Neil Young : Heart of gold
Article publié le Mercredi 18 avril 2007 consulté 5415 fois
JONATHAN DEMME / Paramount home vidéo

Le rock'n'roll et Jonathan Demme, c'est une longue histoire... La bande-son de ses films est souvent une playlist formidable (ah ! l'apparition live des mythiques Feelies dans Dangereuse sous tous rapports...) et surtout, il sait comme personne filmer les concerts. Après les Talking Heads dans ce chef-d'oeuvre qu'est Stop making sense, il s'attaque ici à un monument : Neil Young, qui donne à Nashville un concert exceptionnel pour la sortie de son dernier album, Prairie Wind. Le vieux rocker et le cinéaste vont immortaliser ce qui est un chant d'amour à l'Amérique éternelle, mais aussi un réquisitoire contre celui qui l'a spoliée, George W. Bush. L'Amérique de Young défile avec les toiles peintes qui servent de scénographie au concert, représentant des mots dont la polysémie est troublante : «home» (la modeste maison isolée mais aussi ce «chez soi» que rêvent de revoir ceux qui font la guerre), «land» (la terre du fils de fermier qu'il était, et ce territoire dont la défense est un enjeu ambigu), «country» (la campagne rayonnante, ou alors le pays meurtri et trahi par ses dirigeants)... La caméra de Demme se rapproche au fil des chansons du chanteur, et son visage devient à son tour un paysage quand, seul avec son harmonica, il se transforme en cow-boy mélancolique et buriné, véritable Clint Eastwood du folk américain. Musicalement, Neil Young a encore de beaux restes ; humainement, c'est un sublime personnage de cinéma, un «cœur d'or» précieux et fragile. À qui ce film magnifique et passé inaperçu lors de sa sortie en salles rend le plus grandiose des hommages. CC






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