Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Photo : Ville de Grenoble


L'Ascension

Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert)
Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d'Hères (terrain sportif Henri Maurice)
Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville)
Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC)

L'an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l'air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l'histoire d'un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l'assaut de l'Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique…


Ma vie de courgette

Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya)
Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l'Ancien Évêché)
Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage)
Jeudi 2 août à Crolles

Là, on est sur l'un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son aptitude à évoquer des sujets lourds jadis considérés comme tabous sans s'appesantir. Soit l'histoire d'une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir. Une réussite, signée Claude Barras et merveilleusement écrite par Céline Sciamma, qui illustre l'indiscutable polyvalence du cinéma d'animation en témoignant de la vigueur de ses talents européens. Déjà salué par les professionnels et le public, Courgette a déjà gagné l'aura d'un classique contemporain. Foncez si vous ne l'avez pas encore vu.


Le Grand méchant renard et autres contes

Vendredi 13 juillet à Grenoble (parvis du Plateau)
Mercredi 18 juillet à Grenoble (parc Hoche)
Vendredi 20 juillet à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville)

Mardi 24 juillet à Grenoble (parc Ouagadougou)

Révélé par le tendre Ernest et Célestine, le réalisateur Benjamin Renner est revenu l'an passé avec un projet qu'il a cette fois couvé depuis l'œuf : une lointaine (et désopilante) relecture du Roman de Renart, mâtinée de Konrad Lorenz (biologiste et zoologiste autrichien) et de Robert McKimson (réalisateur et producteur étasunien). Une nouvelle réussite qui parle autant aux enfants qu'aux adultes grâce à ses différents niveaux de lecture possibles.


Princess Bride

Mercredi 18 juillet à Échirolles (parc Géo-Charles)

Ce petit bijou de la fin des années 1980 signé Rob Reiner est centré sur l'histoire d'amour de Bouton d'Or et de l'intrépide Westley qui nous est narrée par un grand-père soucieux d'éloigner son petit-fils du poste de télévision… Récit ironique mais jamais condescendant vis-à-vis de ses personnages, Princess Bride est un film attachant plus que de raison, au casting impeccable, et fortement recommandé pour quiconque sent son âme d'enfant, ou son âme tout court, lui échapper.


Il a déjà tes yeux

Mercredi 25 juillet à Fontaine (parc Pierre Villon)
Jeudi 26 juillet à Eybens (école du Val)

Paul et Sali s'aiment, viennent d'ouvrir leur magasin, d'acheter leur maison et rêvent de parachever leur bonheur en étant parents. La nature étant contrariante, ils recourent aux services sociaux leur proposant d'adopter Benjamin, un blondinet, alors qu'eux sont noirs. C'est la joie pour Paul et Sali ; pas pour leur entourage… L'an passé, le réalisateur et comédien Lucien Jean-Baptiste sortait cette comédie plutôt réussie grâce à un regard qui se révèle extrêmement pertinent sur les présupposés sociétaux.


Tous en scène

Vendredi 27 juillet à Échirolles (MJC Desnos)

En 2017 sortait sur les écrans ce film d'animation sur un koala directeur de théâtre qui mise sur un concours de chant ouvert aux amateurs. Une succession de mésaventures lui rend la chose plus ardue que prévue, alors même qu'il a réuni une troupe de talents hors du commun… Une efficace et entraînante comédie, bien moins bébête et puérile que le cadre référentiel (l'engouement autour des télé-crochets musicaux) ne le laissait craindre.


Ce qui nous lie

Vendredi 10 août à Saint-Martin-d'Uriage

Dix ans après avoir laissé sa Bourgogne pour courir le monde, Jean (Pio Marmaï) s'en revient au domaine viticole familial, alors que son père agonise. Oubliant rancune et rancœur, dépassant les tracas administratifs, il s'emploie avec sa sœur (Ana Girardot) et son frère (François Civil) à réussir le meilleur vin possible. Le travail d'un an, le travail de leur vie… Métaphore liquide du temps et de la quintessence des souvenirs précieux, le (bon) vin a trouvé en Cédric Klapisch un admirateur inspiré. Un millésime 2017 de qualité.


Captain Fantastic

Mardi 21 août à Fontaine (parc Jean Moulin)

Un père de famille survivaliste radical se résigne à quitter sa forêt avec ses six enfants pour assister aux obsèques de son épouse – leur mère. En découle une confrontation initiatique avec la prétendue "civilisation", ainsi que les proches de la défunte, hostiles à son choix d'existence… Une très belle surprise tout public sortie en 2016 qui tranche avec ces faux films indé fabriqués par les studios dégueulant de mièvrerie et d'archétypes middle-class.


