"The Passenger" : hors du train-train quotidien

ECRANS | de Jaume Collet-Serra (E.-U.-Fr.-G.-B., 1h43) avec Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Photo : Studiocanal GmbH / Jay Maidment


Ancien flic reconverti dans les assurances, Michael est brutalement viré. Le même jour, ce fringant sexagénaire voit sa routine chamboulée dans son train de banlieue quand une inconnue lui propose un étrange marché. À la clé, beaucoup d'argent. Mais aussi des dangers potentiels…

Jaume Collet-Serra serait-il devenu pour Liam Neeson ce que J. Lee Thompson fut pour Charles Bronson – un réalisateur transmutant jusqu'à plus soif un type ordinaire harcelé par des malfaisants en surhomme capable de sauver la planète ? Relativisons : Neeson est moins ouvertement justicier que Bronson, et semble plutôt pousser pour leur quatrième collaboration son personnage du côté des Tom Hanks/Harrison Ford : toute l'ouverture est une tentative en ellipses "pixariennes" pour l'ancrer dans sa monotonie consentie de banlieusard. Ensuite, la victime idéale se transforme bourreur de pifs expert.

Si Collet-Serra maîtrise son espace contraint (en un seul mot), il succombe à la tentation de la surenchère, perdant dans les vingt dernières minutes le bénéfice de l'armature sociale et humaine, ainsi que de son suspense à l'ancienne. Plus sec, sans rebondissements inutiles car attendus, le voyage eût été meilleur.


The Passenger

De Jaume Collet-Serra (ÉU-Fr, 1h45) avec Liam Neeson, Vera Farmiga... Comme tous les jours après son travail, Michael MacCauley (Liam Neeson) prend le train de banlieue qui le ramène chez lui. Mais aujourd’hui, son trajet quotidien va prendre une toute autre tournure. Après avoir reçu l’appel d’un mystérieux inconnu, il est forcé d’identifier un passager caché dans le train, avant le dernier arrêt. Alors qu’il se bat contre la montre pour résoudre cette énigme, il se retrouve pris dans un terrible engrenage. Une conspiration qui devient une question de vie ou de mort, pour lui ainsi que pour tous les autres passagers !
Cinéma Le Camion Rouge 1, rue Étienne Mimard Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Liam Neeson : « Ma vie pendant le tournage de "The Passenger" était monastique »

ECRANS | Regard bleu mélancolie et silhouette émaciée, Liam Neeson marque une pause pour évoquer sa nouvelle course contre la montre à grande vitesse dans "The Passenger". En voiture s’il vous plaît…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Liam Neeson : « Ma vie pendant le tournage de

C’est la quatrième fois que vous travaillez avec Jaume Collet-Serra ; dans quelle mesure parvenez-vous à vous surprendre mutuellement ? Liam Neeson : Nous ne nous surprenons pas vraiment. En tout cas, à chaque fois c’est de plus en plus facile pour nous de travailler ensemble et nous sommes de plus en plus proches. On ne cherche pas à suranalyser chaque chose ni des motivations aux personnages ; on est tout de suite dans le concret. J’arrive sur le tournage, on regarde les mouvements de caméra, et puis on met en boîte – c’est aussi simple que cela. Sauf s’il y a une scène un peu plus complexe, auquel cas on fait une répétition. Nous aimons notre énergie mutuelle. L’équipe le perçoit ; elle sait qu’on ne va pas attendre jusqu’à la cinquième prise. Et puis, il est très inventif ; sa caméra est au service de l’histoire et j’adore ça. Après Non Stop, il m’a fait passer d’un avion à un train – j’étais curieux de savoir comment il allait filmer. Et l’on va recommencer pour notre cinquième film ensemble, dans un espace encore plus petit : un placard (sourires). Non, en fait je ne peux pas encore en parler.

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"Silence" : du doute, pour une foi

ECRANS | En relatant le chemin de croix de jésuites du XVIIe siècle éprouvant leur foi en évangélisant un Japon rétif à la conversion, Scorsese le contemplatif explore ici sa face mystique — ce nécessaire ubac permettant à son œuvre d’atteindre des sommets.

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Loin d’être monochromatique, la filmographie de Scorsese reflète depuis toujours une admiration conjointe pour deux mondes ritualisés : le temporel des truands et le spirituel des religieux. S’il n’y a guère de malfrats dans Silence, on y découvre toutefois quelques châtiments pratiqués par les autorités nippones sur les chrétiens refusant d’apostasier, et que des mafieux trouveraient à leur goût ! La violence des confrontations entre ces deux univers autour de la notion de foi ne pouvait que fasciner le réalisateur de Taxi Driver et de Casino. Pour autant, Silence ne s’inscrit pas dans la veine stylistique des Infiltrés ou des Affranchis : la question intérieure et méditative prime sur la frénésie exaltée. Lent, posé, d’inspiration asiatique dans sa facture, il se rapproche du semi ésotérique Kundun (1997). Chacun sa croix Débutant par la recherche d’un missionnaire porté disparu, Silence se poursuit par une succession d’introspections pour le père Rodrigues parti sur ses traces. Feindre une abjuration

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Martin Scorsese : « Je vis toujours avec Silence »

ECRANS | Lors de son bref passage en France, Martin Scorsese a brisé le silence pour évoquer celui qui donne le titre à son nouveau film. Morceaux choisis et propos rapportés…

