Détours de Babel : nos quatre coups de coeur

MUSIQUES | Zoom sur quatre propositions piochées dans la programmation de la sixième édition des Détours de Babel, « festival des musiques du monde contemporain ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

Photo : Claude Gassian


29.03 > Hexagone (Meylan)
Strange Strings

Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l'on avait mis en "une" du journal l'an passé lors de la précédente édition du festival, va confronter son univers avec celui de trois autres grands solistes dont le violoncelliste Vincent Segal avec qui il collabore souvent – leur album Chamber Music est une pure merveille. Les deux autres invités ? Le contrebassiste Renaud García-Fons et le joueur de kemençe (vielle traditionnelle turque) Derya Türkan. Certes, le concert est complet, mais une liste d'attente a été ouverte.

31.03 > MC2
Yātrā

C'est, après Israel Galván, l'autre grand nom espagnol du flamenco qui a fougueusement investi les scènes européennes avec son art ancestral revisité. Dans ce spectacle (que nous n'avons pas vu), Andrés Marín ira ainsi du flamenco à l'Inde du Nord en passant par le hip-hop de Kader Attou. Un grand écart oui, mais souvent parfaitement maîtrisé dans son cas. Sur scène, comme on est tout de même dans un festival musical, il sera accompagné de musiciens du Rajasthan (l'Ensemble Divana), d'un percussionniste et de deux danseurs hip-hop.

01.04 > Rampe (Échirolles)
Nous

On connaît Camille Rocailleux comme compositeur et interprète au sein de la compagnie de danse Arcosm. Le voici avec un projet à part et strictement musical… même si la matière première ne l'est pas forcément : des vidéos piochées sur Youtube traitant de divers sujets, du plus futile au plus sérieux. Vu son talent de musicien et son sens du spectacle, on parie sur un grand moment.

01.04 > Salle des fêtes de Voiron
Guillaume Perret

On lui avait accordé la "une" du PB fin 2014 sur la simple écoute de son album Open me, véritable pavé lancé à la face du jazz. Son concert à la Bobine n'avait fait que confirmer notre intuition : Guillaume Perret est l'une des grandes figures du jazz d'aujourd'hui – c'est-à-dire un jazz ouvert à toutes les inspirations. Et, surtout, une véritable bête de scène, son saxophone guidant d'une main de maître la batterie, la guitare et la basse de ses acolytes. Comme un véritable groupe de rock en somme.


Strange strings

Avec Renaud Garcia-Fons (contrebasse), Ballaké Sissoko (kora), Vincent Segal (violoncelle) et Derya Türkan (kemençe)
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Yatra et l'ensemble Divana

Danse et musique, chor. Andrés Marin
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nous

Musique vidéo par la Cie E.V.E.R. et Camille Rocailleux
La Rampe 15 avenue du 8 mai 1945 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Guillaume Perret

Théâtre municipal de Grenoble 4 rue Hector Berlioz Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Nous, les chiens" : l’esprit de la meute

Animation | de Sung-yoon Oh & Lee Choonbaek (Cor. du S., 1h42)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Abandonné par son maître, un brave toutou domestique se voit heureusement adopté par une meute de ses congénères errants. L’instruisant des dangers de sa nouvelle condition, ceux-ci lui font aussi miroiter une liberté jusqu’alors insoupçonnée. Commence un voyage initiatique… Il faut désormais compter avec un nouveau membre (bicéphale) dans le cénacle de l’animation asiatique. N’ayant rien à envier à leurs confrères nippons, les Coréens Sung-yoon Oh et Lee Choonbaek signent en effet ici un conte contemporain où l’on retrouve autant l’aspiration à l’essence sauvage et la fatalité épique de London qu’une célébration de la nature hors de l’aliénation des humains si chère à Thoreau, Miyazaki ou Takahata. Mais aussi en filigrane — et c’est sans doute ce qui fait son originalité — quelques caractéristiques politico-sociales propres à leur pays. À commencer par l’évocation de la partition entre le Nord et le Sud et l’existence de la Zone démilitarisée “tampon“ entre les deux Corées, frontière immatérielle autant qu’absurde pour des chiens. Et puis la situation de ceux qu’on ne veut pas (plus) voir et sont chassés du paysage parce qu’ils n’ont plus la faveur de leurs capricieux

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Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Festival | C’est l’un des gros festivals du printemps grenoblois, côté musiques du monde, jazz et musiques nouvelles, qui aurait dû lancer sa dixième édition ce jeudi 26 mars. Ce qu’il n’a bien sûr pas pu faire, tout le pays étant confiné – et tous les événements culturels à l’arrêt. On a alors passé un coup de fil à Benoit Thiebergien, qui pilote ces Détours de Babel depuis leur création (puisque c’est d’eux dont il s’agit), pour savoir comment lui et son équipe vivent l’annulation. Et, surtout, envisagent l’avenir.

Aurélien Martinez | Lundi 30 mars 2020

Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Ça ne doit pas être très agréable d’annuler un festival à quelques jours de son lancement… Benoit Thiebergien : On peut même dire que ça n’est pas agréable du tout. On était tous prêts, certaines résidences avaient même déjà commencé… Mais quand, vendredi 13 mars, on a appris que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits, on a tout de suite compris que l’on n’avait pas d’autre choix que d’annuler. Tout le monde dans l’équipe était abasourdi. Et les artistes aussi, bien sûr. La dixième édition aurait dû se tenir du 26 mars au 19 avril. Sera-t-elle reportée dans l’année ? Non, on ne peut pas la reporter, en décalant par exemple les trois semaines du festival en septembre, pour la simple et bonne raison que l’on travaille avec des salles partenaires – 48 lieux différents sur 20 communes tout de même, avec des grandes salles comme la MC2, la Belle Électrique ou la Rampe, des plus petites, des bibliothèques… Chaque projet est donc un cas particulier. Si on était un festival dans un lieu unique, on pourrait tout décaler, mais là c’est tout simplement impossible. Surtout qu’avant l’annu

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"Nous, l’Europe, banquet des peuples" : ensemble, tout redevient possible

Théâtre (mais pas que) | « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes », écrivait en 1952 Jean Monnet, fondateur de la Communauté européenne. C’est beau. Sauf que (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 janvier 2020

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes », écrivait en 1952 Jean Monnet, fondateur de la Communauté européenne. C’est beau. Sauf que cette aventure humaine, cette utopie progressiste, a du plomb dans l’aile en ce début de XXIe siècle. D’où le spectacle Nous, l’Europe, banquet des peuples que le metteur en scène et compositeur Roland Auzet a dévoilé cet été au Festival d’Avignon, et qui tourne depuis. Un long chant d’après un texte de l’auteur Laurent Gaudé pour défendre l'idée d'une Europe ouverte, inclusive, humaniste... Et une pièce qui prend la forme d'un grand cabaret de 2h30 avec, sur le plateau, tout un tas de monde – des comédiens et comédiennes de diverses nationalités, un grand chœur… L’ambition est aussi belle que les intentions de Monnet. Alors certes, ça part dans tous les sens (même s'il y a une sorte de fil conducteur chronologique démarrant il y a presque deux siècles), on se noie parfois entre les tableaux (malgré, paradoxalement, le côté didactique de l'aventure), mais en ressort un enthousiasme généreux grâce, notamment, à quelques passages musicaux captivants et

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Jean Yanne, le subversif

ECRANS | En novembre, le Ciné-Club de Grenoble organise une mini-rétrospective des films de Jean Yanne. L'occasion de se frotter à trois longs-métrages abrasifs.

