Un été au musée, isn't it ?

Sélection | Pour cet été qui s’annonce caniculaire, nous avons décidé d’adopter le flegme anglais afin de garder la classe en toute circonstance. Une subite envie de tweed peut-être déclenchée par l’exposition "Berlioz à Londres" présentée à La Côte-Saint-André. Mais que les réfractaires au lyrisme britannique se rassurent, notre sélection d'expositions à (re)voir dans les musées patrimoniaux réserve également de la musique populaire, de la BD résistante et de la peinture lumineuse. De quoi s’émerveiller, s’instruire et profiter du frais en toute gratuité.

Charline Corubolo | Lundi 17 juillet 2017

Quand la musique est bonne…

À la lecture de ce titre surgissent instantanément les premières notes de la chanson de phare des années 1980 signée Jean-Jacques Goldman, parangon de chanson populaire. Et ce genre de titres français emblématiques, de l'hymne au chant révolutionnaire, de la comptine à la berceuse, résonnent en ce moment joyeusement dans l'enceinte du Musée dauphinois.

Si on chantait ! La la la la… c'est à vous de voir ; en tout cas il y a de quoi écouter dès le début de l'exposition avec un mur de sons qui compose un portrait de la chanson populaire. Fait de bric et de notes, le parcours dévoile 78 titres agrémentés d'archives, de disques et de partitions. Grace à une scénographie ludique et interactive, la proposition met en chant la façon dont la musique infiltre notre quotidien, jusque sous la douche, à travers les âges et les genres.

Et au détour d'un refrain, mais surtout d'une autre exposition, n'hésitez pas à emprunter les sentiers montagneux d'Éric Bourret et Emmanuel Breteau, qui déploient au creux de l'exposition Alpes là ! un magnifique panorama photographique des Alpes, de Belledonne enneigée en Trièves rural.

Si on chantait ! La la la la…
Au Musée dauphinois jusqu'au 5 février 2018


Quand le jazz est là...

Pour sa première exposition photographique, le photojournaliste Pascal Kober investit le Musée de l'Ancien Evêché en clichés et en son. À travers ses photographies de presse empreintes d'une passion qui fait vibrer les images, il livre un témoignage visuel saisissant d'un Abécédaire amoureux du jazz qui fera tomber sous le charme chaque visiteur. Mais avant la visite, on l'a rencontré pour en savoir plus sur la photo et le jazz.

Abécédaire amoureux du jazz
Au Musée de l'Ancien Évêché jusqu'au 17 septembre


La BD résiste, encore

Le moins que l'on puisse dire c'est que la BD poursuit son ingénieuse occupation au Musée de la Résistance et de la Déportation. Forte d'un succès retentissant, l'exposition temporaire est prolongée jusqu'au début du mois d'octobre. Cherchant à interroger les rapports entre le 9e art et les massifs isérois, le parcours explore la représentation du maquis à travers l'exercice de la bulle et de la planche.

Suivant un parcours chronologique découpé en deux parties – une première pour ancrer le contexte puis une deuxième pour mettre en relief les représentations de la Résistance pendant et après la Seconde Guerre mondiale – l'exposition La BD prend le maquis est un véritable moment d'histoire autant qu'une expérience plastique, notamment avec son atelier du dessinateur. La visite se conclut avec de très belles illustrations de quatre bédéistes contemporains qui offrent à notre regard leur vision du maquis. De quoi s'instruire, s'émerveiller et dessiner tout l'été, à la fraîche.

La BD prend le maquis
Au musée de la Résistance et de la Déportation jusqu'au 9 octobre


Le peintre de la place Notre-Dame

À contre-lumière est un bien étrange titre d'exposition pour présenter les toiles et dessins du peintre français Jacques Truphémus, éternel chasseur des rayons colorés du soleil. Mais qu'importe, la substance ici n'est pas dans les mots mais dans la matière picturale qui retranscrit grâce à une touche à la fois vibratoire et silencieuse l'évanescence de la lumière s'infiltrant dans un café lyonnais, envahissant un bord de mer ou balayant des arbres dans les Cévennes.

C'est ainsi que cette quête rayonnante, délayée dans la peinture, se révèle sur les murs du Musée Hébert sous le coup de pinceau de ce Grenoblois de toujours né en 1922 qui réalisa ses premiers jets en 1937 en regardant la place Notre-Dame depuis sa fenêtre avant que la découverte des œuvres modernes du Musée de Grenoble ne confirme son amour pour la peinture à l'huile.

De scènes intimistes en natures mortes, de cafés populaires en quais urbains, l'artiste accorde sa palette aux couleurs du ciel pour une plongée en pleine lumière.

À contre-lumière
Au Musée Hébert (La Tronche) jusqu'au 6 novembre


Le gentleman Berlioz

On croyait tout savoir d'Hector Berlioz, compositeur star qui naquit à La Côte-Saint-André en 1803, mais c'était sans compter sur le travail éclairé mené par le Musée Hector Berlioz qui, en résonance avec le festival éponyme ayant pour thème cette année « So british », propose cet été une exposition au titre aussi éloquent qu'une symphonie à la Roméo et Juliette : Berlioz à Londres, au temps des Expositions universelles.

