Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Photo : Simon Gosselin


Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman)

Succès du Festival d'Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l'événement théâtral de l'année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s'inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort.

04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr

Pour les "tendance"

Christine and The Queens, c'est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l'heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

09 54 35 86 45 ou www.la-belle-electrique.com

Pour les jeunes rebelles proprets

Après un passage remarqué lors de l'édition 2013 du Cabaret frappé, le collectif Fauve et son "spoken word" de gosses de riches fascinant en concert seront au Summum le vendredi 10 avril. « Tu nous entends le Blizzard ? Tu nous entends ? Si tu nous entends, va te faire enculer. » Ah, OK…

Dans les points de vente habituels

Pour ceux qui pensent que la danse n'est pas pour eux

Ceux-là méritent de recevoir en cadeau une place (ou plusieurs si vous êtes généreux) pour le D'après une histoire vraie de Christian Rizzo, du 1er au 3 avril à la MC2. Un spectacle incroyable, comme une claque d'une heure à la montée progressive et au final proche de la transe, tant pour les danseurs que pour le public.

04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr

Pour les auditeurs de Radio Nostalgie

Souchon et Voulzy, c'est une certaine histoire de la chanson française. Le duo vient tout juste de sortir un premier album en commun, après de longues années de collaboration – le tube de Souchon J'ai dix ans par exemple. Et sera sur la scène du Summum le jeudi 28 mai.

Dans les points de vente habituels

Pour ceux qui aiment la vie

La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi est le spectacle made in Gre du moment (du théâtre chanté réjouissant), qui sera joué à Eybens la semaine prochaine. Vous pourrez donc lire tout le bien que l'on pense de la compagnie des Gentils la semaine prochaine dans le journal, et prendre ensuite des places pour le vendredi 10 avril à la Vence scène de Saint-Égrève.

04 76 56 53 63 ou www.lavencescene.saint-egreve.fr

Pour les clubbers

The Hacker, on connaît. On l'a vu souvent à Grenoble – normal, c'est sa ville. Du coup, la grosse soirée Zone night organisée à la Belle électrique le samedi 17 janvier promet. Avec The Hacker donc, mais aussi Djedjotronic, Maelstrom ou encore la star Erol Alkan. À noter aussi que d'autres dates de la salle raviront les fans de musique électronique – allez voir sur le site.

09 54 35 86 45 ou www.la-belle-electrique.com

Pour les fatigués des nez rouges

Accompagnée par le quatuor Debussy, la compagnie australienne Circa se joue de la gravité avec légèreté et finesse. Mêlant danse et nouveau cirque, leur Opus crée l'illusion : les corps apparaissent et disparaissent dans un simple mouvement de drapé. Un émerveillement programmé à la Rampe d'Échirolles les mercredi 27 et jeudi 28 mai.

04 76 40 05 05 ou www.larampe-echirolles.fr

Pour les adeptes de musique du monde très très haut de gamme

En juin dernier, on faisait notre une sur le musicien franco-libanais Bachar Mar-Khalifé. Il sera de retour dans l'agglo le mercredi 25 mars à la Source (Fontaine), cette fois-ci avec une partie de sa famille : Rami, son pianiste de frère croisé notamment dans le groupe Aufgang, et surtout son père Marcel, chanteur-oudiste emblématique de la musique orientale.

04 76 28 76 76 ou www.lasource-fontaine.eu

Pour les adeptes des drames familiaux

Un été à Osage county, du mercredi 4 au vendredi 6 mars à la MC2, est une pièce de théâtre sur une famille américaine qui se suit comme une excellente série télévisée (où tous les épisodes serait livrés d'un coup), portée par des acteurs époustouflants. Si quelqu'un autour de vous pense que le théâtre est forcément chiant, voilà de quoi le faire changer d'avis.

04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr

Pour les festivaliers qui n'aiment pas la boue

Le festival Musical, du 10 au 13 juillet à Aix-les-Bains, n'a pas dévoilé toute sa prog (on sait juste qu'il y aura Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J) mais propose déjà plusieurs sortes de pass sur son site (entre 53 et 204 euros selon la formule choisie). Un cadeau peu risqué, tant il y en a pour tous les goûts chaque année dans ce festival au cadre parfait, au bord du lac. Bon à savoir : Nuits sonores, le festival lyonnais hype dédié à la musique électro (du mercredi 13 au dimanche 17 mai), propose lui aussi un système de pass à acheter maintenant, avant le dévoilement de la prog.

www.musilac.com / www.nuits-sonores.com

Pour les cinéphiles

Lyon c'est loin (enfin, moins que Dunkerque). Mais bon, un concert du compositeur de musiques de film Ennio Morricone le mercredi 18 mars à la halle Tony Garnier, c'est un événement. Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois en Amérique, Les Incorruptibles, Cinema Paradiso, Pour une poignée de dollars… Oui, tout ça c'est lui. Cultissime.

Dans les points de vente habituels


Les particules élémentaires

Texte de Michel Houellebecq, ms Julien Gosselin
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Un été à Osage County

D'après le texte de Tracy Letts, dramaturgie Daniel Loayza, ms Dominique Pitoiset, avec Anne-Pascale Clairembourg, Nadia Fabrizio, Nicolas Luçon...
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi

Théâtre musical, ms Aurélien Villard, par la Cie des Gentils, à partir de 6 ans
La Vence Scène - Spectacle 1 avenue Général de Gaulle Saint-Égrève
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Joueurs, Mao II, Les Noms" : Julien Gosselin, marathon man

Théâtre | Dix heures de théâtre orchestrées par l’une des figures du spectacle vivant français les plus passionnantes, c’est ce que propose la MC2 samedi 1er et dimanche 2 février. Une pièce-fleuve titrée "Joueurs, Mao II, Les Noms", et surtout une véritable expérience de spectateur comme presque seul le metteur en scène Julien Gosselin en est capable aujourd’hui.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