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Jean Yanne, le subversif

C’est peu dire que nous manque son regard d’épagneul breton authentique ; cet air d’éternel râleur abattu donnant plus de férocité encore à ses répliques pince-sans-rire et rendant sa gouaille parfois inquiétante. Jean Yanne (1933-2003) aura été à partir des années 1960 une sorte d’incarnation de l’esprit français – de son mauvais esprit plus souvent qu’à son tour. Son solide sens de la subversion allié à un goût pour le canular (reposant sur sa culture encyclopédique) fit le bonheur de la scène, de la radio et de la télévision (où il officia avec son alter ego Jacques Martin) avant de prendre toute sa mesure au cinéma. Premier à avoir dézingué les médias à la dérive dans le savoureux Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972) qu’il réalisa et interpréta à partir de souvenirs choisis, Jean Yanne fut aussi l’un des comédiens les plus utiles pour les rôles redoutables de l’époque pompidolienne : une sorte d’Erich von Stroheim qu’on adorait détester. Le Ciné-Club célèbre ce Yanne ambigu à travers trois films ; trois perles noires défiant le temps autant que la morale.

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"Nous le peuple" : constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | De Claudine Bories et Patrice Chagnard (Fr., 1h39) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issus d’une association de mères de famille en banlieue parisienne. Que naîtra-t-il de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague ministère de la cohésion de la Ville et de la participation participative. Et puis non : l’association agréée d’éducation populaire, Les Lucioles du Doc, à l’initiative de ces ateliers, reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la "chose constitutionnelle" – ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée et, naturellement, des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se fracasser contre

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"Nous finirons ensemble" : Guillaume Canet et ses potes encore un peu plus à l’ouest

ECRANS | De Guillaume Canet (Fr., 2h15) avec François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Dix ans après l’été maudit qui vit périr l’un des leurs, le groupe d’amis du Cap Ferret des Petits mouchoirs s’est disloqué. Sous l’impulsion d’Éric, ils se retrouvent tous pour célébrer les 60 ans de Max. Or celui-ci, sur le point de vendre sa maison, goûte guère la surprise… On prend les mêmes et on continue en suivant la recette : faire fermenter dans une résidence de nabab émirati ou de milliardaire texan un groupe "d’amis" aux égos hypertrophiés se mesurant la longueur du portefeuille pour savoir qui sera le nouveau mâle alpha de la bande. Fatalement, il faut s’attendre à du combat de coqs. Quand ils en ont le temps, certain·es de ces quadra adulescents pensent (un peu) aux autres. Pas forcément à leurs enfants, ces boulets d’arrière-plan décoratif conservés en cas de nécessité dramatique ; plutôt à la planète le temps d’un couplet fédérateur dans l’air du temps. Ces personnages seraient faits pour être raillés, on souscrirait volontiers. Mais non : il faut les aimer pour leurs "blessures"

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Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

Concert | « C’est le porte-drapeau de la nouvelle scène jazz made in France » comme l’assure le Théâtre municipal de Grenoble qui le programme jeudi 28 mars. C'est tout à fait ça, et on vous explique pourquoi.

Stéphane Duchêne | Lundi 25 mars 2019

Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

À force de se frictionner avec les limites, de franchir les frontières à grands coups d'épaule comme on enfonce une porte, d'abattre les murs entre les genres comme un éléphant lancé dans un magasin de porcelaine, il fallait bien que l'iconoclaste Guillaume Perret finisse par repousser l'ultime frontière. Celle-là même que l'empire américain reluquait d'un œil avide dans les années 1960 et que JFK lui-même matérialisa dans un discours resté célèbre qui promettait la lune. Celle, invisible, qui sépare notre planète de l'infini : l'espace. C'est désormais chose faite avec la BO augmentée du film 16 Levers de soleil, documentaire d'Emmanuel Le Goff sur l'aventure spatiale du Mr Perfect volant Thomas Pesquet. Augmentée car Guillaume Perret en a tiré un album qui va au-delà de l'illustration sonore, un objet cohéren

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Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Festival | C’est parti pour la neuvième édition des Détours de Babel, festival estampillé « musiques du monde, jazz, musiques nouvelles ». Soit l’occasion, pendant plus de trois semaines (du 15 mars au 7 avril), de découvrir des artistes de tous horizons et des musiques non formatées. Histoire de se repérer dans le vaste et passionnant programme, on vous livre une sélection de nos attentes à écouter à Grenoble, dans l'agglo et même, parfois, au-delà.

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Traversées – Constantinople et Ablaye Cissoko Il y aura une belle teinte mandingue cette année aux Détours de Babel, pas mal de kora, et quelques Cissoko. À commencer, par ordre chronologique, par Ablaye, qui vient ici flirter avec la musique des cours persanes aux côtés notamment de Kiya Tabassian, chantre irano-canadien de la musique traditionnelle et savante venue de Perse, et grand spécialiste du sétâr, lointain cousin persan de la kora. Ablaye se produira également en solo vendredi 15 mars aux Salons de musique de la Maison de l’international. Samedi 16 mars à 19h à la salle des fêtes de Commelle et dimanche 17 mars dans le cadre du Brunch #1 du quartier Très-Cloîtres Trois lettres de Sarajevo – Goran Bregović Dans ce Sarajevo d'avant la guerre où a grandi Goran Bregović, les cultures et les religions cohabitaient avec bonheur. C'est cette Jérusalem des Balkans, ce paradis perdu du vivre-ensemble que les national

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"Nous savons" : nous devions savoir ; merci Étienne Parc

Théâtre | L'affaire Renault (celle de 2011) est devenue matière à théâtre grâce au metteur en scène Étienne Parc. Le résultat, captivant, est à découvrir mardi 5 et mercredi 6 février à l'Hexagone.

