Expo : les cinq temps forts de la saison à Grenoble et dans l'agglo

Saison 2016 / 2017 | Cette année, direction le Musée de Grenoble, la galerie Spacejunk, le Musée dauphinois, le Musée de l'Ancien Évêché ou encore la Ville d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 27 septembre 2016

Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN Grand


Le bleu de Paris

Les femmes (Georgia O'Keeffe et Cristina Iglesias) vont laisser place aux artistes disparus au Musée de Grenoble. Et si en mars prochain l'institution se consacrera à la touche d'Henri Fantin-Latour, sa saison s'ouvrira avec les années parisiennes de Vassily Kandinsky (1866-1944).

Père de l'art abstrait dont l'œuvre est principalement connue pour sa construction géométrique, le peintre russe a laissé son style flirter avec le biomorphisme durant ses dernières années à Paris (1933-1944), lorsqu'il fuyait le nazisme. Les angles deviennent courbes, manifestation de sa passion pour les sciences, comme autant d'organismes cellulaires perdus dans le Bleu du ciel, pour une abstraction au plus près de la nature sous forme de synthèse d'œuvre. L'exposition de cette rentrée 2016.

Kandinsky, les années parisiennes (1933-1944)
Au Musée de Grenoble du 29 octobre 2016 au 29 janvier 2017

Henri Fantin-Latour, à fleur de peau
Au Musée de Grenoble du 18 mars au 18 juin 2017

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Graphisme à la japonaise

Mêlant tradition et modernité, le Japon est une terre fertile pour la création graphique, thème de la nouvelle édition du Mois du Graphisme d'Échirolles. Après un tour des graphistes européens il y a deux ans, la manifestation portée par le Centre du graphisme dévoilera toute la finesse et l'inventivité du design nippon avec des affiches d'hier et d'aujourd'hui, des magazines et des revues, ainsi que l'exploration de contes et légendes japonais par Kazumasa Nagai, pour un mois Made in Japan qui s'annonce visuellement dépaysant.

Mois du Graphisme d'Échirolles
Du 19 novembre 2106 au 29 janvier 2017

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Buller au sommet

Lignes fantasmées, imaginaires ou bien réelles, les pics des montagnes d'ici et d'ailleurs inspirent illustrateurs et dessinateurs adeptes de la petite bulle. C'est donc à travers la bande dessinée que la montagne se révélera au Musée de l'Ancien Évêché avec la présentation de 200 planches de 80 auteurs, venant de France, de Belgique, du Japon, de Suisse et des États-Unis, pour un véritable tour de crayon des massifs devenus des muses dans l'art de la vignette.

Pic & Bulle – la montagne dans la BD
Au musée de l'Ancien Évêché du 19 novembre 2016 au 30 avril 2017

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Combattre par l'art

Nul combat n'est vain, surtout lorsque l'art s'en empare. Car cette expression a la capacité d'éveiller les consciences tout en créant un échange plastique et critique sur les sujets qu'elle aborde. Tel est le leitmotiv de l'exposition Art engagé pour laquelle six artistes, plus ou moins connus à Grenoble (dont Goin, Shepard Fairey ou encore Isaac Cordal), distilleront leur message humaniste et social, simplement armés de pinceaux et de pochoirs. Une proposition réflexive sur notre société qui laissera place en avril aux créatures hybrides de Veks van Hillik, lui aussi déjà passé par Spacejunk.

Art engagé
À Spacejunk du 25 novembre 2016 au 14 janvier 2017

Veks van Hillik
À Spacejunk du 7 avril au 27 mai 2017, à Spacejunk

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Marche floue

Sillonnant les Écrins, le Dévoluy, la Chartreuse et le Vercors, le photographe Éric Bourret balade son objectif dans l'intimité des massifs alpins. Une création photographique qui s'éprouve par la marche, générant un flou en mouvement. Le paysage devient alors un espace sans limite qui ouvre le regard, pour une nouvelle expérience visuelle de la nature. Une plasticité propre à Éric Bourret, qui alimente de surcroit une vision documentaire de ces étendues où le secret de la montagne est saisi par l'œil du photographe. Des clichés de sommets sublimés qui prendront place au Musée dauphinois au printemps prochain.

