Grenoble ramène sa science

ACTUS | À l’occasion du festival Pint of Science organisé du 23 au 25 mai dans vingt villes françaises, on se demande où se pense la science à Grenoble. Echosciences, la Casemate, le projet des Grands Moulins de Villancourt… : on a trouvé plusieurs réponses prometteuses pour l’avenir.

Tiphaine Lachaise | Mardi 17 mai 2016

Photo : Élodie Chabrol (lors de la première édition de Pint of Science)


Au regard de l'agenda de la semaine, la culture scientifique ne saute pas forcément aux yeux à Grenoble et dans l'agglo, alors que la capitale des Alpes est réputée pour être à la pointe dans ce domaine. Un constat qui n'a pas effrayé Élise Delaforge, jeune docteure en biophysique qui a décidé d'importer l'événement Pint of Science à Grenoble : des rencontres avec des scientifiques autour de thèmes précis et dans un bar, pour désacraliser la chose. Le festival entame sa seconde édition grenobloise.

« À Grenoble, les gens ont l'habitude d'être curieux » explique-t-elle. Un point de vue que partage Gilles Grand, des Cafés sciences et citoyens de l'agglomération grenobloise, même si selon lui il reste « une certaine défiance du public envers la science ». D'où son envie de « faire le lien entre les citoyens et les scientifiques ». Sur le même principe de rencontres, son association œuvre depuis 10 ans pour la vulgarisation et a su fédérer une communauté – « entre 40 et 80 personnes minimum à chacune de nos rencontres ».

Pour Joël Chevrier, ancien vice-président en charge de la culture scientifique à l'université Joseph Fourier, ces petites initiatives montrent que « la culture scientifique change ». D'une vulgarisation par le bas, encore vraie il y a quelques années, on est passé à une dynamique plus large, avec des citoyens au contact permanent de la science. « Aujourd'hui, dans la plupart des laboratoires, l'objet technologique le plus avancé, c'est le smartphone de la secrétaire ! »

« Créer du lien »

Si les lignes de la culture scientifique sont en mouvement à Grenoble, c'est notamment grâce à la plateforme en ligne Echosciences-Grenoble, hébergée par la Casemate (voir plus bas). 15 000 visiteurs uniques, 300 contributeurs ayant publié au moins un article : le réseau social dédié à la science tourne bien. Marion Sabourdy anime cette communauté depuis son lancement en 2012, avec pour mission de « créer du lien entre les communautés de personnes ».

Un site qui ne se résume donc pas à un simple agenda autour des domaines scientifiques : dessus, on croise pêle-mêle des lycéens travaillant sur un projet, des chercheurs partageant leurs travaux, l'éléphante Eulalie du Muséum de Grenoble ou encore une maman blogueuse en quête de sorties familiales. « Les profils sont vraiment diversifiés. Et on a quasiment la parité ! » L'expérience grenobloise marche si bien qu'Echosciences fait des petits en Bretagne et dans le Sud.

« Une politique d'agglo »

Autre raison de l'ouverture croissante des Grenoblois vers les sciences, la Casemate, centre de culture scientifique technique et industrielle de Grenoble inauguré en 1979 : un lieu qui a su démocratiser la pratique scientifique via notamment des expositions ou des ateliers sur le mode du « Do It Yourself ». Les Rencontres-i, biennale arts-sciences créée en 2002 par l'Hexagone de Meylan (qui se définit comme une scène nationale arts sciences), s'inscrivent aussi dans cette logique. Séduite par ces différentes initiatives, la communauté d'agglomération grenobloise, présidée depuis 2014 par le très branché sciences Christophe Ferrari, s'engage dans cette voie.

Le projet du Planétarium de Pont-de-Claix, dit des Grands Moulins de Villancourt, en est l'exemple type. Intégré à Grenoble Alpes Métropole depuis janvier 2015, ce centre de médiation artistique et scientifique œuvrera à son ouverture (pas avant plusieurs années) pour « la construction d'une politique autour de la culture scientifique et technologique autour de l'agglo » assure Laurent Ageron, qui suivait le projet pour la mairie de Pont-de-Claix – mairie dirigée depuis 2008 par… Christophe Ferrari ! Rendez-vous donc plus tard. En attendant, on peut toujours aller boire une bière avec un scientifique !


