Ensemble, c'est tout (animé) !

Festival / Du mercredi 22 février au samedi 4 mars | Soufflant cette année ses cinq bougies, Voir Ensemble, l’excellent festival jeune public organisé par le cinéma le Méliès, s'est construit une solide réputation d'oasis poétique et éducative pour toute la famille. Le programmateur Marco Gentil nous présente son (déjà grand) "bébé".

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Concevoir, rassembler, unir, découvrir, transmettre… Tels sont les termes qui reviennent le plus dans la bouche de Marco Gentil, le programmateur de Voir Ensemble, pour définir ce festival organisé par le cinéma le Méliès depuis 2013.

Tout est parti d'une ambition assumée : transformer Les Rencontres cinématographiques en un “vrai” festival, intégrant une compétition et des films inédits. « L'idée première, la notion centrale, c'était “se voir ensemble” ; grâce à cette spécificité de la salle de cinéma qui permet de découvrir des films avec d'autres spectateurs et de partager des émotions. » Un projet en résonance avec la ligne éditoriale du Méliès – lequel fait partie de La Ligue de l'Enseignement de l'Isère et propose tout au long de l'année moult rendez-vous autour de l'éducation à l'image.

Pour les petits et l'écran

L'avénement de Voir Ensemble s'inscrit dans un contexte actuel des plus favorables pour le cinéma d'animation. Longtemps ghettoïsé, ce dernier séduit aujourd'hui séduit un public grandissant grâce à son inépuisable capacité d'émerveillement et d'intelligence : le succès dans les salles (plus de 720 000 entrées à ce jour) de l'excellent Ma Vie de Courgette, en lice pour les César et les Oscars, en atteste.

Mais le film franco-helvétique de Claude Barras n'a rien d'un cas isolé. Il complète la liste prestigieuse (et non exhaustive) des acteurs de ce ce renouveau qualitatif à la française, où l'on retrouve Michel Ocelot (Kirikou), Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Phantom Boy), Rémi Chayé (Tout en haut du monde) ou Jean-François Laguionie (Louise en Hiver, Le Tableau) – « l'un des plus grands auteurs hexagonaux » selon Marco Gentil. Tous ont naturellement participé aux précédentes éditions du festival, lui permettant ainsi de fidéliser ses spectateurs et d'asseoir son influence…

Il y a donc de quoi faire avec les Français. Mais bien sûr, Voir Ensemble ne boude la production internationale. Pour preuve : La Vengeresse, du corrosif Bill Plympton, fait ainsi partie de la sélection cette année. En programmant des œuvres, plutôt destinées à des ados ou des adultes, du cinéaste étasunien, Voir Ensemble revendique sa volonté de s'adresser à tous les membres de la famille.

Et de n'oublier rigoureusement personne : « On essaie d'ouvrir le spectre, mais aussi d'aller vers les tout-petits » ajoute Marco Gentil. De fait, le festival ne cible pas que les 6-12 ans (à qui il propose de participer à des jurys primant les films en compétition), il accueille aussi les “primo-spectateurs”, à l'occasion de séances parents-bébés, où les familles peuvent venir avec leurs bambins. « On baisse le son du film, on prévient les autres spectateurs dans la salle qu'il y a des bébés qui peuvent faire des gazouillis. Ça permet de déculpabiliser le parent et de voir un film pour lui avec son enfant dans les bras. »

Demandez le programme !

Et sinon, que verra-t-on sur les écrans du Méliès pendant ces onze jours de festival ? La thématique de 2017 semble faire écho au fond de l'air (musical) qui fait swinguer les salles de ce début d'année – voyez (avec les oreilles) le carton réalisé par La La Land –, puisque Marco Gentil a opté pour un univers “en chanté”, pour reprendre l'expression de Jacques Demy. De l'auteur de Lola et des Parapluies de Cherbourg, on pourra ainsi revoir une copie 35mm du méconnu Joueur de flûte, preuve que Voir Ensemble ne se pose aucune barrière sur les genre, époque ou technique utilisée.

