« On est entre deux eaux »

ACTUS | L’année dernière, la majorité des acteurs culturels de l’Isère s’était mobilisée « face au risque d’une troisième année consécutive de baisse des subventions du Conseil général de l’Isère ». La situation était explosive, le Conseil général renvoyant la faute à l’État et à son désengagement. Une situation qui va donc maintenant évoluer ? Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles et signataire l’an passé de la pétition sur cette question, nous en dit plus.

Aurélien Martinez | Vendredi 25 mai 2012

Photo : Une chambre en villen film de Jacques Demy


La situation actuelle : « Il y a eu un rattrapage en 2011, sur à peu près l'ensemble des structures culturelles et des artistes. Mais un rattrapage relatif : en 2011, on n'a pas retrouvé les niveaux de 2010. Et pour quelques structures, ce rattrapage n'a pas été totalement au rendez-vous, voire très peu au rendez-vous : je pense au festival Les Détours de Babel, ou aux Musiciens du Louvre par exemple, bien qu'il y ait eu depuis de nouvelles avancées. Pour l'année 2012, nous savons maintenant à quel niveau nous allons être soutenus par le Conseil général, et pour ce soutien-là, il est très légèrement inférieur au niveau de 2011 – en comptant le rattrapage. Donc une légère érosion à nouveau. C'est pour ça que nous sommes dans une situation d'attentiste. »

L'avenir : « On est là-aussi dans l'expectative. Au niveau national, on sait maintenant qu'il y aura un dégel du budget de la culture, comme l'a annoncé la ministre, alors qu'il était clair jusqu'à la présidentielle qu'il n'y aurait pas de dégel. Au niveau départemental, on est en attente, surtout que l'on voit bien cette lente érosion qui est inquiétante. D'ailleurs, c'est beaucoup plus facile de diminuer très légèrement, parce que nous, on ne peut pas créer la révolution face à de petites érosions. On est donc entre deux eaux, on se voit, on échange, mais on n'a pas de mobilisation publique pour l'instant. »

La vision : « Au bout d'un moment, les élus des collectivités ne pourront plus sans arrêt incriminer l'État. C'est un argument un peu facile, même si évidemment, l'État s'est fortement désengagé ces dernières années. Parallèlement, les collectivités sont confrontées à des problèmes de financement : après, ce sont des choix à faire ! Là, je m'engage plus de façon personnelle, mais je n'ai pas l'impression que les collectivités – je pense à l'État, mais aussi à nos villes qui sont très présentes pour nos financements – fassent de réels choix en terme de politique culturelle. On essaie plutôt de maintenir à la petite semaine... Et ce que l'on peut regretter sur le département, c'est le manque de parole. Il y a eu des concertations il y a environ un an, ces concertations ont été des rencontres un peu unilatérales, et aujourd'hui, on n'a pas d'échanges sur quelle politique culturelle réinventer. »

La compétence culturelle de l'agglo : « Apparemment, il y aurait des concertations. On ne sait pas du tout quelles sont les orientations à venir. On a compris que la Métro [la Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole – NdlR] se posait cette question sur la culture et sur quels types de compétences elle pourrait prendre en charge, mais on n'a jamais été interrogés sur ce sujet. On pense d'ailleurs que les acteurs culturels iront plus vite que les collectivités. On commence à avoir des accords de réciprocité entre les structures, comme entre la Rampe, la MC2 et l'Hexagone, avec une réciprocité totale concernant nos réductions de tarif sur l'ensemble de nos spectacles. À la Rampe, on travaille aussi très en lien avec les nombreux festivals, comme les Rencontres-i, ou encore avec le Pacifique pour le Concentré de danses [la Rampe participera à la deuxième édition, en 2013 – NdlR]. Les acteurs culturels n'attendent pas les élus pour travailler ensemble ! »

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Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe : « Je reste dans la continuité »

ACTUS | On a rencontré celle qui pilote la salle échirolloise depuis l'automne, avant d'aller à sa première présentation de saison mercredi 5 juin.