Quand Julien Gosselin parle de théâtre (dans ses interviews notamment – on l’a plusieurs fois interrogé dans ces pages), le mot défi revient souvent. C’est que le trentenaire à l’ascension fulgurante (ses trois dernières créations ont fait le buzz dans le très chic Festival d’Avignon) n’est pas de ceux qui choisissent de simplement monter de grandes pièces maintes fois entendues sur les planches. Lui s’intéresse plutôt à la forme romanesque contemporaine, de surcroît celle qui est dense, ample… et semble, sur le papier, insurmontable – d’où l’idée de défi. Après Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, immense réussite qui l’a révélé en 2013, et 2666 du Chilien Roberto Bolaño en 2016, Julien Gosselin s’est confronté cette fois à trois textes de l’États-Unien Don DeLillo qui brassent des questions très larges et actuelles – capitali

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Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez les Gwic

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

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1=0 : plus que zéro

MUSIQUES | De grosses guitares flirtant avec le post-punk, le post-rock, le shoegazing option mur de son, et du spoken word révolté, balancé d'une voix blanche comme (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 février 2017

1=0 : plus que zéro

De grosses guitares flirtant avec le post-punk, le post-rock, le shoegazing option mur de son, et du spoken word révolté, balancé d'une voix blanche comme une angine. Il n'en faut pas plus pour ramener un groupe à la comparaison ultime : Diabologum. Soit l'alpha et l'oméga d'un rock rappé jusqu'à la moëlle, de la langue tordue jusqu'à l'entorse, du cœur ravalé dans la bouche, et de ses fondateurs, que sont Michel Cloup et Arnaud Michniak. Même Fauve avait eu droit à cette comparaison. Il y avait peu de chances que le trio 1=0 y échappe. Moins situationniste que les Toulousains de Diabologum, moins fleur bleue gnangnan que Fauve, 1=0 envoie un autre genre de sauce dont le fond est pourtant puisé à la même source, celle de la colère froide, celle du plomb dans l'aile autant que dans la tête, celle du son comme cri du cœur. Le cri d'une génération non pas née sous X mais sous Y ou Z et qui conserve la douleur lancinante et vaine de ses aînés, comme une réponse binaire au Génération X de Douglas Coupland et au Moins que zéro de Bret Easton Ellis, élevée au culte de l'instant sans lendemain. « J'essaie de m'imaginer avec le même boulot dans u

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Julien Gosselin : « C’est sûr que "2666" n’est pas très gai ! »

Théâtre / Interview | Julien Gosselin, jeune metteur en scène qui nous avait subjugués avec sa vision des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient aux affaires avec une nouvelle adaptation théâtrale d’un roman phare. Cette fois-ci le "2666" du Chilien Roberto Bolaño, grande fresque de plus de 1000 pages où se croisent divers personnages et intrigues sur fond d’apocalypse à venir. En découle un spectacle-fleuve (douze heures) qui se vit comme une aventure. Interview.

Aurélien Martinez | Lundi 9 janvier 2017

Julien Gosselin : « C’est sûr que

Après avoir adapté sur scène Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, vous vous êtes attaqué à un autre roman : 2666 du Chilien Roberto Bolaño. Pourquoi ce choix ? Julien Gosselin : Avec Les Particules, j’avais l’impression d’avoir commencé un travail sur la transposition de la littérature romanesque sur une scène de théâtre. Je voulais encore me confronter à une littérature qui ouvre un maximum de portes, comme celle de Houellebecq. En cherchant quelque chose qui soit encore un défi pour la compagnie, quelque chose de puissant, de massif, je suis assez rapidement tombé sur Bolaño: quand j’ai lu 2666, j’ai eu comme un choc. J’ai trouvé ça à la fois très compliqué, pas du tout théâtral ne serait-ce que par l’absence presque totale de dialogues dans certaines parties, et en même temps j’ai eu très vite la sensation qu’il fallait le faire. Les deux romans sont différents mais ont comme point commun d’être ancrés dans notre époque et de ne pas

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Edouard Baer : « L’humour Baer ? Un humour pas drôle! »

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clés fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre dans son nouveau film (réussi) "Ouvert la nuit". Interview.

Vincent Raymond | Lundi 9 janvier 2017

Edouard Baer : « L’humour Baer ? Un humour pas drôle! »

Quelle est la distance entre Luigi, votre personnage dans Ouvert la nuit, et vous-même ? Edouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [le créateur d’Actuel et de Nova – NDLR] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen – qui, dans la vraie vie, fait de la boxe – s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ?

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

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Dancefloors estivaux

MUSIQUES | Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour (...)

Damien Grimbert | Lundi 6 juillet 2015

Dancefloors estivaux

Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour ne pas manquer la dernière soirée du bar de la Belle électrique ce vendredi 10 juillet (avec les collectifs hip-hop Paris Reality Check et Opus Crew) et encore moins la venue du Parisien Timid Boy, de son acolyte Spencer K. et de Kiko le lendemain au Drak-Art, à l’invitation de l’infatigable Mr Cardboard (qui reviendra pour sa part faire un dernier baroud d’honneur avec Agnostic, Sossmi, Apollo Powder et Spacesheep le samedi 25 juillet au même endroit). Pour le reste, outre l’incontournable Cabaret frappé au Jardin de Ville, le festival Merci Bonsoir ! à la Bifurk (qui proposera quelques DJ sets en fin de soirée du jeudi 16 au vendredi 18 juillet) ou encore le Bal des Sapeurs-Pompiers qui fera son grand retour à l’anneau de vitesse le 14 juillet, il faudra se rabattre sur les suspects habituels… En l’occurrence le Mark XIII qui continuera sa programmation nocturne t

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Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

SCENES | En juin 2013, le prestigieux festival lyonnais Les Nuits de Fourvière fut illuminé par "Opus", création mêlant nouveau cirque, danse et musique, emmenée par la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy. Une réussite entre poésie et force dans laquelle les interprètes, circassiens comme musiciens, offrent une vision sublimée d'un art collectif. Avant le passage du spectacle par la Rampe d’Échirolles, rencontre avec Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor Debussy. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 mai 2015

Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

Comment est née l’idée d’une rencontre sur scène entre votre Quatuor Debussy et la compagnie australienne Circa ? Christophe Collette : La rencontre a été provoquée par Dominique Delorme, directeur du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière, qui connaît notre appétence pour les croisements artistiques. Un jour à Montréal, il est tombé sur Yaron Lifschitz, directeur artistique de la compagnie Circa, qui lui a parlé de son envie depuis des années de faire quelque chose autour de Chostakovitch [compositeur russe de la période soviétique – NDLR]. Comme Dominique savait qu’on était depuis des années un des quatuors spécialistes de Chostakovitch, il a voulu que l’on se rencontre avec Yaron pour voir si ça pouvait marcher. Ce n’est pas la première fois que vous collaborez avec des artistes venus du spectacle vivant – Mourad Merzouki, Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker… On fait ça depuis presque vingt ans, on a été très novateurs dans cette démarche artistique. Sa

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Musique de haute voltige avec Opus

SCENES | Critique du (fabuleux) spectacle de la compagnie Circa et du Quatuor Debussy avant son passage par la Rampe d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 26 mai 2015

Musique de haute voltige avec Opus

René Magritte, artiste surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre « Ceci n'est pas une pipe ». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée « Ceci n'est pas du cirque », tant c'est bien plus que ça. Et comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le Quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa se font les fervents représentants, accompagnés par le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui, depuis plus de 25 ans, réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, compositions dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle de corps qui repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou en mouvement. Car ce sont bien deu

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Fauve aux Rencontres Brel

MUSIQUES | Rendez-vous le mercredi 22 juillet à Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère)

Aurélien Martinez | Lundi 13 avril 2015

Fauve aux Rencontres Brel

Voilà, on vient d’apprendre le nom de la grosse tête d’affiche que les Rencontres Brel devaient encore annoncer : ce sera le groupe Fauve, qui était au Summum de Grenoble la semaine dernière. Retrouvez notre article ici. La programmation musicale du festival de Saint-Pierre-de-Chartreuse est donc complète. Elle est disponible ici, avec l'onglet billetterie.

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Fauve : vous avez dit Blizzard ?

MUSIQUES | Mis sur orbite par un impressionnant EP baptisé "Blizzard", Fauve a ensuite confirmé à peu près partout sauf sur disque. Au point de faire aujourd'hui la tournée des Zénith, dont le Summum, alors que le deuxième long format du groupe est sorti à l'automne dernier dans l'indifférence générale. Blizzard ? Comme c'est blizzard. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 avril 2015

Fauve : vous avez dit Blizzard ?

Quelle étrange trajectoire que celle de Fauve. Démarré par un bouche à oreille en forme de traînée de poudre, d'un public de forcenés diffusant vers la hype puis un plus large horizon médiatique jusqu'au suremballement (un dossier de "une" dans Libération lui a été consacré, mettant tous les cadors de la rédaction à contribution pour analyser le phénomène tout en célébrant mollement son prétendu génie), c'est au moment où le groupe squatte un à un tous les Zénith de France que le soufflé semble être lourdement retombé. Bien entendu, ces Zénith sont pleins – mais à quelques exceptions près, pas complets (comme à Grenoble). Pourtant, c'est comme s'il y avait eu une sorte de jet-lag entre l'explosion non pas seulement médiatique mais surtout artistique du groupe et cette tournée. Comme si celle-ci avait été réservée un peu tôt par les promoteurs pour se dérouler trop tard. Car là où Fauve a été le plus intéressant – et peut-être était-ce l'attrait de la nouveauté – c'était sur son EP Blizzard qui cinglait vraiment sur le visage. C'est d

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Massimo Fusco, l'un des huit hommes de Rizzo

Danse | Rencontre avec l'un des interprètes de "D'après une histoire vraie", passé notamment par Grenoble et la case Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 31 mars 2015

Massimo Fusco, l'un des huit hommes de Rizzo

Pour Massimo Fusco, l’un des huit danseurs de D’après une histoire vraie qu’on avait déjà pu croiser à Grenoble chez Jean-Claude Gallotta (des reprises de rôle dans My rock, variations et le duo Sunset Fratell) ou dans une pièce de la compagnie Lanabel (RAW.A.R), tout a commencé par deux jours d’audition à Paris. Si, comme cinq autres des interprètes de la pièce, il n’avait jamais travaillé avec Christian Rizzo, il avait « déjà un intérêt prononcé pour son travail ». Une fois la distribution bouclée, l’équipe s’est alors confrontée au plateau avec le chorégraphe. « On a eu six semaines de création, dont une grosse semaine d’improvisation. Christian arrivait avec trois ou quatre propositions par jour qu’il requestionnait ensuite le lendemain. Il a commencé à écrire la danse à partir de ça. » Une façon de procéder intuit

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"D’après une histoire vraie" : le collectif selon Christian Rizzo

Danse | Alors que le chorégraphe français Christian Rizzo a souvent divisé le public et la critique, sa dernière pièce dévoilée en 2013 au Festival d’Avignon a mis tout le monde (ou presque) d’accord. Bonne nouvelle : "D’après une histoire vraie" est programmée cette semaine à la MC2. Un événement immanquable pour les amateurs de danse comme pour les profanes.

