Gloire au "Police fédérale Los Angeles" de William Friedkin

Reprise | Ce film sorti en 1985 et réalisé par le papa de "L'Exorciste" et de "French Connection" est à redécouvrir vendredi 24 mars au cinéma Arts et Plaisirs de Voreppe.

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Photo : Splendor Films


On a tendance à résumer le grand William Friedkin à ses faits d'armes glorieux des seventies tels que French Connection et The Exorcist. Il faut dire que les lendemains de Sorcerer ont été durs pour le wonder boy, cousin poissard de Michael Cimino, porté aux nues puis descendu violemment. Arrivent les années 1980 avec leur lot de kitsch et de mauvais goût, période oubliée du cinéaste qui contient pourtant quelques perles. Cinq ans après le controversé Cruising, Friedkin revient à ses premières amours et livre un polar halluciné.

To Live and die in LA (le titre original) raconte la poursuite que Richard Chance, flic violent, dirige contre le faussaire Rick Masters. Marqué par la mort d'un collègue, le ripou n'a aucun scrupule, prêt à tout pour coincer l'escroc...

Avec ce faux thriller mais véritable exercice de style assumé multipliant les clins d'œil à sa propre filmographie, Friedkin prend à bras le corps son sujet et organise un jeu de piste surprenant, tant dans le scénario que sa mise en scène. À ce titre, Petersen joue avec un malin plaisir le salaud, double cynique de Popeye Doyle. Tour de force logistique et de découpage, la scène incroyable de course-poursuite illustre bien cette profession de foi bouffonne et virtuose, commençant dans les petites ruelles pour exploser sur une autoroute à contre-sens.

Aujourd'hui, To live and die in LA possède une influence durable, largement reconnue, car sans cette oeuvre, pas de Drive, pas de jeux-vidéos GTA ou de Baby Driver, le prochain Edgar Wright. Une mine d'or noir pour fins connaisseurs.

Police fédérale Los Angeles
Au cinéma Arts et Plaisirs (Voreppe) vendredi 24 mars à 20h30


Police Fédérale, Los Angeles

De William Friedkin (1985, ÉU, 1h56) avec William L. Petersen, Willem Dafoe... Richard Chance est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters. Le jour où son coéquipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance va peu à peu dévier de la légalité pour parvenir à ses fins et régler ses comptes… dans un bain de sang.
Le Cap Place Armand Pugnot Voreppe
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Avec ce Killer Joe à la rage juvénile, William Friedkin, 77 ans, est de retour au sommet. Bug montrait déjà une hargne retrouvée, mais aussi des limites par rapport au matériau théâtral qu’il se contentait de transposer sagement à l’écran. L’auteur, Tracy Letts, est aussi celui de la pièce qui a inspiré Killer Joe ; cette fois, il a pris le temps de bosser avec Friedkin une vraie adaptation cinématographique, aérée et fluide. Choix plus que payant : le dialogue brillant de Letts trouve dans la mise en scène de Friedkin un allié de poids, le cinéaste étant trop content d’aller en découdre avec son thème de prédilection : l’omniprésence du mal. Killer Joe montre une famille de Texans dégénérés vivant dans un mobile home insalubre : le père apathique, la belle-mère nympho, le fils magouilleur et la fille candide, Dottie. Complètement fauchés, ils décident de mettre à mort la mère pour toucher son assurance-vie. Comme ils sont aussi lâches que méchants, ils font appel à un flic pourri pour commettre l’irréparable. Joe pose une condition : la virginité de Dottie en guise de caution. Si l’innocente Dottie devient naturellement la victime de la cupid

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