L'esthétique du collage

Régis Le Ruyet | Lundi 17 décembre 2012

Photo : Ancienne collection Marina Picasso © Succession Picasso


Jusqu'au 17 février, le Musée de Grenoble présente dans la Tour de l'Isle, Verre, un papier collé de Picasso datant de 1914. Classé comme œuvre patrimoniale d'importance majeure, il aura fallu près de deux ans de tractations entre le directeur Guy Tosatto et une galerie parisienne pour que ce tableau vienne enrichir le fonds du Musée de Grenoble. Un petit format de 27 sur 25 cm à 750 000 euros, dont l'achat aura été rendu possible grâce à la participation financière, pour les deux tiers, du Club des mécènes du Musée. Exposé dans le contexte de l'ensemble des œuvres cubistes du Musée de Grenoble, ce collage unique témoigne d'une technique où la peinture intègre un élément du réel pour renforcer dans un univers, plane l'impression d'une troisième dimension. Dans la composition bistre et blanchâtre, Picasso trace au fusain sur un papier vergé un ensemble de lignes et d'estompes, sur lequel il rapporte et colle un deuxième papier enduit de gouache blanche, esquissant ainsi la forme du verre. La présence physique d'une épingle utilisée pour fixer la pièce rapportée anticipe quant à elle les futurs ready made de Duchamp. Enfin, par cette acquisition singulière, le Musée de Grenoble rejoint le cercle restreint des possesseurs français des collages du peintre avec le Centre Pompidou, le Musée Picasso de Paris et le Musée d'art moderne de Lille-Villeneuve d'Ascq.

Régis le Ruyet

Un nouveau Picasso au Musée de Grenoble, exposition spéciale jusqu'au 17 février


Un nouveau Picasso

Grâce à son Club des mécènes, le Musée de Grenoble a pu acquérir en 2012 une œuvre remarquable de Picasso. Cette acquisition ambitieuse et emblématique, l'une des plus importantes jamais réalisée par le musée constitue un enrichissement de premier ordre pour la collection d'art moderne. Elle est présentée de manière exceptionnelle, durant deux mois, aux côtés d'une sélection d'œuvres de la collection sur le thème de la nature morte cubiste.
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
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"Picasso, au cœur des ténèbres" : éclats de guerre au Musée de Grenoble

Exposition | Avec cette exposition, l'institution grenobloise, en collaboration avec le Musée Picasso de Paris, nous invite à découvrir une période peu connue de ce monstre sacré de l’art du XXe siècle que fut Picasso. Un passionnant parcours au cœur de six années de création intense qui rappelle qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir le nez sur les événements pour parler de la guerre.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 octobre 2019

Pablo Picasso considérait souvent son œuvre comme une sorte de journal intime de sa vie. C’est effectivement ce que le visiteur ressent lorsqu’il découvre Picasso, au cœur des ténèbres (1939 – 1945), proposition pour laquelle le Musée de Grenoble a fait le choix, assez logique, d’un accrochage chronologique. Au fil du parcours, on est invité à progresser dans ces années de guerre que Picasso a passé en France (majoritairement à Paris), interdit d’exposition mais toujours extrêmement productif. Des entrées thématiques ponctuent la visite et permettent de saisir les caractéristiques esthétiques propres à cette période : "La Vie précaire", "La Mort omniprésente", "Créer pour résister"… Ce qui est particulièrement intéressant, et qu’excelle à nous faire découvrir l’exposition, est le fait que Picasso ne propose jamais d'évocation de la guerre de manière explicite, mais il imprègne son œuvre de l’atmosphère singulière de ces sombres années – une atmosphère étouffante, âpre et inquiétante, faisant écho à l’état d’esprit du peintre espagnol et, bien sûr, à la monstruosité de l’époque. Ambiance car

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Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Suivez-nous au Musée de Grenoble, au Centre du graphisme ou encore dans divers musées départementaux.

La rédaction | Mardi 24 septembre 2019

Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Picasso, au cœur des ténèbres (1939-1945) Blockbuster en perspective ! Mais attention, si le Musée de Grenoble consacre une exposition à ce monstre sacré de la création du XXe siècle qu’est Picasso, c’est pour se pencher sur une période peu connue et peut-être pas toujours facile à aborder : celle des années de guerre. Pas d’œuvres archi-connues à l’horizon, ni aucune représentation directe de la guerre, mais plutôt une sorte de journal intime et pictural de ces années sombres que le maître espagnol choisit, a contrario de bon nombre d’artistes, de passer à Paris, sous occupation allemande… Au Musée de Grenoble du 5 octobre au 5 janvier Alain Le Quernec, du dernier cri Alain Le Quernec a la particularité d’avoir toujours mené conjointement sa carrière de graphiste à celle de professeur d’arts plastiques. Un goût pour la pédagogie qu’il tient peut-être de sa formation avec un affichiste polonais dont il a suivi la formation et auquel le centre du graphisme a rendu ho

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Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

ARTS | Rencontre avec Guy Tosatto, directeur du musée, pour en savoir plus sur l’objectif d'une collection à l'occasion de l'exposition "De Picasso à Warhol - Une décennie d'acquisitions".