Aurélien Martinez | Mardi 31 mars 2015

Il n’y a pas qu’en musique qu’il y a des tubes. C'est le cas aussi en danse contemporaine. Bien sûr, ces succès touchent moins de monde que la chanson d’une popstar anglo-saxonne aux millions de vues sur Youtube, mais tout de même, dans le milieu du spectacle vivant, ils arrivent à engendrer une dynamique pas si courante. En 2012, le hit, c’était Tragédie d’Olivier Dubois et ses dix-huit danseurs nus, vu la saison passée à la MC2. En 2013, c’était D’après une histoire vraie de Christian Rizzo, qui arrive cette semaine à Grenoble. La comparaison entre les deux pièces prend son sens tant au niveau du rendu (l’une comme l’autre sont de véritables déclarations d’amour au corps) qu’au vu du parcours des deux chorégraphes qui, s’ils ont pu parfois violemment partager le public et les professionnels avec leurs précédentes propositions, font cette fois-ci l’unanimité (ou presque). Ainsi, presque deux ans après sa première représentation à Avignon et l’impressionnant bouche à oreille qui l’a ento

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Julien Gosselin : « Créer notre propre théâtre »

Théâtre | Julien Gosselin, metteur en scène de l'adaptation flamboyante des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient avec nous sur certaines étapes de création du spectacle. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 mars 2015

Julien Gosselin : « Créer notre propre théâtre »

Pourquoi avoir choisi d’adapter un roman de Michel Houellebecq, et pourquoi ce roman en particulier ? Julien Gosselin : Les précédents spectacles de la compagnie étaient des mises en scène de textes de théâtre et non des adaptations, mais on avait quand même envie de mélanger plusieurs types d’énonciations théâtrales – appelons ça comme ça ! Des moments de narration, des moments de dialogues plus classiques, des moments techniques – là, avec Houellebecq, c’est sur la sexualité et la science… D’où l’idée d’adapter un roman pour créer notre propre théâtre et ne pas être dépendants de pièces de théâtre. Quant à Houellebecq, j’adore ses livres depuis que je suis adolescent. Tout naturellement, je suis donc allé chercher de son côté. Et pour le texte, Les Particules élémentaires me semblait être son ouvrage le plus évident et le plus riche vu ce que l’on recherchait théâtralement. Même si je ne dis pas que c’est son meilleur livre – d’ailleurs, je ne sais pas quel est son meilleur livre !

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Dans la peau de Michel Houellebecq

SCENES | À tout juste 27 ans, le metteur en scène Julien Gosselin donne à voir avec sa version théâtrale des "Particules élémentaires" à quel point l’écrivain Michel Houellebecq creuse depuis vingt ans un même sillon désenchanté. Créée en 2013 à Avignon, voilà enfin livrée à domicile cette adaptation fidèle, énamourée et passionnante de ce grand roman d’anticipation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2015

Dans la peau de Michel Houellebecq

Quand en 1998 sort Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq n’est pas encore une figure publique. Julien Gosselin, qui met en scène pour la première fois en France ce texte, a lui à peine dix ans. À l'époque, la lucidité (le cynisme diront certains) qui irradie de ce roman est une anomalie parmi les écrivains hexagonaux contemporains. Il y en a certes de très grands (Carrère, Modiano, Le Clézio…), mais aucun n’embrasse la société dans son ensemble comme Houellebecq, capable d’insuffler un vrai souffle narratif à des propos sans concession sur son époque. Le mérite premier de Julien Gosselin et son collectif Si vous pouviez lécher mon cœur est de faire éclater à nouveau la qualité et la profondeur de ces Particules hautement autobiographiques, revendiquant l'hommage au point que l'auteur est doublement présent dans la pièce : sous la forme du personnage de Michel et sous celle d’un narrateur, saisissant double physique de l’écrivain. En s’emparant du théâtre-récit, en acceptant donc sans rougir de

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Christine and the Queens : queer as pop

MUSIQUES | Le projet Christine and the Queens avait tout pour rester confidentiel, porté par une artiste barrée et surdiplomée qui se serait produite dans des petites (...)

Aurélien Martinez | Mardi 24 février 2015

Christine and the Queens : queer as pop

Le projet Christine and the Queens avait tout pour rester confidentiel, porté par une artiste barrée et surdiplomée qui se serait produite dans des petites salles devant un public arty friand d'originalité. Sauf qu'en 2014, quelques années seulement après qu’elle se soit lancée dans la musique et ait gravi quelques beaux échelons (finale du concours de découvertes des Inrocks ; premières parties de Lykke Li, The Dø ou encore Woodkid ; prix « découverte » du Printemps de Bourges ou des « premières Francofolies »…), voilà Héloïse Letissier devenue l’une des révélations "made in France" qui a séduit aussi bien le public que les critiques à l’image d’une Camille dix ans plus tôt. La compa

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Christine and the Queens : succès fou

MUSIQUES | En quelques mois, la pop glacée de Christine and the Queens s’est imposée comme la tendance musicale incontournable du moment, que l’on se doit d’aimer sous peine de passer pour un ringard. Pourtant, derrière le phénomène médiatique un brin envahissant, se cache une artiste passionnante qui n’avait pas forcément imaginé arriver si vite si haut. Du coup, avant son passage (à guichets fermés) par la Belle électrique, on a passé un coup de fil à Christine histoire d’en savoir un peu plus. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 février 2015

Christine and the Queens : succès fou

Déjà 250 000 ventes pour Chaleur humaine, une tournée dont de nombreuses dates affichent complet, deux Victoires de la musique il y a quelques semaines (dont celle de l’interprète féminine de l’année)… Comment gère-t-on un succès si soudain pour un premier album sorti il y a seulement neuf mois ? Christine and the Queens : C’est à la fois flippant, excitant et émouvant – c’est le triptyque qui décrit bien la chose. Surtout que je ne m’attendais pas à ça avec cet album, ces références et mon personnage. Donc c’est encourageant, même si bien sûr je pense à tous ces artistes qui ont beaucoup de talent mais qui n’ont pas le quart de l’exposition médiatique que j’ai. Pourtant, sur le papier, le projet Christine and the Queens n’était pas forcément calibré pour le succès… Je n’étais pas sûre que l’album résonne auprès d’un public français parce que mes références ne sont pas que françaises, parce que je travaille le français comme une langue un peu étrange, parce que je n’avais

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Fauve, génération spontanée

MUSIQUES | On aurait pu continuer d'appeler Fauve : Fauve ≠. Mais d'une, ça commence à être un peu relou ; et de deux, Fauve « = » plus que « ≠ ». Car (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Fauve, génération spontanée

On aurait pu continuer d'appeler Fauve : Fauve ≠. Mais d'une, ça commence à être un peu relou ; et de deux, Fauve « = » plus que « ≠ ». Car oui, Fauve = succès dingo = deuxième album à venir en 2015 = passage au Summum, cet écrin à Calogero et autres sommités variéto-rock. Oui, Fauve, non pas la musculeuse danseuse aux 85 dents de Danse avec les stars, non, non, le Fauve Corp. (parce que oui, on peut dire Fauve Corp. aussi), ce petit attroupement de jeunes dégoûtés de la vie qui a retourné le cerveau du rock français avec ses hymnes mi-rap mi-chou, mi-figue mi-rock, au début aussi tranchants qu'un couteau japonais et puis aujourd'hui vachement moins – attendons quand même la suite discographique, soit pour l'heure deux titres en février, avant de nous prononcer définitivement sur leur cas. Quoi qu'il en soit, il y a longtemps qu'on n'avait vu pareille génération spontanée et pareille ascension.