Nadja Pobel | Mardi 29 janvier 2019

L’actualité, parfois, offre des ponts inattendus entre fiction et réalité. Entre théâtre et JT. Dans Nous savons, il est question de Carlos Ghosn, PDG de l’entreprise Renault dans laquelle, en 2011, un cadre a été accusé d’espionnage industriel au profit des Chinois. Il n’y aura pas de procès. Tout va se jouer en interne – même si, en 2017, les Prud’hommes se mêleront de cette affaire qui s’est très vite dégonflée. Et, miracle de cynisme, toutes les bandes de l’interrogatoire mené par le directeur juridique de l’entreprise et subi par ce prétendu accusé existent – d’autres responsables suivaient cela en direct ! De cette matière ahurissante qui pointe la paranoïa érigée en système, le metteur en scène Étienne Parc, qui lui-même a suivi des études pour devenir RH (« j’étais très bon en plans sociaux » confiait-il, mi-sérieux mi-amusé, sur France Culture), livre un spectacle froid et glaçant, crée en 2017 au festival Théâtre en Mai à Dijon. Sur le plateau, ses p

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Andrés Marín : flamenco mon amour

Danse | L’Espagnol Andrés Marín est un grand nom du flamenco d’aujourd’hui que le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas et son directeur Antonio Placer, lui aussi (...)

Aurélien Martinez | Mardi 22 janvier 2019

Andrés Marín : flamenco mon amour

L’Espagnol Andrés Marín est un grand nom du flamenco d’aujourd’hui que le Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas et son directeur Antonio Placer, lui aussi espagnol (et qui, au passage, sera sur la scène de la MC2 vendredi 25 janvier pour un grand concert dans lequel on croisera aussi Andrés Marín), accueilleront samedi 26 janvier pour une création spéciale – qui sera peut-être amenée à tourner ensuite, tout est encore flou. Baptisé Bailo, ergo sum (traduisible en français par « Je danse, donc je suis »), ce solo « s’annonce comme une interrogation profonde de la danse d’Andrés Marín, de son rapport au flamenco – dedans/dehors –, de ses doutes » nous assure le programme. N’en sachant pas plus (il est arrivé à Grenoble en début de semaine), on ne peut en dire plus, si ce n’est qu’on s’attend à un grand moment au vu de la maîtrise des codes du flamenco et de la présence magnétique d’Andrés Marín.

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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Les films qui nous regardent : errances et trajectoires

Documentaires et ciné | Du mardi 18 au jeudi 20 décembre, on pourra découvrir ici (au CCN2) et là (à la Cinémathèque) trois films forts. On vous les présente.

Damien Grimbert | Mardi 11 décembre 2018

Les films qui nous regardent : errances et trajectoires

Cycle de trois films programmé à Grenoble par la cinéaste Alice Diop et la chorégraphe Latifa Laâbissi, Les films qui nous regardent propose une immersion intime et singulière au sein de différents microcosmes méconnus du plus grand nombre. Vers la tendresse (2015) d’Alice Diop, visible mardi 18 décembre au Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), questionne ainsi plusieurs jeunes hommes d’une cité de banlieue sur leur rapport à l’amour et l’intimité, dans un univers où la mise en scène de la virilité tient le double rôle de bouclier protecteur et de prison. Brûle la mer (2014) de Nathalie Nambot et Maki Berchache, à voir mercredi 19 décembre au cinéma le Club, suit quant à lui les désillusions de jeunes Tunisiens ayant quitté leur pays pour le France après le renversement du président Ben Ali. Enfin, seul film de fiction du lot, Simone Barbès ou la vertu (1980, photo) de Marie-Claude Treilhou, diffusé jeudi 20 décembre à la Cinémathèque, accompagne les déambulations nocturnes d’une ouvreuse de

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"Vaurien" : pôle les mains !

ECRANS | de Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt, Lizzie Brocheré…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Lassé d’être discriminé à l’embauche, un chômeur diplômé d’origine arabe prend en otage l’agence Pôle emploi de Vénissieux. Pendant les quelques heures que dure son acte désespéré, il tente de faire passer son message en direct sur une radio locale, puis de négocier une rançon… Comédien et déjà auteur de plusieurs courts (ainsi que d’un long-métrage), le Lyonnais Mehdi Senoussi ne s’est pas ménagé pour diriger et interpréter ce film, dont on suppose la haute résonance symbolique personnelle : le propos, clairement social et politique, est intégré dans une intrigue de polar. Malheureusement, sa sincérité évidente n’occulte pas les incertitudes d’une réalisation peinant à transcender le huis clos, l’intrigue eût en effet davantage convenu à un format court. Son délayage tristounet est certes un peu racheté par le twist final. Et l’on reconnaît à Senoussi une obstination certaine et le talent d’avoir su en fédérer d’autres autour de lui comme Romane Bohringer, Carlo Brandt ou Pascal Elbé.

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Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Sélection | Nous en avons parlé (en bien) cette année, elles sont encore à l’affiche à Grenoble et dans l'agglo : voici les expositions à voir ou à revoir cet été, histoire de se mettre intelligemment au frais.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Les 5 expositions à voir ou à revoir cet été

Hibakusha, dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki Certes, on pourrait penser qu'une belle journée d'été se prête plus au farniente au soleil qu’à la visite d’une expo sur un sujet pareil. Pourtant, il serait dommage de passer à côté de cet ensemble remarquable de dessins car l'horreur de la situation décrite par les survivants des attaques nucléaires de 1945 est à la hauteur de la beauté des représentations qu'ils en font. Construite comme une chronique de cet enfer, l'exposition, en s'appuyant sobrement sur ces témoignages, fait œuvre de mémoire, loin de tout sensationnalisme malsain. Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, jusqu'au 1er octobre 1918, l'affiche sur les chemins de l'Histoire La

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Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

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"Je marche donc nous sommes" : marche et rêve

Exposition | Malicieusement intitulée "Je marche donc nous sommes", l'exposition collective du centre d’art le Magasin des horizons s’attaque, avec principalement des vidéos, au versant contestataire de la marche. Une proposition tout en sobriété et originalité qui fait écho à l'actualité sociale et commémorative.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 mai 2018

Lumières éteintes, murs laissés bruts, espaces dégagés et ponctués d'immenses structures cubiques d'où se dégage le halo lumineux des vidéos projetées : la scénographie de la nouvelle exposition du Magasin des horizons a de quoi déconcerter les fidèles du centre d'art. Rappelons toutefois que la situation délicate que traverse l'institution n'y est pas pour rien : le bâtiment donne de sérieux signes de faiblesse tandis que le chauffage et le système d'éclairage ont carrément déclaré forfait. Face à ces déconvenues, Béatrice Josse, directrice des lieux depuis 2016, a adopté la stratégie du judoka : tirer partie de la force de l’adversaire et faire ainsi de ces contraintes des atouts. D'où le choix de ne présenter quasiment que des vidéos (« des œuvres qui ne craignent absolument rien »). Et d’intégrer l’ensemble dans un programme plus vaste en partie hors les murs : la stimulante Académie de la marche, organisée depuis fin 2017 pour « questionner le déplacement contrai

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Un peu de Baston et beaucoup d’amour pour la soirée de clôture de Vues d'en face

Soirée | Avec une programmation pour le moins atypique et audacieuse à base notamment de Liza Monet et Supermusique.

