Orange Blossom, fleur d'Oranger

Stéphane Duchêne | Mardi 17 mars 2015

Dix ans ou presque séparent les deux derniers albums d'Orange Blossom. Intervalle – immense – durant lequel la chanteuse Leila Bounous a pris la tangente pour se consacrer à sa carrière solo. Ironie du sort, le précédent disque du groupe nantais avait pour titre Everything must change.

Certes, on n'ira pas jusqu'à dire que Carlos Robles Arenas et PJ Chabot (aucun lien, ni avec l'une, ni avec l'autre) ont tout ravalé du sol au plafond. Mais au moins sont-ils allés écumer les routes censées les inspirer dans ce voyage en transe qu'est Orange Blossom : celles de la Jordanie, de l'Égypte mais aussi du Brésil. En chemin, au Caire précisément, les deux sont tombés sur Hend Ahmed, dont ils ont fait leur nouvelle voix et leur nouvelle voie – laquelle n'a rien à envier à la pourtant regrettée Bounous.

Voici donc Under the Shade of Violets où résonne quelque chose de cinématographique comme un western au Moyen-Orient – un Eastern donc – à grand renfort de violons de grands espaces orientaux qui partent volontiers en torches (on citera le titre Maria, parmi d'autres) mâtiné d'ambiances "carpenteriennes" (une atmosphère électro-brumeuse à la limite du fantastique parfois) et de sorties de route post-rock. Au fond, derrière ce nom aux senteurs pastorales, Orange Blossom pratique une drôle de world, pour un drôle de monde. Plus déliquescent que fleurissant.

Orange Blossom, vendredi 20 mars à Eve (Saint-Martin-d'Hères)


Orange Blossom + Pea Punch + Pazapa


EVE 701 avenue Centrale - Domaine universitaire Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cet improbable croisement entre musiques électroniques, rock limite gothique et profondes influences venues de l’Orient aura finalement franchi les années et les obstacles (des changements de voix, au sens propre, en cours de route) avec une inouïe fraîcheur lui faisant quitter l’underground des années 1990 pour s’imposer depuis son dernier album paru à la rentrée 2014, Under the Shade of Violets, en une valeur sûre de la sono mondiale, l’une des plus passionnantes du moment dans notre pays, quand un Transglobal Underground a disparu des radars ou un Meï Teï Shô malheureusement explosé en vol. Orange Blossom est issu de cette époque bénie, celle du début des années 1990 où tous les mélanges semblaient possibles. Alors trio mené par Jay C le chanteur, PJ le violoniste et Carlos Robles Arenas le percussionniste mexicain, le groupe s’est consolidé autour des deux derniers, conviant au fil des rencontres et des humeurs de nouveaux comparses éphémères, jusqu’à la rencontre avec Hend Ahmed pour ce dernier opus : venue d’Égypte où le groupe avait déjà des liens suite à une tournée avec Ganoub, la chanteuse amène une profondeur de champs/chant bienve

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Tombée de l'arbre sur lequel mûrissait – plus ou moins – tranquillement le groupe nantais Orange Blossom, dont elle a été la voix pendant huit ans à travers le monde, Leila Bounous n'est pas allée fleurir bien loin quand il s'est agi de monter son projet solo – qui d'ailleurs n'en est pas un. Exploitant toujours ce mélange d'électro vertigineuse, de guitares apocalyptiques et de chant oriental hypnotique.   Dans la grande tradition des divas en droite descendance d'Oum Kalsoum, (post)modernes moyen-orientales (Leila Arab, Natasha Atlas) ou pas, Doreen Thobekile (Transglobal Underground) et Anneli Drecker (Bel Canto), Leila Bounous continue d'explorer ces mélanges, tout en restant, elle, malgré une palanquée d'influences anglo-saxonnes ou françaises, viscéralement attachée au chant en arabe – en dialecte algérois même.   Une volonté qui ne fait qu'ajouter à la poésie irréelle de son timbre et à la puissance du contraste avec cette musique froide aux accents fantastiques. Entourée de musiciens "classiques" dont

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