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Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

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Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l’agglo d’abord : du côté de l’Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d’Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l’Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l’an passé, d’Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d’importants théâtres. Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l’autre, nul n’est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l’on avait pourtant décerné l’an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande. « Populaire et

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Christine and the Queens en mars à la Belle électrique

MUSIQUES | Ouverture de la billetterie ce mardi 4 novembre à 14h

Aurélien Martinez | Lundi 6 octobre 2014

Christine and the Queens en mars à la Belle électrique

Bonne nouvelle : la chanteuse Christine and the Queens (déjà passée à Grenoble en juin dernier en concert gratuit) reviendra par chez nous. Ce sera le mardi 3 mars, dans la toute nouvelle Belle électrique, toujours avec son mélange plutôt glacé, assez ovniesque et très réussi entre pop et chanson française. Pour réserver à partir du mardi 4 novembre, rendez-vous ici.

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La tentation du théâtre

SCENES | C’était la révélation du Festival d’Avignon 2013. Une adaptation improbable et inespérée des "Particules élémentaires", deuxième roman de Michel Houellebecq qui contient tous les autres. Le genre de spectacle qu'on aime voir avec une mise en scène au service d'un texte où l'énergie n'est pas le seul moteur. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

La tentation du théâtre

Des paroles et des actes. À voir les nombreuses créations de la jeune génération de metteurs en scène au cours de ces dernières années, il semblerait que l’écriture théâtrale classique dialoguée ne soit plus un prérequis. Pièce emblématique de ce constat : Les Particules élémentaires, événement à plus d’un titre.  Houellebecq n’a pas quarante ans quand il écrit son deuxième roman, hybride à deux têtes où, à travers les vies de deux frères, l'une hippie, l'autre trop calibrée, se dessinent le désenchantement, l’annihilation du bonheur et l’avènement du clonage scientifique. Véritable gifle, sans concession avec son époque mais parcouru par un souffle romanesque évident, ce livre n’avait jamais été porté à la scène en France alors que nos voisins européens (et notamment les Allemands) s’en sont depuis longtemps délectés. En 3h40  Il a fallu attendre que Julien Gosselin sorte de l'école du Théâtre du Nord, à Lille. L’an dernier, dès son deuxième spectacle, à vingt-six ans, il a pris à bras le corps ce bouquin paru alors qu'il n’était encore qu’au collège. Et il ne l’a pas fait en catimini mais lors du festival le plus médiatisé qui soit : Avignon.

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C’est gentil chez eux

SCENES | En une de ce numéro panorama, une photo extraite de "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", excellent spectacle de la compagnie grenobloise Les Gentils, tout en chant, en humour et en poésie. L’un des temps forts de cette saison 2014 / 2015. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

C’est gentil chez eux

En décembre dernier, dans notre traditionnel numéro bilan de fin d’année, nous décernions le Petit Bulletin award du meilleur espoir théâtral à la compagnie grenobloise les Gentils. 2013/2014 a ainsi véritablement été la saison du décollage pour la jeune troupe d’Aurélien Villard, grâce à son spectacle La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui, après un beau festival d’Avignon cet été, continue son bonhomme de chemin dans des salles de plus en plus grandes – l’Opéra-théâtre de Saint-Étienne, le TNG de Lyon, la scène nationale de Macon... Et, pour cette saison, deux passages par des théâtres de l’agglo grenobloise aux jauges conséquentes : l’Odyssée d’Eybens et la Vence scène de Saint-Égrève. Avant, on l’imagine, une tournée encore plus grande, le spectacle étant une réussite locale qui fait plaisir à voir. Notre cœur fait boum Toujours animé par l’esprit de troupe qui le guide depuis ses débuts il y a sept ans, par son envie de fair

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Les Anglo-saxons font leur cirque

SCENES | L'une est anglaise, l'autre est australienne, et chacune dans son genre, elles repoussent les limites du corps humain avec un étonnant sens du récit. Coup d’œil sur le Gandini Juggling et Circa, deux compagnies de nouveau cirque bientôt sous les feux de la Rampe. Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

Les Anglo-saxons font leur cirque

On connaissait le jonglage avec massues (le plus courant), avec haches (les "hillbillies" canadiens du Cirque Alfonse) ou avec pistolets (voir par ailleurs). Imperméable à la surenchère, le Gandini Juggling, lui, se joue des lois newtoniennes avec des pommes. Logique. Le truc, c'est que les membres de cette troupe britannique, à commencer par ses fondateurs, Sean Gandini et Kati Ylä-Hokkala, connaissent autant de façons de lancer et rattraper leurs balles de pectine que Benjamin Bufford-Blue de cuisiner les crevettes dans Forest Gump. Leur spectacle phare en fait l'impeccable démonstration : hommage à la chorégraphe Pina Bausch déguisé en farce flegmatique sur l'aliénation sociale, Smashed est un sommet de raffinement (gestuel, mais aussi musical), de drôlerie et d'adresse. Sur les cordes raides De sommet, il en sera également question au printemps avec Opus, fruit d'une collaboration entre le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis l'aube des années 90 décloisonne la musique de chamb

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Gaëtan Roussel en concert gratuit à Grenoble

MUSIQUES | La nouvelle ligne de tram, dite la ligne E, sera inaugurée en partie samedi 28 juin par un gros concert gratuit sur la fameuse Esplanade de Grenoble (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Gaëtan Roussel en concert gratuit à Grenoble

La nouvelle ligne de tram, dite la ligne E, sera inaugurée en partie samedi 28 juin par un gros concert gratuit sur la fameuse Esplanade de Grenoble (oui, celle qui a cristallisé de nombreuses passions quant à son avenir). Avec, au programme, l’ex-Louise Attaque Gaëtan Roussel (à 22h), l’ovni sympathique Christine and the Queens (à 20h45) et les locaux de Quintana (à 19h30). Voilà pour la musique. Pour tout ce qui est relatif aux trams en eux-mêmes, lisez la presse locale généraliste, elle adore parler de ça !

