"Nicky Larson et le parfum de Cupidon" : Philippe Lacheau en odeur de sainteté ?

ECRANS | de et avec Philippe Lacheau (Fr, 1h39) avec également Élodie Fontan, Tarek Boudali…

Vincent Raymond | Lundi 4 février 2019

Photo : ©Sony Pictures Releasing France


Tsunami de neige à prévoir ? Signe annonciateur de la naissance de l'antéchrist ? Comprenez que l'on soit tourneboulés : voici que l'on s'apprête à vanter les qualités objectives d'un film signé par Philippe Lacheau. Preuve qu'il ne faut jamais désespérer de rien ni de personne et combattre en permanence ses préjugés – quitte à engloutir chaque année autant de navets qu'un troupeau meuglant.

Peut-être fallait-il qu'il se plonge dans l'adaptation d'un souvenir d'enfance : la transposition française de l'anime Nicky Larson, lui-même adaptation du manga de Tsukasa Hōjō. Si l'original nippon était plutôt salé, la version hexagonale cultivait pour des raisons de censure une dérision égrillarde pas très éloignée des obsessions gonadotropes de la Bande à Fifi. En cuisinant sa madeleine à sa sauce, Lacheau a intégré ce second degré français, et truffé le tout de références générationnelles assez discrètes pour qu'elles ne parasitent pas l'intrigue. Une intrigue taille string, certes, mais suffisante pour porter l'absurdité de cet univers : le détective Nicky Larson, obsédé notoire, est engagé pour retrouver un parfum qui rend irrémédiablement amoureux celles et ceux qui l'ont humé. Pour cela, il devra affronter mafieux, mercenaires et pire que tout : sa libidineuse libido.

Toutes proportions gardées, Larson est ici une sorte de OSS 117 à la Jean Dujardin, en plus trash et plus bêta (si cela est possible). Respectueux de l'esprit potache de l'anime, le film l'est aussi de son atmosphère graphique : couleurs franches et saturées, visages volontiers écarquillés, superlatifs visuels… Il faut en outre mettre au crédit de Lacheau-réalisateur une excellente scène de baston en caméra subjective en quasi-plan séquence. À savourer avec une tasse de doro-thé.


Nicky Larson

De Philippe Lacheau (Fr, 1h30) avec Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali... Nicky Larson est le meilleur des gardes du corps, un détective privé hors-pair. Il est appelé pour une mission à hauts risques : récupérer le parfum de Cupidon, un parfum qui rendrait irrésistible celui qui l’utilise…
Espace Aragon 19 boulevard Jules Ferry Villard-Bonnot
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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ECRANS | de et avec Philippe Lacheau (Fr., 1h30) avec également Élodie Fontan, Julien Arruti, Didier Bourdon…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Spécialisé dans la fabrication de fausses excuses pour particuliers mythomanes, Greg tombe amoureux de la fille d’un de ses clients, à laquelle il cache ses activités. Car elle ne supporte pas le mensonge. La suite ? Quiproquos, chassés-croisés, poursuites. Ronzzzzzz… L’équipe de Babysitting accélère la cadence en multipliant les productions surfant sur les thématiques au goût bien écœurant du jour : l’étalage obscène de sa réussite et de son fric, peu importe sa provenance. Le héros, un néo-bourgeois, est une crapule, et le pauvre ou le Gitan (bientôt le Rom, en attendant la prochaine minorité de saison), son faire-valoir sur lequel il peut s’essuyer les pieds, si ce n’est autre chose. Issu de la même mouvance, À fond (dont le scénario tient pourtant sur le ticket de métro d’une strip-teaseuse glabre) parvenait à décrocher davantage de sourires. Il faut beaucoup aimer Nathalie Baye pour comprendre son envie de défendre son rôle de belle-mère. Mais ceux qui l’ont applaudie dans Absolument fabuleux ou sa réclame pour les croisiè

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