Aurélien Martinez | Mardi 4 juin 2019

Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe : « Je reste dans la continuité »

« Dansez, dansez sinon nous sommes perdus… » C’est avec une citation de la chorégraphe Pina Bausch que Joséfa Gallardo, directrice de la Rampe – la Ponatière d’Échirolles depuis presque un an, titre l’édito de la plaquette de sa première saison. Une saison dans l’esprit de ce que faisait le précédent directeur Jacky Rocher, avec donc pas mal de danse mais aussi pas mal de musique classique. « On est "scène conventionnée d’intérêt national art et création danse et musique" alors, forcément, je reste dans la continuité. De toute façon, si j’ai postulé ici, c’est que la programmation me plaisait ! » D’ailleurs, il y a eu « une transition parfaite » avec Jacky Rocher, qui a dirigé pendant dix ans l’équipement culturel échirollois, et des « échanges enrichissants » avec Éliane

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Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

ACTUS | Rencontre avec Jacky Rocher, directeur de la scène échirolloise conventionnée danse et musiques, qui partira à la retraite d’ici quelques mois.

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

Jacky Rocher : « J’ai été très heureux pendant mes dix ans à la Rampe ! »

Ça bouge pas mal en ce moment à la tête des institutions culturelles de l’agglo. Il y a quelques jours, nous avons ainsi appris que Jacky Rocher, directeur de la Rampe d’Échirolles (une « scène pluridisciplinaire avec des penchants pour la danse et les musiques » comme il la qualifie), allait partir à la retraite « a priori début octobre », soit exactement dix ans après son arrivée à la tête de ce lieu composé de deux plateaux – la Rampe, au centre-ville d’Échirolles, salle « faite pour les grands formats », et la beaucoup plus petite Ponatière, près du cours de la Libération, pour des formes artistiques plus sobres et « les tentatives ». On l’a donc rencontré dans son bureau pour un rapide bilan qu’il juge « hyper positif ». « Depuis quatre ans, la fréquentation n’arrête pas d’augmenter. Sans doute parce que le projet artistique et culturel de la Rampe est assez bien installé dans l’esprit des personnes qui fréquentent la culture. » Mais il a tout de même quelques « regrets », comme ne pas être parvenu à « amener beaucoup plus d’accueil et de convivialité dans le lieu

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Francie Mégevand : « Poser des bases solides pour le prochain mandat »

Politique culturelle | Après s’être enfin dotée en 2016 de la compétence culturelle, la métropole grenobloise a élu en septembre 2017 une vice-présidente déléguée à la culture en la personne de Francie Mégevand (qui est également maire d’Eybens). Nous l’avons rencontrée pour savoir ce qu’elle comptait faire – et il y aura à faire, tant Grenoble-Alpes Métropole est en retard sur ce sujet (et d’autres) par rapport à pas mal de métropoles françaises.

Aurélien Martinez | Vendredi 5 janvier 2018

Francie Mégevand : « Poser des bases solides pour le prochain mandat »

Ça y est, Grenoble-Alpes Métropole va enfin s’occuper de culture, comme cela a été acté dans une délibération cadre en novembre 2016. Sauf que votre élection comme vice-présidente déléguée à la culture et à l'éducation a eu lieu un an après… Francie Mégevand : C’est vrai que dans nos perspectives collectives, on pensait avancer un peu plus vite sur la mise en œuvre des ces intentions, avec notamment des responsabilités plus identifiées. Mais les élections présidentielle et législatives ont fait voler en éclats un certain nombre de choses dans notre majorité composite, ce qui a bien occupé les élus. Et du coup, on a pris du retard. C’est pour ça que mon élection est arrivée tardivement. Vous êtes désormais chargée de mettre en place une politique culturelle métropolitaine sur un territoire culturellement très riche comparé à d’autres métropoles françaises… Tout à fait. Et on ne compte pas arriver comme nouveau chef en disant : c’est bon, on a

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En Isère, la droite joue la culture

ACTUS | On murmure dans les couloirs du conseil départemental de l’Isère que la nouvelle majorité de droite, élue il y un an, soutient la culture. Voire même que les subventions augmenteraient. L’annonce semble irréelle. Pour en avoir le cœur net, on est allés rencontrer Patrick Curtaud, vice-président à la culture, et quelques acteurs culturels plutôt satisfaits.

