Éliane Baracetti, « marin à la marine »

ACTUS | Suite au départ à la retraite de Janine Goubet, Éliane Baracetti a été nommée en février dernier à la tête du Grand Angle, immense salle (jusqu’à 2 400 places) située à Voiron. L’ancienne directrice de la Rampe d’Échirolles (entre 2001 et 2008) revient donc à ses premières amours après un passage par la case politique – elle a été, entre 2008 et 2014, élue à la culture de l’ancien maire de Grenoble Michel Destot. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 14 octobre 2014

Vous arrivez à la tête du Grand Angle, salle iséroise particulièrement centrée sur l'éclectisme...

Éliane Baracetti : Je n'emploierais pas le mot éclectisme. Il me dérange parce que ça fait un peu bazar à la bonne franquette. Le Grand Angle est plutôt une salle pluridisciplinaire, avec une grande diversité. Historiquement, il a toujours fait le grand écart, et de manière réussie, entre les têtes d'affiche, la partie plus showbiz, et un vrai travail, digne du service public de la culture, de soutien et d'accompagnement de spectacles peut-être moins évidents. En tant que nouvelle directrice, je m'inscris dans la continuité de cette ligne.

Au-delà de la continuité, quelles sont les spécificités de votre projet ?

J'ai vraiment défendu l'idée de croisement des langages artistiques. Je ne suis pas pour le cloisonnement théâtre, danse, musique, humour... Bien sûr, ce n'est pas une révolution, des artistes se préoccupent depuis bien longtemps de ces questions, mais c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup et qui a toute sa place dans une salle pluridisciplinaire. Sinon, je voudrais avoir à l'année des artistes compagnons de route. Ce ne seront pas des résidences, l'idée étant plutôt que trois fois dans l'année, des artistes, au lieu de passer seulement un soir avec nous, restent une semaine et puissent être plus présents dans la cité – pas seulement sur le plateau donc, mais partir aussi à la rencontre des habitants, aller dans un centre social, une école... Un dernier point enfin : le Grand Angle est un équipement de la Ville de Voiron certes, mais aussi du Pays voironnais, un territoire de 34 communes assez étendu avec 90 000 habitants : il y a un véritable enjeu territorial. Il faut que tous les habitants sentent que le Grand Angle est leur équipement, en décentralisant des spectacles par exemple, en diffusant l'éducation artistique et culturelle, en travaillant avec les associations des territoires... Tout ça est en train de se mettre en place.

Vous revenez donc à la direction d'un équipement culturel après un passage par la case politique, passage auquel vous avez vous-même souhaité mettre un terme avant l'élection (Éliane Baracetti n'était pas présente sur la liste de Jérôme Safar). Pourquoi ce choix ?

J'ai toujours dit, quand j'étais adjointe, que je n'avais pas l'intention de faire carrière en politique. Je suis venue parce que je pensais que mon expérience pouvait modestement être utile à la cité. Je me suis toujours qualifiée de marin à la marine : eh bien le marin revient à la marine et j'en suis vraiment très heureuse.

Vous avez candidaté au Grand Angle du temps de l'ancienne municipalité de gauche. Depuis, le nouveau maire, Julien Polat, est UMP. Or, vous avez été élue à la culture d'un maire PS... Une situation plutôt atypique !

Je ne suis pas du PS ! Je ne renie pas ma sensibilité, mais je suis quelqu'un de la société civile, je n'ai jamais été encartée. Même si oui, j'ai appartenu à une majorité de gauche. Pour répondre à votre question : sur Voiron, ce qui compte, c'est ce que je vois des projets de politique culturelle de la Ville. Et pour l'instant, ils correspondent à mes convictions, au projet que j'ai défendu.

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Vincent Villenave : « Faire que le Grand Angle rayonne encore plus sur le Pays voironnais »

ACTUS | Depuis janvier et à la suite du départ de sa précédente directrice Éliane Baracetti, le Grand Angle, immense salle de spectacle de Voiron, est piloté par Vincent Villenave, ancien directeur de l’Heure bleue de Saint-Martin-d’Hères. On l’a rencontré.