Damien Grimbert | Lundi 12 mars 2018

Un peu de Baston et beaucoup d’amour pour la soirée de clôture de Vues d'en face

Pour fêter en beauté la clôture de sa 18e édition, l’équipe de Vues d'en face, festival du film LGBT de Grenoble, n’a pas fait dans la demi-mesure. Confiée aux bons soins de l’équipe parisienne Baston, la programmation joue la carte de l’outrance, du kitsch assumé et de la déconne décomplexée. Pour ce que ça vaut, on est pour notre part ravis de voir un line-up qui tranche aussi radicalement avec ce que l’on a l’habitude de voir sur Grenoble, et n’hésite pas à mélanger les genres les plus divers sans souci du qu’en-dira-t-on. En tête d’affiche, on retrouvera ainsi Liza Monet (photo), inoubliable interprète de Yaourt aux fruits et reine autoproclamée du trap/R’n’B option variété (on vous recommande au passage la vision de l’excellent documentaire Cagole Forever, dans lequel elle apparaît). Toujours en live, le non moins divisif duo Supermusique

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Avec "Je marche donc nous sommes", le Magasin des horizons annonce (enfin) une exposition

ACTUS | Jeudi 26 avril, le centre d’art grenoblois le Magasin des horizons inaugurera sa première exposition sous l’air Béatrice Josse, sa nouvelle directrice arrivée en 2016 qui déplore toujours l’état de délabrement avancé du bâtiment. On l’a rapidement questionnée afin d'en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 20 mars 2018

Avec

Ça y est, le centre d’art grenoblois le Magasin, dirigé depuis 2016 par Béatrice Josse et rebaptisé Magasin des horizons, va enfin rouvrir ses portes au public sur une longue période – depuis deux ans, nous étions plutôt sur des événements sporadiques faits de performances, conférences, spectacles… Et ce avec l’exposition Je marche donc nous sommes prévue du 26 avril au 14 octobre et consacrée donc à la marche sous toutes ses formes – politiques, religieuses, festives… Cela veut-il dire que l’état du Magasin s’est amélioré, la nouvelle directrice ayant conditionné le retour d’expositions à la remise sur pied d’un bâtiment qu’elle assure avoir trouvé à son arrivée dans un état déplorable ? « Non ! On essaie juste de proposer des activités adaptées aux conditions extrêmes du Magasin actuel – il n’y a plus de chauffage l’hiver, il pleut à l’intérieur, il fait très chaud l’été… Donc pour l’exposition, on aura des vidéos, des photos dont les

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"Que le diable nous emporte" : le diable se déshabille en bla-bla

ECRANS | de Jean-Claude Brisseau (Fr., 1h37) avec Fabienne Babe, Isabelle Prim, Anna Sigalevitch…

Vincent Raymond | Lundi 8 janvier 2018

Vu le contexte actuel, il est à redouter que ce nouveau film de Jean-Claude Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, pour certain·e·s, jamais vu une traître image de ses longs-métrages. Depuis sa condamnation devant les tribunaux pour harcèlement et agression sexuelle dans le cadre de son activité de cinéaste, ses opus anciens et récents sont tous entachés de suspicion ; d’autant que l’homme n’a pas renoncé à filmer des femmes se dévêtant et s’aimant dans de vastes appartements : Que le diable nous emporte en témoigne. Et sa confidentialité, comme sa fragilité économique, en font une bien commode cible expiatoire : lorsque l’affaire Weinstein a enfin éclaté (et qu’il fallut faire choir des têtes), quelques heures suffirent pour que sa rétrospective prévue pour janvier à la Cinémathèque soit reportée sine die. Ce malus post-tribunaux a dû en arranger d’autres : pendant qu’on se braquait sur le vieux Brisseau, on ne regardait pas ailleurs… Que le diable nous emporte creuse donc un sillon de chairs et d’esprits connu : une donzelle élancée s’invite par accident da

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"La Montagne entre nous" : cousu de fil blanc (comme neige)

ECRANS | de Hany Abu-Assad (E.-U., 1h47) avec Kate Winslet, Idris Elba, Beau Bridges…

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Trop pressée pour attendre, une photojournaliste sur le point de se marier convainc un médecin d’affréter un avion de tourisme afin de rentrer au plus vite. Mais leur appareil s’écrabouille en altitude… Bonne nouvelle : après trois semaines à suer de la crasse dans la neige, à frôler la gangrène acétonobutylique et à manger des racines, Kate Winslet a des sous-vêtements immaculés, la peau lisse et le poil soyeux dans les bras de Mistre Freeze. Cela bien qu’elle souffre d’une sévère déshydratation – mais elle a quand même eu la veine de s’abîmer au milieu de nulle part avec un chirurgien célibataire à son goût, capable de fabriquer une perfusion à partir d’un vieux tuyau et d’un sac en plastique. Aventureux mixte de film catastrophe et de romance (deux catégories de films destinées à rapprocher les couples de spectateurs·trices dans les salles), La Montagne entre nous réussit sa séquence d’accident, particulièrement immersive. La suite est tellement cousue de fil blanc comme neige qu’on aimerait presque être surpris par une issue tragique. Malheureusement, tout se termine vraiment trop bien.

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"Tout nous sépare" : casting haut de gamme pour polar fade

ECRANS | de Thierry Klifa (Fr., 1h38) avec Catherine Deneuve, Diane Kruger, Nekfeu…

Vincent Raymond | Vendredi 3 novembre 2017

Tout, chez Thierry Klifa, trahit le désir de faire des "coups" : confronter la briscarde Catherine Deneuve à l’apprenti comédien Nekfeu (que l'on connaît comme rappeur) ; faire que Nicolas Duvauchelle la rudoie salement ; donner à Diane Kruger un rôle de camée estropiée et meurtrière… Oh, il reconnaît bien volontiers avoir bâti en partie son scénario autour de l’image de la Reine Catherine empoignant un fusil de chasse à la manière de Clint Eastwood pour défendre son territoire, mais cette fugace séquence n’est pas de nature à bouleverser ni le cours du récit, ni l’Histoire du cinéma. Tout au long du film, la comédienne reste en effet fidèle à ce qu’elle a toujours incarné et représenté : une bourgeoise (ici cheffe d’entreprise) à la paupière distante et la diction précieuse, fumant du bout de ses ongles peints en rouge des cigarettes slim. La dimension tragique de ce polar pâtit en sus d’une séquence de meurtre terriblement maladroite, puisque l’emballement des personnages menant au geste fatal sonne faux. Si l’on a du mal à croire à la réalité de l’acte, la suite du drame n

