Voiron n'est pas en Italie

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Photo : ©Lia Pasqualino


Dans le sillage de la Mostra, Amitié Voiron Bassano nous procure un dépaysant petit parfum de cinéma transalpin en programmant la 33e édition de son festival. Initialement prévue au printemps, celle-ci trouve refuge en ce début d'automne, un peu tronquée et privée de ses visiteurs italiens, mais toujours sous les auspices de Jean A. Gili (lequel en profitera pour présenter son livre L'Italie au miroir de son cinéma). Elle est surtout dotée d'une programmation des plus stimulantes, l'année ayant été fructueuse… et les précédentes loin d'être déplaisantes. Qu'on en juge : Le Traître de Bellocchio, Martin Eden de Marcello, 5 est un numéro parfait de Igort, L'Equilibrio de Marra, La Vita in commune de Winspeare… Sans oublier un inusable classique de Fellini (dont on célèbre le centenaire de la naissance cette année), La Strada, choisi pour effectuer la clôture et agrémenté d'une introduction signée Laurent Scotto. Une sorte de pendant à la conférence d'ouverture assurée par Rocco Femia : Une, cent, mille Italie. Ça devrait vous botter, jusqu'au 29 septembre au cinéma PASSrL Le Mail, à Voiron.

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"Le Traître" : paroles contre parole

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Italie, années 1980. Afin d’échapper à la guerre des clans minant la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta s’est réfugié au Brésil d’où il assiste à l’élimination des siens. Son arrestation puis son extradition le conduisent à collaborer avec la justice, en la personne du juge Falcone… Depuis une dizaine d’années, le prolifique Marco Bellocchio jalonne sa filmographie d’œuvres aux allures de sommes ou de sage embrassant les grands "moments" de l’Histoire transalpine : Buongiorno, notte (2003) traitait des années de plomb à travers l’épisode de l’enlèvement d’Aldo Moro, Vincere (2009) de l’avènement de Mussolini et celui-ci donc de la dislocation de l’organisation mafieuse Cosa Nostra devant les tribunaux à la suite du procès géant de Palerme. S’il s’agit à chaque fois de retracer des saignées dans le récit collectif italien, Bellocchio les incarne "de l’intérieur" mais en habitant le point de vue de personnages dont le jugement va se décaler, voire s’opposer à celui du groupe auquel ils appartiennent. C’est le cas de Buscetta, "homme d’honneur" selon les critères à l’ancienne de Cosa Nostra, qui devient un repenti p

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18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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