Vincent Raymond | Vendredi 3 février 2017

Martin Scorsese : « Je vis toujours avec Silence »

Votre titre est accompagné au générique de début par un réel silence. Doit-il s’entendre comme un constat ou une injonction ? C’est une façon d’attirer l’attention du spectateur, mais aussi une forme de méditation intime, car ce film exige une concentration du public. Nous venons tous du silence et nous allons tous y retourner ; alors autant s’y habituer et s’y sentir bien. Qu’est-ce qui vous a autant attiré dans le livre de Shūsaku Endō ? J’ai été attiré — obsédé, devrais-je dire — par l’histoire qu’il raconte. Pour moi, il parle d’une manière extraordinaire de la façon d’accepter la spiritualité qui est en nous. Sa résonance est toute particulière de nos jours, alors que le monde rencontre de grands changements technologiques et que des faits horribles se déroulent. J’espère que cette histoire, et donc le film, pourra ouvrir un dialogue en montrant que la spiritualité existe, puisqu’elle est une part intégrante de notre humanité profonde. Vous avez porté ce projet plusieurs décennies. Que ressentez-vous à présent qu’il est achevé ? Cela a duré longtemps, en effet. J’ignorais c

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Insidious chapitre 2

ECRANS | Après la somme qu’était "Conjuring", James Wan allait-il faire avec ce deuxième "Insidious" le film d’horreur de trop ? Que nenni ! Passée une maladroite introduction, ce chapitre 2 s’avère au contraire son film le plus fou, baroque et expérimental. Un grand cinéaste, cette fois, c’est sûr ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 octobre 2013

Insidious chapitre 2

James Wan n’en a pas fait mystère, Insidious chapitre 2 marque ses adieux au genre qui l’a rendu célèbre : le film d’épouvante. Il peut passer à autre chose l’esprit tranquille : il lui a rendu ses lettres de noblesse et parvient même, dans son ultime effort, à en pousser encore les murs. Deux mois à peine après la sortie de Conjuring et son succès planétaire, il y avait pourtant un petit risque : comment surpasser sa magistrale première heure, aboutissement de la méthode Wan fondée sur la suggestion et le contrôle de l’espace, du temps et des mouvements d’appareil pour créer des climats d’angoisse vintage d’une efficacité redoutable ? Le début d’Insidious chapitre 2 laisse penser qu’en effet, le cinéaste signe peut-être ici son film de trop. Si cette première demi-heure fait peur, c’est plus pour son côté débraillé et sa façon d’embrayer sans conviction sur la conclusion du premier volet que par ses instants de terreur. Peu inspirée, la mise en scène arrive tout juste à faire sursauter avec l’habituel et pour la première foi

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Conjuring : les dossiers Warren

ECRANS | Même un cran en dessous de ses précédentes réalisations, "Conjuring" confirme James Wan comme le nouveau héros du cinéma de genre, capable de le prendre au sérieux et de lui rendre son essence terrifiante par une mise en scène fondée sur la suggestion et le sens de l’espace. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 août 2013

Conjuring : les dossiers Warren

L’accueil dithyrambique réservé aux États-Unis par la presse comme par les spectateurs à Conjuring en dit assez long sur la frustration générale provoquée par le cinéma de terreur ces dernières années. On peut résumer ces réactions à une formule simple : enfin un film qui fait vraiment peur. On ne leur donnera pas tort, car Conjuring possède en effet des moments absolument effrayants, provoqués par des visions à vous faire dresser les cheveux sur la tête et une gestion de l’angoisse à déchirer ses accoudoirs. Le vrai prodige du film, cependant, réside dans le fait que James Wan n’y joue jamais la surenchère et se refuse à verser dans les scories récentes du cinéma d’horreur. La mode du found footage, ces faux documentaires dont le bidonnage était tellement manifeste qu’il provoquait plus l’embarras que l’effroi, est même raillée dès le prologue, qui raconte une première enquête des époux Warren, chercheurs en phénomènes paranormaux, autour d’une poupée possédée par une force maléfique. Démarrée sur un classique entretien avec les victimes, poursuivie par un flashback reconstituant les événements, la séquence s’achève sur la projection desdites

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Sans identité

ECRANS | De Jaume Collet-Serra (ÉU-Fr-All-Ang-Jap, 1h50) avec Liam Neeson, Diane Kruger…

François Cau | Jeudi 24 février 2011

Sans identité

Série B modeste et efficace, Sans identité marche sur les pas de Jason Bourne, mais Collet-Serra, artisan consciencieux, s’en démarque en ne cherchant pas à faire du Paul Greengrass. Soit un scénario astucieux où un médecin invité avec sa femme à un colloque en Allemagne se retrouve, après un spectaculaire accident, dépossédé de son identité. Le casse-tête conduit à un amusant circuit policier dans Berlin, entre Histoire oubliée (Ganz en ex-agent de la STASI a quelques répliques assassines) et contemporanéité hallucinée, le tout ponctué de climax filmés avec classicisme et retenue. Le combat final, qui préfère la continuité visuelle au surdécoupage, ferait presque penser à du MacTiernan. Rien de révolutionnaire là-dedans, mais en matière de divertissement, Sans identité est loin d’être honteux. CC

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