À signaler également Jun, la voix du cœur, animé inédit de Tatsuyuki Nagai, ainsi qu'une rétrospective du réalisateur et producteur belge Arnaud Demuynck (Le Vent dans les roseaux, La Chouette entre veille et sommeil).
Et puis en clôture (et en avant-première), nous aurons droit aux Contes des sables d'or des frères Guillaume, un film réalisé au cours d'un atelier avec des enfants handicapés. Japon, Russie, Belgique, États-Unis, autant d'évasion sans billet d'avion ? C'est presque indécent.

5e Festival Voir ensemble
Du mercredi 22 février au samedi 4 mars au Méliès

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L’embarras du choix

Programmation | Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix (...)

Martin de Kerimel | Mardi 18 février 2020

L’embarras du choix

Au-delà de la japanimation, d’autres merveilles seront également visibles lors des trois festivals. Voir Ensemble offre ainsi, jusqu’au 1er mars, un choix élargi de films d’animation, dont quelques courts de la réalisatrice française Florence Miailhe, marraine de la manifestation. Le programme comprend d’autres propositions françaises, le premier film d’animation réalisé par une femme indienne (Bombay Rose) et des œuvres venues d’Allemagne, de Roumanie ou de Norvège, notamment. On prêtera par ailleurs un œil attentif aux films proposés en images réelles, parmi lesquels un Pinocchio signé Matteo Garrone, le très attractif Ballon d’or originaire de Guinée, et It must be heaven du Palestinien Elia Suleiman. Comme à Grenoble, La Mure joue la carte de la diversité, avec 24 films au total : du 2 au 8 mars, Plein les yeux proposera ainsi quelques inédits, plusieurs sorties encore récentes (Le voyage du docteur Dolittle, Sonic le film, Le Prince oublié…) et d’autres un peu plus anciennes (Terra Willy, Donne-moi des ailes, Shaun le Mouton…). Du côté de Saint-Égrève, du 21 au 26 février, la programmation s’annonce

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Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

ACTUS | Le Méliès et la Ville de Grenoble se lancent dans la réhabilitation du Pavillon sud de la Caserne de Bonne pour en faire « un laboratoire de l’éducation à l’image ». Ouverture prévue en 2020.

Alice Colmart | Lundi 10 juin 2019

Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

« L’Atelier Méliès fera le lien entre la Caserne de Bonne et le quartier Hoche » expliquait lundi 3 juin Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal grenoblois, à l’occasion de la signature du "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et le Méliès. Une officialisation publique après la sélection du cinéma associatif en décembre 2018 dans le cadre des "Gren’ de projets", dispositifs de la Ville visant à confier la gestion de certains bâtiments municipaux à différents acteurs locaux. Édifié en 1883, libéré par l’armée en 1994 et réaménagé en 2008, le Pavillon sud (à l’entrée de la Caserne de Bonne, au 54, boulevard Gambetta) mis à disposition aura pour mission « de participer à une éducation populaire au cinéma et de renforcer les actions du Méliès, cinéma de la Ligue de l’enseignement de l'Isère » précisait alors Marco Gentil, directeur adjoint du cinéma art et essai, lors de la conférence de presse. Trois en un Le pavillon de 140m2, accessible à tous, se découpera en trois espaces, dont une "fabrique", « espace consacré aux nouve

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Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

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De Kirikou à Dilili : Michel Ocelot, géant animé

ECRANS | Le réalisateur, à qui l'on doit le fameux Kirikou, sera samedi 23 juin au Méliès pour dévoiler son nouveau film "Dilili à Paris". Et célébrer par la même occasion les 20 ans de son succès 'Kirikou et la Sorcière".

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

De Kirikou à Dilili : Michel Ocelot, géant animé

Après Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki qui fête ses trente ans (et est ressorti au Méliès), un autre personnage "exotique" pour le public hexagonal souffle un nombre rond de bougies cette année : Kirikou, vaillant héros des films de Michel Ocelot, qui a désormais 20 ans. Apparu dans Kirikou et la Sorcière (1998), conte africain ayant le bon sens et le bon goût de ne pas occidentaliser ni le cadre, ni les voix, l’enfant débrouillard qui demandait à sa mère de l’accoucher a aussi marqué la renaissance du cinéma animation en France. Une animation osant des esthétiques hors norme (laissant une place généreuse à l’abstraction et à la couleur vive), des techniques traditionnelles ou artisanales (ombres chinoises, papier découpé…), des musiques imprégnées de sonorités folkloriques authentiques et non aseptisées dans la marmite hollywoodienne de la world music. En vingt ans, Ocelot n’a cessé d’explorer le monde – les mondes – célébrant de fructueuses noces entre légendes et imaginaire. Présenté en avant-première au Festival international du film d'animation d'Annecy, son nouveau long-métrage raconte le destin d’une petite

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Voir Ensemble : le cinéma à hauteur d'enfant au Méliès

Festival | Le cinéma grenoblois propose du mercredi 14 au dimanche 25 février la sixième édition de son incontournable festival dédié au jeune public. On détaille le programme.

