Université Grenoble Alpes : la ruée vers l'art avec l'Espace scénique transdisciplinaire

ACTUS | Jeudi 14 septembre sur le campus, dans le cadre de la journée de rentrée de l’Université Grenoble Alpes, sera ouvert un nouvel équipement culturel plus que prometteur – l’UGA mise vraiment sur la culture. Son nom ? L’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. On l’a visité en amont, et on a interrogé ses responsables pour comprendre à quoi il servira.

Aurélien Martinez | Mardi 5 septembre 2017

Photo : Benoit Bo


Nous voici sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, une matinée de fin août, afin de découvrir l'Est – acronyme pour le nom pas très sexy d'Espace scénique transdisciplinaire. Soit le nouvel équipement culturel de l'Université Grenoble Alpes, implanté à côté d'Eve – l'Espace vie étudiante. S'il se fait relativement discret avec son architecture sobre et sa surface au sol assez faible, c'est en pénétrant en son sein qu'on se rend compte de sa richesse : une salle de spectacle de 150 places on ne peut plus moderne et, surtout, quatre studios de création munis de grandes baies vitrées donnant sur l'extérieur. Plus des loges, un atelier de construction de décors et des bureaux pour l'équipe. Le grand luxe.

Enfin, pas forcément pour Vanessa Delfau, directrice de la culture et de la culture scientifique à l'UGA. « C'est un équipement qui correspond au dimensionnement de l'université qui est la nôtre : on a l'un des plus gros départements arts du spectacle en France. On ne s'étonne pas d'avoir des salles de TP en chimie ou en physique extrêmement bien équipées. Un étudiant en chimie a besoin d'éprouvettes et de paillasses ; un étudiant en art du spectacle a besoin d'un plateau. »

« Des créations vont naître à l'Est »

D'accord. Mais concrètement, comment fonctionnera cet Est ? Célie Rodriguez, esponsable de la programmation et de l'action culturelle, nous explique : « Il servira bien sûr pour les formations et les filières qui font de la création, que ce soit en théâtre, en danse, en musique… Mais il sera à la disposition de tout le monde, comme par exemple de l'orchestre et du chœur de l'université. » Vanessa Delfau : « Cet équipement arrive à un bon moment, celui de la création de l'Université Grenoble Alpes [suite à la fusion des trois universités grenoboises en janvier 2016 – NDLR]. Toutes les filières pourront donc en bénéficier, qu'elles soient spécialistes ou non spécialistes. On peut imaginer que dans des filières de sciences dures, il y ait des ateliers de pratique artistique qui soient proposés ici. »

Pourtant, la fac avait déjà une salle de spectacle de 335 places : l'Amphidice, située dans ce qu'il convenait d'appeler avant la fusion l'Université Stendhal. Un Amphidice « très demandé » (la salle de l'Est viendra du coup en complément) qui ne permettait pas d'effectuer convenablement ce travail en amont de la représentation (merci du coup aux quatre studios qui arrivent). Surtout que, grâce à l'Est, l'université va accueillir des artistes quand leurs projets seront en lien avec les siens. Une première résidence de création de trois semaines a ainsi été accordée au metteur en scène Jean-François Peyret et aux comédiens Jeanne Balibar et Jacques Bonnaffé pour leur spectacle La Fabrique des monstres ou démesure pour mesure qui sera présenté en février à l'Hexagone de Meylan dans le cadre de la biennale arts-sciences. Et dont les travaux de chercheurs grenoblois nourriront le propos – il sera question de l'influence du dérèglement climatique sur la littérature. Célie Rodriguez : « Des créations vont naître à l'Est ! »

Un « cœur culturel » sur le campus

La fac investit donc dans la culture (l'Est a coûté 4.5 millions d'euros), en matérialisant un « cœur culturel » en plein milieu du campus. Célie Rodriguez : « L'Est est juste à côté de Eve, la maison des étudiants gérée par les étudiants pour les étudiants, mais aussi de la bibliothèque des sciences, de l'Amphi Weil qui accueille des conférences d'exception. Et on est à une centaine de mètres de la future Maison de la création qui accueillera des projets et des recherches en art création. » De quoi dynamiser encore plus la vie culturelle du campus.

Mais avant tout ça, il s'agit d'ouvrir cet Est. Ce sera pour le jeudi 14 septembre, de 10h à 18h. Des artistes investiront la salle de spectacle et les studios, dont la jeune compagnie grenoblois Le Festin des idiots qui proposera des relectures courtes, efficaces et drôles de classiques du théâtre comme le Hamlet de Shakespeare ou le Dom Juan de Molière. Et, devant l'Est, le circassien Yoann Bourgeois proposera sa Fugue / Trampoline, véritable moment de grâce aérienne. Tout ça en accès libre bien sûr, comme d'ailleurs la grande majorité de ce qui sera proposé à l'année à l'Est.


« Marquer la place de l'art et de la culture dans la vie de campus »

Trois questions à Marie-Christine Bordeaux, vice-présidente en charge de la culture et de la culture scientifique à l'UGA

Le campus grenoblois est très réputé pour les sciences. Mais l'art y a aussi sa place, et c'est ce que semble démontrer l'ouverture d'un tel bâtiment…

Marie-Christine Bordeaux : Cette place accordée à la culture artistique était déjà présente, mais aujourd'hui, on franchit une réelle étape avec l'ouverture de l'Est. Il y a une vraie volonté politique de marquer la place de l'art et de la culture dans la vie de campus, et aussi dans les enseignements et la recherche. Cette volonté sera amplifiée par la Maison de la création qui ouvrira en 2019, et sera plutôt tournée vers la recherche et la formation.

Ce choix d'investir dans la culture détonne en ces temps dits de crise…

Le campus de Grenoble a depuis très longtemps – plus de 20 ans – une vie culturelle intense et une politique culturelle ambitieuse. Et cette politique s'appuie, plus que dans d'autres campus universitaires, sur nos étudiants et nos personnels, qui sont acteurs de cette vie culturelle. L'Est renforce cette dimension. En effet, on pourrait se demander dans un contexte de grande inquiétude des acteurs culturels, du fait de la situation des finances des collectivités territoriales, s'il est bien raisonnable de construire un nouveau théâtre. Mais ce n'est pas un théâtre au sens classique du terme, plutôt un lieu de pratiques, d'échanges, de coopération et de partenariat.

Il ne s'agira pas de rentrer en concurrence avec le nombre impressionnant de salles de spectacle de l'agglo ?

Il existe d'autres salles de spectacle universitaires dans d'autres villes, mais elles ont été créées dans des environnements différents. Elles se situaient souvent dans des villes alors peu équipées sur le plan culturel si bien qu'elles jouaient le rôle de salles de création et de diffusion. À Grenoble, notre environnement culturel est très riche, exceptionnel du point de vue du spectacle vivant, nous jouons donc la carte de la complémentarité. Cela n'aurait pas de sens si nous diffusions des spectacles en concurrence avec les structures professionnelles.

L'Est est destiné à développer l'action culturelle du campus, à offrir un lieu équipé aux normes professionnelles pour nos formations artistiques, nos troupes étudiantes, nos projets qui croisent les arts et la recherche scientifique. Ce sera un appui important pour développer des relations partenariales avec les autres salles de l'agglomération et intensifier les relations entre nos territoires. Tous les directeurs et directrices de salle qui l'ont déjà visité ont compris et apprécié ce positionnement assez singulier, et nous ont proposé des projets à développer en commun.



Parking Ampère - Campus 569 rue de la Passerelle Saint-Martin-d'Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

ECRANS | Temporairement privé de salle, le Festival du film italien de Voiron se réinvente en ligne en consacrant une mini-rétrospective à un grand maître transalpin, Luigi Comencini.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Festival du film italien de Voiron : Comencini, pour commencer

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, l’association Amitié Voiron Bassano planchait une parade numérique pour permettre à ses fidèles de célébrer, fût-ce à distance, un printemps italien cinéphile. Les conditions n’étant pas réunies pour que le traditionnel festival se déroule sur les écrans du cinéma PASSr’L, c’est donc de chez soi que chacune et chacun visionneront la programmation de ce rendez-vous concocté en partenariat avec le réseau des bibliothèques du Pays Voironnais : six films ont en effet été sélectionnés pour être consultables en ligne jusqu’au 15 avril — en attendant (espérant) une édition plus “normale“ et partagée en septembre. Six œuvres prélevés dans l’abondante filmographie du prolifique Luigi Comencini (1916-2007), et qui forment donc ici une manière d’hommage. Six fois Luigi Annonçons-le d’emblée : il ne s’agit pas d

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Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

MUSIQUES | Roselyne Bachelot a tranché : pour la ministre de la Culture, les festivals estivaux ne pourront accueillir que 5 000 personnes assises et distanciées, dans le respect des gestes barrières. Les organisateurs sauront-ils s’adapter ? Certains d’entre eux ont déjà renoncé. D'autres nous ont répondu et fait part de leurs difficultés.