Aurélien Martinez | Mardi 5 mars 2019

Vincent Villenave : « Faire que le Grand Angle rayonne encore plus sur le Pays voironnais »

« En un peu plus de douze ans, je pensais avoir fait le tour de l’Heure bleue. » Voilà pourquoi Vincent Villenave a de nouveau postulé l’an passé à la direction du Grand Angle de Voiron, après une première tentative infructueuse en 2014. « Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette salle, c’est son rayonnement sur le territoire qui l’entoure. » Car ce paquebot qui, selon les configurations, peut monter à 2200 places (« c’est sûr que l’Heure bleue, à côté, c’est presque un théâtre de poche – et pourtant l’Heure bleue n’est pas une petite salle ! »), a des missions plus larges qu’un théâtre municipal implanté dans l’agglomération grenobloise. Ce qui se ressent dans sa programmation extrêmement variée, où les stars du rire (Kev Adams, Artus, Arnaud Tsamère ou encore Ahmed Sylla viendront à Voiron les prochains mois) et de la chanson (Pascal Obispo, I Muvrini…) côtoient des propositions moins grand public – du théâtre, de la danse… « C’est comme un grand écart pour arriver à concilier deux aspects qui peuvent paraître sinon antinomiques en tout

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Éliane Baracetti : « Je suis contente de finir ma carrière de cette manière »

ACTUS | À la rentrée, le Grand Angle de Voiron, salle de spectacle généraliste rayonnant sur un bassin de population très large, aura un nouveau directeur ou une nouvelle directrice, l’actuelle Éliane Baracetti partant à la retraite « en principe » en novembre. L’occasion d’un rapide bilan avec cette figure de la culture locale passée par diverses salles de l’agglo et, également, la politique.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juin 2018

Éliane Baracetti : « Je suis contente de finir ma carrière de cette manière »

En 2014, on apprenait qu’Éliane Baracetti était nommée directrice du Grand Angle de Voiron, alors qu’elle était encore adjointe à la culture du maire de Grenoble de l’époque Michel Destot. Un retour « logique » dans le monde culturel pour celle qui, avant d’entrer en politique, dirigeait la Rampe d’Échirolles (et qui, encore avant, avait travaillé à la MC2). « J’ai vraiment apprécié de retrouver mon métier favori que j’avais quitté temporairement pour la politique. Et je l’ai retrouvé dans un cadre formidable avec une équipe elle aussi formidable et impliquée. Je suis donc contente de finir ma longue carrière de cette manière-là. » « Le panel le plus large possible » Sauf que le Grand Angle n’est pas la Rampe, avec un volet de programmation beaucoup plus large faisant se côtoyer, dans une immense salle (jusqu’à 2 400 places), Calypso Rose, Francis Huster, Michel Leeb, Muriel Robin, Claire Diterzi, le Cirque plume ou encore des artistes plus confidentiels pour en citer certains de cette dernière saison, ce qui a dû lui changer. « La programmation est très large simplement parce que le territoire est différent. »

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Du bon goût au Grand Angle de Voiron

ACTUS | Zoom sur la prochaine saison de la salle voironnaise, où le plus intéressant n'est pas forcément le plus évident.

