« La musique savante n'est pas réservée à une élite »

ACTUS | Les Détours de Babel, ce n’est pas seulement un festival musical. C’est aussi un grand nombre de rencontres culturelles, débats, conférences et ateliers pédagogiques. Depuis deux ans, Vincent Tournoud est chargé d’actions culturelles, relations avec les publics et partenariats pour le festival. L’objectif est notamment d'ouvrir les portes au grand public. Rencontre. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Lundi 31 mars 2014

Ateliers de découverte, conférences, débats, sorties scolaires… Quel est le but de ce programme ?

Vincent Tournoud : Pendant le festival, nous proposons un certain nombre de rendez-vous culturels, qui permettent soit d'aller plus loin sur une thématique abordée par un concert, soit de rendre plus accessibles les prestations du festival. Pour ce qui concerne le premier objectif, nous organisons par exemple un colloque sur l'énergie sonore. Et pour le second, nous faisons notre possible pour attiser la curiosité du public.

La curiosité ?

Oui, étant donné que le festival est tourné vers la musique de création, la plupart des concerts n'ont jamais été joués ailleurs. Les spectateurs n'ont donc aucune idée de ce qu'ils vont voir, ce qui peut en freiner plus d'un. Nous tâchons de faire en sorte que ce caractère inédit suscite la curiosité et non l'appréhension.

Comment familiariser le grand public avec ce type de musique ?

Nous organisons de nombreux concerts scolaires, à l'Espace 600, au Jardin des plantes ou encore au Musée dauphinois. Par exemple, nous proposons cette année un concert intitulé La Lobaye, rencontre entre un guitariste algérien et un groupe de Pygmées de Centrafrique (photo). Nous avons organisé une rencontre entre le guitariste et l'association Le Prunier sauvage, à Mistral. Il leur a expliqué sa vision de la musique et leur a donné quelques conseils techniques.

Nous ouvrons également certaines répétitions aux Grenoblois détenteurs du pass culture, ainsi qu'aux élèves d'écoles de musique, en fonction des demandes et manifestations d'intérêt des professeurs.

Enfin, on essaie de pratiquer des tarifs accessibles. Tout ce qui est masterclass, ateliers et autres est gratuit. D'autres activités, comme les brunchs, sont proposées à prix libre et les places de concert sont vendues à des tarifs raisonnables. La musique savante n'est pas réservée à une élite.

Cette année, le thème met la nature à l'honneur. Un autre moyen de fédérer ?

Nous organisons plusieurs évènements en lien direct avec le thème, en partenariat avec des associations locales. Avec la Frapna et la Ligue pour la protection des oiseaux, nous proposons deux conférences : « La musique des arbres » et « La musique des oiseaux ». Nous avons aussi mis en place des conventions et partenariats avec la Maison de la nature afin qu'ils communiquent sur le festival auprès de leurs adhérents. Une table ronde sur le thème du changement climatique, avec plusieurs laboratoires et artistes, est également prévue au programme.

Enfin, nous avons comme chaque année un grand projet fédérateur. Il s'agit cette fois-ci du projet Flowers 2.0. À partir de bouteilles en plastique issues de la récup', nous avons proposé à des écoliers de la région, mais aussi à des patients d'établissement hospitaliers, de réaliser 2 000 fausses fleurs, qui sont placées dans le Jardin des plantes pour toute la durée du festival. Le projet est coordonné par un artiste, Pierre Estève, qui s'occupe de recréer l'écosystème sonore d'une forêt uniquement avec des bruits de plastique.

Comment savoir si ça marche ? Quelle proportion du public concerné par les actions se rend ensuite aux concerts ?

Les personnes qui ont participé à une action ont droit à des tarifs réduits, ils viennent donc en groupe, ce qui permet de les repérer. Sinon, on le voit surtout à l'enthousiasme, quand à la fin d'un atelier, les gens posent des questions et demandent des infos, ça témoigne de leur intérêt pour le festival.