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

Voir Ensemble : le cinéma à hauteur d'enfant au Méliès

C’est peu dire que le cinéma le Méliès fait ce qu’il faut pour mériter son label "jeune public". Par exemple, tout au long de l’année, il accueille dans ses salles les enfants (et leurs parents) pour des séances suivies d’un débat. Et, surtout, lorsqu’arrivent les vacances de février, il organise Voir Ensemble, festival avec une trentaine de films pour jeunes spectateurs et spectatrices. Lors de cette sixième édition, où onze films tenteront de décrocher le Prix du public, neuf avant-premières seront projetées. Parmi elles, le célèbre classique américain Croc-Blanc (photo) de Jack London pour la première fois dans une adaptation animée, en présence de son réalisateur Alexandre Espigares (le film sortira fin mars). Certaines séances seront suivies d’ateliers, d’autres accompagnées par des cinéastes – comme Jean-Michel Bertrand, auteur du documentaire en compétition La Vallée des loups sorti il y a un an. Un hommage sera également rendu à la société de distribution jeune public Les Films du préau, qui

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Le grand (pas si) méchant Benjamin Renner

ECRANS | L'auteur et réalisateur français, à qui l'on doit le très beau film d'animation "Ernest et Célestine" (2012), est le parrain de la nouvelle édition de Voir Ensemble, festival jeune public du cinéma le Méliès. Il ouvrira la manifestation ce mercredi 22 février.

François Cau | Mardi 21 février 2017

Le grand (pas si) méchant Benjamin Renner

« J'avais déjà essayé de l'inviter l'année dernière, sans succès » se souvient Marco Gentil, qui s'occupe du festival Voir Ensemble. Mais les années se suivent et ne ressemblent pas : en 2017, le réalisateur français Benjamin Renner, auteur en 2012 du très beau film d'animation Ernest et Célestine, sera présent. Et en parrain de l'édition, comme le veut la tradition de Voir Ensemble, il a signé l'affiche du festival. Apparu sur les écrans en 2007 avec son court-métrage La Queue de la souris, l'ancien élève de la Poudrière à Valence (« seule école française d'animation dédiée à la réalisation » selon son site) s'est rapidement imposé comme un auteur à suivre. Recourant volontiers à de grandes thématiques (comme la différence, l'acceptation, le géant face au petit), il a également fait preuve d'un flair remarquable montrant qu'il savait bien s'entoure

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PB d'or 2016 : cinéma

C'était 2016... | Il a suffi d’un rapide sondage au sein de la rédaction pour retenir, parmi les centaines de longs-métrages sortis en 2016, une dérisoire poignée de favoris.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : cinéma

Le PB d'or du film de l'année : Ma vie de Courgette Ils sont quatre à avoir suscité un enthousiasme partagé au PB et à avoir triomphé de l’épreuve du temps – les autres films se fondant dans un indistinct profond, des bobines "à oublier" (le destin ordinaire de toute franchise comique ou d’action parvenant au numéro 3) aux "sans plus" (les bons films, sans plus), en passant par les "bof", le si large ventre mou de la production mondiale. On ne s’étonnera pas de la surreprésentation de films sortis depuis la rentrée de septembre dans notre quatuor final : passée cette gare de triage pour le cinéma d’auteur qu’est le Festival de Cannes, le second semestre regorge de pépites... Pas de podium donc, mais trois films pailletés d’or, plus un davantage doré que les autres ; quatre approches complémentaires du cinéma. En juin, avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn a rappellé comme Gaspar Noé que le 7e art peut (doit) être un langage artistique à part, et qu’il convient d’en explorer ses

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"Louise en hiver" : seule au monde