Aurélien Martinez | Lundi 22 juin 2015

Du bon goût au Grand Angle de Voiron

Première saison où la programmation est entièrement faite par la nouvelle directrice Eliane Baracetti, qui mixe comme le faisait sa prédécesseure spectacles sûrs de remplir la salle de 1 700 places et formes plus risquées – c’est d’ailleurs là qu’elle glisse sa patte, avec goût. La saison prochaine, on verra donc de la star de l’humour à Voiron : Alex Lutz, Arnaud Tsamere, Stéphane Guillon, Norman, la troupe du Jamel Comedy Club, Marc Jolivet, Pierre Palmade en metteur en scène du Père Noël est une ordure… En musique, le très chanson-jazzy Michel Jonasz sera de la partie, comme Michel Fugain, Richard Galliano, La Maison Tellier, Les Fatals Picards, Aldebert en mode jeune public… Côté spectacle vivant, il y aura plusieurs reprises de très bons spectacles : Pourvu qu’il nous arrive quelque chose du Grenoblois Grégory Faive, sur les coulisses du théâtre ; Têtes d’affi

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En route vers 2014 / 2015

ACTUS | Dernier épisode de notre série du mois de juin sur les différentes programmations des salles de l’agglo publiées avant l’été. Avec cette semaine le Grand Angle de Voiron, l’Odyssée d’Eybens, la Vence scène de Saint-Égrève et le Théâtre en rond de Sassenage. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 juin 2014

En route vers 2014 / 2015

Le Grand Angle Changement de direction au théâtre voironnais, la nouvelle directrice étant Éliane Baracetti. Oui, l’adjointe à la culture de la municipalité grenobloise précédente, qui fut aussi directrice de la Rampe d’Échirolles et secrétaire générale de la MC2 – un CV qui en impose. Pour sa première saison en tant que programmatrice, pas de grands changements notables, la majorité des propositions ayant surement été validée avant sa prise de poste (mais on ira l’interroger à la rentrée pour savoir ce qu’elle compte faire avec ce très grand Grand Angle). À partir de septembre prochain à Voiron, on retrouvera donc beaucoup d’humour (Muriel Robin, Mathieu Madénian, Malik Bentalha, Ary Abittan...) et de musique (Vincent Delerm, Bernard Lavillier, Linda Lemay voire même Nana Mouskouri). Côté danse, on découvrira la prochaine création du chorégraphe Kader Attou mêlant comme toujours contemporain et hip-hop ; le fameux Alonzo King Ballet venu des États-Unis ; ou encore quelques compa

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Une nouvelle partition à Sainte-Marie-d’en-Bas

ACTUS | En avril dernier, la Ville de Grenoble lançait une grande procédure d’appels à projets pour les deux structures municipales que sont le Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, géré depuis plus de 25 ans par Diden Berramdane, et le Petit Théâtre, camp de base du Créarc de Fernand Garnier depuis 1976. Résultat des courses : Diden s’en va, remplacé par le musicien Antonio Placer, alors que le Créarc reste dans le jeu. On fait le point avec Éliane Baracetti, adjointe à la culture. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 17 janvier 2014

Une nouvelle partition à Sainte-Marie-d’en-Bas

L’idée allait de soi : réinterroger les projets en place depuis un bail dans deux théâtres grenoblois situés près du quartier Notre-Dame. Après avoir ouvert les candidatures, la mairie a reçu six dossiers pour le Petit Théâtre et sept pour Sainte-Marie-d’en-Bas. Alors que le Créarc a bruyamment exprimé son mécontentement quant à son avenir incertain, on a paradoxalement peu entendu le fort en gueule Diden Berramdane. Qui cédera finalement sa place en septembre 2015. « Tout s’est fort bien passé » avec lui nous assure Éliane Baracetti, adjointe à la culture à la mairie de Grenoble, évoquant le fait que le metteur en scène est en âge de bénéficier de ses droits à la retraite. « Rendons d’ailleurs hommage au travail qu’il a effectué. » OK. À la rentrée 2015 (et non 2014 comme annoncé auparavant – « il faut laisser du temps d’installation, on n’est pas dans de l’événementiel »), le nouveau maître des lieux sera le musicien Antonio Placer (« Galicien exilé en France » dixit sa bio), avec son association grenobloise Alma musique. « Antonio Placer est un artiste musicien, mais il n’a pas du tout centré son projet sur la musique stricto se