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Bachar Mar-Khalifé : la musique en héritage

Concert | Quatorzième édition pour le festival Quartiers libres. Avec une programmation pléthorique au sein de laquelle se niche Bachar Mar-Khalifé, musicien franco-libanais qui, l’an passé, a livré un splendide album d’électro-pop arabe teintée de world music. Ou quelque chose comme ça, tant son style est finalement – et heureusement – inclassable. Tout ça méritait bien une rencontre avant le concert prévu samedi au parc de la Villeneuve.

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Bachar Mar-Khalifé : la musique en héritage

C’est l’histoire d’un jeune homme né en 1983 au Liban, d’un père très célèbre : le compositeur, chanteur et joueur d’oud Marcel Khalifé, véritable référence internationale dans son domaine – il a notamment beaucoup travaillé autour des poèmes du Palestinien Mahmoud Darwich, son grand ami. Une filiation imposante qui, dès le plus jeune âge, a forcément déteint sur le jeune homme et son frère aîné Rami, devenu depuis musicien (il est l’un des membres fondateurs du groupe Aufgang, qui avait eu droit à notre une en juin 2013 lors de son passage à la Bobine). C’est l’histoire de Bachar Mar-Khalifé qui, lui aussi, est musicien. « Pendant mon enfance, l’environnement était totalement musical, à la maison, dans les déplacements. On accompagnait mon père dans ses tournées, on allait voir ses concerts... Mais c’était avant mes six ans [âge auquel sa famille part en France], c’est donc une formation inconsciente, organique, naturelle... À l’image d’un enfant qui apprend à parler. Le choix d’être musicien est venu bie

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

MUSIQUES | C’était la soirée la plus attendue du festival, la seule à afficher complet depuis des semaines. Elle a tenu toutes ses promesses, avec un Lescop à l’aise et – surtout – un collectif Fauve électrique. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 24 juillet 2013

Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

En 2002, sur son premier album Ceci n’est pas un disque, le groupe de hip-hop décalé TTC livrait l’un de ses meilleurs titres : De pauvres riches. « Putain c’est la merde / Pourquoi tu dis ça ? / Chez moi c’est la misère / Ah ouais t'as trop raison / Ici c’est la galère / Reprends du champagne man, de toute façon ce week-end on se barre sur la côte. » Il y a de ça chez le collectif Fauve : un côté problèmes de riches scandés façon rappeur sur une musique très rock. Un truc à n’écouter qu’au premier degré comme on l’écrivait ici (même si les parodies sont nombreuses sur le web). « Nique ta mère le blizzard » hurle d’ailleurs, comme un jeune du XVIe parisien en pleine rébellion, le survolté meneur du collectif, qui n’hésite pas à ouvrir le concert avec le titre Saint Anne. « Enfin voilà, je vous dresse le tableau : je suis né dans une famille plutôt aisée / J’ai toujours été privilégié / J’

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Tout et son contraire

SCENES | Festival d'Avignon/ "D'après une histoire vraie" (Christian Rizzo), "Drums and Digging" (Faustin Linyekula)

Aurélien Martinez | Mardi 16 juillet 2013

Tout et son contraire

Christian Rizzo a souvent divisé notre rédaction, entre admirateurs de la ligne claire du chorégraphe et pourfendeurs d’un langage hermétique – pour rester poli. D’après une histoire vraie, sa dernière création dévoilée au Festival d’Avignon, rebat les cartes, Rizzo lui-même expliquant avoir changé sa façon de travailler. Stop aux corps frêles et au sous-texte cérébral, place à une émotion brute. Soit huit danseurs et deux batteurs, pour une pièce centrée sur les danses folkloriques de groupe, imaginée à partir d’un souvenir fort – un spectacle vu par Rizzo à Istanbul « dans lequel jaillissait un groupe d’hommes se livrant à une danse traditionnelle, complètement effrénée, avant de disparaître aussitôt ». Un jaillissement retranscrit sur scène en 1h15, dans une lente progression. D’où un spectacle qui prend du corps au fil de la représentation, emportant littéralement l’audience qui finit par se croire à un concert de rock – même si, le jour où nous y étions, personne n’a osé se lever. On ne savait pas Christian Rizzo capable d’une telle i

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Le beau Blizzard

MUSIQUES | Passé en quelques mois du statut de buzz autogéré à celui de phénomène de foire perpétuellement sold out, le collectif Fauve redéfinit les contours du rock français à coups de spoken word qui se mord la langue. À n'écouter qu'au premier degré. Comprendre : en grelottant dans le "Blizzard", du titre de son premier EP. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juillet 2013

Le beau Blizzard

« Toutes choses égales par ailleurs », comme disent les sociologues, Fauve n'est égal à rien, cultive la différence jusqu'à porter le signe "≠" en blason. Quand certains clament « on boit et puis on danse », ici, on vomit d'avoir trop trinqué ; on régurgite des logorrhées dégorgées sans filtre, à ravaler comme telles au risque du dégoût ; on cristallise moins la pensée par le verbe qu'on ne la dynamite pour en ramasser les miettes. Se ramasser soi-même à la petite cuiller pour charrier des tractopelles d'illusions à retrouver. Raviver une lueur d'espoir à laquelle on s'accroche comme à la poignée d'herbe qui nous suspend à la falaise. Les influences sont pourtant là, prégnantes et avouées comme les Pixies, le Wu-Tang, Lou Reed, ou fantomatiques : on ne peut s'empêcher d'entendre là l'écho, c'est le mot, d'une formation de jeunes révoltés qui ne disait pas son nom, The Feelies. Fauve, c'est The Boy with the Perpetual Nervousness au carré.

