Un centre d'art, késaco?

Charline Corubolo | Lundi 9 décembre 2013

Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d'exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? Alors qu'un Musée d'art contemporain (comme celui de Lyon, très réputé) et un Fonds régional d'art contemporain (celui de la région Rhône-Alpes est à Villeurbanne ) ont pour vocation d'établir une collection, un Centre national d'art contemporain (comme le Magasin à Grenoble), ou tout simplement un centre d'art, a pour objectif premier d'être un lieu d'expérimentation et de production, et non un espace de conservation (il n'y a donc pas de collections).

Sous l'impulsion d'initiatives personnelles et de la loi de décentralisation de l'art de Jack Lang au début des années 1980, ces vitrines artistiques se sont multipliées. Aujourd'hui, la majorité des centres d'art sont de type associatif et peuvent être en régie directe avec la région, le département ou même la municipalité (comme c'est le cas au Vog et à l'Espace Vallès), ce qui leur permet d'être en partie subventionnés par la ville ou même l'État. Des lieux d'exposition qui ne se contentent pas de promouvoir seulement des artistes locaux, mais qui scrutent la création contemporaine en national comme à l'international à la recherche de nouveaux talents. Il ont également une visée pédagogique qui se manifeste par la documentation avec l'édition de catalogues. Ainsi, les centres d'art ont deux principales missions : soutenir les artistes, méconnus ou confirmés, dans la production et la diffusion, et accompagner le public à travers la médiation.

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Réincarner les mythes

Exposition | Dix ans après sa première exposition au Vog, le peintre grenoblois Johann Rivat y revient pour nous dévoiler ses dernières réalisations. Une plongée dans un univers pictural singulier où les figures mythologiques côtoient les totems modernes que sont les panneaux publicitaires.

Benjamin Bardinet | Vendredi 5 mars 2021

Réincarner les mythes

« Ce qui me préoccupe, c’est l’attention portée aux choses. Pour la plupart de mes peintures, je réalise le châssis, tend et prépare la toile moi-même. Et naturellement, je n’expose pas mes toiles avant de les avoir parfaitement vernies ! » Il y a chez Johann Rivat un attachement aux savoir-faire et une indéniable attention portée à l’objet pictural. Si les figures centrales de ses grands formats sont souvent dessinées avec précision et font immédiatement image, le paysage dans lequel elles se situent se révèle une surface vibrante où le travail de la matière s’épanouit pleinement : jeux chromatiques, coulures, réserves, glacis… de savoureux effets picturaux qui invitent à une observation attentive et surtout qu’aucune reproduction, aussi technologique soit-elle, ne pourra jamais restituer. Pas de distanciel possible ici donc. Points incandescents Intitulée Prométhée aux Enfers, l’exposition de Johann Rivat au Vog se déroule selon un parcours tendu entre deux points incandescents. En introduction, c’est une flamme dérobée aux dieux de l’Olympe qu’un Prométhée moderne (et féminisé) tient dans sa main ; en fin de parcours, c’est le rouge fla

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Trente sur trente

ARTS | À l’occasion de ses trente ans d’existence, l’équipe de l’espace Vallès, à Saint-Martin-d’Hères, nous invite à découvrir une exposition qui réunit trente artistes accueillis depuis la création de l'établissement, en 1990. Un accrochage rétrospective qui trouve le juste équilibre entre diversité et cohérence.

Benjamin Bardinet | Lundi 1 mars 2021

Trente sur trente

2020 était l’année des 30 ans de l’espace Vallès. Évidemment, tout ne s’est pas tout à fait passé comme prévu ! Du coup, en ce début 2021, l’espace inaugure l’exposition qui devait clôturer son programme anniversaire – à savoir un accrochage qui réunit trente artistes qui ont déjà été présentés au centre. Bien qu’essentiellement murales, les œuvres exposées témoignent de la grande variété des approches plastiques défendues par le centre pendant toutes ces années. Afin de compenser l’écueil qu’aurait pu constituer cette diversité, l’équipe a pris le parti de présenter des œuvres toutes de format carré (50 x 50 cm) et de procéder à un accrochage thématico-stylistique relativement ouvert, parfois assez instinctif, qui permet de donner à l’ensemble du parcours d’exposition une cohérence dans laquelle il est tout à fait plaisant de déambuler… Ensembles et séries On découvre ainsi dès l’entrée plusieurs séries d’œuvres qui tendent vers une forme d’abstraction minimale, voire radicale, d’où surgissent parfois des empreintes d’élément typographiques fantomatiques ; un ensemble qui témoigne d’une saisissante sensibilité pour les matériaux et les textures. À l’étage,