La La Land

Vendredi 24 août à Saint-Martin-d'Uriage
Mercredi 29 août à Saint-Nazaire-les-Eymes

C'est l'un des films qui a marqué 2017. À Los Angeles, cité de tous les possibles et des destins brisés, le réalisateur Damien Chazelle a déroulé l'histoire en cinq saisons de Mia (Emma Stone), aspirante actrice, et Seb (Ryan Gosling), qui ambitionne d'ouvrir son club de jazz. Un pas de deux acidulé qui n'est pas le chef-d'œuvre du siècle, mais qui se danse avec plaisir – quelle scène d'ouverture !


Munich

Samedi 25 août à Grenoble (Musée dauphinois)

Munich, pendant les Jeux olympiques de 1972. Un commando de l'organisation palestinienne Septembre noir prend en otage onze athlètes israéliens. L'issue sera sanglante. Un agent du Mossad sera alors chargé de diriger un commando vengeur… Sorti en 2006, ce film signé Steven Spielberg dépasse paradoxalement le cadre lourd de la période et du conflit qu'il convoque, le réalisateur livrant une sorte d'ode à l'inutilité de la violence. Et, surtout, et même avant tout, une ambitieuse œuvre de cinéma, avec suspense à la clé.


Patients

Vendredi 31 août à Saint-Martin-d'Hères (parc Jo Blanchon)

Joli succès (et même quatre nominations aux derniers César – mais zéro statuette) pour le premier film de Grand Corps Malade qui a porté à l'écran le combat d'une vie, combat déjà romancé dans le livre homonyme. Le film narre ainsi sur une année l'histoire de Ben (brillant Pablo Pauly), transporté au centre de rééducation Coubert après un grave accident le laissant partiellement tétraplégique. C'est le début d'une longue lutte bardée d'amitiés, de peines et d'amour pour retrouver son autonomie.


Nausicaä de la vallée du vent

Vendredi 31 août à Grenoble (Musée de la Résistance)

L'un des premiers chefs-d'œuvre d'Hayao Miyazaki, cinéaste japonais qui réalisa ensuite des films cultes comme Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké ou encore Le Voyage de Chihiro. Soit une fable écologiste (dans un univers post-apocalyptique, les habitants de la petite vallée du vent tentent de survivre entre l'avancée de la forêt toxique et l'agression de leurs puissants voisins) dont l'animation légèrement surannée (le film a tout de même 25 ans) n'entache jamais la prodigieuse puissance d'évocation.

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"Ce qui nous lie" : millésime de qualité pour Cédric Klapisch

ECRANS | D’une vendange à l’autre, une fratrie renoue autour du domaine familial… Métaphore liquide du temps et de la quintessence des souvenirs précieux, le (bon) vin trouve en Cédric Klapisch un admirateur inspiré. Un millésime de qualité, après une série de crus inégaux.

Vincent Raymond | Lundi 12 juin 2017

Dix ans après avoir laissé sa Bourgogne pour courir le monde, Jean (Pio Marmaï) s’en revient au domaine viticole familial, alors que son père agonise. Oubliant rancune et rancœur, dépassant les tracas administratifs, il s’emploie avec sa sœur (Ana Girardot) et son frère (François Civil) à réussir le meilleur vin possible. Le travail d’un an, le travail de leur vie… Loin de délaisser la caméra ces mois passés (il a en effet enchaîné pour la télévision la création de la série Dix pour cent et des documentaires consacrés à Renaud Lavillenie) Cédric Klapisch a pourtant pris son temps avant de revenir à la fiction sur grand écran. Une sage décision, au regard de ses dernières réalisations : sa sur-suite facultative et paresseuse à L’Auberge espagnole en mode cash-machine ou son recours systématique au film choral néo-lelouchien constituaient autant de symptômes d’un essoufflement préoccupant.

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Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec du rien »

Interview | On a rencontré le fameux réalisateur qui, avec "Ce qui nous lie", livre un beau drame familial autour du vin.