La rédaction | Mercredi 3 mars 2021

Festivals estivaux : des incertitudes demeurent

Magic Bus en format réduit En novembre dernier, l’association Retour de Scène se voulait optimiste (on ne sait plus trop, mais il y avait peut-être de quoi, à l’époque !) et annonçait des dates pour son prochain festival Magic Bus. La 20ème édition devait se tenir du 6 au 8 mai, avec une programmation presque bouclée. Aujourd’hui, l’équipe du festival est largement revenue sur ces projets initiaux, mais elle ne s’en démène pas moins pour maintenir un événement adapté aux contraintes sanitaires annoncées. Damien Arnaud, coordinateur de l’association grenobloise, nous explique tout : « On est en cours de réflexion pour proposer un format assis en jauge réduite (pas plus de 500 personnes) courant juin. Ce ne sera pas à l’Esplanade, mais on cherche tout de même un lieu en plein air. La programmation sera axée sur la découverte de la scène locale avec, tout de même, un ou deux artistes d’envergure nationale en tête d’affiche. Certaines esthétiques, comme l’électro, ne seront malheureusement pas représentées. Ce sera une autre approche, plus tranquille. Ce que je peux d’ores et déjà annoncer, c’est que le Student Groove Orchestra, en partenariat avec le Crous

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Des étudiants à l’écoute

Solidarité | Ils n’ont pas voulu rester les bras croisés face au mal-être de certains de leurs camarades : des étudiants de l’Université Grenoble-Alpes ont lancé Alpaline, une ligne téléphonique d’écoute. Avec l’ambition qu’elle demeure active au-delà même du terme de la crise sanitaire. Explications.

Martin de Kerimel | Vendredi 19 février 2021

Des étudiants à l’écoute

Flashback : à la fin du mois d’octobre dernier, plusieurs associations présentes sur le campus grenoblois se réunissent et discutent du mal-être étudiant. Leur constat : les conséquences de la pandémie de coronavirus viennent accroître ce phénomène, déjà vivace du fait de la précarité sociale, de l’isolement physique, de la situation familiale ou de la rupture numérique subie par certains de leurs camarades. « Après avoir réfléchi à divers supports possibles, nous avons l’idée d’une ligne d’écoute », indique Alexis Fayolle, président d’Interasso Grenoble Alpes et trésorier d’Alpaline, l’association qui gère ce nouvel outil d’entraide. Comment fonctionne-t-il ? Très simplement : les vendredis, samedis, dimanches et lundis, de 20h à 23h, tout étudiant(e) peut appeler le 04 65 84 44 24 pour être accueilli par un(e) autre, avec bienveillance : « Nous ne souhaitons stigmatiser, ni juger personne. Notre but est que celui ou celle qui appelle puisse parler sans tabou, avec quelqu’un qui peut comprendre ses galères et répondre à ses questions. Cet accompagnement est gratuit. Il

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Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

ECRANS | D’habitude, lorsque débutent les vacances d’hiver, l’année cinéma est déjà bien entamée : les premiers festivals ont eu lieu et les suivants annoncent la couleur (ou du moins leur programmation). La fermeture des salles change la donne, mais ne signifie pas l’effacement de la saison : durant cette période d’hibernation forcée, le printemps des écrans se prépare. Panorama*…

Vincent Raymond | Lundi 8 février 2021

Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

Jamais, en 125 ans d’histoire cinématographique, les salles n’auront été aussi longtemps fermées. Dimanche 7 février, cela a fait exactement 100 jours depuis le 30 octobre que les cinémas ont été contraints de baisser les rideaux, soit un jour de plus que lors du premier confinement, entre les 14 mars et 22 juin 2020. Si l’on mesure notre rage de spectateur, on imagine la souffrance des exploitants, programmateurs et organisateurs de festivals incapables de se projeter — sans mauvais jeu de mots — dans l’immédiat et forcés de composer au jour le jour. Pour certains, l’attente aura été fatale : le Festival de l’Alpe d’Huez a ainsi jeté l’éponge. Devant initialement se dérouler fin janvier, sa 24e édition avait un temps envisagé se décaler du 23 au 28 mars avant de renoncer, en accordant toutefois un "label" aux films qu’elle avait sélectionnés, comme Cannes l’an passé. Pas de quoi rire pour les rois de la comédie en altitude. En salle ou en ligne ? Suivant dans le calendrier, Voir Ensemble, le rendez-vous à destination du jeune public

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Art à emporter

CONNAITRE | Si, depuis novembre, les lieux de cultures sont fermés au public, on oublie parfois que les bibliothèques sont encore ouvertes. Or le réseau municipal a la particularité de proposer une artothèque riche de plus de 2 000 pièces. Alors, s’il n’est plus possible d’aller voir des œuvres dans les musées, pourquoi ne pas les faire venir chez vous ?

Benjamin Bardinet | Jeudi 4 février 2021

Art à emporter

Installée depuis 2017 à la bibliothèque d’Étude et du Patrimoine, l’artothèque bénéficie depuis décembre dernier de l’agréable réaménagement qui a été fait du hall d’accueil de ce bâtiment, dont les allures de navire nous rappellent qu’il est la figure de proue du réseau des bibliothèques municipales. « Cette réouverture a permis à l’artothèque de retrouver son public mais aussi de voir venir beaucoup de curieux : ils découvrent le principe de prêt d’œuvres d’art et s'étonnent souvent que ce service soit gratuit », confie Isabelle Westeel, directrice de la bibliothèque municipale. En effet, il suffit d’être inscrit dans le réseau pour bénéficier de cette offre. Les particuliers sont nombreux à emprunter des œuvre et les collectivités ne sont pas en reste. « Associations, entreprises, EHPAD, centre médico-psy... nous avons une grande variété de structures qui nous sollicitent, ce qui aboutit à des demandes singulières, explique Anne Langlais Devanne, responsable de l’artothèque. Parfois, les usagers viennent avec l’idée d’une thématique: nous pouvons alors les orienter. D’autres préfèrent au contraire choisir seuls. » Prière de touc

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BD : le festival d’Angoulême s’affiche en gare de Grenoble

ACTUS | Depuis la mi-décembre et pendant deux mois, la sélection officielle du festival international de la BD d’Angoulême s’affiche dans les gares françaises. À Grenoble, l’exposition présentée est consacrée aux deux auteurs italiens Luigi Critone et Gipi.

Sandy Plas | Mardi 19 janvier 2021

BD : le festival d’Angoulême s’affiche en gare de Grenoble

Alors que le Festival international de la bande-dessinée d’Angoulême devrait se tenir dans sa version publique du 24 au 27 juin prochain, l’évènement a décidé d’investir pour quelques semaines une quarantaine de gares en France. Objectif : proposer dans chacune une ou plusieurs expositions qui mettent un coup de projecteur sur le travail des auteurs, sélectionnés dans le cadre de l’édition 2021. Les habitués de la gare de Grenoble et les visiteurs de passage ont donc pu découvrir il y a quelques semaines l’exposition consacrée au dessinateur italien Luigi Critone et au scénariste Gian Alfonso Pacinotti, mieux connu sous le nom de Gipi. Les deux auteurs ont travaillé ensemble sur la bande-dessinée Aldobrando, parue aux éditions Casterman et qui raconte l’histoire d’un orphelin à l’époque médiévale, entre « conte initiatique et fable politique », comme le décrit le festival. Nés de l’autre côté des Alpes, les deux auteurs ont tous deux effectué une partie de leur carrière en France, avec plusi

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Remobilisation festivalière

ACTUS | Vie culturelle / Les très lourdes conséquences de la crise sanitaire ne laissent pas les organisateurs de festivals indifférents. Aujourd’hui, beaucoup réagissent publiquement et témoignent de leur détermination pour 2021. Explications.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Remobilisation festivalière

Agir pour ne pas connaître une deuxième saison blanche consécutive : c’est la volonté de quelque 200 événements musicaux partout en France, qui viennent de cosigner une tribune. Un texte au titre explicite – « Festivals 2021, Pourquoi on y croit ! » – comme pour mieux secouer le cocotier. Le ton est déterminé. Extraits : « En tant qu’organisateurs de festivals, rien ne nous interdit d’y croire. Optimistes de nature, entrepreneurs de métier, nous sommes engagés pleinement dans la préparation de nos prochaines éditions (…). Nos équipes sont déjà au travail. Les artistes se préparent. Le public nous attend ». « Un message positif » Rémi Perrier, le big boss du festival Musilac, prévu du 8 au 11 juillet prochain à Aix-les-Bains, fait partie des initiateurs de cette démarche. « On avait envie de délivrer un message positif, sans pour autant s’abandonner à la politique de l’autruche, indique-t-il. Petits et grands, on est tous touchés et on sait bien que tous les scénarios restent possibles pour l’an prochain, mais on se dit que le pire n’est jamais certain. » D’où cette intention de s’adresser à tous : artistes, public, parten

