Éléonore : Aime ma soeur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Photo : ©Ecce Films


Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d'amour, Éléonore accepte un job alimentaire d'assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l'intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l'interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l'export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l'amûr-jolie-madmoizel). Hors d'âge et relativement dispensable.

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Du rire au quotidien

Humour | Nora Hamzawi est de passage au Summum de Grenoble samedi 1er février. Une occasion unique de plonger dans la vie pas-si-ordinaire d'une trentenaire parisienne. Pour le fun !

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

Du rire au quotidien

L’humour sur les petites et grandes péripéties de la vie courante, ça n’est pas forcément très original (combien, dans les spectacles des comiques stars, de sketchs interchangeables sur, au pif, la fidélité ou le dernier gadget technologique à la mode ?), pourtant ça marche. Et ça peut même avoir une certaine saveur quand c’est bien fait, notamment lorsqu’est présent un recul complice qui montre que oui, la personne en face de nous sait qu’elle va sur un terrain maintes fois labouré, mais avec un décalage qui donne du sel à son propos… Le nouveau spectacle de Nora Hamzawi est ainsi dans le plus pur style de ce qui fait la force et le succès de celle qui est également chroniqueuse télé ou encore actrice ciné : un regard acéré, parfois tendre, parfois plus acerbe, sur sa vie de trentenaire parisienne. Car si elle nous fait rire des autres (de nous, donc), Nora Hamzawi rit surtout d’elle-même, ce qui évite le spectacle simplement moqueur sur toutes les catégories possibles d’êtres humains – les bobos, les adeptes des réseaux sociaux, les jeunes parents… Une force décuplée par une exécution au cordeau (quel sens du rythme, qui place la comédienne

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"Alice et le maire" : pensée commune (et excellente surprise)

ECRANS | Un maire à bout d’idées se régénère grâce aux perfusions intellectuelles d’une philosophe. Levant un coin du voile sur les coulisses de nos institutions, Nicolas Pariser raconte aussi l’ambition, la sujétion, le dévouement en politique, ce métier qui n’en est pas un…

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Usé, fatigué… vieilli ? Paul Théraneau (Fabrice Luchini), maire de Lyon, éprouve en tout cas un passage à vide intellectuel incitant son cabinet à recruter une jeune philosophe, Alice Heimann (Anaïs Demoustier), pour lui redonner des idées. Dans les arcanes du pouvoir, Alice se fait sa place et devient indispensable… L’époque impose de dénigrer les dirigeants politiques, lesquels donnent bien volontiers le bâton pour se faire battre (dans les urnes). Aussi, chaque film s’intéressant à la chose publique et révélant la réalité d’une gouvernance, loin des fantasmes et des caricatures, est salutaire. Alice et le maire s’inscrit ainsi dans le sillage de L’Exercice de l’État (2011) de Pierre Schoeller. Sans angélisme non plus puisque les manœuvres d’appareil, les mesquineries et jalousies de cabinet ne sont pas tues – mais n’est-ce pas là le quotidien de n’importe quelle entreprise où grenouillent les ambitieux ? Ce sur quoi Nicolas Pariser insiste, c’est la nécessité

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Humour : nos huit temps forts de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des têtes d'affiche, des stars sur le retour ou encore des humoristes à découvrir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Humour : nos huit temps forts de la saison

Didier Super Si nous n’avons pas vu cette nouvelle livraison de Didier Super intitulée tout de même Didier Super est beaucoup plus marrant que tous ces comiques de merde, on en attend beaucoup comme au PB, nous adorons ce personnage fort en gueule, aussi bien comédien, chanteur que plein d’autres choses, qui propose des spectacles dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. « Ça y est ! Après avoir été pendant 15 ans l’égérie à l’arôme gauchisant d’un public allant de l’altermondialiste post-ado au retraité bobo sous perfusion intellectuelle de France Inter, Didier s’est enfin mis en marche » nous annonce le programme. OK ! À la Salle noire mercredi 9 et jeudi 10 octobre Julien Santini On qualifie de "pince-sans-rire" la façon qu’a Julien Santini de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse installé à Lyon à l'apparence mi-professorale mi-patraque (

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"Zigzag musical, de New Orleans à Chicago" : les carnets de musique d’Éléonore Havas et Baptiste Michel

Exposition | C’est le long du Mississippi, en partant du sud vers le nord, qu’Éléonore Havas et Baptiste Michel ont récolté les traces d’une musique afro-américaine dont la richesse créative va du jazz au blues en passant par le gospel. Illustrations, photographies et bandes sonores font de ce "Zigzag musical" un voyage séduisant, et profondément humain.