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Made in Grenoble

SCENES | Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Made in Grenoble

Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye avec sa Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi (photo), cabaret déjanté et volontairement désuet. Sur les extraits vidéo que l’on a pu découvrir, on a retrouvé tout l’esprit Do it yourself de ces saltimbanques poétiques au sens de l’humour affuté. À noter que plusieurs autres artistes de la scène grenobloise seront présents à Saint-Antoine : le politique Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies, avec son repas-spectacle kafkaïen Nous sommes tous des K ; la metteuse en scène jeune public Émilie Le Roux avec sa création Contre les bêtes, en collaboration avec le chanteur Xavier Machault, le tout sur un texte de Jacques Rebotier ; ou encore la très cérébrale

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Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

ACTUS | Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 (...)

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2013

Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 juillet. Outre les Jurassiens de Catfish ; Mineral, le projet de Craig Walker, ex-voix des désormais pénibles Archive ; et la venue quasi obligatoire de Lescop (c’est bien simple, on le verra partout cet été, si tant est qu’on ne l’ait pas déjà beaucoup vu), on notera le grand retour du petit prodige allemand Konstantin Gropper, plus connu sous le nom de Get Well Soon, dont le premier album, Rest Now Weary Head ! You Will Get Well Soon, avait tant marqué les esprits qu’on s’est presque trop habitué à son talent sur les deux suivants. En voici d’autres qui marquent les esprits depuis quelques mois et n’ont sans doute pas fini de le fai

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Nuits élastiques

SCENES | Les Nuits de Fourvière ne se contentent pas du théâtre, de la danse et de la musique pour faire scintiller les soirées lyonnaises. Le festival s’ouvre au cirque en formule solo ou troupe grâce à David Dimitri et la compagnie Circa. Découverte de ces spectacles qui ne cessent de réinventer l’art circassien ancestral. Nadja Pobel

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Nuits élastiques

« Je suis l’homme cirque », dit David Dimitri pour un spectacle qu’il n’a pas baptisé autrement que par ces mots-là. David Dimitri conduit ses deux semi-remorques jusqu’aux lieux de ses représentations, en déballe le contenu, monte le chapiteau avec les techniciens des lieux d’accueil, puis joue. Artiste, musicien, directeur de cirque et technicien de son spectacle, il s’assure ainsi une parfaite autonomie pour évoluer dans un univers qui ne ressemble à aucun autre. Cardigan, pantalon de costard, voici le funambule qui rebondit sur un fil à trois mètres de hauteur comme s’il était sur un trampoline au sol. Sa souplesse et son agilité font le reste. Et voilà qu’il s’allonge sur ce fil, sous les yeux ébahis des enfants et des grands. Il entonne un air de trompette ! David Dimitri n’invente rien. Il se sert des techniques du cirque traditionnel apprises au cours de sa formation à la State Academy for Circus Arts de Budapest puis dans la prestigieuse école de danse Juilliard School de New York. Et puisqu’au cirque il y a des chevaux, il y en a chez Dimitri aussi. Mais le sien est en bois, immobile. En courant sur place à côté du faux animal, il déclenche l’hilarité et confère à son

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Une boîte vide

SCENES | Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons (...)

François Cau | Jeudi 8 décembre 2011

Une boîte vide

Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons musiciens dans la fosse (Labyala Nosfell et Pierre le Bourgeois qui passent allégrement d’une pop éthérée au rock le plus rugueux – un véritable concert qui vaut à lui seul le détour)… On a cru au début que le chorégraphe allait jouer sur la corde de la sensualité : enlacement des corps, caresses des pieds ou des mains, isolement par des lumières rasantes de zones érogènes (jambes, torses…). Ou, à partir d’une très belle et très drôle séquence où une danseuse lit, slame, hurle un poème de l’immense Ghérasim Luca, qu’à l’instar de l’œuvre du poète, la pièce se développerait par contaminations, proliférations, rhizomes de sensations et de mouvements… Mais en définitive, s’appuyant sur une gestuelle mécanique et démonstrative, Decouflé hache ses saynètes et passe du coq à l’âne, répète indéfiniment son savoir-faire malin : une imagerie baroque et creuse qui tourne en rond. Jean-Emmanuel Denave

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Casque d'or

MUSIQUES | Tête d'affiche de la soirée de vendredi à la Maison de la Musique de Meylan, le Messin Alexandre Longo, alias Cascadeur, auteur de l'aérien The Human Octopus, nous raconte son goût des masques, ses angoisses et son rapport ambivalent avec la notion de succès. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

François Cau | Mardi 15 novembre 2011

Casque d'or

Qui est Cascadeur ? Alexandre Longo : Lorsque j'ai décidé de créer ce personnage, il était là comme une sorte d'infirmière. Je faisais pas mal de scène avec d'autres groupes [les groupes nancéiens Orwell et Variety Lab, NdlR] mais toujours en tant qu'homme de l'ombre. L'idée d'être au centre, c'était une hantise. J'accumulais les morceaux mais je suis tellement émotif que j'étais ému même quand je les jouais tout seul au piano chez moi. J'ai donc eu l'idée d'une doublure. Or s'il y a bien un individu qui remplit ces fonctions là, c'est bien le cascadeur. C'est la doublure d'une star exposée, dont on ignore le visage. Je voulais créer une sorte d'ambivalence : une musique qui vient de loin et un personnage un peu improbable. Finalement, l'un et l'autre se nourrissent mutuellement. Quand j'ai l'apparence de Cascadeur, je n'ai pas cette sensation d'être déguisé. Quand on vient me voir à la sortie de scène, j'ai souvent encore un masque sur la tête, je finis par l'oublier, ça devient ma peau. En tant qu'ermite autoproclamé, comment as-tu vécu le succès critique de l'album The Human Octopus et l'expos