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Des femmes au sommet

CONNAITRE | Livre / Les femmes alpinistes du Népal sont à l'honneur d'un bel ouvrage récent. On vous raconte.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Des femmes au sommet

Et si ascension rimait avec émancipation ? C’est la conclusion de la sociologue Anne Benoit-Janin, qui vient de signer Les Népalaises de l’Everest, un livre-enquête passionnant, publié aux éditions Glénat. Le fruit d’une investigation menée sur place, à la faveur de nombreuses rencontres avec ces femmes alpinistes dans l’Himalaya. « Il faut savoir qu’avant d’imaginer escalader les montagnes, les femmes népalaises doivent affronter de nombreux handicaps, explique l’autrice. Elles viennent généralement d’un milieu très pauvre. C’est pourquoi, une fois mariées, elles n’ont plus le droit de quitter leur foyer, si ce n’est pour travailler dans les champs. » Celles qui se lancent dans l’aventure en paient parfois le prix, étant ensuite rejetées par leurs familles. La pionnière, Pasang Lhamu Sherpa, avait 31 ans quand elle est arrivée sur le toit du monde en 1993, soit quarante ans tout de même après les premiers hommes (Edmund Hillary et le Sherpa Tensing Norgay). Elle est décédée au cours de la descente, mais son nom continue d’être honoré dans son pays. Depuis, d’autres suivent son exemple, encore peu nombreuses. Anne Benoit-Janin avoue avoir été

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Viggo Mortensen : « Nos souvenirs imparfaits décident de qui nous sommes »

Rencontre | Le comédien aux mille talents vient de signer "Falling", son premier long métrage en tant que cinéaste. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Nous l'avions rencontré quelques jours avant le reconfinement, en marge de la première française, durant le Festival Lumière à Lyon.

Vincent Raymond | Jeudi 5 novembre 2020

Viggo Mortensen : « Nos souvenirs imparfaits décident de qui nous sommes »

Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film, car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents (et de ma mère, pour commencer), pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait début comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je crois que c’était bien que j’attende, parce que j’ai beaucoup appris des autres réalisa

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Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

CONNAITRE | Déjà à l’origine de plusieurs évènements de grande ampleur dédiés à la découverte des arts numériques dans des cadres insolites, la jeune association ARCAN remet le couvert samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre avec l’intrigante proposition "Rituels + Machines + Fossiles" au Musée archéologique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

"Arts numériques" : comme beaucoup de termes dans l’air du temps, l’expression peut sembler un peu vague pour le commun des mortels, simple à définir mais nettement plus complexe à décrire et encore plus à circonscrire. Contre toute attente, pourtant, cette dimension un peu floue, un peu flottante, l’Association Ressource pour la Création Artistique Numérique (ARCAN) s’en accommode très bien, comme l’expliquent sans ambages Jérôme Villeneuve, James Leonard et Clara Girousse. « Dans les arts numériques, le pluriel est très important : on a souvent tendance à réduire ça une scénographie mêlant VJ et DJ alors que le terme recouvre des approches artistiques très diverses qui vont de la musique au spectacle vivant en passant par les arts visuels. Et ce qui est intéressant, c’est de confronter des formes qui ne sont justement pas forcément cohérentes entre elles. » Paradoxalement, pourtant, si l’adjonction d’une dimension technologique ouvre de nouvelles perspectives excitantes à chacune de ces disciplines, elle restreint aussi souvent leur portée à un public particulier dans des lieux très spécifiques, créant

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Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

MUSIQUES | Jeudi 22 octobre, on a rendez-vous à la Source avec deux artistes majeurs du paysage musical africain actuel.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

C’est une création à ce jour inédite : d’un côté, deux artistes emblématiques de la diaspora africaine, Blick Bassy et Dobet Gnahoré, connus et célébrés aussi bien pour leurs talents de chanteurs et de compositeurs que pour leur paroles engagées et la fébrilité de leurs performances scéniques ; de l’autre, deux jeunes orchestres locaux regroupant près d’une cinquantaine de musiciens, Le Student Groove Orchestra et L’Orchestre des Campus de Grenoble, qui mettront leur talent en commun pour accompagner sur scène les deux artistes. Il faut dire aussi que les univers musicaux respectifs de ces derniers, riches d’un vaste chassé-croisé d’influences, se prêtent particulièrement bien à l’exercice. Grandi au Cameroun où il débute sa carrière dès les années 1990 avant de s’installer à Paris en 2005, Blick Bassy infuse ainsi volontiers ses compositions de teintes soul, folk, funk et pop, tandis que Dobet Gnahoré (en photo), née et élevée en Côte d’Ivoire avant de rejoindre la France en 1999, baigne sa musique dans un grand bain syncrétique où se rejoignent sonorités africaines mais également pop voire électroniq

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À Voreppe, fin octobre, c'est festival Ciné-Jeune !

ECRANS | C’est une semaine intense qui donne envie de rajeunir : du 24 au 31 octobre, le Cap de Voreppe propose pas moins de 27 films d’un éclectisme ébouriffant, à (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

À Voreppe, fin octobre, c'est festival Ciné-Jeune !

C’est une semaine intense qui donne envie de rajeunir : du 24 au 31 octobre, le Cap de Voreppe propose pas moins de 27 films d’un éclectisme ébouriffant, à commencer par un ciné-concert du génial et hilarant Sherlock Jr. (photo) de Buster Keaton, ambiancé par le trio The French Bastards. On note des avant-premières pour les tout-petits (Le Quatuor à cornes : là-haut sur la montagne, Les Ours gloutons, Le Noël de Petit Lièvre Brun), les immanquables du moment (Calamity, Lupin III…), les prometteurs Petit Vampire, Le Peuple Loup, Fritzi et 7 jours, ainsi que de grandes reprises. De Miracle en Alabama à Akira en passant par La Jeune Fille à l’écho (curiosité lituanienne), il y a du choix. On conseillera pour finir de jeter un œil au documentaire Petites Danseuses qui en dit aussi long sur les rêves des parents que sur ceux des enfants…

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Festival Les P'tits Géants : objets inanimés, avez-vous donc une âme ? (réponse : oui !)

Marionnette | Du lundi 19 au vendredi 23 octobre, la marionnette sera à l'honneur au Pont-de-Claix.

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Festival Les P'tits Géants : objets inanimés, avez-vous donc une âme ? (réponse : oui !)

Dans cette agglomération grenobloise culturellement très richement dotée, il faut savoir se démarquer, surtout si l’on est une petite salle. L’équipe aux commandes de l’Amphithéâtre du Pont-de-Claix l’a bien compris, elle qui organise depuis quatre ans son festival Les P'tits Géants, centré sur la marionnette jeune public. En essayant de balayer large niveau genres et techniques. C’est à ce moment que l’on rappelle à celles et ceux qui ne le sauraient toujours pas que la marionnette, ce n’est plus, depuis longtemps, uniquement Guignol et ses potes ! Pour cette cinquième édition, cinq équipes artistiques seront ainsi présentes pendant la semaine de festival. Et quelle bonne surprise de retrouver parmi elles (désolé, on connaît moins les autres) la compagnie iséroise La Pendue d’Estelle Charlier et Romuald Collinet, dont on apprécie grandement les propositions visuellement fortes et tout sauf gnangnan. La preuve avec leur spectacle Tria Fata, visible dès 9 ans, qu’ils redonneront une nouvelle fois (la création date de 2015). Un cabaret pour une marionnettiste

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Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

ECRANS | Villard-Bonnot et Vizille accueillent du 19 au 31 octobre leur traditionnel événement cinéma entièrement tourné vers le jeune public. Que du bonheur !

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Festival du film pour enfants : tout pour les plus jeunes !