François Cau | Mardi 19 avril 2016

En Isère, la droite joue la culture

Un an après avoir ravi le département à la gauche, la nouvelle majorité départementale de droite présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains) prend ses marques. Et l’action, en matière de culture, semble lancée. « Il y a eu peu d’opposition à l’augmentation du budget du département » annonce dans un sourire Patrick Curtaud, chargé de la culture au département. Après les dernières années plutôt sombres de la présidence du socialiste André Vallini, voilà l’éclaircie. Pour 2016, le département annonce 12% d’augmentation par rapport à l’an dernier. Soit 1.5 millions d’euros en plus pour le budget de la culture. « Aujourd’hui, en cette période trouble, où l’on parle de vivre ensemble et de laïcité, la meilleure façon d’apprendre des autres, c’est le développement de la culture » assure Patrick Curtaud. Une politique de gauche appliquée par des gens de droite ? Il y a de quoi perdre le nord. « La culture n’est ni de droite, ni de gauche » continue le vice-président à la c

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Le changement dans la continuité à la Rampe

ACTUS | Que verra-t-on la saison prochaine sur les planches de la scène échirolloise centrée sur la danse et les musiques ? Réponses.

Aurélien Martinez | Lundi 8 juin 2015

Le changement dans la continuité à la Rampe

À la Rampe, scène conventionnée danse et musiques, les artistes en résidence changent, l’excellente compagnie Arcosm pilotée par Thomas Guerry et Camille Rocailleux (à qui l’on doit notamment le succès Echoa) prenant la suite du chorégraphe grenoblois Nicolas Hubert (compagnie Épiderme). Un Nicolas Hubert qui reviendra tout de même pendant la saison avec sa nouvelle création La Crasse du tympan. Arcosm en profitera pour dévoiler son prochain spectacle baptisé Sublime. Niveau chorégraphes invités, citons l’Américain néoclassique

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Rendez-vous l’année prochaine

SCENES | Que verra-t-on dès septembre sur les scènes de la MC2, de l’Hexagone et de la Rampe ? Une première réponse ici, avant notre traditionnel et incontournable panorama sélectif (et argumenté !) de la rentrée. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2012

Rendez-vous l’année prochaine

Un mix entre de grands auteurs du répertoire – que ce répertoire soit classique ou plus  contemporain – et des créations d’artistes d’aujourd’hui : tel sera, comme à l’accoutumée,  le crédo de la MC2 pour la saison théâtrale qui s’annonce. Ainsi, sur les différentes scènes de la Maison de la culture, on croisera Edmond Rostand (et son fameux Cyrano, par Dominique Pitoiset), Harold Pinter (Le Retour, mise en scène Luc Bondy, nouveau directeur du Théâtre de l’Odéon à Paris, avec sur le plateau un casting haut de gamme – Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Emmanuelle Seigner...), Marivaux (La Fausse suivante, mise en scène Nadia Vonderheyden, une fidèle de Sivadier), ou encore Eugène Ionesco (Rhinocéros, par Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville de Paris). Mais au-delà de cet inventaire à la Prévert, on retient surtout les propositions plus originales qu’a choisies la MC2 : la nouvelle création de Julie Bérès, fabuleuse metteuse en scène déjà croisée à l’Hexagone et à la MC2 ; le dernier projet de Véronique Bell

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Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

SCENES | La danse est un champ artistique riche, varié, protéiforme, enthousiasmant, innovant… Les salles grenobloises arrivent-elles à transmettre au public ces différents élans créatifs ? Tentative de réponse en compagnie de quelques pontes locaux.