Éric Bourret
Au Musée dauphinois à partir de mars 2017


Kandinsky, les années parisiennes [1933-1944]

Peintures et dessins
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Fantin-Latour, à fleur de peau

Peintures, corpus photographique
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


I love Japan. Graphisme & modernité

Échirolles. Centre du Graphisme Place de la libération BP 175 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pic & Bulle. La montagne dans la BD

Musée de l'Ancien Évêché 2 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Art engagé

Exposition collective
Spacejunk 19 rue Génissieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Alpes là !

Photographies d'Eric Bourret et Emmanuel Breteau
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Alpes là !" : Éric Bourret et Emmanuel Breteau aux sommets

Musée | Toujours guidé par l'envie de renouveler notre regard sur la montagne, le Musée dauphinois dévoile, avec "Alpes là !", deux visions différentes du monde alpin. Une exposition qui esquisse ainsi une continuité entre la photographie picturale d’Éric Bourret et celle humaniste d’Emmanuel Breteau.

Charline Corubolo | Jeudi 30 mars 2017

Quand le premier s’aventure sur les sommets montagneux, le second part à la rencontre des habitants du Trièves. Une façon d’appréhender le médium photographique qui diffère pour une plasticité offrant deux visions sensibles des Alpes. Avec Éric Bourret, la photographie se trouve ainsi chargée d’une dimension picturale. À la demande du Musée dauphinois, l’artiste-marcheur a arpenté, deux hivers de suite, la chaîne de Belledonne, le Dévoluy, l’Oisans et le Vercors. Il en a ramené un Carnet de marche pour une expérience du paysage qui passe par le mouvement. De prises de vues multipliées sur le même négatif offrant des "all-over" du temps sur le temps en clichés où s’inscrit avec précision la minéralité de la nature, Éric Bourret crée son œuvre en rencontrant le territoire. En résulte un dessein de l’expérience qui épouse les accidents du relief tel un tableau impressionniste. Le photographe capte ainsi les fluctuations du paysage qui se meut parallèleme

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Les quatre expositions à découvrir début 2017 à Grenoble

Panorama rentrée 2017 | On vous propose d'aller au Musée de Grenoble, au Musée dauphinois, à Spacejunk ou encore à la Halle de Pont-en-Royans.

Charline Corubolo | Mardi 3 janvier 2017

Les quatre expositions à découvrir début 2017 à Grenoble

Fantin-Latour Né en 1836 à Grenoble, admirateur des grands maîtres et peintre incontesté des fleurs au XIXe siècle, Henri Fantin-Latour s’est aussi illustré avec des portraits et des tableaux de groupe. C’est en suivant ces trois axes que le Musée de Grenoble invitera le public à (re)découvrir cet artiste isérois à travers une vaste rétrospective. Associé aux impressionnistes dont il rejette cependant la parenté, Fantin-Latour a laissé derrière lui une touche unique où le romantisme flirte avec le symbolisme. Au Musée de Grenoble Du 18/03 au 18/06 ________ Éric Bourret & Emmanuel Breteau Mettre en valeur le patrimoine de la région, tout en apportant un regard contemporain sur la création d’aujourd’hui, le Musée dauphinois s’y emploie depuis de nombreuses années. C’est ainsi que seront réunis en mars prochain, autour de l’exposition Alpes là, les photographes Éric Bourret et Emmanuel Breteau. Photographe marcheur, le premier expérimente la montagne à travers le mouvement offra

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"Art engagé" : les activistes de l’art sont à Spacejunk

ARTS | Leur liberté, plastique et discursive, est à l’image de leur engagement : revendicatrice et engagée. Portés par une responsabilité citoyenne brûlante, les artistes qui dévoilent un "Art engagé" à Spacejunk utilisent leur travail pour délivrer des messages acides sur l’état du monde, sans pour autant sacrifier le sens de l’esthétique. En découle une exposition qui tranche dans le vif.