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec du rien »

Qu’est-ce qui, dans Ce qui nous lie, vous a amené à parler du vin et de la transmission aujourd’hui ? Cédric Klapisch : C’est toujours compliqué de savoir pourquoi l’on fait un film. En tout cas, c’est sûr que le vin m’intéresse, pas seulement parce que je l’aime mais parce que c’est un produit qui contient du temps. Je voulais terminer par quelqu’un qui boit un verre de vin contenant tout ce que l’on a vu dans le film, mais j’ai placé ce plan assez tôt. Les personnages boivent le vin de leur grand-père, de leur père… On sent que dans le verre, il y a une personne qui s’est exprimée. Au-delà de ça, le film raconte que le vin est à la fois un savoir-faire que l’on apprend par ses parents, un terroir, tellement de choses qui n’existent dans aucun autre produit. Le vin a quelque chose de mythologique, avec des dieux (Dionysos, Bacchus) très signifiants, qui mélangent la raison et le côté irrationnel. Bref, des choses assez complexes. Étrangement, le

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"Patients" : subtil et sincère Grand Corps Malade

ECRANS | de Grand Corps Malade et Mehdi Idir (Fr, 1h50) avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Nailia Harzoune…

Julien Homère | Mardi 28 février 2017

Avec Mehdi Idir, Grand Corps Malade porte à l’écran le combat d’une vie, qu’il avait déjà romancé dans le livre homonyme Patients. Le film narre sur une année l’histoire de Ben (brillant Pablo Pauly), transporté au centre de rééducation Coubert après un grave accident le laissant partiellement tétraplégique. C’est le début d’une longue lutte bardée d’amitiés, de peines et d’amour pour retrouver son autonomie. NTM et Lunatic en clins d’œil musicaux générationnels à l’appui, les réalisateurs montrent le quotidien par moment insoutenable des malades. S’ouvrant sur une vision subjective clinique, la mise en scène privilégie une forme immersive à l’opposé du format documentaire. Une absence de prétention qui rend le propos sincère et ne le fait pas tomber dans le misérabilisme. Aucune des questions sensibles n’est évitée : suis-je toujours un être humain ? Puis-je tomber amoureux ? Puis-je faire seul mes besoins ? Ai-je un avenir ? En somme, le récit arrive à être touchant sans être plombant, dur sans être dramatique, à la recherche d’un équilibre subtil entre rires et larmes.

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Grand Corps Malade : « Je suis un très grand optimiste »

Interview | « L’important ce n’est pas la chute mais l’atterrissage. » Avec Mehdi Idir, Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade raconte le combat d’êtres brisés par la vie, dans un film adapté de son livre autobiographique "Patients". Diagnostic à échelle humaine d’une jeunesse aux espoirs figés.

Julien Homère | Mardi 28 février 2017

Grand Corps Malade : « Je suis un très grand optimiste »

Comment, dans votre film Patients, vouliez-vous faire ressentir visuellement la violence psychologique du handicap ? Mehdi Idir : On a décidé de ne pas en faire un documentaire. On filme à hauteur de fauteuil et les valides sont montrés en contre-plongée : c’était notre parti pris. La réalisation a découlé du centre de rééducation, avec ses couloirs interminables et ses lignes. Pour cette raison, le début est fait de plans très serrés, comme l’introduction en vue subjective, qui jouent sur les cadrages pour ressentir l’enfermement du personnage jusqu’à ce qu’il arrive dans le fauteuil : là, l’image s’élargit. Pourquoi ne pas avoir choisi des stars pour les rôles principaux ? MI : Parce qu’avec Fabien, on se matte beaucoup de films français et les mêmes visages reviennent toujours : ça nous énerve. En faisant ce film, je cherchais de nouvelles têtes pour montrer un vivier de talents inexploités. Grand Corps Malade

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Ensemble, c’est tout (animé) !

Festival / Du mercredi 22 février au samedi 4 mars | Soufflant cette année ses cinq bougies, Voir Ensemble, l’excellent festival jeune public organisé par le cinéma le Méliès, s'est construit une solide réputation d'oasis poétique et éducative pour toute la famille. Le programmateur Marco Gentil nous présente son (déjà grand) "bébé".

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Ensemble, c’est tout (animé) !