L’emblème choisi pour orner l’affiche de sa 22e édition (la Calamity "jeune" de Rémi Chayé, arborant un air résolu) illustre merveilleusement la combativité du Festival du film pour enfants. S’il a dû revoir sa logistique (adieu, les salles temporaires de Vizille !) et sacrifier quelques-uns de ses rendez-vous conviviaux (bye-bye, les petits en-cas gourmands avant et après certaines séances !) à cause de cette satanée pandémie, l’événement tient fermement ses rênes : plus de vingt-cinq films sont au programme, des animations conservées et la compétition maintenue ! Surtout, la thématique retenue cette année donne foi en le futur : "Rêvons l’avenir". Comme toujours, les films en lice sont divers et récents, dans une acception large du terme : figurent notamment De toutes nos forces de Nils Tavernier, Le Vent se lève de Miyazaki (2014), Lamb de Yared Zeleke, Le Roi des masques de Wu Tian-Ming (2015), Tous en scène d

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"Michel-Ange" : statue personnelle : c’est compliqué

ECRANS | ★★★★☆ De Andrey Konchalovsky (Ru.-It., 2h16) avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudiello…

Vincent Raymond | Mardi 20 octobre 2020

Crasseux, revêche, ambigu, jaloux de ses confrères, impulsif, vénal, exalté et… génial. Dans l’Italie du Cinquecento, Michel-Ange étant le plus grand des artistes, tous les puissants se le disputent. Le Vatican ne fait pas exception, où un Médicis vient de succéder à Jules II… Fresque historique, "moment" dans la vie du personnage-titre plus que biopic stricto sensu, ce Michel-Ange dessine un portrait sans complaisance de l’artiste en sale bonhomme autant qu’un hommage à la prodigieuse universalité de ses talents et à la splendeur de ses réalisation. Oui oui, il est bien possible d’opérer ce subtil distinguo. Fasciné par Dante, obstiné par l’accomplissement de son œuvre pour laquelle il veut le meilleur, sachant se muer en ingénieur en génie civil comme en combinazione privées, résister au pouvoir tout en faisant tout pour être le grand artiste officiel de son temps… Le réalisateur Andrey Konchalovsky ne pensait-il pas un peu à son frère, le si poutinolâtre Nikita Mikhalkov, à travers Michel-Ange ? Reste une magnifique évocation des affres de la création et de la place de l’artiste dans la société

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Montagnards et Indiens

Festivals | Deux événements cinéma arrivent sur les écrans de l’agglo ces prochains jours. On tourne d’abord son regard vers le 15e Festival du film international (...)

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Montagnards et Indiens

Deux événements cinéma arrivent sur les écrans de l’agglo ces prochains jours. On tourne d’abord son regard vers le 15e Festival du film international Pastoralismes et grands espaces, du 8 au 11 octobre. Au programme du cinéma Le Club : des documentaires sur la vie des éleveurs français, suisses, italiens, argentins ou sénégalais, au format court et long. En outre, des rencontres citoyennes et débats sont organisés, ainsi que des expositions – certaines ont déjà ouvert, à la Maison de la montagne ou à la Crique Sud, par exemple. Le programme complet est en ligne : www.festival-pastoralismes.com. On change d’horizon la semaine suivante, avec la quatrième édition du Grenoble Indian Film Festival. L’événement est programmé du 15 au 18 octobre, avec une large sélection de courts métrages et un long, Made in Bangladesh, présentés à la Vence Scène de Saint-Égrève (samedi 17 à 20h30). Là aussi, de nombreuses animations connexes sont prévues, avec des professionnels du cinéma. L’association organisatrice espère pouvoir compter sur ses hôtes indiens, a monté une page Facebook et devrait publier toutes les infos sur

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Notes bleues (et autres)

MUSIQUES | Jazz / On vous l’accorde : il a déjà commencé et, parution en décalage oblige, on vous en reparle avec un peu de retard. On s’en serait voulu de manquer le 16e Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival, qui tient cette année la note bleue jusqu’au 17 octobre.

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Notes bleues (et autres)

Salvatore Origlio et son équipe ont concocté un programme prometteur, en insistant tant sur la dimension universelle et intemporelle du jazz que sur sa grande diversité. Impossible de citer chaque artiste, alors on vous dévoile l’un de nos coups de cœur : le quatuor Cuareim (photo), accompagné par la percussionniste et chanteuse Natasha Rogers, qui s’adapte aux nouvelles normes sanitaires et va proposer deux sets successifs au public de l’auditorium du Musée de Grenoble, dimanche 11. Le projet, ambitieux, est d’associer des sonorités classiques à d’autres d’inspiration latine : un pari réussi, à en juger par les morceaux que nous avons entendus. Le festival dans son ensemble associera par ailleurs onze autres salles partenaires, à Grenoble, Bernin, Champ-sur-Drac, Crolles, Échirolles, Fontaine, Gières, Meylan, Saint-Égrève et Varces. Son programme complet est disponible en ligne, sur le site du Jazz Club de Grenoble (www.jazzclubdegrenoble.fr).

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Choplin en mouvement

Littérature | Littérature / Au Petit Bulletin, on connaît bien le directeur artistique de l’Arpenteur, le beau festival qu’organise l’association Scènes Obliques dans le massif de Belledonne. Antoine Choplin vient de publier un nouveau roman, Nord Est, aux éditions La Fosse aux ours.

Martin de Kerimel | Mardi 6 octobre 2020

Choplin en mouvement

Dans un style épuré, cette histoire de personnages qui quittent un camp et se dirigent vers des plaines lointaines séduit dès les premières lignes. Elle évoque les migrations d’hier et d’aujourd’hui, sans se situer en un lieu précis. L’auteur ne se voit pas comme le militant d’une cause quelconque, mais admet qu’une accumulation de faits d’actualité pourrait avoir déclenché son envie d’écrire sur le sujet. « De manière confuse, ce roman est en moi depuis longtemps, ou en tout cas la question du retour des camps, indique-t-il. J’ai lu Primo Levi, bien sûr, ou d’autres comme Georges Hivernaud. J’ai une fascination sur ce que font les hommes et les femmes pour continuer à se tenir debout dans ces circonstances. » Par ailleurs, il laisse un large champ à l’imaginaire, quitte à ce que chacun perçoive dans ses écrits un environnement familier : « Je me suis tourné vers un sujet que j’avais laissé en sommeil : celui de la montagne. Je l’avais abordé pour des écrits plus brefs et poétiques, mais je ne l’avais jamais travaillé comme un décor persistant. » On ne serait pas étonné que les Isérois y trouvent un plaisir particulier…

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Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Théâtre | Pour célébrer ses 50 ans de carrière, le comédien, metteur en scène et auteur Serge Papagalli, comique dauphinois par excellence, propose un western-spaghetti de 2h20 avec, à ses côtés, 13 comédiennes et comédiens de la scène grenobloise qui lui sont fidèles. Avant la première de cet intrigant "Western !" mardi 13 octobre sur la scène de la MC2 (et la tournée iséroise qui suivra), on lui a posé quelques questions.

Aurélien Martinez | Mardi 6 octobre 2020

Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Fêter ses 50 ans de scène, ça doit être vertigineux ! Serge Papagalli : Ce n’est pas anodin, en effet. Ça peut même être vertigineux, certes, mais comme j’ai fait un peu d’escalade dans ma jeunesse, je me cramponne aux rochers pour tenir ! Plus sérieusement, disons que quand on démarre dans ce métier à hauts risques, surtout à l’époque où j’ai commencé, on le fait avec passion, sans calcul et donc sans savoir réellement où l’on va. Être encore vivant après ce demi-siècle de théâtre, c’est génial ! Quand vous vous retournez sur ces 50 ans de carrière, que vous dites-vous ? Vous en êtes fier ? Vous avez des regrets ? Bien sûr que j’en suis fier, surtout que je suis encore là comme on le disait, avec un public toujours aussi fidèle. C’est incroyable ! Après, puisqu’on parle de regrets, je pense à l’époque où nous étions à Paris au début des années 1980. J’avais 33-34 ans, le Café de Gare était plein, des gens comme Patrice Leconte venaient nous voir sans qu’on ait un attaché de presse qui s’en occupe, nous faisions l’Olympia, je remplaçais Desproges sur France Inter dans Le Tribunal des flagrants d

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Soleil vert

Reprise | On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Soleil vert

On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète des Singes : on frissonnait pour rire sans y croire vraiment. Légèrement dépassé dix ans plus tard, Soleil vert revient comme un boomerang aujourd’hui, en particulier grâce sa visionnaire séquence d’ouverture résumant la course à l’abîme créée par la révolution industrielle. Pollution, désertification, famines, inégalités sur-creusées, ciel ocre et humains légalement asservis (coucou Uber). Ne manque qu’un élément faisant tout le sel de ce film se déroulant en 2022, c’est-à-dire demain, que le Pays Voironnais vous propose de découvrir gratuitement mercredi 14 octobre à 20h30 au Cap de Voreppe, dans le cadre du mois de la transition alimentaire. Bon appétit !