Charline Corubolo | Mardi 5 décembre 2017

Des modestes envies émergent souvent les propositions les plus intéressantes. Zigzag musical, de New Orleans à Chicago s’arpente ainsi tel un carnet de voyage sur des notes de jazz et de blues. Agrémentée de sons et d’illustrations réalisés par Éléonore Havas et Baptiste Michel lors d’un voyage d’étude en 2015, l’exposition retrace le chemin des deux compères le long du Mississippi, « au risque de s’y perdre, car ces régions ont vu éclore autant de blues et de raps que de fleurs de coton », les sonorités afro-américaines étant intrinsèquement liées à l’histoire de son peuple. Ainsi, en découvrant les portraits crayonnés, les photographies en noir et blanc et les animations sonores, on plonge en pleine naissance d’une musique aux genres variés mais aussi dans un contexte socio-historique particulier. Sur les notes de "bounce music" et de gospel se diffusent en filigrane des messages politiques. Des morceaux de vie glanés du sud au nord se dévoilent dans une installation interactive, pour une réflexion sur la musique et la culture de ce monde où la communion et le mélange priment sur toute autre chose. Un zigzag sensoriel qui révèle la beauté et la créa

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"L’Amant double" : maux comptent double pour Ozon

ECRANS | Une jeune femme perturbée découvre que son ancien psy et actuel compagnon mène une double vie. Entre fantômes et fantasmes, le nouveau François Ozon transforme ses spectateurs en voyeurs d’une œuvre de synthèse. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Samedi 27 mai 2017

Conseillée par sa gynécologue, Chloé, une jeune femme perturbée, entame une psychanalyse auprès de Paul Meyer. Mais après plusieurs séances, la patiente et le thérapeute s’avouent leur attirance mutuelle. Le temps passe et ils s’installent ensemble. C’est alors que Chloé découvre que Paul cache d’étranges secrets intimes, dont une identité inconnue… L’an dernier sur la Croisette, c’est Elle de Paul Verhoeven qui avait suscité une indignation demi-molle en sondant les méandres obscurs du désir féminin et en démontant sa machinerie fantasmatique — sans pleinement convaincre, pour X ou Y raison. Au tour de François Ozon de s’y employer, dans le même registre élégamment sulfureux et chico-provocateur. Car l’on sait, à force, que le réalisateur adore frayer avec les tabous, s’amusant à les titiller sans jamais outrepasser les frontières de la bienséance : courtiser le scandale est à bien des égards plus excitant (et moins compromettant) que d’accepter de baiser sa rouge bouche offerte.

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"L’Histoire d’une mère" : un conte d'Andersen sur grand écran

ECRANS | de Sandrine Veysset (Fr, 1h23) avec Lou Lesage, Catherine Ferran, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Mère célibataire d’un petit Louis mutique, la jeune Neige vit âprement avec la revêche Héloïse (sa grand-mère aux talents de rebouteuse) dans une ferme isolée appartenant au maire du village. Entre les deux femmes, la communication est minimale, abrupte. Et le drame couve… On ne s’étonnera pas que Sandrine Veysset ait trouvé de l’inspiration dans le conte homonyme d’Andersen, car il contient (ou appelle en écho) tous ses thèmes fétiches : l’enfance blessée (avec ses familles discontinues grevées de secrets), la Nature (avec la ruralité, et son existence parfois spartiate), le silence (et ses ténèbres). Mais comme tout conte, la part de fantastique est compensée par une part de merveilleux. Oh, elle est certes ténue, et repose finalement sur la foi du spectateur en la possibilité d’un miracle. Toutefois, elle s’étoffe grâce à la présence magnétique de l’excellente Lou Lesage dans son rôle d’héritière de sorcière. Sans jamais étaler de sensualité outrancièrement vénéneuse, elle envoûte une assistance le temps d’une danse fascinante. Cette magie dispensée aura, hélas pour son personnage, un prix.

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