Aurélien Martinez | Lundi 10 janvier 2011

Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

Plus d’une vingtaine de plateaux dans l’agglo : le bassin grenoblois est d’une extrême richesse niveau spectacle vivant. Surtout en théâtre. De ce point de vue, le maillage de salles n’a pas à rougir des comparaisons (notamment avec ses voisins, comme Lyon), bien au contraire. Ensemble, en tenant compte de leurs spécificités et de leurs moyens, les lieux de diffusion offrent un très large éventail de la création théâtrale contemporaine. Mais niveau danse, l’euphorie est moindre. Grosso modo, seulement deux salles (la MC2 et la Rampe) offrent une réelle programmation pour les amateurs de ce genre artistique, les propositions des autres étant plus sporadiques. Suffisant ? Pas forcément… Surtout qu’il n’est pas sûr qu’à elles seules, la Rampe et la MC2 arrivent à satisfaire l’appétit du public grenoblois (réputé extrêmement curieux et demandeur). « Bien sûr, mon grand souhait serait que l’on puisse faire plus. Mais on a déjà une belle visibilité, parce que l’on peut jouer entre ces trois plateaux [le grand théâtre, le petit et la salle de création – NDLR], et c’est extrêmement rare en France » nous explique Sylvaine Van den Esch

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« Pour une politique culturelle d’agglomération »

ACTUS | Le bassin grenoblois est extrêmement riche culturellement, notamment niveau spectacle vivant. On dénombre ainsi deux douzaines de plateaux de théâtre (dont (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

« Pour une politique culturelle d’agglomération »

Le bassin grenoblois est extrêmement riche culturellement, notamment niveau spectacle vivant. On dénombre ainsi deux douzaines de plateaux de théâtre (dont deux scènes nationales : la MC2, la plus grande de France, et l’Hexagone, l’une des plus petites), offrant ainsi au public un choix considérable. Un public qui suit souvent en nombre, comme nous l’ont tous affirmé les directeurs, et comme nous pouvons nous en rendre compte chaque soir. Des spectateurs qui voyagent de ville en ville, sans se soucier des frontières administratives. À l’Hexagone par exemple, selon son taulier, un tiers du public vient de Meylan, un autre tiers de Grenoble et un dernier tiers de l’agglo (hors Grenoble). Pourtant, il n’existe pas de politique culturelle d’ensemble gérée par l’agglomération, ce que regrettent unanimement les directeurs que l’on a interrogés, comme nous l’explique Jacky Rocher de la Rampe : « Il va vraiment falloir se questionner là-dessus. Parce que si jamais les resserrements budgétaires devenaient trop importants, j’ai un peu peur des réflexes d’un certain nombre de villes et d’élus qui fassent des politiques culturelles pour leur ville exclusivement. C’est un immense

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Baisse-moi

ACTUS | Comment un directeur de salle aborde cette rentrée où sont annoncées des baisses de financements de toutes parts (État, département…). Comment voit-il l’avenir compte tenu de ces incertitudes ? Quel regard porte-t-il sur son métier et sur les activités culturelles en général ? On a rencontré trois des principaux directeurs de salle de l’agglo pour évoquer avec eux ces sujets. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

Baisse-moi

En France, les activités culturelles sont financées à hauteur de 70 à 80% par les collectivités locales. Ainsi, un théâtre comme l’Hexagone reçoit 22% de ses subventions de la part de l’État, les 78 % restants provenant des collectivités – la ville de Meylan en premier lieu, puis le conseil régional, et enfin le conseil général. Or, outre la possible suppression de la clause de compétence générale (1) un temps prévue par la réforme des collectivités territoriales, plusieurs facteurs pourraient condamner ces financements multiples : que ce soit du côté des collectivités territoriales, en quête constante de financement du fait du transfert de nombreuses compétences sur leurs épaules, et de la disparition de certaines de leurs recettes, ou du côté de l’État avec sa politique de diminution de ses coûts de fonctionnement (2). «Les flous ne sont jamais bénéfiques» «Que font les collectivités locales aujourd’hui ? On leur a supprimé la taxe professionnelle, on leur dit qu’il y aura des compensations en euros constants garanties sur deux-trois ans – quid d'après ? Donc, les collectivités elles-mêmes prennent peur, font gaffe et anticipent. La plupa

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