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"Fin de siècle" : si c’était à refaire…

ECRANS | ★★★☆☆ De Lucio Castro (Arg., 1h24) avec Juan Barberini, Ramón Pujol, Mia Maestro…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Barcelone, de nos jours. Deux hommes s’offrent une nuit d’amour. Une relation sans lendemain ? Peut-être que non, d’autant qu’elle a sans doute un "avant-hier", quelque part entre les limbes du rêve, du souvenir ou du fantasme… Il faut attendre la fin de la première partie pour comprendre le titre, et ce renvoi vingt ans en arrière, à cette autre époque d’incertitudes que fut le changement de siècle, où le mal dominant s’appelait Sida et non Covid-19. C’est là que le film change de dimension, devient onirique et prend de la profondeur. Là qu’il cesse d’être un chromo touristique (de fort belle facture) pour gagner en mystère. Preuve qu’il faut laisser du temps au temps…

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Chez Papapy comme chez mamie

GUIDE URBAIN | Salon de thé / Christian Keller a vécu plusieurs vies. Sa dernière en date s’organise autour du Papapy, un salon de thé/restaurant situé place de Gordes où l’on appréciera autant son art de cuisiner que de chiner.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Chez Papapy comme chez mamie

Après un début de carrière dans la marine nationale, quelques années dans l’immobilier d’entreprise puis comme producteur de spectacles et gérant de restaurant, quelle casquette allait bien pouvoir endosser Christian Keller ? C’est la toque de chef-cuistot qu’il choisit de porter avec le lancement de Papapy, place de Gordes. Christian assure en effet l’intégralité de la partie cuisine de ce salon de thé/restaurant. « Je suis agréablement surpris, ça marche fort », assure-t-il. Son pari : miser sur la qualité et l’originalité. « J’en ai marre de voir ces franchises qui s’installent partout. D’une ville à l’autre tout se ressemble. » Avant la cuisine, la première chose que l’on apprécie au Papapy, ce sont les meubles et la décoration. Tout a été chiné avec goût par Christian à Emmaüs, même la vaisselle destinée aux clients. La décoration est unique, réconfortante, le lieu est rempli de fragments d’histoires et de vies passées, rassemblés entre ces murs pour une nouvelle destinée. Pour assurer les 30 couverts quotidiens, Christian se lève tôt car il doit d’abord s’approvisionner en produits frais, dont les légumes qu’il cultive dans son jardin avec son f

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Au Bon Label, cuisine éthique et musique chic

GUIDE URBAIN | Café-restaurant / Avec l’ouverture du Bon Label, le quartier Championnet s’enrichit d’un lieu de vie à l’éthique affirmée. Au menu : cafés d’excellence, plats locaux et de saison, sonorisation de haute-qualité et playlists faites maison (comme la cuisine). Le succès est indéniable, et mérité.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Au Bon Label, cuisine éthique et musique chic

Légende photo : Trois associés et un projet de reconversion réussi. Mick, Émilie et Sylvain, les trois associés du Bon Label, sont à la fois heureux et surpris du succès éclair de leur café-restaurant. Il fait le plein tous les midis. La réussite est d’autant plus goûteuse que leur aventure aurait pu tourner court. Deux semaines après l’ouverture du Bon Label et un début encourageant, Emmanuel Macron annonçait à la télévision le confinement total du pays. Donc la fermeture de l’établissement pour une durée indéterminée. « Nous avons eu besoin de nous réunir tous les trois pour encaisser la nouvelle. Heureusement nous avions prévu un coussin financier en cas d’aléas, coussin qui nous a servi plus vite que prévu ! », raconte Mick Bertrand, l’expert café du Bon Label. Avec son copain d’études Sylvain Bofelli, ils ont réfléchi pendant 3 ans à leur projet de reconversion. « Après quelques années dans l'électro-mécanique, on souhaitait se reconvertir, chacun de notre côté. Mais on a fini par s’arrêter sur ce projet commun qui réunissait deux de nos centres d’intérêt : moi le café et Sylvain la cuisine. On a mis au point le concept et on s’est aperçu

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"Canción sin nombre" / "Nuestras Madres" : l’une sort en salle, l’autre pas

Cinéma | Inscrits dans un contexte historique similaire, deux films d'Amérique latine sont à découvrir prochainement, mais pas sur les mêmes écrans. Nous vous les présentons toutefois en parallèle l'un de l'autre.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Aussi dissemblables par leur destinée que leur facture ou leur approche esthétique, Canción sin nombre et Nuestras Madres ont beaucoup en commun, à commencer par leur inscription spatiale (l’Amérique latine) et historique (les années 1980).Tous deux figuraient à Cannes l’an dernier : le premier à la Quinzaine des réalisateurs, le second à la Semaine de la Critique où il a ravi la Caméra d’Or. Dévolue au meilleur premier film de la compétition toutes sections confondues, cette prestigieuse distinction ne l’exonère pourtant pas d’une sortie directe en SVOD tandis que l’autre, resté à peine une semaine sur les écrans avant le confinement, renoue avec les salles. Car même si Nuestras Madres se situe de nos jours, il se déroule réellement dans le passé puisque le protagoniste y est un anthropologue de médecine légale identifiant les dépouilles de victimes de la guerre civile guatémaltèque, lui-même orphelin de père et d’une mère torturée par le pouvoir d’alors. Un régime dont on sait qu’il pratiquait l’enlèvement d’en

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"Sankara n’est pas mort" : ô rail ! Ô des espoirs !

Cinema | Burkina Faso, le Pays des Hommes intègres, après le coup d’État de 2014… Poète et écrivain d’une trentaine d’années, Bikontine prend son sac à dos et part du sud (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 mai 2020

Burkina Faso, le Pays des Hommes intègres, après le coup d’État de 2014… Poète et écrivain d’une trentaine d’années, Bikontine prend son sac à dos et part du sud vers le nord en suivant son inspiration, la ligne de chemin de fer ainsi que le souvenir de Thomas Sankara (1949-1987)… Premier chef de l’État burkinabé, assassiné en fonction, Sankara jouit auprès de la population d’un prestige intact : ce charismatique leader incarnait la voix d’une réappropriation et d’une autonomie africaines, libérée du joug colonial (ou néo-colonial) mâtinant son discours et ses actes d’une rigueur aussi enviable que gênante pour ses adversaires. Son fauteuil a depuis vu passer quelques successeurs, mais combien peuvent légitiment revendiquer son héritage moral ? L’ont-ils fait fructifier dans le sens du progrès social, humain et matériel ? Le bilan est, on s’en doute, bien maigre. Et ce film, entre constat et méditation, en rend compte en montrant un pays où les grands chantiers nationaux (tel le symbolique réseau ferroviaire) semblent à l’arrêt depuis 1987 alors que les multinationales grignotent davantage de terrain ; où le peuple

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Filles de joie

"Filles de joie" : les mamans et les putains | De Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich (Fr.-Bel., int.-12 ans avec avert., 1h21) avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Filles de joie

Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Leurs rêves sont en berne. L’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches… Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent /Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne

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"Mamacita" : la mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne, ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme), mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaît comme le pilier de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses "fantômes" et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle livre

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Bénis soient les Maudits !

Festival | Une excommunication empêche-t-elle une béatification ? Pas forcément, s’il y a un purgatoire entre les deux. À cette question moins théologique que (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Bénis soient les Maudits !

Une excommunication empêche-t-elle une béatification ? Pas forcément, s’il y a un purgatoire entre les deux. À cette question moins théologique que cinématographique, les films du Maudit Festival répondent régulièrement… La propension du genre humain aux aspirations contradictoires n’a d’égal que son grégarisme. En particulier dans les salles, où le mainstream ne laisse que peu d’interstices à des propositions alternatives. Certains cinéastes savent cependant s’y glisser pour contrer la loi du conformisme avec des films traversant sciemment hors des clous. Des films rebelles, souvent honnis à leur naissance, auxquels le temps rend justice. Des films maudits que le festival ourdi par l'association Terreur Nocturne accueille dans un délicieux œcuménisme, où le souvenir de leur soufre matriciel n’est jamais loin. À travers le temps et l'espace Copieuse édition que ce millésime 2020 convoquant des œuvres inscrites dans l’histoire sombre du 7e art — le tumultueux Aguirre, la colère de Dieu gouverné par la diabolique paire Herzog/Kinski ou l’underground thriller

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Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Reprises | Le grand cinéaste américain est à l'honneur du Ciné-Club et de la Cinémathèque de Grenoble, qui projettent deux de ses films parmi les plus emblématiques les 18 et 20 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Doublé Capra : du bonheur pour cinéphiles

Heureux cinéphiles grenoblois qui, en moins d’une semaine, vont se régaler les yeux avec deux classiques de Frank Capra ! On pourrait parler de hasard de programmation entre le Ciné-Club et la Cinémathèque, mais y a-t-il vraiment un hasard à l’approche de Noël lorsque l’un des deux films projetés se trouve être La Vie est belle (photo, 1946) ? Depuis sa sortie, ce long métrage est aux États-Unis indissociable des fêtes de fin d’année, tant il incarne l’esprit (et le miracle) de Noël. On y suit George, un brave type (le prototype de l’altruiste capresque, incarné par Jimmy "homme-de-la-rue" Stewart) sur le point de se supprimer, sauvé grâce à l’intervention providentielle d’un apprenti ange lui révélant à quel point le monde serait un enfer pour les autres s’il n’existait pas. Malgré les années, l’histoire demeure très moderne, si l’on y réfléchit : l’ange a recours à une vérité alternative pour étayer ses propos, et fait œuvre de coach en développement personnel pour convaincre George de sa valeur intrinsèque. Soooo 2019 ! Autre monument, mais au rayon comédie dramatique, New York-Miami (1934) avec Claudette Colbert e

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"Le Meilleur reste à venir" : que de promesses !