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Fantômes photographiques

ARTS | Malgré le couvre-feu culturel imposé par le gouvernement, il y a encore moyen de trouver sur le territoire grenoblois quelques expos à se mettre sous la dent. Le Vog bénéficiant d’être assimilé à la médiathèque municipale, le visiteur curieux peut actuellement y découvrir l'exposition de la photographe Yveline Loiseur, une énigmatique déambulation entre présence, absence et disparition.

Benjamin Bardinet | Jeudi 14 janvier 2021

Fantômes photographiques

Au début du XIXe siècle, le peintre romantique Gaspar David Friedrich livre une idyllique représentation des falaises calcaires de l’île de Rügen que contemplent, au premier plan de sa composition, quelques randonneurs fascinés par ce spectacle grandiose. C’est sur une représentation toute autre de cet environnement naturel singulier que s’ouvre l’exposition du Vog. Au blanc immaculé des reliefs acérés que le peintre romantique faisait ressortir grâce à un cadre de verdure vivifiant, Yveline Loiseur oppose la grisaille minérale abrasive d’un éboulis calcaire au milieu duquel de timides pousses végétales tentent péniblement de survivre. Une vision renversée, où le froid constat de la désagrégation de notre environnement naturel succède à la fascination dont la nature était sujette il y a deux siècles, au point d’entrée de ce qu’on appelle désormais l’anthropocène. Toute en nuance de gris, c’est également à un monde révolu que renvoie la seconde série d’images. D’anciens lits d’hôpitaux sont photographiés dans un cadre relativement serré de façon à ce que notre regard se porte sur des détails de leur confection : la couture des rideaux, le tissage du drap, les

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Mythes et technologies

ARTS | "Prends ce récif pour barricade". Sous ce titre aussi poétique qu’énigmatique, Chloé Devanne-Langlais propose au Vog une exposition-installation qui nous projette dans le monde d’après : celui où seul les récifs pourront encore nous abriter.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 septembre 2020

Mythes et technologies

En travaillant avec des matériaux de rebut, associant l’anguleuse sécheresse d’un plexiglas à l’organique présence de plantes, confrontant la gravure manuelle à celle d’une machine au laser, le travail de Chloé Devanne-Langlais peut gentiment déboussoler le néophyte qui passe la porte du Vog. La diversité des matériaux un peu foutraques donnent au premier abord l’impression d’une dispersion anarchique. Puis, peu à peu, cheminant dans l’espace, le regard s’accommode et cet ensemble hétéroclite révèle sa cohérence. L’exposition apparaît comme une sorte de grande installation qui nous plonge dans un univers à la sensibilité surréaliste où les références aux récits mythologiques flirtent avec une esthétique de la récupération. « J’aime bien les objets qui ont vécu, qui portent en eux une histoire. Mais si je récupère des matériaux, c’est également que je suis attentive dans ma production à ce que ce soit logique d’un point de vue écologique. » Il en va de même des plantes présentes dans l’exposition et qu’elle a récupérées à proximité, sur les rives du Drac. « La nature a toujours du mal à survivre dans les espaces d’exposition. Du coup, je me suis demandé si ces plante

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Coup double

Centre d'art | En réunissant Philippe Calandre et Sylvie Réno dans une exposition intitulée "Dédoublement(s) de réalité", plus que la simple question de la représentation, c’est celle de la reproduction que nous propose d’explorer l’espace Vallès.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 juin 2020

Coup double

Pas toujours flatteurs, les reflets que nous renvoient les miroirs incitent parfois à la réflexion... il en va de même pour les œuvres d’art. Pensée comme un dialogue ouvert entre des oeuvres qui jouent de leur capacité à re-produire les choses (des photographies et des maquettes), la nouvelle exposition de l’espace Vallès se propose comme un parcours interrogeant la surenchère productive qui caractérise le monde qui est le nôtre. Philippe Calandre utilise la photographie pour créer des images fantasmées d’un urbanisme cauchemardesque, inspiré par celui des mégapoles contemporaines. À grands coups de retouches numériques, de subtils montages et de discrets collages, il caricature gentiment la mégalomanie des architectes et de leurs commanditaires. Surgissant dans des environnements urbains totalement désertés de toute présence humaine, ces architectures semblent autant issues de l’imagination de l’artiste que de l’environnement qu’il photographie – en atteste une série de dessins d’architectures oniriques qui semblent avoir été réalisée en plein sommeil. Reproductions en carton Paradoxes et retournements sont également au cœur du travail de Sylvie Réno. L’a

