Vendredi, on fête l'anniversaire de Juliet Berto à la Cinémathèque

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

« Sur les vieux écrans de soixante-huit / Vous étiez Chinoise, mangeuse de frites / Ferdinand Godard vous avait alpaguée / De l'autre côté du miroir d'un café » chantait Yves Simon en souvenir de Juliet Berto, comédienne grenobloise puis cinéaste qui aurait fêté ses 70 ans cette année.

La Cinémathèque rend hommage à cette icône de la Nouvelle Vague et "patronne" de sa salle en projetant son ultime réalisation, Havre (1984), où se croisent les silhouettes d'Alain Maneval, Joris Ivens, Tony Gatlif… Allez, partons cueillir des pâquerettes au pays des merveilles de Juliet vendredi 10 mars à 20h, au cinéma Juliet-Berto donc.


Havre

De Juliet Berto (1986, Fr, 1h30) avec Alain Maneval, Frédérique Jamet... Dans la pénombre du port, Lili, une toute jeune femme, serre dans ses bras son amant, qu'elle vient de perdre. Il inventait des jeux vidéo pour un trust japonais. Un gamin relève le défi de terminer celui qui reste inachevé.
Cinéma Juliet-Berto Passage de l'Ancien Palais de Justice Grenoble
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Made In Taïwan

Cycle | La Palme de l'originalité à la Cinémathèque de Grenoble : jeudi 12 et vendredi 13 mars, l'établissement programme une série de films taïwanais. De quoi surprendre... agréablement !

Damien Grimbert | Mardi 10 mars 2020

Made In Taïwan

C’était le genre d’événement à vous faire regretter de ne pas vivre à Paris : en avril dernier, la Cinémathèque française consacrait une impressionnante rétrospective au "cinéma de (mauvais) genre taïwanais" des années 60 à 80, composée de treize films rares et à peu près invisibles en toute autre circonstance. C’est donc peu dire que l’on est ravi du choix de la Cinémathèque de Grenoble de reprendre à son tour une partie de ce cycle jeudi 12 et vendredi 13 mars au cinéma Juliet-Berto, avec une sélection allant du film d’auteur contestataire (The Mountain, The End of the Track) au film de sabre en langue taïwanaise (The Vengeance of the Phoenix Sisters), en passant par la comédie sociale transgressive (The Elegant Mr Hu). Comme l’explique Wafa Ghermani, curatrice de la rétrospective, « le titre de la rétrospective joue sur la polysémie de l'expression mauvais genre. Il s'agit de mettre en avant des films qui tentaient de s'échapper de la chape du discours dominant imposé par le gouvernement nationaliste chinois en place. Les films officiels mettaient en scène une société idéale sous l'autorité du gouvernement. Les films

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Ciné-Club de Grenoble : putain, 50 ans !

ACTUS | En plein centre-ville de Grenoble, place Saint-André, se cache le cinéma Juliet Berto. Une très belle salle occupée par la Cinémathèque, mais aussi par le Ciné-Club de Grenoble, association qui fêtera ses cinquante ans en 2017. On est allés rencontrer deux de ses membres alors que sa nouvelle saison s’ouvrira mercredi 28 septembre avec la projection du légendaire "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola.

Aurélien Martinez | Mardi 20 septembre 2016

Ciné-Club de Grenoble : putain, 50 ans !

« On est sur une idée peut-être ancienne mais à laquelle on croit beaucoup : celle du partage du cinéma, celle de l’échange autour des films. » Voilà ce que nous dit Daniel Buisson, président du Ciné-Club de Grenoble, lorsqu’on lui demande à quoi sert un ciné-club aujourd’hui – on vous passe le couplet historique sur les mutations du monde du cinéma, mais c’est l’idée. Comprendre avec sa réponse qu’on est face à des cinéphiles militants, pour qui la séance de cinéma est un moment sacré propice au débat. Des débats que mènent chaque mercredi, à raison de 35 et 40 séances par an, les membres de l’association. « Quand on présente un film, c’est une illusion de croire que tout le monde dans la salle a vu le même. D’où la pertinence de ces débats. » Surtout que les films choisis, qu’ils soient du patrimoine ancien ou produits plus récemment (les prochaines semaines, on ira d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola au plus récent

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Alexis Bérar aux frontières du réel

ARTS | De sa photographie documentaire émane une réelle poésie empreinte d'une vision artistique qui lui est propre : le Grenoblois Alexis Bérar dévoile jusqu'à la fin du mois plusieurs séries, entre friches désaffectées et natures mortes, à la galerie Pygmaphore et à la galerie Ex Nihilo. Rendez-vous avec un objectif naturaliste.

Charline Corubolo | Mardi 13 octobre 2015

Alexis Bérar aux frontières du réel

D'une galerie à l'autre, de série en série, un thème évident s'impose dans les photographies d'Alexis Bérar : la trace, l'empreinte, manifestation d'un passage, dernier marqueur qui souligne désormais le vide habité. Et si le sujet traité à la galerie Pygmaphore est sensiblement différent de celui exposé à la galerie Ex Nihilo, une composante commune s'esquisse : une esthétique réaliste, à la lisière de la mise en scène, avec un seul objet traité par image. Dans ses clichés, l'artiste joue avec la réalité si bien que le trucage devient réel et le vrai semble artificiel. En cherchant des compositions particulières, Alexis Bérar s'emploie à documenter la nature avec un regard réinventé et interroge la fonction même du médium photographique, représentation parcellaire d'un vrai rendu subjectif par l'affect de qui l'immortalise. C'est avec ce questionnement et cette volonté d'archiver le territoire que le photographe a réalisé la série Un Havre et un ensemble dédié aux animaux. Réalité douce-amère À la galerie Pygmaphore, le Havre se dessine à travers ses lieux industriels désertés, vidés de toute présence hu

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La Cinémathèque rend hommage à Michel Warren

ECRANS | Le patron sera à l'honneur le temps d'une soirée où sera notamment projeté "La Chinoise" de Godard.