Concevoir, rassembler, unir, découvrir, transmettre… Tels sont les termes qui reviennent le plus dans la bouche de Marco Gentil, le programmateur de Voir Ensemble, pour définir ce festival organisé par le cinéma le Méliès depuis 2013. Tout est parti d’une ambition assumée : transformer Les Rencontres cinématographiques en un “vrai” festival, intégrant une compétition et des films inédits. « L’idée première, la notion centrale, c’était “se voir ensemble” ; grâce à cette spécificité de la salle de cinéma qui permet de découvrir des films avec d’autres spectateurs et de partager des émotions. » Un projet en résonance avec la ligne éditoriale du Méliès – lequel fait partie de La Ligue de l’Enseignement de l’Isère et propose tout au long de l’année moult rendez-vous autour de l’éducation à l’image. Pour les petits et l’écran L’avénement de Voir Ensemble s’inscrit dans un contexte actuel des plus favorables pour le cinéma d’animation. Longtemps ghettoïsé, ce dernier séduit aujourd’hui séduit un public grandissant grâce à son inépuisable capacité d’émerveillement et d’intelligence : le succès dans les salles (pl

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"La La Land" : vintage d’or hollywoodien

ECRANS | À Los Angeles, cité de tous les possibles et des destins brisés, Damien Chazelle déroule l’histoire en cinq saisons de Mia (Emma Stone), aspirante actrice, et Seb (Ryan Gosling), qui ambitionne d’ouvrir son club de jazz. Un pas de deux acidulé vers la gloire, voire l’amour réglé à l’ancienne, par l’auteur du pourtant très contemporain "Whiplash". Un aspirateur à Oscars ?

Vincent Raymond | Lundi 23 janvier 2017

N’est-il est agréable, parfois, de se rencogner dans de vieux vêtements assouplis par le temps, de déguster un mets régressif ou de revoir un film jadis adoré ? Ces doux instants où l’on semble s’installer au-dedans de soi procurent un réconfort magique… à condition qu’ils demeurent brefs. Plaisant à visiter, la nostalgie est ce territoire paradoxal où il est déconseillé de s’attarder, au risque de se trouver prisonnier de ses charmes trop bien connus. Lorsqu’un artiste succombe à la tentation de ressusciter le passé par le simulacre, il s’attire de bien faciles sympathies : celles des résidents à plein temps dans le "c’était-mieux-avant", auxquels se joignent les fervents amateurs des univers qu’il cite ou reproduit – ici, un canevas digne de Stanley Donen / Gene Kelly, habillé de tonalités musicales et colorées à la Jacques Demy / Michel Legrand, émaillé de jolis tableaux façon Leonard Bernstein / Jerome Robbins ou Vincente Minnelli. Je m’voyais déjà… Attention, il ne s’agit pas de minorer ni les mérites ni le talent de Damien Chazelle : La La Land s’avère un très honorable hommage au genre comédie musicale comme à la l

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"Tous en scène" : music-animal animé

ECRANS | de Garth Jennings (E.-U., 1h48) animation

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Pour sauver son théâtre d’une ultime faillite, Buster le koala mise sur un concours de chant ouvert aux amateurs. Une succession de mésaventures lui rend la chose plus ardue que prévue, alors même qu’il a réuni une troupe de talents hors du commun… Les studios Illumination (incubateurs des Minions) savent souffler le froid et le chaud avec les animaux : au consternant Comme des bêtes sorti l’été dernier succède ici en effet une efficace et entraînante comédie, bien moins bébête et puérile que le cadre référentiel (l’engouement autour des télé-crochets musicaux) ne le laissait craindre. L’absence de clins d’œil à outrance, d’un trop-plein de parodies ou d’allusions à des demi-stars vaguement dans l’air du temps contribue à la réussite de l’ensemble, qui tire avant tout parti de ses ressources propres : son intrigue et ses personnages, aux caractéristiques adroitement dessinés. Même les voix françaises font preuve d’une tempérance bienvenue ! Cela dit, il n’y a pas de quoi être étonné : un film encadré pa

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Avec "Il a déjà tes yeux", Lucien Jean-Baptiste élève la comédie française

ECRANS | de et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr., 1h35) avec également Aïssa Maïga, Zabou Breitman, Vincent Elbaz…

Vincent Raymond | Lundi 16 janvier 2017

Avec

Paul et Sali s’aiment, viennent d’ouvrir leur magasin, d’acheter leur maison et rêvent de parachever leur bonheur en étant parents. La nature étant contrariante, ils recourent aux services sociaux leur proposant d’adopter Benjamin, un blondinet, alors qu’eux sont noirs. C’est la joie pour Paul et Sali ; pas pour leur entourage… Lucien Jean-Baptiste a trouvé là un excellent sujet, sans doute le meilleur depuis 30° Couleur : un thème de conte philosophique adapté en comédie de situation. N’étaient quelques invraisemblances grossières (un couple de commerçants débutants et, en théorie, sans fortune disposant d’un emploi du temps aussi souple qu’une gymnaste olympique, voilà qui défie le bon sens), le regard se révèle extrêmement pertinent sur les présupposés sociétaux : la norme n’est, bien souvent, qu’une question d’habitude (voir l’hilarante séquence dans la salle d’attente de la pédiatre), et la plupart des évolutions sont freinées par la peur de l’inconnu. Croquant avec gourmandise tous les travers, le comédien-cinéaste joue adroitement avec les particularismes culturels africains (convivialité d’immeuble, tchipage