Cinema | De Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière (Fr., 1h57) avec Fabrice Luchini, Patrick Bruel, Zineb Triki…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Arthur découvre par hasard que son meilleur ami César est condamné par un cancer. Celui-ci l’ignorant, Arthur s’apprête à lui annoncer la funeste nouvelle mais un quiproquo amène César à croire que c’est son pote qui est perdu. Déstabilisé, Arthur ne va pas le détromper. Et s’enferrer… Le succès du Prénom (2012), leur précédente coréalisation, a très certainement endormi la méfiance des producteurs, appâté les comédiens autant qu’il allèchera les curieux. Pourtant, la mécanique bien huilée de ladite pièce filmée (jouée auparavant un an sur les planches) et dialoguée sans surprise mais avec adresse n’a pas grand-chose à voir avec ce succédané de Sans plus attendre (2008) : Le Meilleur reste à venir est une comédie molle bo-beauf de plus, célébrant le nombrilisme d’assujettis aux tranches fiscales supérieures, où les comédiens s’abandonnent à leurs penchants (c’est-à-dire à leurs travers) à la première occasion. Et les occasions ne manquent pas. Lorgnant le cinéma de Nakache etToledano, Delaporte et De La Patellière en offrent une version dégriffée avec les envolées classicom

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La pellicule sous toutes ses formes avec le festival La Buissonnière

Cinema | Première édition pour le festival "La Buissonnière", qui, du jeudi 28 au samedi 30 novembre, mettra en avant une éclectique sélection de films réalisés au sein de laboratoires argentiques indépendants. Au 102 et sur le campus de l'UGA, une proposition passionnante, loin, très loin de la standardisation à marche forcée auquel le format numérique nous a habitués.

Damien Grimbert | Mercredi 27 novembre 2019

La pellicule sous toutes ses formes avec le festival La Buissonnière

Un peu de contexte pour commencer, comme le propose Colas Gorce, l’un des (nombreux) organisateurs du festival : « Dans les années 90, l’industrie du cinéma est passée massivement au format numérique et s’est débarrassée de toutes sortes d’outils liés au format pellicule. Pour beaucoup de personnes qui travaillaient déjà sur ce format, s’est créée une sorte d’effet d’aubaine, avec la possibilité de récupérer tous ces ustensiles désormais relégués au rang de déchets par l’industrie. Cela a donné naissance à de nombreux laboratoires indépendants, souvent sous une forme associative, comme c’est le cas du laboratoire MTK à Grenoble, qui se sont ensuite mis en réseau pour créer du cinéma expérimental ». Le décalage entre cette approche très artisanale, voire ludique, du cinéma et les fabuleuses possibilités créatives qu’elle ouvre, c’est ce qu’a souhaité mettre en avant l’équipe de La Buissonnière à travers ce festival. Sans négliger pour autant sa dimension très politique : « Parler de ces modes de production, complètement en dehors des circuits industriels, et basés en grande partie sur un imaginaire de récupération des "déchets" de l’industr

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Orchestre universitaire de Grenoble : sur des airs connus…

Concert | L'ensemble propose un concert autour des plus belles musiques de films. Un rendez-vous proposé le 29 novembre ou le 1er décembre.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 novembre 2019

Orchestre universitaire de Grenoble : sur des airs connus…

Vous connaissez la chanson : il se trouvera toujours une fichue ritournelle pour nous rester en tête des heures durant, au risque de plomber notre journée. Du côté de l’Orchestre universitaire de Grenoble, les bandes originales classiques sont garanties : de La Guerre des étoiles à Hook, en passant notamment par Pirates des Caraïbes, L’Homme qui en savait trop ou Il était une fois dans l’Ouest, la programmation s’adresse aux mélomanes comme aux néophytes. Parmi les compositeurs ainsi mis à l’honneur, John Williams et James Horner côtoieront Ennio Morricone. Mention spéciale pour le maestro italien, dignement représenté par l’une de ses voix les plus connues : la soprano Susanna Rigacci, régulièrement invitée à la Scala de Milan. En pareille compagnie, on peut d’ores et déjà se convaincre que la salle Olivier-Messiaen vibrera à l’unisson ! MK

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Comment le Bar-Bars ?

Festival | Le festival Culture Bar-Bars, c'est un peu une fête de la musique des débits de boisson. Réjouissances programmées du 28 au 30 décembre, dans une série de lieux grenoblois.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 novembre 2019

Comment le Bar-Bars ?

Dans 60 villes en France, l'événement a largement essaimé en 18 éditions. Et il conviendra de se pencher sur cette édition grenobloise. Par pur chauvinisme mais aussi parce qu'on y croisera notamment deux vieilles canailles ayant officié au sein des cultes Little Rabbits : Federico Pellegrini aka French Cowboy et son compère Eric Pifeteau dit The One, association qui livrera un nouvel album en 2020. Leur prestation du 29 novembre à la Bobine sera suivie d'un mix électro de Human Pattern. Á suivre également, la belle jeunesse qui ne cesse de monter de la charmeuse folk lyonnaise Tachka (28 novembre) et de l'un de ses pendants masculins, sans doute plus roots dans ses influences, Yannick Owen

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« Les prix célèbrent la passion des Français pour la littérature »

ACTUS | La remise, le 4 novembre, du Prix Goncourt à Jean-Paul Dubois pour "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon" est l’un des temps forts de l’actu littéraire. Nicolas Trigeassou, le responsable de la Librairie Le Square, nous explique pourquoi.

Martin de Kerimel | Mardi 12 novembre 2019

« Les prix célèbrent la passion des Français pour la littérature »

Le livre n’aura pas attendu d’être primé pour convaincre les lecteurs. Jean-Paul Dubois est déjà un auteur populaire et c’est peut-être cela aussi que l’Académie Goncourt vient de récompenser. On peut toutefois parier qu’avec cette haute distinction, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon saura attirer d’autres férus de la chose écrite. « Les prix célèbrent la passion des Français pour la littérature, confirme Nicolas Trigeassou de la librairie Le Square. Tout s’arrête lors de l’annonce du Goncourt au journal télévisé. Une vibration étonnante. » Cette fois, le libraire parlerait plutôt de confirmation que de révélation : « Jean-Paul Dubois avait déjà obtenu le Femina en 2004, pour Une vie française, et figuré dans la sélection du Goncourt en 2016 pour La Succession. Son nouveau roman est un livre important, que j’avais "repéré" avant l’été. Le Goncourt lui permettra d’atteindre un public élargi, en France et à l’étranger ». Nicolas Trigeassou estime aujourd’hui que l’auteur « construit une œuvre cohérente en se demandant ce qui définit un homm

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Ndagga Rhythm Force : pour l’amour des rythmes

Mbalax sénégalais | Si son nom n’évoquera a priori pas grand-chose à grand monde, soyons très clairs cependant : dans certains cercles spécialisés, le Berlinois Mark Ernestus (...)

Damien Grimbert | Mardi 12 novembre 2019

Ndagga Rhythm Force : pour l’amour des rythmes

Si son nom n’évoquera a priori pas grand-chose à grand monde, soyons très clairs cependant : dans certains cercles spécialisés, le Berlinois Mark Ernestus est considéré comme une véritable légende vivante. Aux côtés de son ami Moritz Von Oswald, il a en effet donné naissance dès les années 1990 à une talentueuse scène dub techno à tendance minimaliste, inspirée par l’héritage des pionniers jamaïcains. Flashback en 2011 : Ernestus part à Dakar à la recherche de disques de Mbalax, un style musical sénégalais caractérisé par ses fascinantes polyrythmies qui le passionne depuis longtemps. Il se retrouve finalement à enregistrer en studio avec une vingtaine de percussionnistes et musiciens locaux et pose ainsi la première pierre d’un projet, qui, après de nombreuses autres collaborations intensives avec un certain nombre d’entre eux, finira par donner naissance à la fabuleuse formation Ndagga Rhythm Force. Subtile, envoûtante et hautement novatrice, la musique enfantée par le groupe n’a à peu près rien à voir avec les tentatives fusionnelles maladroites entre musique électronique et musique africaine dont est malheureusement abreu

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Ninho, rap nouvelle génération

Rap | Ce n’est un secret pour personne : le paysage du rap français s’est radicalement transformé ces dix dernières années, porté par toute une nouvelle génération (...)

