"Sonic le film" : hérisson carré contre Carrey hérissant

ECRANS | De Jeff Fowler (É.-U., 1h40) avec James Marsden, Jim Carrey, Tika Sumpter…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Photo : ©2019 Paramount Pictures and Sega of America, Inc. All Rights Reserved


Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu'au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

La nostalgie n'ayant pas d'âge, chacun·e éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L'Île aux enfants et les trentenaires s'emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d'un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l'âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l'occurrence.

Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n'est-ce d'ailleurs pas le propre d'un jeu vidéo d'être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact – la polémique sur l'évolution morphologique de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario suit également cette idée, puisqu'on y voit un policier de bourgade rêver de s'épanouir à San Francisco… avant d'y renoncer parce que la hometown de son enfance est plus taillé à ses dimensions. Bien que ne tenant pas en place, Sonic lui-même cultive l'adulescence éternelle, avec son terrier digne d'un étudiant de première année.

Hormis cela, ce spectacle ni déplaisant ni honteux se place sous la bannière du film familial et vise autant leurs enfants que les trentenaires précités. Un bémol : Jim Carrey alias Robotnik/Eggman qui, pour le coup, obéit à la consigne de la constance en auto-copiant ce qu'il faisait il y a vingt ans. Certes, c'est cohérent, mais un peu triste au regard des nuances dont il est capable…


Sonic le film

De Jeff Fowler (ÉU, 1h40) avec Malik Bentalha, James Marsden, Tika Sumpter, animation L'histoire du hérisson bleu le plus rapide du monde qui arrive sur Terre, sa nouvelle maison. Sonic et son nouveau meilleur ami Tom font équipe pour sauver la planète du diabolique Dr. Robotnik, bien déterminé à régner sur le monde entier.
Les 6 Rex 13 rue Saint-Jacques Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"First date" : quand Barack rencontre Michelle

ECRANS | de Richard Tanne (E.-U., 1h21), avec Parker Sawyers, Tika Sumpter, Jerod Haynes…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Ah, la délicate pudibonderie du titre français – et cependant en anglais – "Premier rendez-vous" ! Une formule sibylline que les initiés décrypteront par : "Comment Barack a pécho Michelle…" Car Hollywood ne pouvait rester bien longtemps insensible aux charmes du couple présidentiel le plus décontracté et le plus glamour depuis les Kennedy ; il se devait de les "biopiquiser", histoire de dorer davantage leur légende – au moins, Richard Tanne a-t-il eu la décence d’attendre que le président parvienne au terme de son second mandat, pour éviter tout enjeu politique. L’on suit ici cette fameuse journée de 1989 où Barack, alors stagiaire de Michelle dans un cabinet d’avocats, parvient à convaincre la belle rétive à coup d’argumentations brillantes, d’éclatants sourires, de rentre-dedans et d’une visite dans le quartier où il a brillamment servi comme bénévole. Lui, un peu (de) gauche mais décidé, qui fume pour évacuer son stress ; elle, plus fragile qu’elle veut bien l’admettre, se pomponnant dans sa salle de bains avant le rendez-vous… En somme, une mignonne hagiographie se terminant par un baiser à la glace au chocolat. Alléluia.

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