"Edith, en chemin vers son rêve" : conte d'automne

ECRANS | De Simon Hunter (G.-B., 1h42) avec Sheila Hancock, Kevin Guthrie, Amy Manson…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Photo : ©Cape Wrath Films Ltd


À la mort de son époux impotent, l'octogénaire Edith envoie enfin paître sa fille pour accomplir ce qu'elle n'a pu réaliser avec son père : escalader le Mont Suilven en Écosse. Sans préparation, dotée d'un caractère revêche, elle aura bien besoin de l'aide de Jonny, un jeune guide du cru…

Avec son minois de Carrie-Anne Moss version 2050, Sheila Hancock est un visage moins connu – donc moins attendu – pour cet emploi que les incontournables Maggie Smith, Judi Dench ou la jeune Charlotte Rampling ; elle convient donc parfaitement pour incarner ce mixte de rigidité et de fatalisme : "Edie" sait que son escapade s'inscrit dans une parenthèse forcément brève, ouverte par le trépas d'un mari, et qui se refermera par sa propre mort. Dans ce court laps de liberté, malgré les convenances et la désapprobation de sa fille, elle reprend en main son indépendance en refusant d'intégrer un Ehpad.

Ce (long) préambule, traitant de la réappropriation d'une destinée confisquée par un homme dominateur puis invalide, s'avère plus intéressant que la partie randonnée : accomplir un exploit sportif lorsque l'on est diminué est certes en soi une autre forme d'émancipation mais beaucoup plus ordinaire à l'écran. Et là, Simon Hunter ne s'écarte pas des sentiers GR, prenant de surcroît toutes les options folkloriques, le kilt excepté.

Par la suite, il n'y a pas trente-six issues possibles pour son film : soit Edie atteint son but, soit elle meurt, soit elle meurt après avoir atteint son but. N'en disons pas davantage. Gageons en tout cas que l'office du tourisme d'Écosse validera sans problème ce touchant panégyrique en images de ses landes et ses lochs à l'heure magique, en lumière rasante ou sous la pluie.

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