Damien Grimbert | Mardi 12 novembre 2019

Ninho, rap nouvelle génération

Ce n’est un secret pour personne : le paysage du rap français s’est radicalement transformé ces dix dernières années, porté par toute une nouvelle génération d’artistes s’affranchissant des codes, brisant les tabous et pulvérisant littéralement tous les records en termes de popularité et d’audience. Et s’il y a bien un rappeur, plus que tout autre, qui incarne à la perfection cette évolution, c’est sans aucun doute Ninho. Artiste précoce (à 23 ans, il a déjà près d’une dizaine d’années d’activité au compteur), dur à la tâche (il comptabilise déjà cinq mixtapes et deux albums), et surtout incroyablement doué, le rappeur d’origine congolaise, grandi entre l’Essonne et la Seine-et-Marne, synthétise la plupart des grandes tendances actuelles du rap francophone. Kickeur et freestyleur de premier plan, il représente un rap de cité dur et sale élevé à un régime 100% béton, mais qui n’hésite pas à louvoyer vers des univers beaucoup plus pop et ensoleillés à l’occasion, comme en témoignent ses innombrables tubes comptabilisant des dizaines de millions de vues sur YouTube. N’ayons pas peur des mots, c’est donc une véritable légende en devenir qui foule

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"J'aimerais qu'il reste quelque chose" : le temps du souvenir

Cinema | De Ludovic Cantais (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Lieu de souvenir et de conservation, le mémorial de la Shoah a aussi pour vocation d’accueillir témoins et victimes de la barbarie nazie (ou leurs descendants) afin de collecter leurs souvenirs matériels (documents, vêtements etc…), mais aussi et surtout immatériels : leur vécu personnel. Certains n’ayant jamais évoqué le traumatisme concentrationnaire, même à leurs plus proches, leur parole tardive s’avère précieuse aux oreilles de l’Histoire. Ce documentaire – ou plutôt document car il pourrait très bien être diffusé tel quel dans l’enceinte du mémorial pour en expliquer les missions – hésite entre deux dispositifs. L’un, en caméra fixe et frontale, présente une succession de bénévoles interviewant les déportés et leur famille devant un décor sobre et noir, très lanzmanien. Tout est fait pour valoriser le récit, à peine entrecoupé par quelques inserts de photographies – tant mieux, car il y a des histoires fortes. L’autre, où l’on suit les équipes du musée dans leur quotidien : course contre la montre pour réunir de nouveaux témoignages (et déplacements en province à cet effet), process d’archivage des documents glanés, organisation de céré

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Un Dawa Fest pour « mettre en avant le mouvement hip-hop à travers les âges »

Festival | Nouveau festival dédié aux cultures hip-hop, le Dawa Fest, organisé jusqu’au samedi 9 novembre par l’association Mix’Arts, conjugue pluridisciplinarité, têtes d’affiche et propositions originales pour mieux mettre en avant la dimension « populaire et politique » du mouvement.

Damien Grimbert | Mardi 5 novembre 2019

Un Dawa Fest pour « mettre en avant le mouvement hip-hop à travers les âges »

À Grenoble, les festivals dédiés aux cultures urbaines se suivent (Vous êtes bien urbain en 2013 et 2014, Demain c’est bien de 2016 à 2018, désormais le Dawa Fest)… et se ressemblent un peu. En l’occurrence, c’est assez normal, puisque Demain c’est bien était déjà organisé par l’association Mix’Arts, en collaboration avec le collectif Base Art’. Fabien Givernaud, programmateur sur les deux festivals, le reconnaît d’ailleurs volontiers : « On n’estime pas qu’on va révolutionner quoi que ce soit, l’idée reste avant tout de mettre en avant le mouvement hip-hop à travers les âges. Aujourd’hui, le rap, c’est vraiment une musique populaire écoutée par toute la jeunesse, et c’est une dynamique dans laquelle on veut s’inscrire. Mais notre volonté, c’est aussi de rappeler les fondamentaux, d’où vient le rap, pourquoi il est né… D’où l’idée de mélanger les disciplines dans les événements qu’on organise, et aussi d’y mettre une touche un peu politique derrière. » Dans les salles et hors les murs

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Dolce Cinema et Spacejunk reçoivent le plasticien Ernest Pignon-Ernest au cinéma Le Club mercredi

ECRANS | Histoire de se mettre en jambes avant les 13es Rencontres du cinéma italien (du 16 au 30 novembre), Dolce Cinema organise une séance exceptionnelle, (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Dolce Cinema et Spacejunk reçoivent le plasticien Ernest Pignon-Ernest au cinéma Le Club mercredi

Histoire de se mettre en jambes avant les 13es Rencontres du cinéma italien (du 16 au 30 novembre), Dolce Cinema organise une séance exceptionnelle, mercredi 6 novembre, à 20h15, au cinéma Le Club de Grenoble. En partenariat avec Spacejunk et en compagnie du plasticien Ernest Pignon-Ernest, on projette Se torno, documentaire interrogeant le souvenir de Pier Paolo Pasolini quarante ans après sa mort, hanté par la célèbre image du poète portant son propre cadavre. Un événement à bien des égards.

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"Le Char et l'Olivier, une autre histoire de la Palestine" : sacré enfer !

Cinema | De Roland Nurier (Fr., 1h41) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Un retour sur la douloureuse situation actuelle des Palestiniens tentant d’expliquer comment (et par qui) leur pays leur a été confisqué, appuyé par les témoignages de nombreux intellectuels, diplomates palestiniens ou non, juifs ou non… Reconnaissons à Roland Nurier du courage d’avoir par ce documentaire voulu aborder l’une des questions les plus épineuses et les plus vitrifiées du monde. Surtout en assumant de partager le point de vue des Palestiniens – sans acrimonie de ton ni hostilité de principe vis-à-vis des Israéliens, c’est important de le préciser. Car ce genre de position vaut en général à qui la tient des volées d’anathèmes et des accusations infamantes de révisionnisme et/ou d’antisémitisme. Or le propos n’est pas de s’abriter derrière la contestation de l’existence de l’État d’Israël (c’est son lieu d’implantation qui est critiqué) pour manifester un archéo-néo-antisémitisme putride, mais d’empiler des faits historiques incontestables en les recontextualisant. Entre autres, que le sionisme théorisé par Herzl était contemporain des grandes politiques colonialistes, ou que la culpabilité ressentie par la

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Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Jeune public | Pour ce numéro de trois semaines qui couvre l’entièreté des vacances scolaires, la rédaction du Petit Bulletin s’est mise en mode jeune public avec une sélection de propositions culturelles à vivre avec des enfants. Exposition, cinéma, concert et spectacle : suivez-nous !

La rédaction | Mardi 15 octobre 2019

Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Une exposition pour « sensibiliser les enfants à la montagne » Avec, comme l’écrivait Stendhal (on connaît nos auteurs au PB), « au bout de chaque rue, une montagne », Grenoble semble être la ville idéale pour proposer l’exposition Petits Monts et merveilles, destinée aux 3-6 ans et organisée par la Casemate (le centre de culture scientifique local) dans le cadre de sa "Saison pour la planète". « Nous vivons entourés de montagnes et c’est important de sensibiliser les enfants à ce sujet. Certains vivent en ville, n’ont pas forcément la chance d’y aller, et cette exposition est aussi l’occasion de la leur faire découvrir », explique Armelle Chaléon, médiatrice à la Casemate. Une fois passées les portes du lieu, les enfants se retrouvent immergés dans l’univers montagnard à travers divers jeux et activités, m

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Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

ECRANS | Rendez-vous du jeudi 17 au dimanche 20 octobre à Grenoble, Saint-Martin-d'Hères et Saint-Égrève.

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

Troisième édition pour le Grenoble Indian Film Festival, organisé par l’association I.C.E. dans l’objectif de dévoiler toute la diversité du cinéma indien contemporain. Outre une pléiade d’ateliers en tout genre, une exposition de peinture et une soirée « Bollywood Night », la majeure partie de la programmation sera bien sûr dédiée au… cinéma, avec pas moins de sept films projetés. Parmi ces derniers, trois blockbusters très attendus, chacun dans un registre très différent : Chhichhore de Nitesh Tiwari accompagne ainsi au fil des ans et des aléas de la vie un groupe d’amis qui s’est formé à l’université, tandis que Kalank d’Abhishek Varman (photo) joue la carte de la grande fresque historico-romantique flamboyante dans des décors majestueux. Enfin, Mission Mangal de Jagan Shakti s’inspire d’une histoire vraie pour retracer le lancement d’une mission spatiale à destination de Mars. À noter, également, un documentaire de Pan Nalin sur la médecine ayurvédique (Ayurveda), un film anglais de Gurinder Chadha sur un jeune immigré indien passionné par Bruce Springsteen (Music of my life), un intrigant fil

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Soirée (Petrol ) Chips

MUSIQUES | Le fameux label rhônalpin sera à l'Ampérage jeudi 17 octobre avec, dans ses valises, certains de ses passionnants artistes.