Charline Corubolo | Mardi 20 décembre 2016

Dans un numéro hors-série d’août-septembre 2016, Le Monde diplomatique se demandait si les artistes étaient désormais domestiqués ou révoltés. Ceux qui occupent actuellement l’espace de Spacejunk sont assurément révoltés, dans un geste qui allie l’art et la vie. Avec l’exposition Art engagé, le centre d’art grenoblois met en regard six artistes issus de la culture "street" (une philosophie artistique marquée par la contestation) et trouvant dans la rue une visibilité en adéquation avec leurs valeurs. Le changement de terrain opéré en pénétrant dans un "lieu de monstration" ne trahit pourtant pas leurs œuvres ; au contraire, le discours résonne différemment tout en étant inchangé. En délivrant un message humaniste par le prisme d’images stylisées, ces artistes arrivent à investir toutes les surfaces. Mais si le tour de force fonctionne, c’est également grâce à la pertinence de la proposition qui offre une scénographie intelligente, avec une sélection juste. Uppercut plastique

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Kandinsky au Musée de Grenoble

ARTS | Un reportage sur l'exposition "Kandinsky - Les années parisiennes (1933-1944)" proposée jusqu'au dimanche 29 janvier au Musée de Grenoble

La rédaction | Mercredi 7 décembre 2016

Kandinsky au Musée de Grenoble

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Musée de Grenoble : Kandinsky ou l’abstraction affranchie

ARTS | Pionnier de l’abstraction, animé par une « nécessité intérieure », Vassily Kandinsky (1866-1944) a fait œuvre de spiritualité dans sa peinture. Une peinture qui versa dans le biomorphisme durant ses dernières années à Paris, centre de la nouvelle exposition du Musée de Grenoble. Une présentation qui dévoile les tenants, plastiques et symboliques, de cette période pour une exposition céleste.

Charline Corubolo | Lundi 31 octobre 2016

Musée de Grenoble : Kandinsky ou l’abstraction affranchie

Des lignes anguleuses découpant la couleur aux cellules constellant la toile, l’œuvre de Vassily Kandinsky est animée par le même dessein, ponctué d’évolutions plastiques qui creusent, au début du XXe siècle, le sillon de l’abstraction. Né à Moscou en 1866, l’artiste russe connaîtra plusieurs exils qui marqueront son art. C’est dans ce contexte que le Musée de Grenoble dévoile l’exposition Kandinsky, les années parisiennes [1933-1944] et cherche ainsi à parcourir l’œuvre d'un des pères de l’abstraction à travers le prisme de son histoire personnelle, marquée par diverses ruptures qui influencent alors sa touche. Au début de sa carrière, Kandinsky déploie une abstraction profondément mentale d’abord à Munich, en théorisant notamment l’abondant de la figuration au profit d’une « nécessité intérieure » dans Du spirituel dans l’art en 1911, puis au Bauhaus de Weimar, école allemande dans laquelle il enseigne jusqu’à sa fermeture par les nazis. L’artiste explore une abstraction picturale plus douce et imagée lors de

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Blanc sur blanc

ARTS | À la faveur d’une sélection d’œuvres variées, l’exposition collective "White" du Musée Géo-Charles donne une résonance nouvelle au blanc dans l’art. Plus encore, le parcours redéfinit la notion d’espace et de temps au gré de toiles abstraites, dont l’accessibilité est de mise, pour une mise au point avec ces mouvances contemporaines. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Vendredi 24 janvier 2014