Afin d'améliorer le dispositif, nous avons mis en place des questionnaires distribués lors de chaque action. Nous demandons aux participants leur âge, leur CSP et comment ils ont eu l'information. La plupart du temps, c'est un relais, un groupe d'amis ou une association qui les a mis au courant de l'évènement.

Nous sommes également très heureux de constater que la fréquentation augmente d'année en année. Nous attendons environ 20 000 personnes pour cette édition.

Les Détours de Babel, jusqu'au 12 avril à Grenoble et dans l'agglo.

Rencontre professionnelle rassemblant des membres du milieu musical, centrée sur les moyens d'élargir le public, mardi 8 avril à la Rampe, toute la journée

Plus d'informations sur www.detoursdebabel.fr


Flowers 2.0 / Vox Natura

Installation dans l'espace public de Pierre Estève
Jardin des plantes Rue Dolomieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Lobaye

Rencontre entre un musicien d’exception, d’origine algérienne, Camel Zekri, et un ensemble de musique traditionnelle pygmée
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Festival | C’est l’un des gros festivals du printemps grenoblois, côté musiques du monde, jazz et musiques nouvelles, qui aurait dû lancer sa dixième édition ce jeudi 26 mars. Ce qu’il n’a bien sûr pas pu faire, tout le pays étant confiné – et tous les événements culturels à l’arrêt. On a alors passé un coup de fil à Benoit Thiebergien, qui pilote ces Détours de Babel depuis leur création (puisque c’est d’eux dont il s’agit), pour savoir comment lui et son équipe vivent l’annulation. Et, surtout, envisagent l’avenir.

Aurélien Martinez | Lundi 30 mars 2020

Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Ça ne doit pas être très agréable d’annuler un festival à quelques jours de son lancement… Benoit Thiebergien : On peut même dire que ça n’est pas agréable du tout. On était tous prêts, certaines résidences avaient même déjà commencé… Mais quand, vendredi 13 mars, on a appris que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits, on a tout de suite compris que l’on n’avait pas d’autre choix que d’annuler. Tout le monde dans l’équipe était abasourdi. Et les artistes aussi, bien sûr. La dixième édition aurait dû se tenir du 26 mars au 19 avril. Sera-t-elle reportée dans l’année ? Non, on ne peut pas la reporter, en décalant par exemple les trois semaines du festival en septembre, pour la simple et bonne raison que l’on travaille avec des salles partenaires – 48 lieux différents sur 20 communes tout de même, avec des grandes salles comme la MC2, la Belle Électrique ou la Rampe, des plus petites, des bibliothèques… Chaque projet est donc un cas particulier. Si on était un festival dans un lieu unique, on pourrait tout décaler, mais là c’est tout simplement impossible. Surtout qu’avant l’annu

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Aux Délices perchés, « les végans libertaires fréquentent les chasseurs de droite ! »

Festival | Le festival pluridisciplinaire Les Délices perchés, lancé l'an passé à Notre-Dame-de-Mésage, près de Vizille, réaffirme pour sa deuxième édition son envie de proposer un événement éclectique et exigeant. On en a parlé avec une partie de l’équipe bénévole.

Alice Colmart | Mardi 18 juin 2019

Aux Délices perchés, « les végans libertaires fréquentent les chasseurs de droite ! »

La chapelle de Notre-Dame-de-Mésage, la forêt de Notre-Dame-de-Mésage, la place de la mairie de Notre-Dame-De-Mésage… Autant de lieux qu’investira le festival Les Délices perchés pendant toute une journée. Pour l’équipe, dont une partie a grandi dans cette commune du Sud-Isère, l’idée est de « redynamiser ce village dortoir et faire vivre ce lieu de notre enfance » comme l’explique Vincent Tournoud, un ancien du festival Les Détours de Babel maintenant lancé dans cette aventure qui a vu le jour l’an passé. « C’est un nouveau truc dans le paysage. Alors, c’est sûr, au village, il y a les pour et les contre. Mais globalement, les gens apprécient car c’est avant tout un festival de partage. L’année dernière, après le dernier spectacle, tout le monde s’est spontanément levé et a commencé à ranger les chaises. C’était émouvant de voir que les spectateurs s’étaient appropriés la chose. Maintenant, c’est devenu le gros événement culturel du coin ! » En témoignent d’ailleurs les chiffres de fréquentation de la première édition, au-delà des espérances. « On avait prévu un événement pour 500, 600 personnes, il y a eu enviro