Charline Corubolo | Mardi 12 mai 2015

Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

À quoi sert une collection ? Elle sert à donner des repères, c’est constitutif d'un musée. C’est-à-dire qu’un musée n’existe que par sa collection. D’ailleurs, à l’origine, ils ont été créés pour abriter des ensembles d’œuvres à la suite de la Révolution française. On a eu cette chance à Grenoble d'avoir un conservateur au début du XXe siècle qui a ouvert la collection à l’art moderne, ça a été le premier en France : Andry-Farcy. Tous ses successeurs ont emboîté le pas en partant de l’existant. C’est cette matière qui va vous guider. Par ailleurs, une collection, c’est aussi ce qui reste après une exposition temporaire, c’est l’élément stable. C'est à partir de cette collection qu’on peut faire un vrai travail dans le temps auprès de nos publics pour les initier aux formes artistiques, que ça soit l’art ancien ou moderne parce que les œuvres sont là et qu’ils peuvent les retrouver. Une collection ne doit donc pas s'arrêter... Effectivement, une collection doit être en mouvement, il faut qu’elle s’enrichisse en permanence d’où la nécessité des acquisitions, d’essayer d'avoir des dons, de continuer à l’élargir la part

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Le Musée de Grenoble à la conquête de l'art

ARTS | Ce n'est pas vraiment une exposition qui va de Picasso à Warhol, ni même qui présente dix ans d'acquisitions. Pourtant, "De Picasso à Warhol, une décennie d'acquisitions" illustre toute l'ambition du Musée de Grenoble qui dévoile ainsi les œuvres rentrées dans ses collections depuis 12 ans, de l'art ancien au contemporain, pour un parcours qui raconte un bout de l'histoire artistique. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Vendredi 3 juillet 2015

Le Musée de Grenoble à la conquête de l'art

Il y a un côté racoleur dans le titre de la nouvelle exposition du Musée de Grenoble, mais c'est à bon escient. De Picasso à Warhol retrace une dizaine d'années d'acquisitions de l'établissement couvrant une période vaste allant de l'art ancien au XXIe siècle avec pas moins de 150 œuvres. Mais l'intitulé illustre surtout, à travers la figure du cubisme incarnée par Picasso et celle du pop art par Warhol, l'ambition du musée : constituer des collections riches et variées de qualité, au service de l'histoire de l'art. L'exposition, suivant un parcours chronologique dans l'espace temporaire, débute en réalité dans les salles permanentes avec des toiles d'art ancien, dont la pertinence se renforce au contact des autres artistes de l'époque. De Francesco Guarino à Gioacchino Assereto (peintres italiens du XVIIe siècle) en passant par le Français Ary Scheffer pour une ouverture sur le XIXe siècle, une dizaine de pièces environ s'expose pour écrire l'ADN de la peinture. À la fois ludique et pertinente, la déambulation raconte les divers sujets de prédilection alors en vogue à l'époque : vision biblique, scène de genre, témoin du siècle des Lumières. De toil

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Le Verre à Soi, voyage au pays du vin

GUIDE URBAIN | Près de la Caserne de Bonne, le très cosy Verre à Soi propose depuis 2012 un concept original de dégustation de vin au verre. On s'est installés le temps d'une soirée pour faire un tour de table des cuvées. Reportage. Adeline Gailly