Blanc sur blanc

Derrière la notion (floue) d’abstraction se cache un fondement tangible, aux applications plastiques diverses, que la nouvelle exposition du Musée Géo-Charles cherche à mettre en confrontation par le prisme d’une palette principalement composée de blanc. Un mouvement et un coloris qui, de prime abord, pourraient décourager même les plus aventureux dans ce parcours White, mais c’est sans compter sur une scénographie qui fait sens et des œuvres qui ouvrent les champs de l’analyse et/ou du sensible avec simplicité. Bien que la teinte soit la thématique de l’évènement, l’origine découle en réalité de deux séries du photographe coréen Bohnchang Koo : White (photo) et Vessel. Malgré des sujets très différents – la première dévoile des traces de lianes séchées sur des murs, la seconde des objets relatifs à la culture de l’artiste –, l’objectif demeure le même : interroger le rapport au temps par le biais de la trace, humaine ou végétale, dans une blancheur lissée. Ce postulat de départ a abouti à un rassemblement de pièces, où la figuration est furtive et l’abstraction patente, mais toujours baignées dans une lueur immaculée. L’invisible dévo

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Chasse spleen

ARTS | Une fois de plus, le musée Géo-Charles présente une exposition collective et le fait bien. Quatorze photographes, quatorze identités dialoguant autour du geste photographique, de l’excitation du clic à l’émerveillement de l’image ; sa mélancolie et sa joie. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 25 février 2013

Chasse spleen

Et si ce n’était pas la mélancolie : le titre de l’exposition ressemble à une question mais ne présente pas le point d’interrogation qui le confirmerait. Il nous indique la voie suivie dans le choix et la disposition des œuvres présentées ici, celle d’une contestation de la mélancolie admise comme inhérente à la prise d’une photographie. Enregistrer une image à un instant T revient pourtant bien à capturer un morceau de temps, à figer et glacer quelque chose qui est, tout en ne cessant jamais de passer. « De toute évidence, vivre c’est s’effondrer progressivement. » F. Scott Fitzgerald le sait bien : vivre c’est éprouver le temps, et l’arrêter en un point, c’est avoir l’illusion de le retenir. Pas étonnant alors que les Arts – tous ! – entretiennent depuis toujours une relation si particulière à la mélancolie. De La Mélancolie de Dürer au spleen baudelairien, du moine esseulé de Friedrich au Melancholia de Lars von Trier, peinture, littérature, cinéma : aucun médium n’y échappe… Pourtant, force est de reconnaître que la photographie, plus que tous les autres, s’apparente à un manifeste de fugacité et en cela porte préci

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Éric Bourret : « Je me considère comme un piéton d’altitude »

ARTS | Parmi les photographes participant à l’exposition "Et si ce n’était pas la mélancolie", on trouve (et on aime particulièrement) Éric Bourret. Ses deux œuvres montrées ici, captivantes et mystérieuses, méritaient bien une petite discussion.

Laetitia Giry | Vendredi 22 février 2013

Éric Bourret : « Je me considère comme un piéton d’altitude »

Vos photographies sont le fruit d’une sorte de performance… Éric Bourret : Je suis un photographe marcheur, je fais œuvre sur le paysage à l’issue de mes traversées des Alpes du sud, des zones de littoral, ou d’une partie de la chaîne himalayenne (comme pour les deux photos exposées). Plusieurs mois par an, j’arpente ces terres sur une durée qui varie entre une journée et deux mois. Des images émergent grâce ou à cause de la relation que j’entretiens pendant une longue période avec le paysage. Sans compétition ni surenchère sportive, je me considère simplement comme un piéton d’altitude. Je fais ce que font énormément de gens, je marche, car j'en ai besoin pour que mon travail puisse se mettre en place. Ainsi, vous capturez en photo un temps que vous éprouvez dans la réalité, dans l’action de la marche ? Ce qui me fascine, c’est la capacité que peut avoir l’image photographique d’enregistrer du temps. Sur certaines séries (notamment Timescape), j’essaie de multiplier le temps plutôt que de l’arrêter une fois. Pour cela, j’ai mis en place un protocole, celui de réaliser un certain

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