas précis, de captivant. Car il y a beaucoup de théâtre dans ce S’il se passe quelque chose. Un supplément d’âme (et de culture) qui se diffuse d’emblée sur le plateau, dès les premiers mots prononcés – ceux de Marguerite Duras. D’où l’idée que Vincent Dedienne ne fasse pas un one-man-show (terme sans doute trop connoté à ses yeux), mais un seul-en-scène (c’est même marqué sur l’affiche). Un glissement sémantique très Télérama comme dirait Gaspard Proust, qui devient une évidence ici. Oui, S’il se passe quelque chose est bien une pièce de théâtre, et Vincent Dedienne en est l’auteur-i

Continuer à lire

Gare du Nord

ECRANS | Claire Simon tente une radiographie à la fois sociologique et romanesque de la gare du nord avec ce film choral qui mélange documentaire et fiction. Hélas, ni le dialogue trop écrit, ni les récits inventés ne sont à la hauteur de la parole réelle et des vies rencontrées… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 août 2013

Gare du Nord

Pensant probablement le naturalisme en bout de course pour raconter le monde contemporain, deux réalisatrices tentent en cette rentrée de faire se croiser réalité documentaire et fiction intime. Si Justine Triet avec sa Bataille de Solférino (en salles le 18 septembre) s’en tire grâce à l’élan vital débraillé qui irrigue sa fiction, le dispositif de Gare du Nord échoue à hisser le romanesque à la hauteur de la réalité. Il y a d’abord un prétexte très artificiel véhiculé par le personnage de Reda Kateb, étudiant en sociologie faisant une thèse sur la gare du Nord comme «place du village global», justification scénaristique facile pour le montrer abordant commerçants et usagers. Ensuite, la structure chorale du film, avec ses trois histoires entremêlées – une femme malade tombe amoureuse d’un homme plus jeune qu’elle, un père cherche sa fille fugueuse, une agent immobilière ne supporte pas d’être séparée de son mari et de ses enfants – paraît là aussi dictée par une intention trop appuyée, celle de faire se croiser dans un microcosme à la fois unique et globalisé des destins singuliers. Que Claire Simon ait recours à un procédé devenu éculé pour

Continuer à lire

Sport de filles

ECRANS | De Patricia Mazuy (Fr, 1h41) avec Marina Hands, Bruno Ganz…

François Cau | Lundi 23 janvier 2012

Sport de filles

Il y a un grand film à réaliser sur le dressage équestre, les rapports entre le cavalier et son animal, leurs correspondances indicibles – mais de toute évidence, ce n’est pas celui-ci. Le gros problème, c’est qu’on ne sait pas vraiment de quoi cause Sport de filles, tant sa forme est en permanence à contretemps du fond. Le script embrasse plusieurs pistes qu’une mise en scène et un montage indolents peinent à suivre ; même les compositions originales de John Cale semblent victimes d’une greffe ratée sur les séquences qu’elles illustrent. On peut se reposer sur les honnêtes performances d’un casting foutraque et attachant pour passer le temps, et on ne pourra pas s’empêcher, pendant toute la durée du film, de rêver aux promesses du Cheval de Guerre de Steven Spielberg. FC

Continuer à lire

"Fou de moi"

SCENES | Jeune comédien que l’on a pu croiser dans plusieurs pièces d’auteurs décédés depuis bien longtemps (notamment Le Roi s’amuse de Victor Hugo par François (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 octobre 2011

Jeune comédien que l’on a pu croiser dans plusieurs pièces d’auteurs décédés depuis bien longtemps (notamment Le Roi s’amuse de Victor Hugo par François Rancillac – à l’Hexagone la saison passée), Vincent Dedienne se mettra seul en scène vendredi 28 octobre à 20h30 au Fitzcarraldo, le nouveau lieu culturel grenoblois fraîchement inauguré. Annoncé comme un « spectacle hystérico-sentimental », ce Fou de moi s’intéressera à « une galerie de personnages ordinaires […], avec juste ce qu’il faut de théâtre pour sonder le fond de leur âme et révéler ce qu’ils ont de remarquable ». Bon, certes, on ne sait pas réellement à quoi s’attendre, mais connaissant le talent dramatique de l’artiste et son univers tendrement caustique et franchement drôle, on subodore un rendu surprenant.

Continuer à lire