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9 fois de la Simone

Playlist (avant concert) | Si le style c'est l'homme, cet homme c'est Albin de la Simone. Tant cet arrangeur-musicien-auteur-compositeur, tantôt pince-sans-rire, tantôt grave, toujours un peu mélancolique, a su au fil d'une discographie de plus en plus impeccable creuser un sillon singulier mais aussi familier que pourrait l'indiquer le titre de son dernier album, " L'un de nous". La preuve par 9 avant son concert vendredi 6 octobre à la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

9 fois de la Simone

Amour Amitié Albin de la Simone (2003) Déjà là, la capacité d'Albin à marcher sur un fil : celui des sentiments et des sensations. Un homme, une femme : il espère, elle ne semble pas sûre. « Amour amitié, je ne sais pas si par dépit ou par pitié, je franchirai cet océan qui va de l'amour à l'amant. » Dans une ambiance presque burtonienne, la geste de la Simone est tout entière réunie dans ces mots qui sont pourtant de Pierre Vassiliu. Elle aime Albin de la Simone (2003) Maître de l'absurde, Albin livre là un de ses petits bijoux d'écriture, en duo avec la canadienne Feist (qui n'est pas encore tout à fait Feist et joue les Birkin). Il est encore question d'amour et, peut-être, un peu de remise en question. Que peut vouloir dire d'être aimé par quelqu'un dont les centres d'intérêt figurent un cabinet de curiosités – « elle aime le cri des poux, et le lait faisandé, les tipis et les gnous, le chlore et la mélasse, elle chér

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"Ce qui nous lie" : millésime de qualité pour Cédric Klapisch

ECRANS | D’une vendange à l’autre, une fratrie renoue autour du domaine familial… Métaphore liquide du temps et de la quintessence des souvenirs précieux, le (bon) vin trouve en Cédric Klapisch un admirateur inspiré. Un millésime de qualité, après une série de crus inégaux.

Vincent Raymond | Lundi 12 juin 2017

Dix ans après avoir laissé sa Bourgogne pour courir le monde, Jean (Pio Marmaï) s’en revient au domaine viticole familial, alors que son père agonise. Oubliant rancune et rancœur, dépassant les tracas administratifs, il s’emploie avec sa sœur (Ana Girardot) et son frère (François Civil) à réussir le meilleur vin possible. Le travail d’un an, le travail de leur vie… Loin de délaisser la caméra ces mois passés (il a en effet enchaîné pour la télévision la création de la série Dix pour cent et des documentaires consacrés à Renaud Lavillenie) Cédric Klapisch a pourtant pris son temps avant de revenir à la fiction sur grand écran. Une sage décision, au regard de ses dernières réalisations : sa sur-suite facultative et paresseuse à L’Auberge espagnole en mode cash-machine ou son recours systématique au film choral néo-lelouchien constituaient autant de symptômes d’un essoufflement préoccupant.

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Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec du rien »

Interview | On a rencontré le fameux réalisateur qui, avec "Ce qui nous lie", livre un beau drame familial autour du vin.

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Cédric Klapisch : « Le drame se fabrique avec du rien »

Qu’est-ce qui, dans Ce qui nous lie, vous a amené à parler du vin et de la transmission aujourd’hui ? Cédric Klapisch : C’est toujours compliqué de savoir pourquoi l’on fait un film. En tout cas, c’est sûr que le vin m’intéresse, pas seulement parce que je l’aime mais parce que c’est un produit qui contient du temps. Je voulais terminer par quelqu’un qui boit un verre de vin contenant tout ce que l’on a vu dans le film, mais j’ai placé ce plan assez tôt. Les personnages boivent le vin de leur grand-père, de leur père… On sent que dans le verre, il y a une personne qui s’est exprimée. Au-delà de ça, le film raconte que le vin est à la fois un savoir-faire que l’on apprend par ses parents, un terroir, tellement de choses qui n’existent dans aucun autre produit. Le vin a quelque chose de mythologique, avec des dieux (Dionysos, Bacchus) très signifiants, qui mélangent la raison et le côté irrationnel. Bref, des choses assez complexes. Étrangement, le

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Grenoble : les bons plans des Mondaines

Auteures invitées | Les oiseaux chantent, le soleil brille de mille feux, et les envies de sortie reprennent de plus belle. C’est enfin le printemps ! Pour profiter un max des plaisirs grenoblois, nous, l’équipe des Mondaines qui dévoilons chaque semaine sur notre blog les spots les plus tendances de notre ville, vous avons concocté un street-parcours validé à 100% afin de rendre votre journée PAR-FAITE ! Mode, déco, food, détente… Vous nous suivez ?

Mary et Noemi, co-fondatrices des Mondaines | Mardi 25 avril 2017

Grenoble : les bons plans des Mondaines

Le Brunch ultime : Point Bar C’est bien connu, pour avoir des forces, un bon petit-déjeuner est de rigueur ! Voici une adresse incontournable, nichée dans le si mignon quartier des Antiquaires : le Point Bar, que notre équipe a testé, re-testé et approuvé à chaque fois ! Petit-déjeuner gourmand la semaine, brunch dévoré le week-end, le tout saupoudré d’une sacrée dose de bonne humeur amenée par Violaine et Laura, deux copines passionnées par la Good Food. Pour ne donner que quelques exemples, vous pourrez y déguster des saveurs d’ici comme les œufs à la coque et leurs mouillettes de beurre salé, le muesli maison et son lait froid ou encore le saumon délicieusement fumé, mais aussi des goûts d’ailleurs comme le filet mignon à la cacahuète et aux épices ou les tartines de houmous. Mais psssst, conseil d’amies : pensez à réserver, surtout le week-end pour le brunch ! Point Bar, 31 rue Servant Helena et Moi, les belles matières pour des vêtements de qualité

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"À ceux qui nous ont offensés" : fiche le camp !