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Le passant et les passeurs

Peinture | Évoquant autant l’esthétique pop de David Hockney que la luxuriante naïveté du Douanier Rousseau, l’univers pictural de Marie-Anita Gaube invite à une immersion fascinante dans un monde fantaisiste et inquiétant.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 février 2020

Le passant et les passeurs

Acides, flashy, lumineuses mais aussi parfois troubles, éteintes, délavées... il y a fort à parier que les couleurs des tableauw de Marie-Anita Gaube accrocheront le regard du piéton qui passera devant la baie vitrée du Vog. D’apparence assez immédiate, ces compositions sont en réalité des constructions complexes dans lesquelles de multiples plans s’emboîtent subtilement les uns dans les autres, semant une confusion paradoxalement parfaitement lisible. Des compositions complexes qu’amplifient les associations chromatiques audacieuses de la peintre lyonnaise, qui a le bon goût de ne jamais basculer dans le mauvais. Chaque tableau invite le visiteur à prendre le temps de perdre son regard dans la composition pour en apprécier la diversité des traitements picturaux : aplats, glacis, touche, modelé ou dégradés que viennent parfois parasiter des collages impromptus. Et lorsque l’artiste délaisse la peinture pour travailler à l’aquarelle, elle joue merveilleusement bien des réserves de blanc et de la capillarité du médium. Couleurs chatoyantes, scènes équivoques Si les couleurs sont chatoyantes, les scènes représentées, qui apparaissent souvent comme des délires

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Au service des artistes, des œuvres et du public

Anniversaire | Situé à Saint-Martin-d’Hères, l’Espace Vallès fête ses trente ans d’existence. À l’occasion de cet anniversaire, le centre d’art contemporain présentera tout au long de l’année une programmation spéciale, conçue en collaboration avec de nombreux artistes et institutions ayant participé à l’histoire du lieu.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 janvier 2020

Au service des artistes, des œuvres et du public

Montage d’expos, accueil des publics, gestion administrative et bien sûr programmation artistique, Bertrand Bruatto et Frédéric Guinot sont un peu les hommes à tout faire de l’Espace Vallès. Arrivé dans la maison dans le courant des années 1990, le binôme a pris les rênes du centre d’art après le départ de la directrice d’origine, Anne Abou, en 2010. « Ce lieu est le résultat d’une volonté politique municipale forte, celle du maire Jo Blanchon. Sa création est contemporaine de celles de l’Heure Bleue et de Mon Ciné », nous expliquent-ils. Depuis trente ans, avec une moyenne de quatre expositions par an, l’Espace Vallès défend la création contemporaine. « On n’est pas un lieu dogmatique, on expose tous types de techniques et de tendances. Par ailleurs, on diversifie au maximum : des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des artistes reconnus, d’autres moins. » Entretenir les liens « Nous aimons bien suivre les artistes, garder contact, les accompagner... », explique Frédéric Guinot. « De la même manière, avec le public, on préfère mener des actions qui s’inscrivent dans la durée », ajoute-t-il. Une vol

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Virginie Prokopowicz : bruts et ciselés

Exposition | Le processus et la vie créative de l'artiste transparaissent au travers de ces dessins géométriques à la dimension parfois carcérale. Une inspiration à découvrir à l'Espace Vallès jusqu'au 21 décembre.

Benjamin Bardinet | Mercredi 27 novembre 2019

Virginie Prokopowicz : bruts et ciselés

L’artiste Virginie Prokopowicz aime les matériaux bruts, une certaine simplicité et une évidente efficacité plastique. Invitée par l’Espace Vallès, elle propose une exposition qui réunit plusieurs pièces existantes et une œuvre In Situ qui investit les six mètres de hauteur du mur principal de l’espace. Plaqués sur ce mur, des rails en PVC noirs disposés à intervalles réguliers s’élèvent et se distordent en leur centre. Tirant parti de la configuration singulière du lieu et de sa mezzanine, cette installation s’offre au visiteur sous différents point de vue qui donnent parfois l’impression que ces rails noirs s’émancipent de la surface du mur pour devenir sculpture ou bien, au contraire, l’illusion que le mur tente de suivre leur mouvement et se boursouffle. Géométriques, minimales et ciselées au premier abord, les œuvres de Virginie Prokopowicz sont souvent réalisées à partir de matériaux issus du BTP (béton, Plexiglas, PVC) et se révèlent finalement assez brutes, laissant apparaître, lorsque l’on s’en approche, les traces de leur conception. Rien n’est dissimulé : on devine l’arrachage de scotch, les coups de taloches, le tracé d’un feutre sur du Plexiglas…