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Boulevard de l’accord

MUSIQUES | Cascadeur, c’est un personnage. Un artiste qui se veut le plus discret possible, répond de façon sibylline aux interviews, apparaît en public caché sous un (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Boulevard de l’accord

Cascadeur, c’est un personnage. Un artiste qui se veut le plus discret possible, répond de façon sibylline aux interviews, apparaît en public caché sous un casque de moto parfois doublé d’un masque de catcheur, déploie sur scène un arsenal de jouets enfantins et de projections surdimensionnées. Puis derrière le décorum, il y a la musique, fragiles comptines pop-folk où la voix diaphane du grand enfant s’accompagne de chœurs profanes et d’arrangements élégamment pianotés. Si sur son album The Human Octopus, de prestigieuses ombres rôdent avec un peu trop d’insistance, le projet semble néanmoins prendre son sens et sa singularité sur scène. A surveiller de près lors de son prochain passage meylanais, donc. Cascadeur + Rover + GreenshapeVendredi 18 novembre à 20h, à la Maison de la Musique (Meylan)

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À la rue

CONNAITRE | Artiste grenoblois phare, à l’univers riche, foisonnant et protéiforme, NiKoDeM est tout récemment devenu la star d’un ouvrage de la collection Opus Délits, qui se consacre à l’art urbain. À l’occasion de la dédicace de ce vendredi à la librairie Les Modernes, rencontre avec la bête, dans son atelier à Ütopia. Propos recueillis par AM

François Cau | Lundi 9 mai 2011

À la rue

Le Petit Bulletin : NiKoDeM, graphique d’influences, est donc un ouvrage qui essaie de présenter au mieux votre univers…NiKoDeM : Oui, même s’ils m’ont dit de ne pas trop m’emballer car je ne pourrais pas tout présenter dans le livre ! Donc, je me suis axé sur le thème de la rue. Mais, évidemment, si je fais cette activité-là aujourd’hui, c’est quand même parce que ça reste ma motivation première, une sorte d’épanouissement personnel. Et donc épanouissement, ça veut dire recherche, évolution. Pendant quelques temps, ça m’a pesé que l’on dise que je ne faisais que des bonhommes… Certes, on reconnaît mes bonhommes, mais aujourd’hui, que ce soit avec l’installation de bambous [au Domaine Saint-Jean de Chépy à Tullins – plus d’infos dans l’ouvrage] ou le projet d’anamorphoses pour la façade d’un cabinet d’architecte [rue Génissieu, à Grenoble], je sors directement de ce que je fais habituellement. Et si les gens ne reconnaissent pas, je prends ça comme un compliment ! Pensez-vous que la sortie de l’ouvrage aidera à lever certains malentendus vous concernant ?J’espère. Ça fait des années que l’on dit Nikodem g

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Corps fragile

SCENES | Dans L'Oubli, toucher du bois, Christian Rizzo épure son univers plastique, mise davantage sur les corps et les mouvements des danseurs, tout en explorant toujours les mêmes questions : la fragilité, la disparition, la finitude. Jean-Emmanuel Denave

François Cau | Mercredi 24 novembre 2010

Corps fragile

Les pièces antérieures de Rizzo plongeaient le spectateur dans des univers chargés d'accessoires et de costumes étranges où se déroulaient de lents rituels esthétiques. Avec pour thématiques obsédantes : la chute, le vide, la disparition, l'absence. Et une structure dominante : les relations entre les corps, les objets et la lumière. Les thématiques restent aujourd'hui les mêmes, mais le chorégraphe se concentre davantage sur les corps, l'improvisation dansée, le mouvement. Ou se sert de sa propre biographie : «Dans mes spectacles je dis toujours “je“ à travers d'autres personnes que moi. Mon individualité se fond dans la multiplicité scénique : les corps et les voix des danseurs, mais aussi la musique, les lumières, le décor... Toutes mes pièces sont sous-tendues par une dramaturgie autobiographique, comme un fil conducteur qui avec le temps devient de plus en plus visible». De fait, L'Oubli, toucher du bois s'ouvre sur une séquence de déménagement où les danseurs débarrassent le plateau d'objets utilisés par Rizzo dans d'anciennes pièces : plante verte, sphère noire, casque de moto, tas de vêtements... À la fin, il ne reste plus qu'une sorte d'immense cube de bois vide, avec s

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« Des ovnis sur la scène musicale… »

MUSIQUES | À l’occasion de la sortie de leur recommandé "Opus Compilateur II", et du concert qui l’accompagne au Théâtre 145, rencontre avec Alexis Bérard et Thibault Constantin, de Tradsch Miousic. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 14 mars 2007

« Des ovnis sur la scène musicale… »

Tradsch Miousic, c’est… ?Alexis Bérard : Une association qui existe depuis maintenant un petit bout de temps, 2001, 2002. Relativement tôt est née l’envie de sortir un disque collectif sous forme vinyl, mais le projet ne s’est concrétisé que 3/4 années plus tard, avec la sortie de l’Opus Compilateur 1 en novembre 2005, qui regroupait des groupes comme Rageous Gratoons, Pusse, Fantazio, Namas Pamos… Des projets un peu atypiques, des ovnis sur la scène musicale…Thibault Constantin : C’est des groupes au travers desquels on retrouve une esthétique commune, malgré des univers qui peuvent paraître très différents les uns des autres. L’idée, c’était de les faire se rencontrer sur un support, mais également sur des concerts, des productions… Votre ligne artistique ?AB : Je viens d’un milieu à l’origine plus punk-rock, plus indus et je suis passé presque d’un coup aux musiques traditionnelles. En fait j’ai trouvé qu’il y avait énormément d’accointances entre les deux, dans la manière de pratiquer, et aussi dans ce que sont les musiciens, leur comportement en tant que groupe… Il y a moi

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