ECRANS | de Jean-François Laguionie (Fr., 1h15) animation

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Vacancière âgée dans une station balnéaire, Louise a manqué le dernier train de retour de la saison. La voilà prise au piège dans sa maison de villégiature pour l’hiver, avec pour seule compagnie la mer, ses souvenirs et un chien… Langueur de sieste et tonalité pastel portent ce film au ralenti, comme des vaguelettes bercent un bateau amarré à quai. Bien sûr, la technique artisanale est superbe, et la maestria de Jean-François Laguionie (Le Tableau) toujours intacte, mais le format court-métrage eût été suffisant pour venir à bout des vacances involontaires de cette Madame Hulotte en retraite. Sans doute le voyage intérieur que Louise accomplit dans sa nostalgie fera-t-il écho auprès des têtes argentées ; encore faut-il que ces spectateurs consentent à aller voir un film d’animation sans bambin pour escorte – ce qui n’est pas, hélas, toujours gagné. Demeure un étonnement : pourquoi avoir attribué à Louise le timbre râpeux de Dominique Frot, alors que sa silhouette et son minois semblent avoir été calqués sur la douce Isa

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

cinéma | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, le réalisateur Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt pourtant avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; et un véritable un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Lundi 17 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre qu'est Ma vie de courgette ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Le film d'animation est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Louis Aragon en d’autres circonstances : ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentales, des maltraitances enfantines, d’énurésie (le pipi au lit), d’éveil à l’amour et à la sexualité… Un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, donc, attaquées de front, sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés

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"La Chouette entre veille et sommeil": chouette, des histoires!

ECRANS | de Arnaud Demuynck, Frits Standaert, Samuel Guénolé, Clementine Robach, Pascale Hecquet (Bel-Fr., 0h40) animation

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire dodo…Programme d’animation destiné au plus jeune des publics (dès 3 ans), cet assemblage de courts-métrages réalisé sous le patronage d’Arnaud Demuynck fait se succéder des talents aux partis pris graphiques très variés : on peut donc apprécier chaque film pour des raisons différentes. La relecture de La Soupe au caillou installe un sympathique bestiaire bariolé dans une ambiance de fête de quartier, celle de La Moufle joue sur la quiétude de la neige et du rêve ; quant à La Galette court toujours, elle reprend le Bonhomme de pain d’épice. Parents et enfants partageront sûrement quelques regards complices pendant Une autre paire de manche illustrant habilement tous les impérieux contretemps empêchant le jeune Arthur de se préparer le matin pour aller à l’école – on sent le vécu. Et n’invoqueront certes plus d’ovin pour trouver le sommeil après avoir ri aux éclats devant Compte les moutons

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Gilles Paris : « J’aime que d’autres s’accaparent mon univers »

ECRANS | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman "Autobiographie d’une courgette" de Gilles Paris est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Gilles Paris : « J’aime que d’autres s’accaparent mon univers »

C’est la seconde fois que votre roman est "adopté" (plus qu’adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles, du point de vue de l'auteur ? Assistez-vous de loin aux envols de ces Icare (Courgette est le surnom d'un enfant nommé Icare) ? Gilles Paris : Oui à la fois de loin – je laisse aux professionnels le soin d’adapter ce roman librement – et à la fois de près car je suis à la trace ce qu’ils font et je m’en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J’aime que d’autres s’accaparent mon univers pour y insérer le leur. Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l’animation, atténuent-ils la crudité du sujet ? La mort de la mère, par exemple, était difficile à traiter à l’image, ce que je comprends bien. C’est beaucoup plus "acceptable" dès le début du fil

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Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

ECRANS | Un "Harry Potter", un "Star Wars", un Marvel, un Loach Palme d’or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie, mais bel et bien face à la rentrée cinéma 2016. Une rentrée qui nous promet tout de même quelques belles surprises, plus ou moins tapies dans l'ombre. Tour d'horizon.