Aurélien Martinez | Vendredi 24 octobre 2014

Le Verre à Soi, voyage au pays du vin

Lumière tamisée, fauteuils moelleux et musique douce : rien n'est laissé au hasard au Verre à Soi. On ne vient pas seulement déguster du vin, mais aussi s'imprégner de l'ambiance, bien différente des autres bars grenoblois. Ici, pas de foule qui cherche à s'enivrer. Comme une impression d'être dans son salon à la déco tendance, de trinquer entre vieilles connaissances. Tellement chez soi qu'on se sert tout seul. La quantité est libre grâce à une carte créditée du montant voulu. On choisit parmi quatre catégories – plaisirs, incontournables, exceptions et découvertes. Et les possibilités sont multiples. Du verre à 1, 10 € pour un vin « découverte » à 65 € (oui, oui 65 € le verre !) pour du Mouton-Rothschild 1978, il y en a pour tous les goûts et tous les porte-monnaie. « Les classiques, comme le Tariquet, sont ceux qui partent le plus vite mais certains clients viennent avec 60 € en poche pour s'offrir uniquement le grand vin du moment » explique Léa Mathey, la sommelière, qui n'hésite pas à donner des conseils aux indécis. Avis aux amateurs, le grand cru part vite (environ trois semaines et demie) et change à chaque fois. «

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Made in Grenoble

SCENES | C’est un artiste à part dans le paysage culturel français. Un architecte de formation qui a bifurqué très tôt vers le monde de la danse, développant un langage qui (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Made in Grenoble

C’est un artiste à part dans le paysage culturel français. Un architecte de formation qui a bifurqué très tôt vers le monde de la danse, développant un langage qui lui est propre. Une recherche du mouvement alliée à une certaine théâtralité et à une écriture scénographique fouillée. « François Verret est à nos yeux un artiste majeur de la scène européenne » dixit la MC2 qui a programmé certaines de ses pièces, et avec qui on est d’accord – même si on est souvent restés hermétiques à son univers. Verret étant en résidence à la MC2 (comme Akram Khan ou Yoann Bourgeois), cette dernière lance ce jeudi 16 janvier à 18h le projet Chantier 2014-2018 avec « un prologue » (entrée libre). Cinq années pendant lesquelles Verret créera à Grenoble et se confrontera aux spectateurs lors de divers temps forts. « Les enfants nés en l’an 2000 auront entre 14 et 18 ans durant la période des commémorations de la Première Guerre mondiale. Quelle vision auront-ils du siècle dernier ? Comment construire ensemble, à travers une démarche intergénérationnelle et critique, une mémoire collective qui fasse surgir les questions qui nous éviteront de répéter mécaniqueme

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Femme lisant – Pablo Picasso

À la découverte des collections du Musée de Grenoble | [10/ 16] Nos coups de cœur issus des collections permanentes du Musée de Grenoble

Laetitia Giry | Mercredi 17 juillet 2013

Femme lisant – Pablo Picasso

Nom de l’artiste : Pablo Picasso (1881-1973) Titre de l’œuvre : Femme lisant Date de création : 1920 Médium : peinture Mouvement auquel l’intégrer : Cubisme, surréalisme Analyse : Le Musée de Grenoble possède des œuvres représentatives de différentes périodes de la recherche artistique du géant qu’était Picasso. Donné par l’artiste lui-même en 1921, cette Femme lisant est un exemple édifiant de la révolution formelle moderne dont Picasso est l’un des principaux acteurs. L’apport de l’art occidental classique se décèle dans l’apparence de statue grecque donnée à cette femme impassible, muette ; cette base est restructurée à la manière cubiste, avec aplats et cernes découpant les habits du personnage. Volontiers disgracieux, dans ses contours grossiers comme dans ses couleurs ternes, sales, peu aimables, le tableau s’impose comme une pierre de plus apportée à l’édifice de l’art.

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Atomes en peinture

ARTS | La Casemate est le seul musée grenoblois à avoir pour mission de faire le lien entre arts et sciences. Abritant en ce moment même le Fablab (laboratoire (...)

Laetitia Giry | Vendredi 22 juin 2012

Atomes en peinture

La Casemate est le seul musée grenoblois à avoir pour mission de faire le lien entre arts et sciences. Abritant en ce moment même le Fablab (laboratoire d’expérimentation de hautes technologies et ouvert à l’utilisation du public, voir article sur notre site), le lieu accueille également jusqu’au 22 juillet une installation témoignant de la vitalité des collaborations entre les arts et la science. Ainsi, on découvre une colonne qui, sur chacun de ses côtés, expose le projet d’un des artistes ayant profité du projet ISWA (Immersion dans le monde de la science à travers les arts) et d’une résidence au Synchrotron de Grenoble en juillet dernier. Si les œuvres nées de ce projet ne frappent pas spécialement et ne sont pas vraiment honorées par le mode d’exposition choisi, force est d’admettre qu’elles intriguent par leur manière de conception (et sa complexité) : une peinture inspirée d’images tridimensionnelles de fossiles, ou encore une sculpture lumineuse inspirée du concept des molécules. Picasso rencontre Einstein (le nom de l'expo), peut-être, mais déçoit donc

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