ECRANS | de Adam Smith (É-U., 1h39) avec Michael Fassbender, Brendan Gleeson, Lyndsey Marshal…

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Colby Cutler règne en parrain despotique sur les siens, commanditant casses et larcins à tout va. Las de cette existence hors-la-loi, son fils Chad s’apprête à quitter sa roulotte avec femme et enfants pour se fixer dans une maison en dur. Mais Colby n’a pas l’intention de le laisser partir… Après Brad Pitt dans Snatch, voici Michael Fassbender en nouvelle incarnation du Gitan britannique – rien à voir avec leurs cousins du continent, souvent représentés de manière moins glamour chez Kusturica ou Gatlif. Ce constat mis à part, les problématiques rencontrées par cette population au Royaume-Uni sont identiques : pilote chevronné voulant se ranger des voitures, Chad goûte à l’ostracisme lorsqu’il s’aventure hors du clan. Un rejet que subit également sa progéniture, au grand bonheur de Colby : croyant à une forme de déterminisme social, un statu quo renforce son emprise sur le groupe. Film complexe, multiple, À ceux qui nous ont offensés marie à la fois le drame aux reflets shakespeariens et le polar sec, que rythment les courses-poursuites en bagnoles hurlantes et les dialogues au phrasé tourmenté, chahuté par

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Lucas Belvaux : « "Chez nous", un film pour participer au débat »

Interview | Cinéaste dont l’éclectisme n’est plus à prouver depuis sa "Trilogie" (2003), Lucas Belvaux revendique sans faux-fuyant sa volonté de contribuer à la réflexion démocratique.

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Lucas Belvaux : «

Etait-il envisageable de tourner Chez nous pour la télévision, ou d’en faire une prédiffusion télévisée pour être sûr qu’il soit davantage vu ? Lucas Belvaux : Non, je n’y ai même pas pensé. À la télé, les contraintes sont telles que j’aurais été moins libre : les budgets, le rythme – non pas de tournage, mais de production – et l’écriture sont très cadrés. Ce sont des films qu’il faut faire dans une liberté absolue. Vous aviez l’impératif du calendrier électoral… Bien sûr : il fallait sortir avec l’élection présidentielle pour participer au débat. Le même film, quelle que soit l’issue de l’élection, n’avait pas le même sens s’il sortait après. C’était avant ou jamais. Mais si la sortie du film est programmée par les élections, l’envie est née avant, pendant le précédent, Pas son genre. On tournait à Arras ave

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À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Festival | Les Rencontres cinématographiques de Saint-Egrève reviennent pour « 6 jours de fête autour du cinéma ». En tout, 34 films dont 9 avant-premières et 10 films jeune public seront projetés. Présentation de cette deuxième édition prévue du 17 au 22 février, à la Vence scène.

Julien Homère | Jeudi 16 février 2017

À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Pour ceux qui ont du temps libre et raffolent des buffets à volonté, le festival de Saint-Egrève À vous de voir promet pour sa deuxième édition un mélange de saveurs capable de rassasier la plus vorace des gourmandises. En guise de mise en bouche le vendredi 17 février, un concert des partitions de Nino Rota ou encore Georges Delerue donnera le "la" à "Musique et cinéma", la thématique du festival ici accommodée sur scène par 120 chanteurs servis show pendant 2 heures. Ce hors-d’œuvre déjà copieux avalé, optez pour un vol-au-vent à travers les montagnes mongols en compagnie de La Jeune Fille et son aigle (photo), documentaire d’Otto Bell. Si vous êtes soucieux des questions sociétales, vous ne resterez pas sur votre faim : Un paese di Calabria, là présenté par sa co-réalisatrice Shu Aiello, et Chez nous de Lucas Belvaux (en avant-première) montreront les côtés tantôt lumineux, tantôt sombres des crises migratoires européennes. Quant aux enfants, i

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"Chez nous" : Lucas Belvaux dans les coulisses de l'extrême droite

ECRANS | Désireux d’éveiller les consciences en période pré-électorale, Lucas Belvaux lance un coup de poing idéologique en démontant la stratégie de conquête du pouvoir d’un parti populiste d’extrême droite. Toute ressemblance avec une situation contemporaine n’est pas fortuite…

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Lucas Belvaux s’y attendait, il n’a donc pas été surpris : depuis la diffusion de la bande-annonce de son nouveau long-métrage, quelques élus du parti en ayant inspiré le scénario ont d’autorité (forcément) assimilé Chez nous à « un navet » (sic). Et considéré qu’il s’agissait d’un « film de propagande » (re-sic) n’ayant pas sa place sur les écrans, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle. Cela, bien entendu, sans l’avoir vu. Pourquoi un tel effroi de leur part ? Est-ce bien raisonnable de craindre de la résonance d’un si modeste film ? Sans doute : ils savent l’opinion malléable et supposent Chez nous susceptible de rappeler aux oublieux ces mécanismes à la Machiavel, permettant de manipuler le peuple en douceur – avec son consentement de surcroît. L’effet haine La protagoniste de cette histoire y est choisie par un cadre du Bloc Patriotique, parti populiste d’extrême droite, pour être tête de liste aux municipales de sa petite ville du No

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Guillaume Perret le Conquérant

MUSIQUES | En solo mais pas seul avec son sax multifonction, branché, électrifié, démultiplié, Guillaume Perret livre un album tellurique baptisé "Free". Une belle promesse de live proche de la transe et de l'électrocution à vivre vendredi 17 février sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 février 2017

Guillaume Perret le Conquérant

Dernièrement, on avait beaucoup croisé Guillaume Perret avec son Electric Epic (et à vrai dire dans toutes les configurations possibles). Cette fois, c'est en solo qu'il se présente avec en bandoulière son "hénaurme" et bestial sax et son dernier album Free, sorte de Minotaure discographique nous perdant dans les méandres de son imagination musicale. L'objet Free est toujours aussi positivement empreint de pesanteurs cinématographiques et de références rock. On avait, il n'y a pas si longtemps, évoqué à ce propos le compositeur de BO Bear Mc Creary (The Walking Dead, Battlestar Galactica), lui évoquait Rage against the Machine, et c'est toujours valable (Heavy Walk en témoigne). Free, finalement, renverrait moins automatiquement, en un réflexe pavlovien de l'auditeur au Free jazz qu'à la liberté totale que s'octroie ce jeune jazzman qui finit par être bien autre chose : une créature musicale hybride, électrifiant son instrument et jouant avec les pédales d'effets pour multiplier, non seulement ces derniers, les effets, mais aussi les instruments, se fabriquant guitares, pe

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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PB d'or 2016 : théâtre et danse

C'était 2016... | Une excellente surprise dansée et une salle qui mériterait d'être plus exposée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : théâtre et danse

Le PB d’or de la salle discrète mais nécessaire : l’Espace 600 Lové dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble, l’Espace 600 mène depuis des années un travail capital en direction du jeune public, avec une ligne artistique forte qui veut qu’un spectacle dit tout public soit aussi travaillé et réfléchi qu’un spectacle dit pour adulte. Comprendre, du coup, que cette scène est plus proche artistiquement de ses voisines type MC2 & co que d’une garderie où l’on demanderait simplement aux enfants de s’époumoner et de taper des mains face à des comédiens infantilisants simplement là pour obtenir un cachet. « Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence » comme l’écrivait en octobre dans une tribune publiée par nos soins la directrice Lucie Duriez. C’est exactement ça.