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"Charivari" : l'inquiétant carnaval de Delphine Balley

Exposition | Présentées au Vog de Fontaine, les œuvres photographiques et filmiques de Delphine Balley nous plongent dans un univers inquiétant où se jouent d’étranges rituels : mises à mort symboliques, lutte contre les esprits, passages entre les mondes.

Benjamin Bardinet | Mardi 12 novembre 2019

Les artistes sont souvent nourris de passions qui peuvent parfois virer à l’obsession, et si Delphine Balley, photographe drômoise née en 1974, a toujours porté un vif intérêt pour les rituels et les traditions populaires, il semble bien que sa passion orgiaque pour le carnaval hante les photographies et le film présentés au Vog Le rituel protéiforme du carnaval émane originellement de peurs qui saisissaient nos ancêtres au cœur de l’hiver : que la nuit prenne définitivement le pas sur le jour, que la terre ne soit plus jamais fertile et que l’esprit des morts non enterrés à cause du gel nous hante à jamais. Mettant en scène un réel qui nous échappe autant qu’il nous fascine, le moment du carnaval est l’occasion d’interroger les normes, de renverser les codes, pour ensuite mieux refonder le monde avant l’arrivée du printemps. Fourrures et clairs-obscurs Profondément nourrie par ses lectures au sujet de ce rite ancestral, Delphine Balley parvient, sans être dans l’illustration, à mettre en scène des gestes et des rituels aussi captivants qu’incompréhensibles. Ainsi, ses œuvres possèdent une profondeur qui permet au visiteur (à con

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Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

Concert | On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 septembre 2019

Des boucles et des nappes au Vog avec Léonard Lampion

On l’a déjà dit, mais on ne le répétera jamais assez : pour les amateurs d’explorations sonores, les showcases proposés par le centre d’art le Vog, à Fontaine, constituent de loin l’un des rendez-vous les plus passionnants de Grenoble et son agglomération. C’est là qu’on a pu découvrir, par exemple, l’artiste franco-tunisienne Deena Abdelwahed, des années avant que cette dernière explose sur la scène internationale. Mais c’est aussi là que se produit, dans une ambiance intimiste et sans prétention, la fine fleur de l’avant-garde locale, comme devrait encore le démontrer la prestation de Léonard Lampion jeudi 26 septembre à 19h30. En solo ou en duo (au sein des groupes Hardlab et Peep Night), en live ou en DJ-set, le Grenoblois n’a de cesse d’explorer une multitude d’univers, de la techno expérimentale à l’ambient en passant par l’indus, l’italo-disco, l’EBM ou la trap. Pour son passage au VOG, il proposera ainsi un live ambient éthéré à base de « nappes, textures, et arpèges de synthés » qu’il nous tarde déjà de découvrir dans l’atmosphère si particulière du lieu.

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Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

Concert | Rendez-vous samedi 20 octobre.

Damien Grimbert | Mercredi 17 octobre 2018

Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

C’est rien de moins qu’un triple retour qui nous attend ce samedi 20 octobre à 20h30. Celui des concerts au Centre d’art Bastille tout d’abord, cadre aussi singulier qu’idéal pour accueillir des groupes musicaux aux horizons différents. Celui de l’association Plege ensuite, de retour aux affaires après une longue pause estivale. Et celui de Bégayer enfin (photo), trio alternatif unique en son genre qui viendra dévoiler ses « tristes poèmes bruyants » à l’occasion de la sortie de son très attendu premier album Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit, coproduit par Les Disques Bongo Joe et le label Le Saule. On ne peut malheureusement pas vous en dire beaucoup plus au stade actuel (seul deux des neuf titres de l’album ont été dévoilés à l’heure où l’on écrit ces lignes), si ce n’est qu’au vu des précédentes prestations du groupe, et de la très bonne formation pop folk qui les accompagne pour l’occasion (les Lyonnais de GHST), tout ça s’annonce sous les meilleurs augures.