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Soirées pré-Oscars avec "La La Land" et "Jackie"

Avant-premières | Deux gros événements cinéma à venir : samedi 21 janvier, "La La Land" sera en avant-première dans plusieurs cinémas de la ville. Et le mardi 24 janvier, c'est "Jackie" que les spectateurs du Club pourront découvrir avant sa sortie officielle. De quoi se préparer en beauté pour la cérémonie du 26 février.

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Soirées pré-Oscars avec

À présent que les Golden Globes ont été remis, couronnant d'un septuor inédit de statuettes la comédie musicale La La Land de Damien Chazelle (réalisateur du fameux Whiplash), la cote du film pour les Oscars monte plus haut que le contre-ut de la Reine de la Nuit. Et le désir pour nous public de le voir avant sa sortie prévue la semaine prochaine, le mercredi 25 janvier, également. Le distributeur SND l'a bien compris ; aussi a-t-il consenti à programmer une batterie d'avant-premières un peu partout en France, histoire d'étancher les impatiences et d'alimenter davantage le bouche à oreille. Détail amusant : elles ont toutes lieu au même moment, samedi à 19h30. Quant à Jackie de Pablo Larrain, biopic de Mme Bouvier-Kennedy-Onassis, il a déjà fait forte impression à Venise, et pourrait valoir selon les échotiers un second trophée à Natalie Portman après celui remporté pour The Black Swan. Quoi qu’il en soit, le public hexagonal pourra se faire sa propre opinion avant la cérémonie prévue le 26 février,

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Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Panorama 2017 | Les distributeurs ont l’esprit joueur. Ou plutôt jouteur : à la manière des programmateurs des chaînes de télé, ils ont composé un mois de janvier truffé de petits duels et de combats singuliers. Une manière très… confraternelle de (se) souhaiter la bonne année…

Vincent Raymond | Lundi 2 janvier 2017

Rentrée cinéma 2017 : face (à face) à la nouvelle année

Comme si les vraies rivalités et les confrontations sérieuses du monde réel ne suffisaient pas, voilà qu’on invente des escarmouches pour les files d’attente des cinémas ! Et qu’on ne brandisse pas, pour les justifier, le prétexte d’une fréquentation à stimuler par "l’émulation" : revendiquant plus de 210 millions d’entrées réalisées en 2016, le secteur s’est rarement aussi bien porté. De telles chicaneries, ça a tout de même un petit air de cour de récré, non ? À hauteur d'ados Rayons enfantillages, Hélène Angel ouvre le bal avec Primaire (ce mercredi 4 janvier) qui fait de Sara Forestier une instit’ surinvestie prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon… au grand dam de son propre fils. On retrouve, actualisé, l’un des thèmes de L’Argent de poche (1975) de Truffaut, centré ici sur l’enseignant et amendé d’une inutile fable sentimentale avec un Vincent Elbaz peu crédible en livreur fruste. Plus convaincant est Jamais contente de Émilie Deleuze (11 janvier), adaptation de Marie Desplechin sur les désarrois d’une ado redoublante, mal dans sa peau en fami

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PB d'or 2016 : cinéma

C'était 2016... | Il a suffi d’un rapide sondage au sein de la rédaction pour retenir, parmi les centaines de longs-métrages sortis en 2016, une dérisoire poignée de favoris.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : cinéma

Le PB d'or du film de l'année : Ma vie de Courgette Ils sont quatre à avoir suscité un enthousiasme partagé au PB et à avoir triomphé de l’épreuve du temps – les autres films se fondant dans un indistinct profond, des bobines "à oublier" (le destin ordinaire de toute franchise comique ou d’action parvenant au numéro 3) aux "sans plus" (les bons films, sans plus), en passant par les "bof", le si large ventre mou de la production mondiale. On ne s’étonnera pas de la surreprésentation de films sortis depuis la rentrée de septembre dans notre quatuor final : passée cette gare de triage pour le cinéma d’auteur qu’est le Festival de Cannes, le second semestre regorge de pépites... Pas de podium donc, mais trois films pailletés d’or, plus un davantage doré que les autres ; quatre approches complémentaires du cinéma. En juin, avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn a rappellé comme Gaspar Noé que le 7e art peut (doit) être un langage artistique à part, et qu’il convient d’en explorer ses