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Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Festival | C’est parti pour la neuvième édition des Détours de Babel, festival estampillé « musiques du monde, jazz, musiques nouvelles ». Soit l’occasion, pendant plus de trois semaines (du 15 mars au 7 avril), de découvrir des artistes de tous horizons et des musiques non formatées. Histoire de se repérer dans le vaste et passionnant programme, on vous livre une sélection de nos attentes à écouter à Grenoble, dans l'agglo et même, parfois, au-delà.

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Traversées – Constantinople et Ablaye Cissoko Il y aura une belle teinte mandingue cette année aux Détours de Babel, pas mal de kora, et quelques Cissoko. À commencer, par ordre chronologique, par Ablaye, qui vient ici flirter avec la musique des cours persanes aux côtés notamment de Kiya Tabassian, chantre irano-canadien de la musique traditionnelle et savante venue de Perse, et grand spécialiste du sétâr, lointain cousin persan de la kora. Ablaye se produira également en solo vendredi 15 mars aux Salons de musique de la Maison de l’international. Samedi 16 mars à 19h à la salle des fêtes de Commelle et dimanche 17 mars dans le cadre du Brunch #1 du quartier Très-Cloîtres Trois lettres de Sarajevo – Goran Bregović Dans ce Sarajevo d'avant la guerre où a grandi Goran Bregović, les cultures et les religions cohabitaient avec bonheur. C'est cette Jérusalem des Balkans, ce paradis perdu du vivre-ensemble que les national

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Les Délices Perchés : « On souhaite que le festival soit un lieu d’expérimentation »

Festival | La première édition des Délices Perchés, festival pluridisciplinaire « de spectacle, de cuisine et de lumière », s'installe samedi 16 et dimanche 17 juin à Notre-Dame-de-Mésage, près de Vizille. Avec, dans ses bagages, un programme riche, alléchant et décalé. Mais encore ?

Alice Colmart | Lundi 11 juin 2018

Les Délices Perchés : « On souhaite que le festival soit un lieu d’expérimentation »

« Mixer la population familiale, locale, et le public citadin », tel est l’objectif que s’est fixé l’équipe du festival Les Délices Perchés qui se déroulera samedi 16 et dimanche 17 juin dans la petite commune de Notre-Dame-de-Mésage, dans le sud grenoblois. « Avec notre bande de potes, on a choisi ce lieu parce qu’il est splendide mais aussi symbolique, certains d’entre nous ayant grandi ici. Beaucoup viennent du milieu du spectacle et pratiquent des arts différents. Alors on a décidé de faire quelque chose à notre image, en croisant plusieurs disciplines » résume Vincent Tournoud, un ancien du festival Les Détours de Babel maintenant lancé dans cette aventure. Ainsi, une douzaine de spectacles (gratuits ou à prix libre) réunissant 80 artistes conteurs, musiciens, comédiens, choristes et autres sont prévus. Parmi eux, « les fortement décalés » (et bien connus à Grenoble) musiciens du Big Ukulélé Syndicate (photo) qui viendront enflammer le parvis de la mairie à l’occasion d’un bal costumé ; ou encore les conteurs de la cie Ithér

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« Un festival de découverte et de confirmation »

MUSIQUES | Depuis 2011 a lieu chaque début de printemps à Grenoble (et en Isère) un festival exigeant centré sur des musiques que l’on n’a pas l’occasion d’écouter tous les jours. Son nom ? Les Détours de Babel. Avant de zoomer sur l’alléchante programmation de cette sixième édition, on a causé programmation, langages musicaux ou encore élitisme supposé avec le boss Benoît Thiebergien. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

« Un festival de découverte et de confirmation »