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Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

SCENES | Cette semaine est programmé à la Basse cour "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose", excellent et très drôle seul-en-scène sur les coulisses du théâtre qui tourne depuis cinq ans. Une des dernières occasions de le voir, avant de découvrir la suite. N’est-ce pas Grégory Faive ?

Aurélien Martinez | Lundi 5 septembre 2016

Grégory Faive : « On arrive à la centième représentation ! »

Le spectacle a vu le jour à l’automne 2011 à Eybens. Cinq ans plus tard, vous le jouez toujours : un succès qui doit être agréable ? Grégory Faive : Ce n’est pas désagréable, en effet ! Surtout qu’à chaque fois, on le réinvente : on passe d’un petit à un grand plateau, d’une petite à une grande jauge… C’est toujours une nouvelle aventure. Et puis dans le parcours d’une compagnie où l’on a souvent joué des spectacles quatre ou cinq fois, c’est appréciable de jouer autant, d’avoir un tel accueil où qu’on aille. Vous en êtes à combien de représentations ? On arrive à la centième ! Ce sera à Champ-sur-Drac le 14 octobre pour être précis. Et ensuite ? Là il y a une saison qui est pas mal remplie, mais je pense qu’on arrive progressivement vers la fin de la vie de ce spectacle. Un spectacle qui a permis de poser les jalons pour la suite que je suis en train de préparer… Vous l’écrivez vous-même (Pourvu qu’il nous arrive quelque chose est basé sur un texte de Philippe Torreton) ? Oui. Et ça y est, je m’y suis mis ! La suite

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Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

SCENES | Le collectif lyonnais s'arrête à Voiron et à Échirolles avec deux spectacles différents (une grande forme et un trio) néanmoins portés par la même ambition : celle d'un jonglage poétique fort en images.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

Avec Le Petit travers (à lire : notre interview), on est clairement du côté du jonglage poétique. Une poésie qui se retrouve jusque dans les titres à rallonge des spectacles que le collectif donnera cette semaine dans l’agglo grenobloise. Les Beaux Orages qui nous étaient promis d’abord, ballet pour sept interprètes à la technicité remarquable. Un art du jonglage parfaitement maîtrisé qui s’enrichit de l’apport d’autres arts, comme la danse ou encore la musique – elle a été créée par le compositeur Pierre Jodlowski, très branché musique contemporaine. Pan-Pot ou modérément chantant ensuite, petite forme pour trois jongleurs et une pianiste elle plutôt branchée classique (Liszt, Beethoven, Mozart, Bach, Wagner…) pour une incroyable chorégraphie de balles comme autant de notes de musique échappées de partitions invisibles. Poétique donc. On avait découvert Pan-Pot en

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Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Spectacles | Le collectif Petit travers, défenseur depuis treize ans d’un jonglage poétique fort en images, débarque à Grenoble avec deux spectacles – une grande forme pour sept interprètes et un trio avec piano. Deux véritables réussites qui nous ont donné envie de passer un coup de fil à Julien Clément, co-directeur artistique du collectif.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Avec le collectif, vous faites du jonglage, mais pas un jonglage simplement limité à la performance… Julien Clément : Oui. On utilise le jonglage comme un matériau, comme un outil de scène, comme une possibilité de langage. Et tout ça dans une visée poétique et musicale. On essaie de proposer un cadre assez simple pour jouer sur la surprise, pour avoir un spectateur à l’affût, pour l’étonner, le surprendre… Avec, en stars de chaque spectacle, les balles de jonglage. Même si, dans les deux créations que vous présentez à Grenoble, leur rôle est très différent… Pour chaque spectacle, on essaie de redéfinir cet objet, de savoir si c’est quelque chose d’abstrait ou si c’est un être animé d’une vie propre. Dans le tout début de Pan-Pot ou modérément chantant, il y a la mise en place de l’histoire de ces balles qui sont comme autonomes, qui ont leur trajectoire de vie : même si on comprend qu’elles sont jonglées, on ne voit pas les jongleurs, on ne voit pas leurs mains, ils sont vraiment dépersonnalisés. Pour Les Beaux Orages qui nous étaient promis, on a plus pris ces balles co

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« Un festival de découverte et de confirmation »

MUSIQUES | Depuis 2011 a lieu chaque début de printemps à Grenoble (et en Isère) un festival exigeant centré sur des musiques que l’on n’a pas l’occasion d’écouter tous les jours. Son nom ? Les Détours de Babel. Avant de zoomer sur l’alléchante programmation de cette sixième édition, on a causé programmation, langages musicaux ou encore élitisme supposé avec le boss Benoît Thiebergien. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

« Un festival de découverte et de confirmation »

En 2013, pour la troisième édition du festival, nous avions paraphrasé Antoine Vitez et titré notre article « Élitisme pour tous ». Vous reconnaissez-vous dans cette expression ? Benoît Thiebergien : Oui et non, je me méfie des "ismes". Vitez parlait de « théâtre élitaire pour tous ». Parlerait-on d’un festival « populiste » pour dire populaire ? La formule est à double sens. Soit elle fait référence aux élites qui savent ce qu’il convient de proposer au peuple pour l’éduquer : une vision obsolète de l’action culturelle aujourd’hui dans laquelle nous ne nous retrouvons pas. Soit elle considère qu’une démarche artistique exigeante que l’on pense réservée à quelques-uns est un a priori qui disparait quand elle va à la rencontre de tous les publics, qui sont souvent bien plus curieux qu’on ne le croit. C’est dans ce sens que je vous rejoins dans cette paraphrase. À Babel, on veut maintenir cette exigence artistique au centre de nos préoccupations avec des choix qui ne sont pas forcément "mainstream".

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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Sublime Arcosm

SCENES | On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 novembre 2015

Sublime Arcosm

On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et Camille Rocailleux (à droite donc !) qui sera en résidence à la Rampe d’Échirolles pendant trois saisons. Une bonne nouvelle tant les deux artistes (l’un chorégraphe, l’autre musicien) ont développé un langage commun original, matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès. Une résidence qui commence officiellement cette semaine avec la présentation de leur nouvelle pièce jeune public Sublime. Une pièce imaginée au sein d’un ensemble plus grand comme nous l’explique le chorégraphe Thomas Guerry : « On a d’emblée pensé ça en deux temps. Sublime est donc le premier volet de ce diptyque. Quant au second volet, il s’appellera Subliminal. Deux pièces qui vont tourner autour de notre rapport à l’image : pour Sublime, cette manière que l’on a de sans cesse sublimer notre image, de la manipuler pour ressembler à une icône ou à

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S'émanciper avec Brigitte Giraud

CONNAITRE | Elle sera à la librairie Decitre pour parler de son dernier roman : "Nous serons des héros".