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Au théâtre demain

ACTUS | La saison dernière, la Ville de Grenoble a décidé de lancer un appel à projets pour le Petit théâtre, camp de base actuel du Créarc de Fernand Garnier, et le Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, aux mains de Diden Berramdane. Pour en savoir plus, rencontre avec Éliane Baracetti, adjointe à la culture. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

Au théâtre demain

En 2010, vous déclariez dans nos colonnes : « Je ne serai pas une grande constructrice, ma priorité est de consolider l’existant. » Ces deux appels à projets (au Petit théâtre et au Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas) sont-ils dans la lignée de votre politique dit du « théâtre en réseau », dont l’acte emblématique a été la naissance du Tricycle ?Éliane Baracetti : Le Tricycle et les théâtres dont on va parler, ce n’est pas tout à fait la même chose. Depuis 2008, personne ne l’ignore, il y a partout des gros problèmes financiers – ce n’est pas propre à la Ville de Grenoble. Je trouvais donc qu’il était plus important de soutenir ce qui existait déjà plutôt que de partir dans des folies de constructions et de nouveaux projets – des investissements qui auraient demandé de nouveaux budgets de fonctionnement. Donc voilà pourquoi je disais que je ne serai pas une grande constructrice. Pour le Théâtre 145, devenu depuis le Tr

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L’Ampérage tient à ses nuits

ACTUS | Le mois dernier, la préfecture de l’Isère a tranché : l’Ampérage doit dorénavant fermer ses portes à une heure du matin (contre cinq heures auparavant). Une décision que déplore l’équipe dirigeante, qui veut que le lieu reste une salle de diffusion dédiée aux pratiques culturelles nocturnes. On fait le point. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2013

L’Ampérage tient à ses nuits

L’Ampérage fait partie des endroits où l’on peut écouter de la musique jusqu’à très tard. « C’est un lieu ouvert avec une programmation faite exclusivement par des associations » nous explique sa directrice Laurence Tadjine, qui se félicite ainsi de proposer des concerts et soirées variés de qualité. Car à l’Ampérage, le public (28 000 spectateurs l’an passé) vient avant tout pour les artistes, à la différence de certaines boîtes de nuit fréquentées pour l’ambiance, qu’importe le son. Que la préfecture demande donc à l’Ampérage d’arrêter ses soirées à une heure du matin comme une salle de spectacle lambda, expliquant que seules les discothèques peuvent ouvrir si tard, sidère les dirigeants de l’Ampérage, qui déplorent ce coup asséné aux pratiques culturelles nocturnes. Pour Thomas Antoine, président du Stud, l’association qui gère l’Ampérage, « la législation n’est pas en accord avec la réalité des pratiques culturelles aujourd’hui. Ce n’est pas parce que l’on ferme à cinq heures du matin qu’on est forcément une discothèque. » Il se fait ainsi le por

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Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

ACTUS | Ça bouge dans le milieu théâtral : l’historique Centre dramatique national des Alpes, aujourd’hui dirigé par Jacques Osinski, va disparaitre en 2014, absorbé par la MC2 qui l’accueille dans ses murs. Une fusion décidée par la mairie de Grenoble et, surtout, le ministère de la culture, que Michel Orier, ancien directeur de la MC2, a rejoint l’été dernier. Une décision et un casting qui, forcément, interrogent. Retour sur une mort annoncée, avec les principaux acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Lundi 4 mars 2013

Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, son nouveau spectacle Orage, d’après le texte d’August Strinberg. Mais l’actualité de l’homme est ailleurs : le 15 février dernier, il a appris qu’il ne serait pas reconduit à la tête du CDNA (il postulait pour un troisième mandat de trois ans), ce dernier allant tout simplement disparaître, avalé par la MC2 qui l’héberge dans ses murs (avec le Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé par Jean-Claude Gallotta et les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski). Une décision visiblement ancienne puisqu’actée en août dernier, par la ministre de la culture et le maire de Grenoble. Et une décision qui questionne beaucoup, à Paris comme à Grenoble. Issus des politiques de décentralisation menées depuis cinqua