En 2013, pour la troisième édition du festival, nous avions paraphrasé Antoine Vitez et titré notre article « Élitisme pour tous ». Vous reconnaissez-vous dans cette expression ? Benoît Thiebergien : Oui et non, je me méfie des "ismes". Vitez parlait de « théâtre élitaire pour tous ». Parlerait-on d’un festival « populiste » pour dire populaire ? La formule est à double sens. Soit elle fait référence aux élites qui savent ce qu’il convient de proposer au peuple pour l’éduquer : une vision obsolète de l’action culturelle aujourd’hui dans laquelle nous ne nous retrouvons pas. Soit elle considère qu’une démarche artistique exigeante que l’on pense réservée à quelques-uns est un a priori qui disparait quand elle va à la rencontre de tous les publics, qui sont souvent bien plus curieux qu’on ne le croit. C’est dans ce sens que je vous rejoins dans cette paraphrase. À Babel, on veut maintenir cette exigence artistique au centre de nos préoccupations avec des choix qui ne sont pas forcément "mainstream".

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Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

MUSIQUES | Zoom sur quatre propositions piochées dans la programmation de la sixième édition des Détours de Babel, « festival des musiques du monde contemporain ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

29.03 > Hexagone (Meylan) Strange Strings Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l’on avait mis en "une" du journal l’an passé lors de la précédente édition du festival, va confronter son univers avec celui de trois autres grands solistes dont le violoncelliste Vincent Segal avec qui il collabore souvent – leur album Chamber Music est une pure merveille. Les deux autres invités ? Le contrebassiste Renaud García-Fons et le joueur de kemençe (vielle traditionnelle turque) Derya Türkan. Certes, le concert est complet, mais une liste d’attente a été ouverte. 31.03 > MC2 Yātrā C’est, après Israel Galván, l’autre grand nom espagnol du flamenco qui a fougueusement investi les scènes européennes avec son art ancestral revisité. Dans ce spectacle (que nous n’avons pas vu), Andrés Marín ira ainsi du flamenco à l’Inde du Nord en passant par le hip-hop de Kader Attou. Un grand écart oui, mais souvent parfaitement maîtrisé dans son

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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Into the (musical) wild

MUSIQUES | C’est parti pour trois semaines dédiées à «l’art musical» sous toutes ses formes grâce à l’exigeant festival Les Détours de Babel, centré cette année sur les rapports entre musique et nature. Rappel du projet et sélection de concerts et autres événements. Aurélien Martinez, Charline Corubolo, Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Mardi 25 mars 2014

Into the (musical) wild

Quatrième édition pour les Détours de Babel, festival né – on le rappelle – de la fusion entre les 38e Rugissants (très centrés sur les musiques contemporaines) et le Grenoble jazz festival (qui portait bien son nom). Après la religion en 2013, la politique en 2012 et les questions d’identité en 2011, c’est le thème de la nature qui a été retenu cette année, avec un sous-titre assez large pour ne pas être réducteur : les musiciens de la Terre. Bien appuyé sur ses trois jambes (« les musiques nouvelles – tout ce qui est lié à la musique contemporaine, à la musique électronique… –, le jazz et les musiques improvisées, et enfin les musiques traditionnelles, dites musiques du monde » comme nous l’expliquait son directeur Benoît Thiebergien en 2012), même si ces trois jambes ont de plus en plus tendance à se fondre les unes dans les autres, la manifestation est toujours construite autour du concept que nous lui avions accolé l’an passé :

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Élitisme pour tous

MUSIQUES | Pour la troisième édition du festival, l’équipe des Détours de Babel a choisi de se pencher sur la question de la religion et de son traitement par les différentes musiques d’ici et d’ailleurs. Un axe passionnant tant l’histoire musicale est intimement liée à l’histoire religieuse, comme on en aura la preuve pendant ces trois semaines. Aurélien Martinez, Laetitia Giry et Christine Sanchez

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2013

Élitisme pour tous

Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

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« Transformer l’essai »

