Éliane Baracetti : « Je suis contente de finir ma carrière de cette manière »

ACTUS | À la rentrée, le Grand Angle de Voiron, salle de spectacle généraliste rayonnant sur un bassin de population très large, aura un nouveau directeur ou une nouvelle directrice, l’actuelle Éliane Baracetti partant à la retraite « en principe » en novembre. L’occasion d’un rapide bilan avec cette figure de la culture locale passée par diverses salles de l’agglo et, également, la politique.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juin 2018

En 2014, on apprenait qu'Éliane Baracetti était nommée directrice du Grand Angle de Voiron, alors qu'elle était encore adjointe à la culture du maire de Grenoble de l'époque Michel Destot. Un retour « logique » dans le monde culturel pour celle qui, avant d'entrer en politique, dirigeait la Rampe d'Échirolles (et qui, encore avant, avait travaillé à la MC2).

« J'ai vraiment apprécié de retrouver mon métier favori que j'avais quitté temporairement pour la politique. Et je l'ai retrouvé dans un cadre formidable avec une équipe elle aussi formidable et impliquée. Je suis donc contente de finir ma longue carrière de cette manière-là. »

« Le panel le plus large possible »

Sauf que le Grand Angle n'est pas la Rampe, avec un volet de programmation beaucoup plus large faisant se côtoyer, dans une immense salle (jusqu'à 2 400 places), Calypso Rose, Francis Huster, Michel Leeb, Muriel Robin, Claire Diterzi, le Cirque plume ou encore des artistes plus confidentiels pour en citer certains de cette dernière saison, ce qui a dû lui changer. « La programmation est très large simplement parce que le territoire est différent. »

Ce qui lui a donné une responsabilité supplémentaire. « Sur l'agglomération grenobloise, comme il y a beaucoup de salles, elles doivent être un peu spécialisées. Ici, le Grand Angle est entre l'agglomération grenobloise et le nord du département, dans un bassin de population de 90 000 habitants à qui il faut pouvoir proposer le panel le plus large possible. Car on ne peut pas priver des gens de certaines expressions en cours aujourd'hui. »

Une ligne directrice que, sauf grande surprise, devrait suivre celui ou celle qui lui succèdera à la tête de cet établissement piloté par le Pays voironnais et le Département de l'Isère. Un recrutement est donc en cours. En attendant, Éliane Baracetti présentera au public jeudi 7 juin la dernière saison qu'elle a concoctée. Avant de tourner une nouvelle page.


Présentation de la saison 2018/2019 du Grand Angle


Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Du bon goût au Grand Angle de Voiron

ACTUS | Zoom sur la prochaine saison de la salle voironnaise, où le plus intéressant n'est pas forcément le plus évident.

Aurélien Martinez | Lundi 22 juin 2015

Du bon goût au Grand Angle de Voiron

Première saison où la programmation est entièrement faite par la nouvelle directrice Eliane Baracetti, qui mixe comme le faisait sa prédécesseure spectacles sûrs de remplir la salle de 1 700 places et formes plus risquées – c’est d’ailleurs là qu’elle glisse sa patte, avec goût. La saison prochaine, on verra donc de la star de l’humour à Voiron : Alex Lutz, Arnaud Tsamere, Stéphane Guillon, Norman, la troupe du Jamel Comedy Club, Marc Jolivet, Pierre Palmade en metteur en scène du Père Noël est une ordure… En musique, le très chanson-jazzy Michel Jonasz sera de la partie, comme Michel Fugain, Richard Galliano, La Maison Tellier, Les Fatals Picards, Aldebert en mode jeune public… Côté spectacle vivant, il y aura plusieurs reprises de très bons spectacles : Pourvu qu’il nous arrive quelque chose du Grenoblois Grégory Faive, sur les coulisses du théâtre ; Têtes d’affi

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Éliane Baracetti, « marin à la marine »

ACTUS | Suite au départ à la retraite de Janine Goubet, Éliane Baracetti a été nommée en février dernier à la tête du Grand Angle, immense salle (jusqu’à 2 400 places) située à Voiron. L’ancienne directrice de la Rampe d’Échirolles (entre 2001 et 2008) revient donc à ses premières amours après un passage par la case politique – elle a été, entre 2008 et 2014, élue à la culture de l’ancien maire de Grenoble Michel Destot. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 14 octobre 2014

Éliane Baracetti, « marin à la marine »