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Noël ne se passe pas comme prévu

ARTS | Pour sa neuvième édition, l'exposition de Noël du Magasin s'avère inégale même si certains artistes méritent le détour. Direction l'Ancien musée de peinture.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

Noël ne se passe pas comme prévu

Le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, dévoile en cette fin d'année sa désormais traditionnelle Exposition de Noël à l'Ancien musée de peinture. Ayant pour ambition de présenter dans un même lieu une sélection hétéroclite d'artistes contemporains de la région Rhône-Alpes, cette nouvelle édition tient malheureusement plus du déballage de cadeaux de Noël que de la manifestation défricheuse de nouveaux talents artistiques. Comme au petit matin du 25 décembre, il y a certaines pièces présentées place Verdun que l'on souhaiterait échanger sur eBay. Mais fort heureusement ça reste Noël, avec dans le lot toujours de bonnes surprises. On (re)trouve les photographies de nature mortifère d'Alexis Berar découvertes en octobre à la galerie Ex Nihilo. Jérôme Cavaliere et Stéphane Déplan, eux, présentent une vidéo intitulée Désaccords faite de séquences de baston récupérées sur Internet sur lesquelles ont été apposés des sous-titres ironiques sur le discours de l'art. Dès lors, un dialogue plein d'humour et de

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Blind

ECRANS | D’Eskil Vogt (Norvège, 1h31) avec Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen…

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Blind

Connu pour avoir coécrit les scénarios de Joachim Trier (bientôt en compétition cannoise avec Louder than bombs), Eskil Vogt se lance ici dans la mise en scène, mais il est vite rattrapé par sa nature d’auteur. En effet, à travers son personnage principal, une femme devenue aveugle qui se met à rêver le monde et les gens qui l’entourent comme une romancière fabriquant des morceaux de fiction, il offre un reflet à peine fantasmé de sa propre situation. Blind se grise de sa structure labyrinthique et de son étrangeté, grillant ses meilleures cartouches au cours de sa première demi-heure : ainsi, tandis qu’Ingrid perd la vue, son mari développe des pulsions voyeuristes, traînant sur YouPorn ou espionnant sa voisine d’en face. Pour faire sentir l’aveuglement, la mise en scène amplifie les autres sens de son héroïne, mais là, Vogt ne fait que reprendre la plupart des idées développées par Meirelles dans son sous-estimé Blindness. Au bout d’un moment, le procédé lasse, le film patinant dans ses mises en abyme glaciales et son petit traité cérébral sur

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Plasticien, statut fantôme

ACTUS | Alors que ces derniers mois les intermittents du spectacle manifestaient pour sauvegarder un régime toujours plus instable, les artistes plasticiens, eux, ne se sont pas montrés. Pour cause : en plus de pâtir de la précarité et de difficultés financières, ils ne possèdent aucun statut au contraire des musiciens, acteurs et autres danseurs. On a rencontré plusieurs figures locales pour en savoir plus. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 28 octobre 2014

Plasticien, statut fantôme

Tout esprit créatif rêve de vivre de son art. Mais voilà, être artiste au XXIe siècle est surtout synonyme de galère et de débrouille, dans un monde où il est monnaie courante de faire des plasticiens les "esclaves" créateurs des temps modernes, au service des grandes institutions. Et ce n'est pas leur statut social qui l'empêchera. De statut d'ailleurs, ils n'ont point : ils sont considérés par Pôle emploi comme travailleurs indépendants au même titre qu'un plombier ou qu'un programmateur informatique. Pourtant, leur activité et surtout leurs revenus ne sont pas comparables. Un plasticien a pour principal salaire la recette des ventes de ses œuvres, le temps de recherche et de création ou encore les expositions étant rarement monnayés. Pour le fisc, les artistes sont donc des libéraux puisqu'ils travaillent en indépendants et que leur production comporte une dominante intellectuelle. Pour avoir une reconnaissance légale en France, les peintres, les sculpteurs et autres vidéastes doivent s'inscrire à la Maison des artistes, organisme indépendant agréé de protection social