MUSIQUES | Pour la deuxième édition des Détours de Babel, émanation des anciens Grenoble Jazz Festival et 38e Rugissants, les musiques en résistance seront mises à l’honneur. Pour en savoir plus, rencontre avec Benoît Thiebergien et Jacques Panisset, respectivement directeur et conseiller artistique du festival. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 16 mars 2012

« Transformer l’essai »

Les Détours de Babel, deuxième édition. L’édition de la confirmation ?Benoît Thiebergien : L’année dernière, il fallait lancer la nouvelle manifestation, faire en sorte que son nom et son esprit puissent pénétrer le public de l’agglomération et le milieu professionnel. Et là, évidemment, cette deuxième édition est celle de la confirmation : il faut transformer l’essai, asseoir le festival, conquérir de nouveaux publics… Les Détours de Babel sont présentés comme un « festival des musiques du monde contemporain »… C’est-à-dire ?BT : Le festival explore principalement trois esthétiques musicales : les musiques nouvelles – tout ce qui est lié à la musique contemporaine, à la musique électronique… –, le jazz et les musiques improvisées, et enfin les musiques traditionnelles, dites musiques du monde. On explore donc ces trois champs, en montant des projets avec des artistes qui viennent de ces esthétiques-là, mais qui sont dans des dynamiques d’ouverture et de croisement avec d’autres champs musicaux.Jacques Panisset : Et ce qui fédère l’ensemble, c’est que tous ces

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Sélection (édition 2011)

MUSIQUES | Les événements à ne pas manquer pendant Les Détours de Babel. FC

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Sélection (édition 2011)

Choc des culturesGrands frissons artistiques prévus dès ce samedi dans l’enceinte de la Maison de la Culture. Pour ce qui est de la claque sonore, la scène accueillera le groupe Phat Jam, la réunion inespérée entre le grand saxophoniste de jazz Archie Shepp (photo) et le rappeur / beat boxer Napoléon Maddox. Ce dernier, au sein de sa formation IsWhat ?!, a plus que fait ses preuves en louvoyant notamment sur des sentiers artistiques dont les sonorités percussives vous font du rentre-dedans jusqu’à ce que vous vous abandonniez totalement, désarmé, sous le charme – écoutez son You figure it out et défaillez donc. Citant à tour de bras l’héritage musicalement revendicatif de Charles Mingus ou de John Coltrane, il était assez logique qu’il saisisse l’opportunité de travailler avec Archie Shepp sur un projet commun : Phat Jam, c’est son nom, ne trahit ni l’un ni l’autre, mais assemble leurs caractéristiques respectives avec bonheur. Et quand on sait qu’en plus, le groupe sera rejoint sur scène par la compagnie de danse sud-africaine Via Katlehong, l’une des plus inventives et explosives représentantes de la danse pantsula, quelque chose nous dit que la soirée s

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Jouer avec la langue

CONNAITRE | Sauvagement bousculée par l’actualité, la première édition des Détours de Babel s’offre néanmoins à nous avec son lot de promesses artistiques mirobolantes. François Cau

François Cau | Mercredi 30 mars 2011

Jouer avec la langue

Festivals clés de l’agglomération grenobloise, les 38e Rugissants et le Grenoble Jazz Festival ont célébré pendant de nombreuses années de bons et loyaux services la création musicale contemporaine, les émulations entre différentes cultures, les passerelles temporelles et autres échos sonores. Forcément, dans leurs recherches respectives, leurs routes se sont croisées plus d’une fois, jusqu’au point où les responsables de chaque structure, liés de plus par une complicité ne datant pas d’hier, se sont demandés si une mutualisation de leurs forces ne pouvait pas donner naissance à une nouvelle entité événementielle, un festival qui conserverait les spécificités de chacun mais qui tendrait vers l’expérimentation libre de nouvelles formes. Bref, l’application de la formule mathématique popularisée par Jean-Claude Van Damme, 1 + 1 = 1, mais dans le domaine de la musique et de la création contemporaines. Les deux structures se fédèrent donc, investissent leur Centre International des Musiques Nomades créé pour l’occasion, et planchent de concert sur la ligne éditoriale de leur projet commun. Village global Comme son nom le laisse délicatement suppose

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