Vous arrivez à la tête du Grand Angle, salle iséroise particulièrement centrée sur l’éclectisme... Éliane Baracetti : Je n’emploierais pas le mot éclectisme. Il me dérange parce que ça fait un peu bazar à la bonne franquette. Le Grand Angle est plutôt une salle pluridisciplinaire, avec une grande diversité. Historiquement, il a toujours fait le grand écart, et de manière réussie, entre les têtes d’affiche, la partie plus showbiz, et un vrai travail, digne du service public de la culture, de soutien et d’accompagnement de spectacles peut-être moins évidents. En tant que nouvelle directrice, je m’inscris dans la continuité de cette ligne. Au-delà de la continuité, quelles sont les spécificités de votre projet ? J’ai vraiment défendu l’idée de croisement des langages artistiques. Je ne suis pas pour le cloisonnement théâtre, danse, musique, humour... Bien sûr, ce n’est pas une révolution, des artistes se préoccupent depuis bien longtemps de ces questions, mais c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup et qui a toute sa place dans une salle pluridisciplinaire. Sinon, je voudrais avoir à l’année des artistes com

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Une nouvelle partition à Sainte-Marie-d’en-Bas

ACTUS | En avril dernier, la Ville de Grenoble lançait une grande procédure d’appels à projets pour les deux structures municipales que sont le Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, géré depuis plus de 25 ans par Diden Berramdane, et le Petit Théâtre, camp de base du Créarc de Fernand Garnier depuis 1976. Résultat des courses : Diden s’en va, remplacé par le musicien Antonio Placer, alors que le Créarc reste dans le jeu. On fait le point avec Éliane Baracetti, adjointe à la culture. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 17 janvier 2014

Une nouvelle partition à Sainte-Marie-d’en-Bas

L’idée allait de soi : réinterroger les projets en place depuis un bail dans deux théâtres grenoblois situés près du quartier Notre-Dame. Après avoir ouvert les candidatures, la mairie a reçu six dossiers pour le Petit Théâtre et sept pour Sainte-Marie-d’en-Bas. Alors que le Créarc a bruyamment exprimé son mécontentement quant à son avenir incertain, on a paradoxalement peu entendu le fort en gueule Diden Berramdane. Qui cédera finalement sa place en septembre 2015. « Tout s’est fort bien passé » avec lui nous assure Éliane Baracetti, adjointe à la culture à la mairie de Grenoble, évoquant le fait que le metteur en scène est en âge de bénéficier de ses droits à la retraite. « Rendons d’ailleurs hommage au travail qu’il a effectué. » OK. À la rentrée 2015 (et non 2014 comme annoncé auparavant – « il faut laisser du temps d’installation, on n’est pas dans de l’événementiel »), le nouveau maître des lieux sera le musicien Antonio Placer (« Galicien exilé en France » dixit sa bio), avec son association grenobloise Alma musique. « Antonio Placer est un artiste musicien, mais il n’a pas du tout centré son projet sur la musique stricto se

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Au théâtre demain

ACTUS | La saison dernière, la Ville de Grenoble a décidé de lancer un appel à projets pour le Petit théâtre, camp de base actuel du Créarc de Fernand Garnier, et le Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, aux mains de Diden Berramdane. Pour en savoir plus, rencontre avec Éliane Baracetti, adjointe à la culture. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

Au théâtre demain

En 2010, vous déclariez dans nos colonnes : « Je ne serai pas une grande constructrice, ma priorité est de consolider l’existant. » Ces deux appels à projets (au Petit théâtre et au Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas) sont-ils dans la lignée de votre politique dit du « théâtre en réseau », dont l’acte emblématique a été la naissance du Tricycle ?Éliane Baracetti : Le Tricycle et les théâtres dont on va parler, ce n’est pas tout à fait la même chose. Depuis 2008, personne ne l’ignore, il y a partout des gros problèmes financiers – ce n’est pas propre à la Ville de Grenoble. Je trouvais donc qu’il était plus important de soutenir ce qui existait déjà plutôt que de partir dans des folies de constructions et de nouveaux projets – des investissements qui auraient demandé de nouveaux budgets de fonctionnement. Donc voilà pourquoi je disais que je ne serai pas une grande constructrice. Pour le Théâtre 145, devenu depuis le Tr

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L’Ampérage tient à ses nuits