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Guerres et paix

SCENES | THÉÂTRE BURLESQUE / Semianyki, ce sont des clowns muets et sans nez rouge qui campent une famille totalement déjantée et survoltée. Auréolé d’un impressionnant succès depuis sa création à Saint-Pétersbourg en 2003, le spectacle s’offre une nouvelle tournée en France. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 7 décembre 2011

Guerres et paix

Il y a la mère, le père, et leurs quatre enfants. Dans un décor proche du bric-à-brac de brocante, on découvre leurs relations intimes, passionnées et énervées. Un thème universel, évoqué dans tous les arts. Les clowns de Semianyki s’emparent de ce schéma largement rebattu, en y adjoignant une grande dose de burlesque, avec pour mot d’ordre de ne jamais lésiner sur les effets. Donc, quand les enfants essaient par tous les moyens de tuer leur père, ils y vont à coups de sparadrap et de pinces à linge. Un père qui, porté sur la bouteille, menace alors de les laisser seuls, quitte à abandonner par la même occasion sa femme, outrageusement affectueuse et enceinte jusqu’aux dents. Un ballet à six qui prend forme sans qu’aucune parole ne soit prononcée : tout est dans l’art du geste qui fera mouche ; ce qui n’exclut pas des moments de poésie pure, quand ces mêmes clowns, derrière leurs maquillages exagérés, leurs manières rustres et leur luttes intestines pour le pouvoir, arrivent à toucher du doigt certains des sentiments les plus fins. Les chiens ne font pas des chats Issue d’une illustre troupe de cirque qui évoluait dans l’URSS des années 70, la bande Semianyki (

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« Il faut partager les outils »

CONNAITRE | Éliane Baracetti, adjointe à la culture à la Mairie de Grenoble, a entre autres impulsé ce projet de refonte du paysage théâtral grenoblois. On l’a rencontrée. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 18 avril 2011

« Il faut partager les outils »

Vous retrouvez-vous dans le projet final porté par le Tricycle, projet qui a évolué depuis le début ?Eliane Baracetti : Sur le fond des choses, il n’a pas tellement changé. Il s’agit toujours de mettre sur pied un dispositif pour aider le mieux et le plus possible la vie théâtrale dans cette ville. On retrouve donc bien la mise à disposition de plateaux, on retrouve bien une aide financière, on retrouve bien des moyens humains ou matériels – les ateliers décors et costumes. Ce projet a aussi une autre visée…Il s’agit d’arrêter ce jeu de chaises musicales, très douloureux à chaque fois. De ne plus confier les clés à une compagnie en se demandant trois ans après si on va les lui confier à nouveau. Les compagnies sont toujours heureuses de rentrer dans un théâtre, et c’est normal, mais c’est bien légitime à un moment donné de leur demander de rendre les clés : il faut partager les outils. Donc la meilleure façon que nous avons trouvée est de confier les clés non plus à une compagnie, mais à un collectif d’artistes, qui pourra évoluer comme il l’entend : il y aura des gens qui arriveront, d’autres qui partiront –

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Grenoble : attention, chantiers

CONNAITRE | Théâtre / Enjeu décisif de l’orientation de la ville en termes de politique culturelle, le devenir du Théâtre 145 ne manque pas de centraliser toutes les inquiétudes quant à la sauvegarde d’une certaine conception de la démocratisation culturelle… François Cau