Pint of science

Festival de vulgarisation scientifique
La Casemate 2 place Saint-Laurent Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pint of science

Festival de vulgarisation scientifique
Café À l'Affût 5 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pint of science

Festival de vulgarisation scientifique
Restaurant l'Atypik 10 place Edmond Arnaud Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pint of science

Festival de vulgarisation scientifique
Eyes Café 1 rue Saint-Joseph Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

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Jeany Jean-Baptiste : « À la Casemate, on ne s’est pas autorisés à être effondrés »

ACTUS | Depuis cet été, le centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) de Grenoble répondant au doux nom de Casemate (rapport au lieu où il se trouve, au pied de la Bastille) a une nouvelle directrice en la personne de Jeany Jean-Baptiste (l’ancien directeur Laurent Chicoineau étant parti au CCSTI de Toulouse). On l’a rencontrée pour faire connaissance, et surtout revenir avec elle sur l’incendie que la Casemate a subi fin novembre.

Aurélien Martinez | Mardi 23 janvier 2018

Jeany Jean-Baptiste : « À la Casemate, on ne s’est pas autorisés à être effondrés »

Comment se porte la Casemate depuis l’incendie qui, dans la nuit du 21 novembre 2017, a détruit son Fab Lab (« laboratoire qui dope l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique ») ? Jeany Jean-Baptiste : En fait, l’incendie n’a pas détruit que le Fab Lab mais aussi toute l’infrastructure du premier étage. Depuis, même si les matériaux et les machines qui ont brûlés sont encore sur le toit-terrasse en attendant d’être très vite apportés à la déchetterie, les locaux ont été décontaminés – c’est le terme technique. Donc on a presque récupéré un plateau nu en état d’être reconstruit [le reste du bâtiment, notamm

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Incendiée, la Casemate veut (et va) renaître

ACTUS | Le Fab Lab du centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois a été victime d'un incendie. Mais ses activités vont continuer, grâce notamment à un appel aux dons.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

Incendiée, la Casemate veut (et va) renaître

En avril dernier, nous consacrions un long article (d’où est issue cette photo) au Fab Lab grenoblois, « laboratoire qui dope l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique » que l’on avait baptisé « l'atelier des bricoleurs de futur ». C’est lui, situé à l'étage du Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble (plus communément appelé la Casemate), qui a été volontairement incendié dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 novembre par un groupe dénonçant cette « institution notoirement néfaste par sa diffusion de la culture numérique ». Visiblement, les incendiaires n’ont pas dû se rendre souvent au Fab Lab et, plus largement, à la Casemate… Les dégâts sont considérables. « Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, mais pour envisager un nouveau départ, nous avons besoin de machines, d’outils, de matériaux et, pour en racheter, nous avons besoin de vous » on

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Fab Lab : l’atelier des bricoleurs de futur

reportage | Les Fabs Labs, « réseau mondial de laboratoires qui dopent l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique », sont en plein essor depuis quelques années. On a testé celui de la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble) qui s’ouvre tous les mercredis aux makers, défenseurs de l’opensource et autres curieux pour des soirées baptisées Open Lab. Reportage.

Antonin Padovani | Mardi 11 avril 2017

Fab Lab : l’atelier des bricoleurs de futur

On entre dans le Fab Lab de la Casemate comme dans une caverne aux merveilles. Sous les voûtes de pierre de cet ancien abri militaire, qui donne son nom au lieu actuel, on trouve des machines, des fils, des écrans, et des gens qui s’activent à relier tout ça. « Vous pouvez venir au Fab Lab pour fabriquer presque tout par vous-même. Plus qu’un atelier partagé, c’est une communauté de "ceux qui font", qui réparent, qui inventent, qui bricolent, qui recyclent, qui détournent… » nous explique le site du Fab Lab. Diego, responsable des soirées Open Lab, accueille une dizaine de curieux, de tous âges, et leur fait découvrir les lieux tandis que d’autres sont déjà dans le vif. « Tous les mercredis, l’Open Lab est un espace de test, de préparation, d’expérimentation, où chacun peut passer une vingtaine de minutes sur les machines. » Rapide tour de présentation : imprimantes 3D, découpeuses laser, ShopBot (grande fraiseuse), déco faite d’objets suspendus fabriqués dans l’atelier… « Ici, quand on fabrique d

