Michael Sweerts : et une nouvelle acquisition pour le Musée de Grenoble, une !

ACTUS | Guy Tosatto, directeur du musée, a ainsi permis l'acquisition, en lien avec le club des mécènes, d'un tableau de ce peintre flamand du XVIIe siècle « très peu représenté dans les collections françaises ».

Aurélien Martinez | Lundi 30 avril 2018

Si les expositions temporaires changent souvent dans un musée et assurent ainsi le volet actualité, les collections permanentes elles aussi évoluent avec le temps, mais de manière plus sporadique. Et ce grâce notamment aux différentes acquisitions menées par les conservateurs des lieux, qui enrichissent continuellement le volet d'œuvres proposées au public. C'est particulièrement le cas au Musée de Grenoble, dont la politique d'acquisition forte des anciens directeurs permet d'avoir aujourd'hui l'une des plus riches collections d'art moderne en France.

Mais fin avril, c'est la partie XVIIe siècle du musée qui a gagné une nouvelle toile, acquise pour 400 000 euros en partie grâce au club des mécènes de l'établissement. Soit un tableau, daté autour de 1646 – 1650 et intitulé a posteriori Un vieil homme tricotant avec un garçon à ses côtés, que l'on doit à Michael Sweerts, peintre flamand « très peu représenté dans les collections françaises » selon le directeur du Musée de Grenoble Guy Tosatto. Un achat certes moins retentissant (voire sexy) que celui du collage Verre de Picasso obtenu en 2012 pour 750 000 euros ou celui de la Nature morte de Giorgio Morandi obtenue en 2015 pour 1.1 million d'euros, mais qui apporte tout de même « un complément précieux à l'ensemble de peintures nordiques en comblant une lacune, celle précisément des scènes si intimistes avec des personnages issus du peuple ».

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« Ça fait longtemps que je n’ai pas vu une exposition d’art égyptien de cette ampleur et de cette qualité ! »

Exposition | Le soir de l’inauguration de "Servir les dieux d’Égypte" au Musée de Grenoble, le directeur du Musée du Louvre, présent vu que son établissement a collaboré à l’élaboration (avec des prêts et une aide scientifique), est ressorti conquis. Et il y a de quoi, tant le résultat est grandiose – même si un peu intimidant. Afin d’en savoir plus, on en a parlé avec des spécialistes. Morceaux choisis.

Aurélien Martinez | Mardi 30 octobre 2018

« Ça fait longtemps que je n’ai pas vu une exposition d’art égyptien de cette ampleur et de cette qualité ! »

Sur la période traitée par l’exposition Florence Gombert-Meurice, conservatrice en chef du département des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre : Nous sommes entre 1069 et 655 avant J.-C., période que l'on appelle intermédiaire, la troisième entre deux grandes autres : le Nouvel Empire, avec les pharaons bien connus comme Séthi Ier et Ramsès II, et la Basse époque. C'est une période de mutations où l'Égypte n'a pas son unité. Les grands monuments que l’on voit en Égypte ne sont d’ailleurs pas de cette époque plutôt méconnue, qui se découvre alors dans des musées et avec des expositions comme celle-ci. Sur le choix d’une telle exposition Guy Tosatto, directeur du Musée de Grenoble : On a, au Musée de Grenoble, de remarquables collections d’antiquités égyptiennes qui, en importance, sont les troisièmes en région après Marseille et Lyon. Mais elles sont présentées au sous-sol, de manière très discrè

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Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

ARTS | Rencontre avec Guy Tosatto, directeur du musée, pour en savoir plus sur l’objectif d'une collection à l'occasion de l'exposition "De Picasso à Warhol - Une décennie d'acquisitions".