François Cau | Lundi 12 avril 2010

Grenoble : attention, chantiers

Rappel pour les distraits : en décembre prochain, la convention entre les Barbarins Fourchus et la Ville de Grenoble, qui confiait aux premiers la gestion et l’animation du Théâtre 145, prendra fin. Les artistes, après avoir encaissé le coup, ont bien volontiers admis que le renouvellement, au bout de dix années d’activité, pouvait avoir du bon. Via leur réunion publique du 18 mars dernier, les joyeux cabotins ont bien pris soin de ne pas personnaliser le débat : comme l’a exprimé en introduction l’aîné de la bande, Lino, en bondissant d’un fauteuil roulant avec un panache certain, les Barbarins sont réputés pour leur caractère inoxydable. Non, ce qui les inquiète, eux et bon nombre d’habitués du lieu, c’est le maintien de leur travail de médiation au sein du quartier Berriat St-Bruno, dont la qualité a d’ailleurs été reconnue par la Ville. Via des ateliers, rencontres, animations pour tout public (telles que les bals ou les cinémas de quartier), les Barbarins ont réussi à décomplexer ceux qui n’auraient jamais franchi les portes du théâtre en s’imaginant à tort que cette culture n’est pas pour eux. Un travail dont les Barbarins n’ont pas manqué de souligner l’importance toujour

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« Que le meilleur gagne »

MUSIQUES | Eliane Baracetti, adjointe à la Culture à la Mairie de Grenoble, répond à nos questions concernant la future Salle des Musiques Actuelles. Propos recueillis par SD

Laetitia Giry | Vendredi 13 juin 2008

« Que le meilleur gagne »

Pourriez-vous présenter les équipes candidates à la gestion de la future salle des musiques actuelles?Eliane Baracetti : Je ne peux pas vous les présenter, car je ne peux pas vous dire ce qu’il y a dans leurs dossiers. Nous avons trois équipes. Au plan local, il y a MixLab et PMI, et une autre équipe extérieure, Bleue Marine. Mais ces noms sont connus, vous en avez même parlé dans vos colonnes. Sur quels critères le lauréat sera-t-il choisi ?Tout est important dans l’installation d’une équipe dans une salle. C’est très complexe. J’allais dire, il faut que ce soit la meilleure équipe qui gagne. Mais il y a bien des points sur lesquels vous allez être particulièrement regardant…Il y a le projet artistique et culturel, les éléments financiers, les aspects gestions. C’est assez synthétique et réducteur, mais en gros, c’est cela. Quand devraient débuter les travaux ?Actuellement, nous sommes dans la période d'Avant Projet Sommaire. Puis, nous rentrerons dans la période d’Avant Projet Définitif. Il y aura ensuite un appel d’offre. En principe, on avait prévu une ouvertur

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«Grenoble n’est pas élitiste»

CONNAITRE | Eliane Baracetti, la nouvelle adjointe à la culture à la Mairie de Grenoble, s’exprime sur les dossiers en cours. Propos recueillis par François Cau

Laetitia Giry | Lundi 21 avril 2008

«Grenoble n’est pas élitiste»

Concernant le chantier de l'éducation artistique, quelles seraient les priorités : encouragement aux pratiques artistiques, pédagogie ?Eliane Baracetti : Les deux. Les pistes que semblent vouloir prendre l'Etat, particulièrement le couple Albanel-Darcos, soit l'enseignement des arts, c'est bien, mais pas suffisant. Un enseignement des arts, s'il n'est pas accompagné d'une navette avec le monde des arts, c'est-à-dire d’allées et venues entre le monde scolaire et le fait d'aller dans lieux dévolus aux arts, théâtres, bibliothèques, musées, ne suffit pas. Sans compter que la pratique artistique est importante aussi. Si on ne fait que de l'enseignement, on retombera dans l'élitisme, parce que l'on sait bien que tous les enfants ne sont pas égaux face à la connaissance des contextes culturels. Concernant l'éducation artistique, je dois encore faire un état des lieux. Mais j'espère que l'on saura défendre ces trois aspects : l'enseignement des arts (qui sera porté par l'Etat puisque cela va s'instaurer dans les écoles et les collèges entre 2009 et 2010), la sortie dans les lieux d'arts, avec du lien sans être dans de la consommation, et encourag

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