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Artistes en Vog

ARTS | On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Artistes en Vog

On aime, et le Vog nous y invite chaque année, découvrir un artiste en quelques œuvres, presque en un clin d'oeil qui peut ensuite, et selon l'envie, se prolonger en plus longues et profondes contemplations. Le centre d'art de Fontaine ouvre sa saison avec le Dijonais Didier Marcel (jusqu'au 26 octobre) découvert notamment pendant la Biennale de Lyon 2003 avec son installation faite d'une voiture et de maquettes architecturales... Au Vog, il présentera d'étonnants « paysages », soit deux moulages monumentaux d'un champ de maïs repeints en rouge ! L'artiste aime à brouiller les frontières entre l'artificiel et le naturel, l'œuvre et le prélèvement brut d'éléments du réel... Le plus humoristique des vidéastes, le Grenoblois Samuel Rousseau, lui succèdera avec ses petites installations d'images mouvantes, entre drôlerie et poésie, matériaux « cheap » et trouvailles techniques (du 21 novembre au 21 décembre au Vog et aussi à l'Espace Vallès à Saint-Martin d'Hères). Plus tard dans la saison, nous vous conseillons particulièrement l'exposition de David Lefebvre (du 15 mai au 28 juin). L'artiste travaille à partir d'ima

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Le Magasin et ses artistes bien mont(r)és

ARTS | On lit avec le sourire ce début de présentation du CNAC : « Deimantas Narkevizius est un des artistes lituaniens les plus reconnus sur la scène artistique (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Le Magasin et ses artistes bien mont(r)és

On lit avec le sourire ce début de présentation du CNAC : « Deimantas Narkevizius est un des artistes lituaniens les plus reconnus sur la scène artistique internationale... » En l'occurrence un ancien sculpteur qui travaille aujourd'hui sur la narration et le thème de la Guerre Froide à travers des vidéos. Si nous nous amusons que le Magasin joue encore à qui a la plus grande, nous nous réjouissons de pouvoir y découvrir des artistes singuliers, lointains et parfois émergents. D'autant que notre célébrité exposera en compagnie d'un autre Lituanien, Vytautas Virzbickas, mettant en scène de manière quasi théâtrale des sculptures réalistes et d'autres éléments d'installations. Après cette immersion balte (du 13 octobre au 5 janvier), le Magasin proposera une alléchante exposition monographique consacrée à l'ancienne performeuse américaine Ericka Beckman (du 8 février au 27 avril). L'artiste réalise maintenant essentiellement des films expérimentaux qui mettent sens dessus dessous les codes filmiques et les structures narratives habituels. Concrètement, cela peut prendre la forme aussi bien de « comédies musicales » loufoques et sur

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Et vogue le Vog

ARTS | Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend (...)

Laetitia Giry | Mercredi 28 novembre 2012

Et vogue le Vog

Le Vog est un centre d’art créé par la ville de Fontaine en 2005, fruit d’un « volonté politique » coriace dans une période peu favorable… S’il dépend financièrement de cette municipalité, cela ne limite pas pour autant la liberté fondamentale présidant à un centre de ce type : celle de choisir sans restriction ni commande, de construire sa ligne et son identité. D’autant qu’à l’argent de la ville s’ajoute celui provenant du mécénat privé (depuis l’an passé seulement), le tout pérennisant un aspect essentiel de son fonctionnement : l’absence totale d’intérêt financier. S’il leur arrive de « mettre en lien les collectionneurs et les artistes », Marielle Bouchard (programmatrice du lieu depuis octobre 2006) précise : « on n’est pas là pour vendre et on ne prend évidemment aucune commission. » Les artistes exposés bénéficient quant à eux d’une « aide à la production » ainsi que d’une valorisation par l’édition d’un catalogue, mais pas d’aucune rémunération à proprement parler. Choisis en fonction « de l’expérimentation qu’ils font de l’art contemporain », ils peuvent être confirmés (comme

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Au-delà du réel

ARTS | La photographe Delphine Balley qui avait notamment été sélectionnée lors de l’Exposition de Noël du Magasin en 2008, revient dans l’agglo pour une exposition (...)

François Cau | Mardi 10 janvier 2012

Au-delà du réel

La photographe Delphine Balley qui avait notamment été sélectionnée lors de l’Exposition de Noël du Magasin en 2008, revient dans l’agglo pour une exposition cette fois-ci personnelle à l’Espace Vallès. La particularité de l’artiste est d’inviter le mystère et le fantastique dans un univers a priori banal. Ainsi pendant plusieurs années, elle a photographié sa propre famille et tiré de ce travail plusieurs séries qui ont fait l’objet de diverses expositions à Reims, Lyon ou Paris. Loin de l’album de famille classique, ses portraits sont frappés d’étrangeté grâce à une subtile mise en scène. Après avoir transfiguré ses proches en personnages fabuleux et troublants, elle utilise son goût de l’insolite pour transformer l’Espace Vallès en temple du rêve et de l’imagination. Dans sa série Théâtre de l’esprit qui y sera présentée à partir du 20 janvier, elle s’approprie des maisons désertées mais imprégnées d’histoires et y crée un décor qui va réveiller une mémoire obscure et latente.