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

La Cinémathèque rend hommage à Michel Warren

On est presque sûr qu’il ronchonnerait à l’idée qu’un hommage lui soit rendu, prétextant que les films sont plus importants que lui. Mais il n’est plus là, hélas, pour faire entendre ses protestations. Mort au début de l’été, Michel Warren a été celui grâce à qui Grenoble peut s’enorgueillir aujourd’hui de posséder son festival de courts-métrages en plein air internationalement reconnu et une Cinémathèque des plus dynamiques. Elle en donne une preuve éclatante en inscrivant à son programme la même semaine un polar qui en a sous le capot, Bullitt de Peter Yates (lundi 19), ainsi que deux monstres : Welles et son Othello (jeudi 22) et Laurence Olivier et son Henry V (vendredi 23), ouvrant son cycle Shakespeare au cinéma. Entre les deux, la soirée dédiée à Michel Warren (mardi 20, dès 20h) ajoutera une touche d’éclectisme supplémentaire en proposant de revoir La Chinoise (1967, photo) de Godard. Pour l’import

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La Nuit fauve

ECRANS | Classique / Fils du grand Maurice Tourneur, cinéaste français ayant offert au muet hollywoodien quelques-unes de ses œuvres phares, Jacques Tourneur lui (...)

François Cau | Lundi 9 janvier 2012

La Nuit fauve

Classique / Fils du grand Maurice Tourneur, cinéaste français ayant offert au muet hollywoodien quelques-unes de ses œuvres phares, Jacques Tourneur lui emboîte le pas durant l’âge d’or des studios. S’associant avec le rusé mais avisé producteur Val Lewton, il lance sa carrière avec une trilogie de films «de peur» qu’il tourne pour la RKO, studio alors réputé pour ses budgets modestes et l’efficacité de ses techniciens. De fait, La Féline, Vaudou et L’Homme léopard compensent leur peu de moyens par une direction artistique inventive, une photographie faisant la part belle au clair-obscur, rehaussant le travail détaillé et méthodique sur les décors (en dur ou complétés par de superbes matte-paintings).Ce style convient parfaitement au projet de Tourneur, qui montre peu mais suggère beaucoup, promenant le spectateur dans des scénarios pas toujours grandioses (et forcément datés) en lui faisant miroiter la prochaine scène d’angoisse, pour le coup remarquable dans sa mise en scène. L’Homme léopard, dernier film de la trilogie, se déroule dans un Nouveau Mexique plein de castagnettes et d’amourettes mélodramatiques, de diseuses de bonne aventure et de flics nonchalants. Dans la premi

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Oh oui, exploite-moi

ECRANS | La nouvelle édition du Festival des Maudits Films enfonce le clou d’une ligne éditoriale aussi ludique qu’exigeante. En offrant la parole à d’authentiques passionnés de la chose cinématographique, en exhumant des bijoux méconnus du 7e art, et, in fine, en redonnant aux cinémas de genre et d’exploitation des lettres de noblesse qu’ils auraient toujours dû avoir. François Cau

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

Oh oui, exploite-moi

En septembre, on vous entretenait de la précarité toujours accrue du Centre Culturel Cinématographique, et incidemment de l’impact prévisible sur son événement phare annuel. Comme le soulignait la présidente du ciné-club historique grenoblois, un festival doit prendre de l’ampleur pour ne pas stagner puis disparaître. Si la compétition de longs-métrages n’est toujours pas à l’ordre du jour (celle des courts répond présent cette année encore), le corpus de sa programmation en revanche mérite moult louanges de la part de tout cinéphile se respectant un minimum. Pour vous donner une idée, si on était dans un teen movie américain, au beau milieu d’une assemblée, une personne se lèverait, regarderait le comité de sélection dans les yeux, et commencerait à frapper dans ses mains de la façon la plus sonore possible, entraînant rapidement le reste de la salle dans un tonnerre d’applaudissements. L’équipe du CCC avait d’ores et déjà démontré que son appréhension du cinéma de genre ne se limitait pas à surfer sur un engouement ludique, mais reposait bien sur une émulation poussée autour de la face trop souvent cachée et déconsidérée du cinéma. Artistes maudits Le caractè

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Le Havre

ECRANS | D’Aki Kaurismaki (Fr, 1h33) avec André Wilms, Kati Outinen…

François Cau | Vendredi 16 décembre 2011

Le Havre

Il y a comme une supercherie derrière les derniers films d’Aki Kaurismaki : le cinéaste, sous couvert d’épure à la Ozu, dissimule sous le tapis sa paresse et son désintérêt pour la mise en scène. Le Havre en est un exemple flagrant : le dialogue sonne faux d’un bout à l’autre, visiblement traduit à la va-vite du Finlandais au Français, langue que Kaurismaki n’a tout simplement pas l’air de comprendre. Idem pour les acteurs : on pourrait dire qu’ils jouent blanc, à la Bresson ; mais non, ils jouent mal, y compris les comédiens chevronnés que sont Wilms ou Darroussin. Mais le sommet de l’arnaque reste la manière d’inscrire le film dans une France de carte postale poussiéreuse et intemporelle, tout en cherchant à parler de son actualité. Quand, dans un même film, on voit des images de Brice Hortefeux au JT et un flic en long manteau de cuir noir façon milice de Vichy, on se demande ce qui, de la démagogie ou du manque criant d’inspiration, l’emporte. CC

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