Charline Corubolo | Mardi 12 mai 2015

Guy Tosatto : « Un musée existe par sa collection »

À quoi sert une collection ? Elle sert à donner des repères, c’est constitutif d'un musée. C’est-à-dire qu’un musée n’existe que par sa collection. D’ailleurs, à l’origine, ils ont été créés pour abriter des ensembles d’œuvres à la suite de la Révolution française. On a eu cette chance à Grenoble d'avoir un conservateur au début du XXe siècle qui a ouvert la collection à l’art moderne, ça a été le premier en France : Andry-Farcy. Tous ses successeurs ont emboîté le pas en partant de l’existant. C’est cette matière qui va vous guider. Par ailleurs, une collection, c’est aussi ce qui reste après une exposition temporaire, c’est l’élément stable. C'est à partir de cette collection qu’on peut faire un vrai travail dans le temps auprès de nos publics pour les initier aux formes artistiques, que ça soit l’art ancien ou moderne parce que les œuvres sont là et qu’ils peuvent les retrouver. Une collection ne doit donc pas s'arrêter... Effectivement, une collection doit être en mouvement, il faut qu’elle s’enrichisse en permanence d’où la nécessité des acquisitions, d’essayer d'avoir des dons, de continuer à l’élargir la part

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Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

ACTUS | Le 29 janvier 1994 était inauguré le flambant neuf Musée de Grenoble. Pour célébrer cet anniversaire, quatre jours de gratuité et d’animations sont organisés. Mais avant de se (re)plonger dans l’une des plus impressionnantes collections d’œuvres d’art en Europe, on est allés poser quelques questions à Guy Tosatto, actuel directeur des lieux. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 janvier 2014

Musée de Grenoble : J’ai 20 ans

Le Musée de Grenoble a vingt ans. Enfin, le bâtiment actuel, puisque le musée, lui, date de 1798. Mais plus qu’un changement de maison (au revoir la place de Verdun et ce que l’on appelle aujourd’hui l’Ancien Musée de peinture), ce déménagement a surtout été synonyme de « cap » comme l’explique Guy Tosatto, directeur des lieux depuis 2002. « Ça a représenté un bond en avant dans la présentation des collections. » Le nouvel espace, trois fois plus important que l’ancien (18 000 mètres carrés), a permis de sortir bon nombre d’œuvres des réserves. « Aujourd’hui, tous les chefs-d’œuvre sont bien là pour ce qui est de l’art ancien et de l’art moderne [Rubens, Courbet, Renoir, Matisse... – ndlr]. Pour l’art contemporain, c’est plus discutable, car la notion de chef-d’œuvre évolue avec le temps. » Dans ce domaine, quelque 900 pièces sont exposées, avec un système de rotation. Ce qui est tout de même insuffisant aux yeux du directeur, qui aimerait à l’avenir disposer d’une nouvelle aile uniquemen

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Collections à Durée Indéterminée

ARTS | C’est le propre des collectionneurs dans le domaine privé, et celui des musées dans le domaine public : préserver et acquérir les œuvres d’art qui, au fil du temps, constituent les témoins de l’évolution des civilisations. A Grenoble, plusieurs musées tiennent ce rôle fondamental, mis en lumière lors d’évènements comme celui de la Nuit des musées de ce week-end… Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Collections à Durée Indéterminée

Le statut de l’objet d’art par rapport aux autres productions artistiques est de fait particulier. Le théâtre et la danse offrent une œuvre qui correspond à un moment et ne peut qu’être éphémère, le cinéma s’appréhende par l’intermédiaire d’un support qui enregistre et diffuse, la musique propose les deux à la fois… L’œuvre plastique, elle, est par définition matérialité suprême, à laquelle l’homme confère un certain sens, une certaine forme. A partir de ce postulat, les phénomènes de vente, échange et conservation de ces objets deviennent les pendants de leur création. Legs, dons, achats, vols, confiscations : chaque époque voit se développer des intérêts différents, se cristalliser des problématiques nouvelles, un marché de l’art à son image (comme le prouve la bulle spéculative de nos temps voraces et démesurément fascinés par l’argent). Les collections peuvent se vanter d’être un véritable patrimoine et un outil d’absorption du contemporain. Et, malgré les évolutions incessantes, persiste une certitude : celle de toucher là à un enjeu de civilisation, autant culturel qu’essentiel. Le privilège grenoblois Si le Musée de Grenoble jouit d’une réputation nation

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ARTS | À l’occasion des trois expositions présentées au Musée de Grenoble, on a rencontré Guy Tosatto, le maître des lieux, pour évoquer avec lui plusieurs sujets d’actualité touchant de près son établissement. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