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur – exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Dans cette catégorie, les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter, et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Mystère... Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange – un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire à des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espérer un sou

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Voir ensemble : pour les petits et l’écran

ECRANS | Le festival de cinéma consacré au jeune public en est à sa quatrième édition. On détaille son (réjouissant) programme.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Voir ensemble : pour les petits et l’écran

En vertu de quel décret les adultes seraient-ils les seuls à profiter des joies d’un festival de cinéma ? Dévorer du film peut en effet se faire à tout âge, y compris au plus tendre. Les spectateurs du Méliès le savent d’autant mieux que la salle grenobloise propose chaque mois un film ciblé jeune public agrémenté d’une discussion, à l’occasion de son cycle Voir Ensemble… Lequel se transforme en dizaine festive durant les vacances de février. Programmant une trentaine d’œuvres dont la plupart récentes et la moitié en avant-première ou inédites, Voir Ensemble vaut autant par la qualité de sa sélection (l’art et essai est préféré au tout-venant des studios) que par la richesse des interventions attendues pour cette édition. Ouverte par son parrain Rémi Chayé, auteur de l’enthousiasmant Tout en haut du Monde, elle accueillera notamment le réalisateur-illustrateur Benjamin Renner, dont on reverra avec bonheur le tendre

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Tout en haut du monde

ECRANS | De Rémi Chayé (Fr, 1h20) animation

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Tout en haut du monde

Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Car même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, Dragons voire à L’Âge de glace, ces films souffrent tout de même d’un regrettable conformisme esthétique – quand ils ne succombent pas à certains tics et gimmicks narratifs. Comme si la créativité de leurs auteurs n’avait le droit de s’exprimer qu’à l’intérieur d’un champ clos produisant des fruits ronds, colorés et sucrés, à la saveur prévisible. De notre côté de l’Atlantique, les cinésates ont une autre approche. Parce qu’ils ne cherchent pas à rivaliser dans la restitution de la réalité (cette course à l’échalote technique servant d’argument aux films ayant les scénarios les plus pauvres), ils investissent l’écriture en traitant de sujets plus segmentants et moins glamour, tout en réfléchissant à la dimension plastique de leurs œuvres. Découvrir Tout en haut du monde, c’est avoir le regard ébloui par une bourrasque de pureté et de clarté. R

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Phantom Boy

ECRANS | Après "Une vie de chat", Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli livrent avec "Phantom Boy" un nouveau polar haut en couleur qui redynamise les défenses immunitaires de l’école européenne d’animation.

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Phantom Boy

Phénomène étrange chez Folimage : depuis qu’il est passé au long-métrage, Jacques-Rémy Girerd, le patron et fondateur du studio d’animation valentinois, réalise des films à l’esthétique disparate et aux scénarios de plus en plus bancals. Pour autant, et c’est heureux, la créativité ne tarit pas entre ses murs, où s’épanouissent d’autres cinéastes. Telle la paire Gagnol-Felicioli, dont la conquérante patte féline s’est posée sur les écrans avec Une vie de chat (2010). Un film brillant de mille audaces (parmi lesquelles une intrigue policière raffinée, un graphisme avant-gardiste empruntant au cubisme, une animation tout en souplesse) récompensé par un joli parcours en salles ainsi qu’une citation au César et à l’Oscar. Tant de qualités qu’on redoutait presque de voir émoussées dans leur nouvel opus Phantom Boy. Soulagement : elles sont intactes ! Le duo fait même preuve d’un joli culot en contant ici l’histoire de Leo, un petit New-Yorkais hospitalisé pour chimiothérapie, mais capable de "sortir de son corps" sous forme fantomatique pour aider un policier à sauver la "Big Apple" d’un odieux maître-chanteur. L’hôpital et ses fantômes

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Rentrée cinéma : il va y avoir de l’animation…

ECRANS | "​Le Petit Prince", adaptation de Saint-Exupéry qui, cet été, a ravi du public à "Vice-Versa" (et divisé la rédaction du Petit Bulletin), ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir : la fin 2015 s’annonce riche en productions animées enthousiasmantes. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : il va y avoir de l’animation…