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Awards 2011 exposition

ARTS | L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la (...)

François Cau | Lundi 19 décembre 2011

Awards 2011 exposition

L’award de l’expo blockbusterLe hors-les-murs du fameux et parisien Centre Pompidou sur Chagall et l’avant-garde russe (il ne fallait pas oublier la seconde partie du titre, sous peine d’être terriblement déçu) a été l’un des grands évènements de l’année culturelle grenobloise – à l’image de ceux qui attirent les foules dans les grands musées parisiens. Il permit d’approcher au mieux l’univers foisonnant de l’artiste, et de contextualiser son art singulier à travers « un dialogue fertile » comme nous l’expliquait en mars dernier Angela Lampe, conservatrice à Beaubourg et co-commissaire de l’exposition. L’award de l’éléganceÉlégance et sobriété sont deux qualificatifs qui conviennent parfaitement à l’univers du peintre Jean-Frédéric Coviaux, que l’on a pu découvrir en février dernier à l’Espace Vallès de

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Melting pot

ARTS | Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. (...)

François Cau | Vendredi 9 décembre 2011

Melting pot

Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. Pour participer, un seul critère : avoir un lien avec la région Rhône-Alpes. Résultat : il y en a pour tous les goûts. Il est à noter que cette cinquième édition, plutôt chargée, fait la part belle aux installations et à l’interactivité. Dans ce vaste catalogue d’œuvres, certaines ont plus particulièrement attiré notre attention. C’est le cas des Candidatures spontanées de Pierre Buttin, qui a détourné le règlement du concours en se servant du formulaire d’inscription comme support artistique afin de confectionner un calendrier de l’Avent. On ne ratera pas non plus Migrant de Cyrille André pour sa folie des grandeurs et sa poésie : la gigantesque sculpture d’un homme à l’abandon s’envole, emportée par des ballons en polystyrène. Li Li, quant à elle, tente les gourmands, mais attention, pas de grignotage sans effort : il faudra grimper à l’échelle pour manger des bretzels. Et enfin, même si on n’a pas tout compris, on a quand même remarqué la persévérance de Maria Landgraf qui tous les jeudis après-midis obéi

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Jeunes et fous

ARTS | Oui, il faut être un peu fou pour se lancer dans une carrière artistique. Alors on se demande quelles options s’offrent aux aspirants artistes plasticiens dans notre chère ville… Et on en trouve plusieurs, vertigineuses et simples. Laetitia Giry

François Cau | Lundi 10 janvier 2011

Jeunes et fous

La vingtaine un peu entamée, l’étudiant sortant de cinq ans à l’école des Beaux-Arts de Grenoble se retrouve dans une jungle impossible à prévenir. Bien sûr, comme tous les autres étudiants, il la redoute et la voit venir cette jungle sans pitié, mais l’affronter est la prochaine étape de son parcours. Comme nous le fait remarquer Pascale Riou (du centre d’art OUI) : « le côté professionnalisant des écoles d’art est un peu fictif », d’où la nécessité pour ces jeunes de créer eux-mêmes les occasions susceptibles de faire (sur)vivre leur travail. D’après Anaëlle, chargée de production au Magasin – CNAC, « l’important n’est pas de se montrer dans les vernissages mais bien de fournir un réel travail, construire son identité artistique, tenter de s’intégrer à un réseau tout en assumant bien souvent des difficultés financières forçant à faire un travail alimentaire ». Nombreux sont ceux à quitter le pays pour des eldorados plus bouillonnants : si Paris fut un temps une destination appropriée, il semble que la prolifération incontrôlable de propositions et la vie de plus en plus chère aient eu raison de sa bienveillance à l’égard des jeunes artistes. Berlin a pris le

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A bout de symboles

ARTS | L’Espace Vallès a fêté ses vingt ans cette année, et perd dans la foulée celle qui a donné son identité artistique à la galerie : Anne Abou, dont les talents de (...)