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Oui, c’est la crise, tout le monde est au courant. Et en cette période d’incertitudes prolongée, la culture n’est pas forcément en odeur de sainteté. Le contexte isérois est à ce titre un exemple probant d’un certain malaise, les acteurs culturels du département (principalement dans le domaine du spectacle vivant) étant fortement mobilisés contre des pouvoirs publics jugés démissionnaires – le conseil général en tête (même si la situation s’est récemment décantée, le département ayant en partie rattrapé ses baisses de subventions pour la plupart des structures – sauf pour celles de la MC2, de la Chambre Philharmonique ou encore des Musiciens du Louvre). Le constat est-il le même au Musée de Grenoble, mastodonte local au rayonnement national ? « Les inquiétudes sont là, comme pour tout le monde » explique le directeur Guy Tosatto, qui l’assure : « le monde des musées est aussi touché. Je n’ai encore jamais rencontré de collègue qui ne me dise pas qu’il a des problèmes soit de réduction budgétaire, soit de réduction d’effectifs. C’est donc un phénomène général, à la fois d’ampleur nationale et internationale. Je rentre des États-Unis, et je vous assure que mes collègu

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Suivez le guide

CONNAITRE | Samedi soir, c’est la Nuit des musées. Une manifestation couplée en Isère avec Musées en fête, qui se déroulera sur tout le week-end. L’occasion rêvée pour se pencher sur les multiples lieux d’exposition que nous offre le bassin grenoblois, et leurs missions parfois méconnues du grand public. AM

François Cau | Vendredi 6 mai 2011

Suivez le guide

Forcément, quand on parle d’exposition dans l’agglo, on pense tout de suite au Musée de Grenoble, véritable star locale au rayonnement national – voire international. « On a une collection présentée en permanence, l’une des plus riches au niveau européen en ce qui concerne l’art moderne » explique Guy Tosatto, son directeur. « Avec aussi, une superbe collection d’art ancien, très importante. » Véronèse, Rubens, Matisse, Warhol, … : à côté de ce réservoir artistique impressionnant, le musée propose différentes expositions temporaires, en souhaitant « rester au plus près de son identité » (notamment avec les grandes expositions d’artistes incontournables de l’histoire de l’art – Chagall en ce moment), tout en essayant « de mieux faire connaître certains artistes, notamment dans le domaine de l’art contemporain » – ce fut le cas dernièrement avec l’Allemand Stephan Balkenhol, dont c’était la première grande exposition dans un musée français. L’art d’aujourd’hui Mais le Musée de Grenoble n’est tout seul, loin de là. Car si le bassin grenoblois a de quoi se plaindre dans certains domaines artistiques, niveau lieux

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Passions privées

ARTS | De leur temps (2) regroupe des œuvres achetées durant les trois dernières années par des collectionneurs privés français. Bilan: la peinture se porte bien, et une forte rpésence d’artistes français est à noter. Lors du discours introductif À la visite de presse, Guy Tosatto apporte quelques éclairages importants sur cette exposition visible tout l’été. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 18 juillet 2007

Passions privées

Genèse de l’exposition De leur temps (2)Guy Tosatto : Cette exposition qui se tient au Musée de Grenoble est en fait une deuxième édition, d’où son titre De leur temps (2). Une première édition s’est tenue il y a maintenant trois ans au Musée de Tourcoing. Comme la première, celle-ci est constituée d’œuvres de collectionneurs privés. Les pièces ont été sélectionnées par un comité composé à la fois de trois membres de l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art français), et de deux membres du Musée. Nous nous sommes réunis pendant près de deux ans, assez régulièrement pour sélectionner les œuvres. Le principeC’est assez simple : il est de montrer une sélection d’œuvres acquises par des collectionneurs privés - en l’espèce des membres de l’ADIAF -, achetées lors des trois années précédentes. En examinant les différents achats, on a constitué une photographie, une ouverture sur les achats privés. Sur les 200 membres questionnés de l’ADIAF, 67 nous ont répondu. On a examiné, compilé l’ensemble des propositions et fait un choix qui se veut être le plus représentatif du goût, de l’humeur des col

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