Le temps où "film d’animation" avait pour étroit synonyme "dessinanimédeoualdisney" (en un seul mot) est définitivement révolu. Si la concurrence a fait son œuvre et créé de l’émulation là où le studio aux grandes oreilles vivait confortablement de sa rente, il serait illusoire de croire que les seules majors ont permis à l’animation de connaître son boum actuel : l’évolution des techniques, les alternatives soumises par les indépendants (en particulier en Europe et en Asie) ont fait naître chez les spectateurs le désir de voir d’autres images. Depuis, la mondialisation des talents a rempli son office ; une relative uniformisation contamine Hollywood, qui lorgne sur le modèle esthétique et narratif (gagnant) développé par Pixar. La pompe aspirante californienne recrute à tout-va, consacrant les animateurs qui s’assimilent à son modèle. Dernier exemple en date, le Français Pierre Coffin, réalisateur des Minions, tombeur du Mission Impossible de Tom Cruise cet été. Mais la nature a horreur du vide, et les dépar

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Voir et revoir le cinéma jeune public

ECRANS | Le festival Voir ensemble du Méliès propose cette année encore quinze jours de films jeune public judicieusement sélectionnés parmi l’actualité du genre, mais (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Voir et revoir le cinéma jeune public

Le festival Voir ensemble du Méliès propose cette année encore quinze jours de films jeune public judicieusement sélectionnés parmi l’actualité du genre, mais aussi dans son histoire, récente ou lointaine. Le parrain de cette édition n’est autre que le grand Jean-François Laguionie, un des maîtres de l’animation française, qui présentera son superbe Le Tableau ainsi que des images inédites de son prochain film, Louise en hiver, lors de l’ouverture du festival le 7 février. Ouverture qui se poursuivra avec l’avant-première du très attendu Shaun le mouton, nouvelle production des studios Aardman, reprenant le personnage de la fameuse série télé et sidekick comique d’un des plus fameux épisodes de Wallace et Gromit, Rasé de près. Des avant-premières, il y en aura d’autres au cours du festival, réunies dans une compétition où figure notamment l’excellent Spartacus et Cassandra, dont on vous parle page 4, mais aussi un inédit de Karel Zeman, le Méliès tchèque, Le Baron de Crac, tourné en 1961. Zeman sera aussi à l’honneur à travers un beau pr

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Un festival (pas si) jeune public

ECRANS | Bien plus qu’un festival jeune public, Voir ensemble propose, quinze jours durant au Méliès, de réfléchir autour d’un cinéma qui cherche à éveiller la curiosité des spectateurs, jeunes comme moins jeunes, avec un focus pour cette deuxième édition sur le son et la musique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

Un festival (pas si) jeune public

Vacances scolaires obligent, les festivals de cinéma jeune public prennent leurs quartiers dans les salles françaises. Certes, depuis l’instauration du tarif unique à 4€ pour les moins de 14 ans, c’est un peu la fête tout le temps pour les jeunes spectateurs, avec ce risque d’infantiliser toute la production et – ça a commencé – de voir les écrans truster par des films animés ineptes et régressifs. D’où l’utilité de Voir ensemble, le festival proposé par Le Méliès : son ambition n’est pas de compiler la production récente et à venir pour faire tourner le tiroir-caisse, mais bien de mettre en perspective les films présentés avec des stages, des rencontres et des soirées spéciales. Autre particularité : Voir ensemble ne cherche pas uniquement la nouveauté à tout crin, puisque cette édition n’hésite pas à proposer les copies neuves de trois classiques restaurés. D’abord Le Voyage de Chihiro, chef-d’œuvre qui consacra son auteur Hayao Miyazaki comme un des grands cinéastes de son temps grâce au Lion d’or obtenu à la Mostra de Venise – Lion qu’il a loupé, et c’est regrettable, avec son dernier et superbe

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Voir (et revoir) ensemble

CONNAITRE | Début ce mercredi du festival Voir ensemble consacré au cinéma jeune public, avec une programmation témoignant d’un bel éclectisme et d’une ouverture maximale sur le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Voir (et revoir) ensemble

Pour ceux qui pensent que le cinéma jeune public se résume à des grosses productions animées mais sans âme venues des studios hollywoodiens ou à des recueils de courts-métrages inégaux regroupés selon l’âge des enfants auxquels ils se destinent, le festival Voir ensemble remet les pendules à l’heure. Oui, les plus jeunes spectateurs ont aussi droit de succomber à la beauté filmique d’un Ozu, à l’humour slapstick de Jerry Lewis, au réalisme sentimental d’un Comencini et aux documentaires délicats de Nicolas Philibert. C’est tout le pari de Voir ensemble, festival qui prolonge l’action menée tout au long de l’année par le Méliès dans son programme d’éducation à l’image. Pas d’ornières donc dans la programmation, mais au contraire une ouverture maximale sur tous les âges du cinéma, pour tous les âges des spectateurs. Visions nipponnes Niveau contemporain, on ne peut que conseiller à nouveau quelques œuvres marquantes de ces derniers mois, Ernest et Célestine et