ACTUS | Le mois dernier, la préfecture de l’Isère a tranché : l’Ampérage doit dorénavant fermer ses portes à une heure du matin (contre cinq heures auparavant). Une décision que déplore l’équipe dirigeante, qui veut que le lieu reste une salle de diffusion dédiée aux pratiques culturelles nocturnes. On fait le point. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2013

L’Ampérage tient à ses nuits

L’Ampérage fait partie des endroits où l’on peut écouter de la musique jusqu’à très tard. « C’est un lieu ouvert avec une programmation faite exclusivement par des associations » nous explique sa directrice Laurence Tadjine, qui se félicite ainsi de proposer des concerts et soirées variés de qualité. Car à l’Ampérage, le public (28 000 spectateurs l’an passé) vient avant tout pour les artistes, à la différence de certaines boîtes de nuit fréquentées pour l’ambiance, qu’importe le son. Que la préfecture demande donc à l’Ampérage d’arrêter ses soirées à une heure du matin comme une salle de spectacle lambda, expliquant que seules les discothèques peuvent ouvrir si tard, sidère les dirigeants de l’Ampérage, qui déplorent ce coup asséné aux pratiques culturelles nocturnes. Pour Thomas Antoine, président du Stud, l’association qui gère l’Ampérage, « la législation n’est pas en accord avec la réalité des pratiques culturelles aujourd’hui. Ce n’est pas parce que l’on ferme à cinq heures du matin qu’on est forcément une discothèque. » Il se fait ainsi le por

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Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

ACTUS | Ça bouge dans le milieu théâtral : l’historique Centre dramatique national des Alpes, aujourd’hui dirigé par Jacques Osinski, va disparaitre en 2014, absorbé par la MC2 qui l’accueille dans ses murs. Une fusion décidée par la mairie de Grenoble et, surtout, le ministère de la culture, que Michel Orier, ancien directeur de la MC2, a rejoint l’été dernier. Une décision et un casting qui, forcément, interrogent. Retour sur une mort annoncée, avec les principaux acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Lundi 4 mars 2013

Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, son nouveau spectacle Orage, d’après le texte d’August Strinberg. Mais l’actualité de l’homme est ailleurs : le 15 février dernier, il a appris qu’il ne serait pas reconduit à la tête du CDNA (il postulait pour un troisième mandat de trois ans), ce dernier allant tout simplement disparaître, avalé par la MC2 qui l’héberge dans ses murs (avec le Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé par Jean-Claude Gallotta et les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski). Une décision visiblement ancienne puisqu’actée en août dernier, par la ministre de la culture et le maire de Grenoble. Et une décision qui questionne beaucoup, à Paris comme à Grenoble. Issus des politiques de décentralisation menées depuis cinqua

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« Il faut partager les outils »

CONNAITRE | Éliane Baracetti, adjointe à la culture à la Mairie de Grenoble, a entre autres impulsé ce projet de refonte du paysage théâtral grenoblois. On l’a rencontrée. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 18 avril 2011

« Il faut partager les outils »

Vous retrouvez-vous dans le projet final porté par le Tricycle, projet qui a évolué depuis le début ?Eliane Baracetti : Sur le fond des choses, il n’a pas tellement changé. Il s’agit toujours de mettre sur pied un dispositif pour aider le mieux et le plus possible la vie théâtrale dans cette ville. On retrouve donc bien la mise à disposition de plateaux, on retrouve bien une aide financière, on retrouve bien des moyens humains ou matériels – les ateliers décors et costumes. Ce projet a aussi une autre visée…Il s’agit d’arrêter ce jeu de chaises musicales, très douloureux à chaque fois. De ne plus confier les clés à une compagnie en se demandant trois ans après si on va les lui confier à nouveau. Les compagnies sont toujours heureuses de rentrer dans un théâtre, et c’est normal, mais c’est bien légitime à un moment donné de leur demander de rendre les clés : il faut partager les outils. Donc la meilleure façon que nous avons trouvée est de confier les clés non plus à une compagnie, mais à un collectif d’artistes, qui pourra évoluer comme il l’entend : il y aura des gens qui arriveront, d’autres qui partiront –

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Grenoble : attention, chantiers

CONNAITRE | Théâtre / Enjeu décisif de l’orientation de la ville en termes de politique culturelle, le devenir du Théâtre 145 ne manque pas de centraliser toutes les inquiétudes quant à la sauvegarde d’une certaine conception de la démocratisation culturelle… François Cau