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Grand Corps Malade sera mardi au Pathé Échirolles

ECRANS | Fabien Marsaud avait raconté comment un accident de piscine l’avait transformé en Grand Corps Malade (et surtout sa longue phase de rééducation) dans un récit (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Grand Corps Malade sera mardi au Pathé Échirolles

Fabien Marsaud avait raconté comment un accident de piscine l’avait transformé en Grand Corps Malade (et surtout sa longue phase de rééducation) dans un récit titré Patients. Il a converti ce dernier en un film homonyme, cosigné par son inséparable complice Mehdi Idir qu’il vient dévoiler au public, en compagnie de son équipe de jeunes comédiens, mardi 15 novembre à 20h15 au Pathé Échirolles (la sortie officielle se fera le 1er mars 2017). Pour l’auteur-compositeur-interprète, voilà une tournée d’un nouveau genre…

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

cinéma | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, le réalisateur Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt pourtant avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; et un véritable un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Lundi 17 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre qu'est Ma vie de courgette ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Le film d'animation est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Louis Aragon en d’autres circonstances : ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentales, des maltraitances enfantines, d’énurésie (le pipi au lit), d’éveil à l’amour et à la sexualité… Un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, donc, attaquées de front, sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés

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Gilles Paris : « J’aime que d’autres s’accaparent mon univers »

ECRANS | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman "Autobiographie d’une courgette" de Gilles Paris est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Gilles Paris : « J’aime que d’autres s’accaparent mon univers »

C’est la seconde fois que votre roman est "adopté" (plus qu’adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles, du point de vue de l'auteur ? Assistez-vous de loin aux envols de ces Icare (Courgette est le surnom d'un enfant nommé Icare) ? Gilles Paris : Oui à la fois de loin – je laisse aux professionnels le soin d’adapter ce roman librement – et à la fois de près car je suis à la trace ce qu’ils font et je m’en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J’aime que d’autres s’accaparent mon univers pour y insérer le leur. Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l’animation, atténuent-ils la crudité du sujet ? La mort de la mère, par exemple, était difficile à traiter à l’image, ce que je comprends bien. C’est beaucoup plus "acceptable" dès le début du fil

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Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

ECRANS | Un "Harry Potter", un "Star Wars", un Marvel, un Loach Palme d’or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie, mais bel et bien face à la rentrée cinéma 2016. Une rentrée qui nous promet tout de même quelques belles surprises, plus ou moins tapies dans l'ombre. Tour d'horizon.

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Rentrée cinéma 2016 : comme un (faux) air de déjà-vu

Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur – exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Dans cette catégorie, les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter, et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Mystère... Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange – un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire à des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espérer un sou

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Cinéma en plein air : notre sélection estivale

ECRANS | L’été, les écrans géants fleurissent dans les villes pour divertir les citadins en mal d’évasion. Et les films choisis sont parfois de bonne – voire de très bonne – facture. La preuve avec cette sélection de projections gratuites à déguster à Grenoble et aux alentours.

La rédaction | Mardi 5 juillet 2016

Cinéma en plein air : notre sélection estivale

Microbe et Gasoil Mercredi 13 juillet à 21h30 à la Bifurk (Grenoble) Dans le cadre du festival Merci, Bonsoir !, on pourra (re)découvrir ce petit bijou signé Michel Gondry, qui carbure ici à l’humour et à la nostalgie. Soit un road movie dans une voiture bricolée avec deux ados en marge de la jeunesse versaillaise. Touchant et irrésistible. Un homme idéal Vendredi 15 juillet à 21h45 au parc d’Uriage À cause d’une imposture littéraire devenue succès de librairie, un jeune auteur est entraîné dans une spirale criminelle. Une réussite inattendue du thriller hexagonal signée Yann Gozlan, avec un Pierre Niney excellent en héros négatif. Minuscules : la vallée des fourmis perdues Mardi 19 juillet à 21h30 au Musée de l’Ancien Évêché (Grenoble) Fascinante odyssée d’une coccinelle qui prête main-forte à des fourmis noires pourchassées par des fourmis rouges. Un film qui, par l’effet conjoint de la 3D, du photoréalisme et d’une mise en scène extrêmement méticuleuse da

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