Amoureux de l'île verdoyante pour sa littérature mélodique et de Shakespeare, Bryon et Scott entre d'autres, mais aussi admirateur de la beauté de sa terre voisine en la personne de l'actrice irlandaise Harriet Smithson, Berlioz puisa nombre d'inspirations dans l'effervescence culturelle londonienne, et plus largement en Angleterre. En 1851, il découvrit ainsi les instruments d'Adolphe Sax à l'occasion de l'Exposition universelle. Autant d'apports britanniques qui ont inspiré son œuvre et dont rend compte l'exposition avec des toiles, des documents et des instruments de musique pour un été classiquement rock'n'roll.

Berlioz à Londres, au temps des Expositions universelles
Au musée Hector Berlioz (La Côte-Saint-André) jusqu'au 30 septembre


Si on chantait ! La la la la...

Portrait de la chanson dans ses dimensions artistiques, sociales, économiques et psychologiques.
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Abécédaire amoureux du jazz

Photographies de Pascal Kober
Musée de l'Ancien Évêché 2 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La BD prend le maquis !

La bande dessinée a investi depuis longtemps le champ historique de la Seconde Guerre mondiale...
Musée de la Résistance et de la Déportation 14 rue Hébert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Truphémus, à contre-lumière

Musée Hébert Chemin Hébert La Tronche
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Berlioz à Londres, au temps des expositions universelles

Musée Hector-Berlioz 69 rue de la République La-Côte-Saint-André
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le peintre Jacques Truphémus est mort

ACTUS | À Lyon, au Café Bellecour où il avait ses habitudes, on ne croisera plus la silhouette de Jacques Truphémus. Le peintre est mort vendredi 8 (...)

La rédaction | Mardi 26 septembre 2017

Le peintre Jacques Truphémus est mort

À Lyon, au Café Bellecour où il avait ses habitudes, on ne croisera plus la silhouette de Jacques Truphémus. Le peintre est mort vendredi 8 septembre, à 94 ans. Il n'avait jamais cessé de peindre. Né à Grenoble en octobre 1922 (ville dans laquelle il se nourrit goulûment de l'influence de ses visites au Musée de Grenoble, y découvrant Matisse, Picasso et bien d'autres), Truphémus se lance dans la peinture en 1937, en regardant la place Notre-Dame depuis sa fenêtre. L'élève d'Antoine Chartres se révèle en 1948 lorsqu’il expose à Lyon avec la jeune garde de la peinture lyonnaise (tous ont moins de 30 ans, la plupart sont issus de l'École des Beaux-Arts de la ville qu’il a intégré en 1941), mouvement que Paul Philibert-Charrin baptisera "sanzisme" le temps de cette exposition. Jacques Truphémus est celui qui est le plus vite reconnu par les institutions : les musées de Genève et d'Annecy, dès les années 1950, se dotent chacun d'une de ses œuvres. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre une première rétrospective dès 1986, comme le Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône en 2005. Il avait même été fait chevalier des Arts e

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Les huit expositions à voir ou à revoir pendant les fêtes

Sélection | Si la vie culturelle de l’agglo est loin d’être intense pendant les vacances de Noël, pas mal de lieux d’exposition, eux, restent ouverts pour assurer au public un service d’intérêt général. Nous vous avons du coup sélectionné les huit propositions immanquables du moment, à parcourir en famille ou entre adultes consentants. Bonne(s) visite(s).

La rédaction | Mardi 20 décembre 2016

Les huit expositions à voir ou à revoir pendant les fêtes

Kandinsky au Musée de Grenoble C’est la grosse expo du moment, comme seul (ou presque) le Musée de Grenoble sait le faire. Se concentrant sur la période parisienne de l’artiste (de 1933 à 1944), le musée dévoile les dernières années de création de Vassily Kandinsky avec une scénographie sobre et chronologique. Les toiles du père de l’abstraction jouent avec les formes et les couleurs, ouvrant ainsi un nouveau monde sensible. La sélection présentée dévoile alors une nouvelle grammaire plastique marquée par le biomorphisme et une palette chromatique plus douce, pour une exposition céleste. Tlj sauf mar de 10h à 18h30 (17h30 sam 24 et 31 décembre). Fermé les dim 25 déc et 1er janv 8€ (5€ en tarif réduit, et entrée libre pour certains publics – demandeurs d’emploi ou moins de 26 ans notamment) Ateliers et visites guidées complets pendant les vacances ________ Pic & Bulle au Musée de l’Ancien Évêché

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"La BD prend le maquis" : le maquis, bulle résistante

ARTS | Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère s'intéresse à la représentation du maquis par les bédéistes d'hier et d'aujourd'hui.

Charline Corubolo | Mercredi 14 décembre 2016

Si, au Musée de l’Ancien Évêché, la montagne se taille de beaux sommets, au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, c’est le maquis qui envahit la BD. Suivant la même ligne que l’exposition voisine (à savoir interroger les rapports entre le 9e art et les massifs), l’institution propose une déambulation au moment où La BD prend le maquis. Un parcours chronologique, avec une première partie didactique pour contextualiser et une seconde qui laisse la place aux illustrateurs et aux scénaristes et révèle ainsi les différentes représentations de la Résistance pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Car très vite, alors que la ville de Paris vient d'être libérée, le champ de la BD a été investi, notamment par Edmond-François Calvo qui réalise La bête est morte ! dès 1944. Entre presse légale qui ridiculise les maquisards et créations clandestines qui montrent la Résistance avec gloire, les productions sont foisonnantes.

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