Du lourd l'an prochain à la MC2

ACTUS | Il y aura beaucoup à voir et à entendre de septembre à juin sur les différentes scènes de ce temple grenoblois de la culture. On fait le point en trois parties.

Aurélien Martinez | Vendredi 12 juin 2015

Photo : Luca Del Pia


Du côté du théâtre

La scène nationale de Grenoble a toujours envoyé du lourd, voire du très lourd, niveau programmation théâtrale. La saison prochaine suivra donc la même ligne. L'un des gros événements de l'année sera la venue du sulfureux metteur en scène italien Romeo Castellucci, adepte des images fortes et des corps difformes, pour la reprise de son Orestie (une comédie organique ?), relecture de la trilogie d'Eschyle dévoilée en 1995 – la relecture (photo), pas la trilogie !

Niveau grands noms du théâtre, on retrouvera aussi le fascinant Joël Pommerat et son délicat théâtre en boîte noire avec une pièce très politique sur la Révolution française intitulée Ça ira (1) Fin de Louis.

L'énergique metteur en scène et comédien Stanislas Nordey s'acoquinera avec Falk Richter, auteur associé à la Schaubühne à Berlin, pour un Je suis Fassbinder (le titre pose les intentions d'emblée) dans lequel on retrouvera la très star Emmanuelle Béart.

On continue cette liste avec, en vrac, pas mal de grands artisans du théâtre, au sens noble du terme : Alain Françon sur un texte de Peter Handke centré sur les années noires du Troisième Reich (Toujours la tempête) ; Jean-Pierre Vincent avec le mythique En attendant Godot de Beckett ; Ludovic Lagarde sur L'Avare de Molière avec l'excellent et volubile Laurent Poitrenaux en Harpagon ; le très contemporain Stéphane Braunschweig, directeur du Théâtre national de la Colline (Paris), avec Le Canard sauvage d'Ibsen…

On croisera aussi quelques locaux comme Gilles Arbona dans un Presque Falstaff... et les autres, réflexion (on imagine très drôle) sur les fondements du théâtre pour quatre (excellents) comédiens grenoblois – Serge Papagalli, Grégory Faive, Hélène Gratet et lui-même ; Nasser Djemaï pour son seul-en-scène très réussi Une étoile pour Noël créé il y a dix ans ou encore le fameux et bricolé Turak Théâtre de Michel Laubu avec Une cArMen en Turakie.

Enfin, pour terminer cette sélection on ne peut plus subjective (il y a encore pas mal de théâtre à découvrir – une relecture de La Princesse de Clèves par exemple), on attend beaucoup du Nobody de Cyril Teste (collectif MxM) : une « performance filmique » sur, là encore, du Falk Richter. « La technologie, c'est notre environnement quotidien. Tout est numérique. Après, il s'agit de se demander comment l'on peut détourner ces outils pour qu'ils deviennent poétiques » nous déclarait le metteur en scène lors d'un précédent spectacle.

Du côté de la danse et des arts du cirque

Il est de retour ! Le chorégraphe et danseur Akram Khan, qui a fortement marqué la MC2 ces dernières années, reviendra à Grenoble avec une nouvelle création (Until the Lions) inspirée par le Mahabharata, livre sacré indien considéré comme le plus grand poème jamais composé.

L'un des grands noms du flamenco sera aussi de la partie dans le cadre du festival Les Détours de Babel : Andrés Marín avec un Yatra qui va « du flamenco à l'Inde du Nord, avec un détour par le hip-hop de Kader Attou ».

Christian Rizzo, qui nous avait plus qu'enthousiasmés la saison passée avec les huit hommes de D'après une histoire vraie, dévoilera Ad Noctum, petite forme (deux interprètes seulement) dans le prolongement des ses recherches entamées dans son précédent spectacle – « Je projette une danse faite de jaillissements nerveux et de retenues au bord de l'évanouissement. »

Côté locaux au rayonnement beaucoup plus grand que le simple bassin grenoblois, l'impressionnant Celui qui tombe du circassien (mais pas que) Yoann Bourgeois, avec son immense et très lourd radeau pour une petite humanité, sera repris ; comme le fameux My Rock de Jean-Claude Gallotta. Quant à l'Isérois François Veyrunes, il présentera deux pièces (Chair Antigone et Tendre Achille).

Et on les classe en danse parce qu'il faut bien les mettre quelque part, même s'ils pourraient finalement aller dans toutes les catégories : les metteurs en scène Frank Van Laecke et Alain Platel des Ballets C de la B présenteront leur nouveau spectacle En avant, marche ! où quatre acteurs et sept musiciens seront accompagnés par une fanfare pour une « cacophonie de notes, de mots et de gestes » – chez Platel, le travail sur le corps est toujours remarquable.

Du côté de la musique

Alors certes, la musique classique occupe une grosse part de la programmation (avec, par exemple, un concert des Musiciens du Louvre avec des chevaux !), mais l'événement de la saison de la MC2 est à chercher du côté de l'électro avec les pionniers allemands Kraftwerk en concert 3D exceptionnel.

Antoine Hervé continuera ses géniales leçons consacrées aux grands du jazz – Charlie Parker cette année. Dans le même esprit, l'Anglais Hugh Coltman rendra hommage à Nat King Cole.

Et on se réjouit que deux des musiciens français (ou presque) les plus intéressants, qui ont souvent eu les honneurs du PB (et de pas mal d'autres médias !), soient de nouveau réunis le temps d'une soirée : Piers Faccini et Vincent Segal pour Songs of time lost, concert reposant sur « le seul alliage de la voix, de la guitare et du violoncelle ».

Présentation de saison mardi 16 juin à 18h30, à la MC2

Ouverture des réservations samedi 20 juin

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