François Cau | Vendredi 12 novembre 2010

A bout de symboles

L’Espace Vallès a fêté ses vingt ans cette année, et perd dans la foulée celle qui a donné son identité artistique à la galerie : Anne Abou, dont les talents de commissaire d’exposition ne sont plus à prouver – audace des choix et malice de la mise en espace des œuvres en tête. En guise d’au revoir, la municipalité de Saint Martin d’Hères – qui dirige la galerie – lui a demandé de consacrer sa dernière exposition à son propre travail d’artiste, élaboré en marge. Assumant tous les rôles, elle nous propose ainsi de nous familiariser avec son univers par l’intermédiaire de plusieurs séries de photos, pour la plupart en très grands formats. On aime sa tendance au fétichisme fantaisiste dans les « Tous en scène atelier » – confectionnés dans son « petit théâtre vitrail » – la frénésie devinée de ses petits univers d’images et de représentation où pullulent figurines de plastiques et images issues de divers pans de la culture mondiale (tableaux fameux, affiches de cinéma). Chaque élément occupe son bout d’espace et participe vaillamment à la supercherie : celle de tromper sur l’échelle en créant un décalage dans l’œil du public. En cela, on pense avec bonheur à la très réussie campagne d

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La Machine d’art

ARTS | Exposition / Le collectif européen UCD (Un Certain Détachement - Un Cierto Desapego), a élaboré une machine distributrice d’œuvres d’art multipliées. Celle-ci (...)

| Mercredi 21 février 2007

La Machine d’art

Exposition / Le collectif européen UCD (Un Certain Détachement - Un Cierto Desapego), a élaboré une machine distributrice d’œuvres d’art multipliées. Celle-ci est visible au VOG, et cherche financeurs pour que la machine - et pourquoi pas les machines- puissent être effectivement installées dans l’espace public (une rue, une entrée de musées, hall de gare...). À l’origine, Claude Gazengel écrit un texte sur son voyage en Espagne ; sur le passage d’une frontière, sur l’autre, l’ailleurs, sur le détachement pris lors du déplacement. Puis, elle part à la rencontre d’autres artistes, en Espagne, en France. Certains artistes (travaillant sur des supports différents dont la photo, sculpture, peinture, installation, musique), entrent dans sa narration et un collectif né avec un projet fédérateur et des thèmes communs, dont le détachement et la frontière. L’idée finale sera de s’interroger sur la place de l’art dans la société : l’œuvre sera donc reproduite et mise en vente dans un distributeur. Dans la galerie, on peut d’abord voir l’élaboration, l’histoire de ce projet. Claude Gazengel a d’ailleurs réalisé une vidéo sur chaque artiste du collectif, et sur l’“objet” que ce dernier a produ

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La bonne distance

ARTS | exposition / Deux nouvelles expos au Magasin : l’une stimulante réalisée quasi in situ par le jeune plasticien français Franck Scurti, et l’autre, une première rétrospective de Lothar Hempel, un trajet plus onirique, narratif, un brin empesé. SD

| Mercredi 28 février 2007

La bonne distance

L’espace de la “rue” du Magasin, n’aura jamais été autant appréhendé comme tel. Mais, en réalité, on sait qu’elle n’en est pas une, de rue. Elle est un espace au milieu d’un Centre d’Art, haut lieu dévolu à l’art contemporain. Franck Scurti, plasticien à l’humour subtil, joue, travaille sur cette ambiguïté. Dans cet espace, il aligne régulièrement sur toute la longueur, cinq grandes sculptures reproduites sur le modèle de styles reconnaissables dans l’histoire de l’Art : constructivisme, minimalise, biomorphisme, on pense à Arp, Lichtenstein ou Vasarely. Chacune d’entre elle, pourtant, est réalisée avec des irrégularités, des décalages, des inexactitudes. Réelles, mais parodiques donc. Sur la première, par exemple, un nu féminin, que l’on trouverait dans n’importe quel square, Scurti a remplacé la tête par un cube. Une télé, cette tête ? Mais l’idée, aussi brute que forte, et qui permet de prendre de la distance pour se poser toutes sortes de questions, c’est que ces sculptures sont pré-taguées ou pré-graffitées ; ces écritures, signatures taguées reproduites sont gravées, sculptées dans la sculpture en quelque sorte. Donc, ineffaçables. Elles sont traces, empruntes (de tribus mod

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