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Kirikou et les hommes et les femmes

ECRANS | De Michel Ocelot (Fr, 1h28) animation

Christophe Chabert | Lundi 1 octobre 2012

Kirikou et les hommes et les femmes

Troisième incursion dans l'univers de Michel Ocelot et ses contes africains, cette nouvelle série d'aventures de Kirikou suit les mêmes chemins vertueux que les films précédents. Déclinaison oblige, l'épisode, ou plutôt sa succession de petits récits, touche ici au vivre ensemble, à la communauté non moins repliée sur elle-même qu'ouverte sur le monde. Une gageure si l'on considère que chaque intrigue part d'un village de brousse avec une vingtaine d'habitants, sorcière incluse. Le résultat, inégal de par la qualité fluctuante des histoires (mais pas du style, qui n'a plus rien à prouver), assure toutefois le minimum philosophique et morale, avec ce manque de précision dans le déploiement narratif qui lui donne tout son charme. Altruisme, entraide, amitié, curiosité, transmission, apprentissage, Ocelot ne réinvente pas la nature des fables, mais dresse un générique non exhaustif de valeurs dont son petit personnage courageux fait joliment l'épreuve. Jérôme Dittmar

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Le maître et les élèves

CONNAITRE | Ce mercredi 7 décembre à 14h, le cinéma Le Méliès accueille le vétéran de l’animation française Jean-François Laguionie, à l'occasion de la projection de son nouveau (...)

Aurélien Martinez | Lundi 5 décembre 2011

Le maître et les élèves

Ce mercredi 7 décembre à 14h, le cinéma Le Méliès accueille le vétéran de l’animation française Jean-François Laguionie, à l'occasion de la projection de son nouveau film Le Tableau. Une œuvre d’un très grand raffinement comme nous l’écrivions lors de sa sortie il y a deux semaines (article sur notre site internet). Rencontrer le réalisateur, qui se fait très rare sur les écrans (L'Ile de Black Mór, son précédent film, était sorti en 2004), est donc une occasion en or pour appréhender toute la richesse de son art. Car derrière son esthétisme soigné proche d’un Paul Grimault, Jean-François Laguionie développe un discours fort et intelligent comme on en voit trop rarement dans les films destinés au jeune public. Dans Le Tableau, il divise ainsi une société en trois castes, où l’une, arrogante, dénigre le droits aux autres d’exister, les obligeant à se cacher. Les deux autres, évidemment, reproduisant entre elles les inégalités venues du dessus. AM

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Le Tableau

ECRANS | de Jean-François Laguionie (Fr, 1h16) animation

François Cau | Lundi 21 novembre 2011

Le Tableau

Vétéran de l'animation française, Jean-François Laguionie a acquis ses galons avec des films comme Gwen, le livre des sables ou plus récemment L'île de Black Mor. Aujourd'hui septuagénaire, le cinéaste tourne peu mais ses œuvres sont d'un raffinement égal à celles de son ami Paul Grimaut qui l'initia au genre. Objet rare donc, Le tableau l'est à double titre puisque sa beauté est un palais pour le regard. Son idée de génie est simple : rejouer la lutte des classes au sein d'un tableau inachevé où les personnages, finis, règnent sur les pas finis et autres croquis. Pour une histoire d'amour entre un garçon d'en haut et une fille d'en bas, trois d'entre eux, un de chaque rang, sortent du cadre pour retrouver ce peintre qui n'a pas terminé son travail. Ils explorent ainsi son atelier et passent de tableaux en tableaux, évoluant comme dans autant de réalités s'adaptant aux nuances de chacune des toiles. C'est un peu comme si Toy Story lisait Marx en rejouant la séquence du musée des Looney Tunes de Joe Dante. En ressort un film inventif, amusant, intelligent et dont les vertus pédagogiques n'écrasent jamais l'ambition poétique ou cinémato

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