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Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

Festival jeune public | La première édition du Festival de marionnettes est organisée du lundi 24 au vendredi 28 octobre à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix. Avec notamment l'excellente compagnie La Pendue.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Festival de marionnettes : ainsi fait, fait, fait Pont-de-Claix

En cette période où l’on est plutôt habitués à voir mourir les festivals, la naissance d’un nouveau à quelque chose de savoureux. Et d’inattendu, comme l’heureux événement arrive du côté de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, salle de spectacle que la Ville avait reprise dans son giron en 2015, non sans fracas. Du coup, on a contacté Laurent Ageron, responsable de l’Amphi au sein du service culturel de la mairie, pour comprendre pourquoi il a décidé de lancer cet automne la première édition du Festival de marionnettes. « D’abord on voulait à nouveau positionner l’Amphithéâtre à l’échelle de l’agglomération. Ensuite, il y a une longue tradition du jeune public ici à l’Amphithéâtre, donc ça me semblait pertinent de continuer là-dessus. Et, enfin, il n’y a plus aujourd’hui de festival de marionnettes sur Grenoble, alors qu’il y a du public pour ça et qu’il y a sur l’agglomération des compagnies de marionnettes de première importance. » D’accord. Concrètement, lors de cette première édition organisée sur une semaine de vacances scolaires, on pourra découvrir quatre spectacles, dont la reprise de l’excellent Poli

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La Casemate, la science pour tous

ACTUS | Installée au sein d'anciennes fortifications de la ville de Grenoble dont elle tire son nom, la Casemate est aussi atypique que son emplacement. Son directeur Laurent Chicoineau nous explique la vocation de ce centre de culture scientifique. Propos recueillis par Alexis Orsini

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

La Casemate, la science pour tous

La Casemate présente des expos, mais ce n’est pas vraiment un musée… Laurent Chicoineau : Effectivement ! Nous n'avons pas de collections. C'est un lieu de partage et de communication scientifique, de vulgarisation… L'idée est vraiment d'être beaucoup plus interactif, d'être dans l'actualité contemporaine. Nous organisons des expositions temporaires sur ces sujets, au nombre de deux par an. Celle baptisée À quoi tu joues ? a par exemple été développée avec des collectifs locaux et des designers de Rhône-Alpes qui ont tous répondu à un appel à projet sur la question : "comment le jeu vidéo parle du numérique ?" L'interactivité est donc au cœur de notre centre de culture scientifique technique et industrielle. Vous visez « à diffuser et promouvoir la culture scientifique auprès de tous les publics ». En pratique, lequel est majoritaire ? Celui des scientifiques ou le grand public ? On constate beaucoup d'intérêt général pour des questions scientifiques et techniques.

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Quand le savoir se transmet

ACTUS | En mars dernier, le Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI), situé à la Casemate (Grenoble), a lancé Echosciences. Un site Internet participatif qui permet de « casser l’isolement des acteurs du monde scientifique et culturel ». Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI, explique l’intérêt de la démarche. Propos recueillis par Benjamin Bultel

Aurélien Martinez | Vendredi 18 mai 2012

Quand le savoir se transmet

Petit bulletin À qui s’adresse Echosciences ?Laurent Chicoineau : Echosciences a été créé pour que les acteurs de la communauté scientifique et culturelle, mais aussi le grand public, puissent se rencontrer. Cela va des chercheurs, au sein des universités ou dans les établissements publics, comme le CNRS ou le CEA, aux retraités, en passant par les étudiants, les artistes ou même les militants. En fait, tous ceux qui ont un rapport avec la science ou l’innovation dans leur acceptation très large : les sciences dures mais aussi l’écologie, les arts, l’histoire…  Echosciences est au confluent du site d’informations et du réseau social. Il y a aussi une volonté de vulgarisation : les articles doivent être accessibles au plus grand nombre. Et concrètement, comment se présente-t-il ?Les gens s’inscrivent librement puis peuvent écrire des articles. Il y a aussi une petite équipe rédactionnelle, composée d’une journaliste et de moi-même. À l’heure actuelle, nous avons 165 inscrits et 55 articles publiés. Et nous avons accueilli 6000 visiteurs uniques depuis le lancement. Chaque article est par ailleurs ouvert aux co

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