"Pachamama" : Inca de malheur…

ECRANS | de Juan Antin (Fr, 1h12) animation

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Photo : Folivari


La statuette de Pachamama, la déesse protectrice garante de la fertilité des récoltes de leur village, ayant été subtilisée par le collecteur d'impôts, deux enfants se rendent à Cuzco, la capitale inca, afin de la récupérer. Pile au moment où les conquistadors débarquent…

Terrible dans ce qu'il raconte des attaques commises contre des civilisations et peuples précolombiens, ce conte ne se distingue pas seulement par sa tonalité historico-politique bienvenue : il fait se répondre fond et forme. À l'instar de Brendan et le Livre de Kells (2009) qui semblait donner vie à des motifs gaéliques, Pachamama adopte un style graphique atypique faisant écho aux esthétiques, couleurs et représentations artistiques andines.

Visuellement éclatant, le résultat tranche parce qu'il prend des libertés avec la doxa animée ; des entorses à la règle à mettre en regard avec la poésie magique dont le film de Juan Antin est nimbé : la poésie comme la magie ont la faculté, voire l'obligation, de s'autoriser toutes les transgressions. Et comme tout film d'apprentissage et d'émancipation, il porte aussi une morale dont la valeur est décidément plus précieuse que cet "oro" rendant fous les envahisseurs espagnols : la terre nourricière doit être préservée car elle est un trésor qui rend chaque année ce qu'on lui confie, avec intérêts. Cette leçon, qui vaut bien non pas un fromage, mais des récoltes, demeure d'actualité.


Pachamama

De Juan Antin (Fr, 1h10) avec Andrea Santamaria, India Coenen... Tepulpaï et Naïra, deux petits indiens de la Cordillère des Andes, partent à la poursuite de la Pachamama, totem protecteur de leur village, confisqué par les Incas. Leur quête les mènera jusqu’à Cuzco, capitale royale assiégée par les conquistadors.
Le Méliès 28 allée Henri Frenay Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Wardi" : carnet d’un impossible retour au pays natal

ECRANS | de Mats Grorud (Nor-Fr-Suè, 1h20) animation

Vincent Raymond | Lundi 25 février 2019

Jeune Palestinienne vivant dans le camp libanais de Bourj el-Barajneh, Wardi reçoit de son arrière-grand-père la clé de la maison que celui-ci avait dû quitter en 1948, lors de la création de l’État d’Israël. Interrogeant ses proches, Wardi recompose l’histoire de sa famille, et son exil… C’est à un exercice peu banal que le cinéaste norvégien Mats Grorud s’est ici livré : évoquer la "Nakba" (c’est-à-dire, du point de vue des Palestiniens, la "Catastrophe") sous forme d’une semi-fiction animée alternant de minutieuses séquences avec des marionnettes en stop motion et d’autres au dessin volontairement naïf. Son récit raconte comment chaque génération, au fil des chaos de l’Histoire (1967, 1982…), s’est heurtée à l’impossibilité de retourner vivre en Galilée, transformant la solution provisoire de Bourj el-Barajneh en une cité en dur ; une sorte de Babel de bric et de broc où s’entassent enfants et parents, survolée par une soldatesque à la gâchette légère. Et où, fatalement, fermente le ressentiment. Que l’idéal des accords d’Oslo ou du Pays-à-deux-États semble plombé lorsque l’on découvre ce film ! Éclairant sur le passé, ouvert sur l’avenir

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Cinq petits jours au cinéma grâce à Mon ciné

Festival | Du mercredi 21 au dimanche 25 novembre, le cinéma de Saint-Martin-d'Hères organise la déclinaison hivernale de son événement jeune public Trois petits pas au cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Cinq petits jours au cinéma grâce à Mon ciné

Pourquoi diable faudrait-il attendre les vacances scolaires pour profiter d’un supplément de films à destination du (très) jeune public ? Mon Ciné ose le contretemps avec Trois petits pas au cinéma en hiver, festival qui, suprême provocation, se déroule au beau milieu de l’automne. Mais laissons ces détails : chacun sait qu’il n’y a plus de saison. Au menu de cette nouvelle édition, des séances toutes accompagnées d’animations prenant la forme d’ateliers bricolage ou de rendez-vous gourmands – on n’attrape pas les spectateurs et spectatrices avec du vinaigre ; plutôt au moyen de goûter et de p’tit dèj ! Quant aux films, rassemblés autour de la thématique "contes d’ici et d’ailleurs", ils comptent trois programmes de courts-métrages calibrés pour les yeux novices : Le Petit Monde de Leo, voguant à travers l’univers graphique de l’illustrateur Leo Lionni ; Les Ritournelles de la Chouette, qui marque le retour de l’oiseau conteur en avant-première de sa sortie l’an prochain ; et le délicieusement approprié

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