François Cau | Lundi 12 avril 2010

Grenoble : attention, chantiers

Rappel pour les distraits : en décembre prochain, la convention entre les Barbarins Fourchus et la Ville de Grenoble, qui confiait aux premiers la gestion et l’animation du Théâtre 145, prendra fin. Les artistes, après avoir encaissé le coup, ont bien volontiers admis que le renouvellement, au bout de dix années d’activité, pouvait avoir du bon. Via leur réunion publique du 18 mars dernier, les joyeux cabotins ont bien pris soin de ne pas personnaliser le débat : comme l’a exprimé en introduction l’aîné de la bande, Lino, en bondissant d’un fauteuil roulant avec un panache certain, les Barbarins sont réputés pour leur caractère inoxydable. Non, ce qui les inquiète, eux et bon nombre d’habitués du lieu, c’est le maintien de leur travail de médiation au sein du quartier Berriat St-Bruno, dont la qualité a d’ailleurs été reconnue par la Ville. Via des ateliers, rencontres, animations pour tout public (telles que les bals ou les cinémas de quartier), les Barbarins ont réussi à décomplexer ceux qui n’auraient jamais franchi les portes du théâtre en s’imaginant à tort que cette culture n’est pas pour eux. Un travail dont les Barbarins n’ont pas manqué de souligner l’importance toujour

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« Que le meilleur gagne »

MUSIQUES | Eliane Baracetti, adjointe à la Culture à la Mairie de Grenoble, répond à nos questions concernant la future Salle des Musiques Actuelles. Propos recueillis par SD

Laetitia Giry | Vendredi 13 juin 2008

« Que le meilleur gagne »

Pourriez-vous présenter les équipes candidates à la gestion de la future salle des musiques actuelles?Eliane Baracetti : Je ne peux pas vous les présenter, car je ne peux pas vous dire ce qu’il y a dans leurs dossiers. Nous avons trois équipes. Au plan local, il y a MixLab et PMI, et une autre équipe extérieure, Bleue Marine. Mais ces noms sont connus, vous en avez même parlé dans vos colonnes. Sur quels critères le lauréat sera-t-il choisi ?Tout est important dans l’installation d’une équipe dans une salle. C’est très complexe. J’allais dire, il faut que ce soit la meilleure équipe qui gagne. Mais il y a bien des points sur lesquels vous allez être particulièrement regardant…Il y a le projet artistique et culturel, les éléments financiers, les aspects gestions. C’est assez synthétique et réducteur, mais en gros, c’est cela. Quand devraient débuter les travaux ?Actuellement, nous sommes dans la période d'Avant Projet Sommaire. Puis, nous rentrerons dans la période d’Avant Projet Définitif. Il y aura ensuite un appel d’offre. En principe, on avait prévu une ouvertur

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«Grenoble n’est pas élitiste»

CONNAITRE | Eliane Baracetti, la nouvelle adjointe à la culture à la Mairie de Grenoble, s’exprime sur les dossiers en cours. Propos recueillis par François Cau

Laetitia Giry | Lundi 21 avril 2008

«Grenoble n’est pas élitiste»

Concernant le chantier de l'éducation artistique, quelles seraient les priorités : encouragement aux pratiques artistiques, pédagogie ?Eliane Baracetti : Les deux. Les pistes que semblent vouloir prendre l'Etat, particulièrement le couple Albanel-Darcos, soit l'enseignement des arts, c'est bien, mais pas suffisant. Un enseignement des arts, s'il n'est pas accompagné d'une navette avec le monde des arts, c'est-à-dire d’allées et venues entre le monde scolaire et le fait d'aller dans lieux dévolus aux arts, théâtres, bibliothèques, musées, ne suffit pas. Sans compter que la pratique artistique est importante aussi. Si on ne fait que de l'enseignement, on retombera dans l'élitisme, parce que l'on sait bien que tous les enfants ne sont pas égaux face à la connaissance des contextes culturels. Concernant l'éducation artistique, je dois encore faire un état des lieux. Mais j'espère que l'on saura défendre ces trois aspects : l'enseignement des arts (qui sera porté par l'Etat puisque cela va s'instaurer dans les écoles et les collèges entre 2009 et 2010), la sortie dans les lieux d'arts, avec du lien sans être dans de la consommation, et encourag

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