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

Soirée (Petrol ) Chips

On a déjà eu plusieurs fois l’occasion de vous vanter les mérites du label rhônalpin Petrol Chips, créé en 2017 par le musicien Ray Borneo, et déjà à l’origine d’une flopée d’albums d’artistes (essentiellement) grenoblois hautement recommandables : Olivier Depardon, Nuage Fou, Lomostatic, Bleu Russe… Bonne nouvelle, le label organise, jeudi 17 octobre à 20h30 à l’Ampérage, un Chips Fest d’Automne, en écho au Chips Fest de Printemps de mai dernier à la Bobine, qui réunira de nouveau sur scène trois formations du cru. Outre l’excellent Gontard (sur lequel on ne reviendra pas puisqu’on l’a déjà mis maintes fois à l’honneur dans ces pages), cette nouvelle édition sera ainsi l’occasion de retrouver la splendide synth-pop hybride et déviante du duo Poupard (photo), venu défendre son nouvel album Nous avons joué tous les deux, qui sortira le lendemain. Mais également Malentendu, nouveau projet solo chanté-scandé de Nicolas Burtin aussi sombre qu’intense, déjà décliné au format album avec la sortie d’Au pays de nulle part au mois de juin dernier.

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En novembre, ce sera hip-hop non stop avec le prometteur Dawa Fest

Festival | On reviendra plus en détail sur la suite de la programmation dans notre premier numéro de novembre, mais ne manquez pas pour autant le début de la première (...)

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

En novembre, ce sera hip-hop non stop avec le prometteur Dawa Fest

On reviendra plus en détail sur la suite de la programmation dans notre premier numéro de novembre, mais ne manquez pas pour autant le début de la première édition du Dawa Fest, nouveau festival dédié aux cultures hip-hop organisé par l’association Mix’Arts du lundi 4 au samedi 9 novembre. Première salve dès le lundi avec une projection de film, suivie d’un spectacle de danse hip-hop le lendemain (à l’Ilyade) et d’un concert 100% rap féminin à la Source le mercredi (avec Reverie, Juicy et Tracy De Sa – en photo). Pour la suite, on en reparle bientôt !

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Le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans ? « L'histoire d'un groupe de copains » qui dure depuis 30 ans !

Festival | Du mardi 29 octobre au samedi 2 novembre aura lieu la 30e édition du Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans. Retour sur les origines de ce « grand petit festival », comme se plaît à le nommer Gilles Balesta, son président.

Adeline Gailly | Mardi 15 octobre 2019

Le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans ? « L'histoire d'un groupe de copains » qui dure depuis 30 ans !

Né il y a 30 ans, le Festival d'humour et de création de Villard-de-Lans est « l'histoire d'un groupe de copains tout simplement » résume Gilles Balesta. Spectateur de la première heure et président de l'événement depuis 20 ans, il se rappelle cette première nuit de café-théâtre, là où tout a commencé, en 1989, avec une petite troupe de théâtre amateur. « Ils avaient invité d'autres troupes qu'ils connaissaient. Puis, au fur et à mesure des années, ils ont pu se produire dans la salle des fêtes de Villard, ont obtenu des moyens de la commune et c'est ainsi que le festival est né. » Aujourd'hui, l'événement rassemble des artistes multidisciplinaires, entre théâtre, chansons, contes, humour et bien d'autres, proposant une quinzaine de spectacles sur cinq jours. Avec un seul leitmotiv : « maintenir le même niveau de qualité et d'exigence ». Exit la vulgarité et « priorité à la création » insiste Gilles Balesta. Des énergies nouvelles Mais les rencontres entre artistes constituent le cœur de l'événement. « Ils sont présents toute la semaine. Ils n'arrivent pas la veille

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"Tout est possible (The biggest little farm)" : graine de paysans

ECRANS | De John Chester (É.-U., 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Un couple de citadins, John et Molly, décide de plaquer Los Angeles pour fonder une ferme biologique vertueuse ex nihilo. Suivront sept années de galère, de doutes et de réussites parfois inattendues ; bref un long apprentissage avant d’arriver à l’équilibre écolo-nomique. Le titre abolit tout suspense : le pari des deux urbains sera gagné à terme. Mais l’enjeu du film n’est pas là ; il réside dans la (re)découverte de l’agri-culture. Oui, en deux mots, puisqu'il s’agit autant de l’éducation de ces néo-paysans que de l’exploitation de leur terre et de leur cheptel. D’autant que John et Molly s’installant sur un domaine au sol mort, laminé par d’antérieures cultures intensives, il leur faut intégralement rétablir un écosystème (biotope et biocénose) et donc avoir les reins pour travailler quasiment à fonds perdus plusieurs saisons durant. En effet, l’exploitation va subir les attaques de nombreux ravageurs tant que ceux-ci ne seront pas régulés par leurs prédateurs naturels (dont il faut donc favoriser l’implantation) ; les aléas climatiques, catastrophes naturelles et les erreurs (riches d’enseignements) du couple auront aussi un impact sur la fragilité relati

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Quand Grenoble se jazzifie toujours plus avec le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

Festival | Rendez-vous du vendredi 4 au samedi 19 octobre pour le constater.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Quand Grenoble se jazzifie toujours plus avec le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

Si le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival est un événement, c'est parce que l'événement organisé à l'initiative du Jazz Club de Grenoble est le seul consacré à cette discipline dans l'agglomération. Il est donc on ne peut plus logique qu'à l'image de ce nom à rallonge, le GAMJF étende un peu plus à chaque édition son aire d'activité : Fontaine, Gières, Saint-Égrève, Varces, La Tronche... En tout ce sont pas moins de onze communes de l'agglomération (presque le double de l'an dernier) qui accueilleront la programmation de cette 15e édition et ses différents temps – les traditionnels Midi/Deux, master class, expositions, conférence... On y croisera cette année des figures telles que Raphaël Lemonnier (avec la Trova Project, une exploration de la chanson cubaine), l'étoile montante Agathe Iracema, l'électro-soul de Nojazz (photo), Yaël Rasooly et Ilya Magalnyk pour une plongée dans la musique de la première moitié du XXe siècle, l'explosif Amazing Keysto

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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Musique classique : une saison, huit étapes

Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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La rentrée pépouze avec Papooz

Concert | « Jeudi 12 septembre, l’Université Grenoble Alpes fête la rentrée et concocte pour ses étudiants une journée festive sur-mesure et unique en son genre : UGA c’est Party ! » Avec notamment un gros concert dont on vous cause ici.

Stéphane Duchêne | Lundi 9 septembre 2019

La rentrée pépouze avec Papooz

La rentrée à peine passée, voilà déjà les étudiants au taquet. Pour les partiels. Euh... Tout doux, les partiels on verra en temps voulu (la veille) ! Une fois passée la journée d'intégration, le bizutage, le gala de rentrée, la soirée du BDE, la soirée du BDS, la vente de calendriers au profit d'Habitat et anti-spécisme... L'Université Grenoble Alpes (UGA pour les gens cool) a bien compris cette réalité en lançant les hostilités-festivités jeudi 12 septembre avec UGA c'est Party !. L'idée, garantie sans TD ou évaluation surprise, recouvre, entre autres animations, une course à pied à travers le campus (pour prendre le pli de tous ces matins où le réveil n'a pas sonné), un espace chill (histoire de prendre le rythme d'un vendredi matin vaporeux au fond de l'amphi) et bien sûr un concert. Or, qui de mieux pour un concert étudiant que Papooz, les Heckle et Jeckle de la pop branchée parigotte ? Têtes à claque, coupes de douilles, fringues tombées du camion, Papooz est l'une des petites sensations du moment ; leur pop tropicale

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

ECRANS | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer "Roubaix, une lumière", film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre avec le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre (attention, spoilers).

Vincent Raymond | Vendredi 16 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis le Festival de Cannes, où le film était en compétition ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu une deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez offrir aux acteurs cet accueil-là. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… Alors quand vous pouvez offrir ça aux acteurs qui vous ont tant donné pendant le tournage, c’est très, très, émouvant. À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : celui-là, on va compter avec lui. Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement b

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