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

S'émanciper avec Brigitte Giraud

L'apprentissage du deuil (la perte d’un être cher, une maladie, un exil…) qui parcourt les ouvrages de Brigitte Giraud depuis la parution de La Chambre des parents en 1997 est encore au cœur de son dernier roman, Nous serons des héros. Années 1970, Olivio et sa mère quittent le Portugal de Salazar pour trouver asile en France chez des amis. Si le gamin ne comprend pas pourquoi (le père a été arrêté par la police politique) et serre comme un vestige son chat Océano, elle sait qu’adopter une autre langue, trouver un travail, s’enticher d’un autre homme est le seul destin que lui a laissé sa patrie en proie à la dictature. La France, qui avait été la terre d’accueil de la petite Brigitte Giraud quittant l’Algérie (J’apprends), est ici racontée avec bienveillance. C’est là qu’Olivio grandit et s’émancipe jusqu’à aller seul voir ce Portugal enfin libéré par la douce Révolution des œillets. Sans jamais surligner les bornes historiques de son récit, Brigitte Giraud sait donner de l'ampleur à ce sujet déchirant du déracinement par la description de non-événements, furent-ils aussi banals que le débarrassage d’une tab

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

SCENES | Du jonglage, des acrobates vietnamiens et, bien sûr, du Yoann Bourgeois.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 septembre 2015

Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

Les Beaux Orages… / Pan-Pot… Né il y a plus de dix ans, le collectif Petit Travers déploie depuis un langage visuellement impressionnant construit autour de l’art du jonglage. Mais du jonglage grandiose et expressif qui, plus qu’un simple numéro, devient le cœur de leurs spectacles. Leur création de 2009 Pan-Pot ou modérément chantant, qui repasse cette saison à la Rampe, en est un exemple frappant : sur scène, une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre ; point. Un postulat de départ minime qui offre pourtant un grand moment de poésie visuelle, notamment lorsque les balles semblent devenir des notes de musique s’échappant de la portée imaginaire qui les maintient. Ces circassiens d’un autre genre seront également cette année au Grand Angle avec Les Beaux Orages qui nous étaient promis, création de 2013 (que nous n’avons pas vue) pour cette fois-ci sept jongleurs. « Cet effectif d

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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"Bounce !", la bloc party d'Arcosm

SCENES | Deux hommes, deux femmes, un parallélépipède et des tas de possibilités : avec "Bounce !", Thomas Guerry et Camille Rocailleux de la compagnie Arcosm affinent avec brio leur idéal de mise en geste du rythme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Dans 2001 : l'odyssée de l'espace, un enregistrement dans lequel le Dr. Floyd fait état de la découverte, sur la Lune, d'un monolithe de fabrication extraterrestre, se conclut par ces mots : « Son origine et sa fonction demeurent totalement mystérieuses. » On pourrait en dire autant de l'hexaèdre en bois qui se dresse au milieu du plateau de Bounce !, la nouvelle création de Thomas Guerry et Camille Rocailleux. En tout cas pendant ses cinq premières minutes. Passé ce délai et une collision inopinée avec un interprète, il deviendra tour à tour, par le truchement de subtils jeux de lumière et de la propension de ses concepteurs à faire du moindre élément de décor un support de jeu, une bombe à retardement, un bord de précipice, un cajón géant ou encore, justement, une allusion au film de Kubrick. Pour la beauté du geste Au fil des minutes, il apparaît surtout comme un condensé de la structure métallique d'Echoa, (l'indépassable ?) première création de la compagnie Arcosm, magnifiant comme elle par l'

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Ballaké Sissoko le Koriste

MUSIQUES | Au cœur de la programmation babélienne des Détours, qui s'ouvre plus que jamais aux têtes d'affiche (Bregovic, Abd-Al Malik), on retrouvera cette année celui qu'un instrument traditionnel ancestral d'Afrique subsaharienne a élevé au rang – et tant pis si le terme est affreusement éculé – de « citoyen du monde » : le prince de la kora Ballaké Sissoko qui a su, comme peu de ses congénères, semer un peu de graine d'avenir dans une tradition vieille comme le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 17 mars 2015

 Ballaké Sissoko le Koriste

On le sait au Mali, comme partout en Afrique subsaharienne mais là particulièrement, la kora (un croisement de luth et de harpe doté de 21 cordes, « sept pour le passé, sept pour le présent, sept pour le futur », dit-on) est un instrument noble aux origines mythiques. Un objet précieux qu'on ne met pas entre toutes les mains car sa pratique est réservée à une élite : les « griots ». Cela peut paraître anti-démocratique (et il existe des musiciens maliens qui n'ont pas hésité à contourner cette règle, et même des musiciennes comme Madina N'Diaye, femme, peule et koriste volontaire) mais c'est là le résultat d'une tradition séculaire construite sur une société de caste qui veut que, par exemple, les Diabaté et les Sissoko soient le plus souvent des dynasties de joueur de kora. De destin plus noble en tant que musicien, on ne peut guère rêver. Nouvelles cordes anciennes L'héritage familial de Ballaké Sissoko pourrait ainsi laisser croire qu'il est un pur fruit de cette tradition quand en réalité, il est surtout un autodidacte, un outsider musical que ses parents destinaient à une carrière d'avocat ou de médecin, comme c'est souvent l

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Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr, 32 min + 32 min) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca…

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

Après le très réussi 2 automnes, 3 hivers, Sébastien Betbeder est revenu au format court avec Inupiluk : en trente minutes bien tassées, il suit deux potes hipsters et glandeurs, Thomas et Thomas, qui accueillent Ole et Adam, venus directement du Groenland pour passer quelques jours en France. Ponctué par des notations intimes (le père de Thomas vit au Groenland, sa copine ne répond plus à ses SMS), Inupiluk s’amuse du décalage de langue et de culture pour tisser un récit de vacances à la Jacques Rozier, de la Tour Eiffel à la dune du Pilat. Cette sensation de liberté et d’improvisation est franchement séduisante, et Betbeder confirme sa capacité à séduire un air du temps contemporain qui laisserait l’inquiétude à la porte. Pour cette sortie en salles, il y a adjoint un autre court, Le Film que nous tournerons au Groenland, qui en est le prolongement logique : les deux acteurs retrouvent le cinéaste pour élaborer une suite où cette fois-ci ce sont les Français qui partiraient dans le village de leurs nouveaux amis gro

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Guillaume Perret : « J’ai toujours franchi les limites »

MUSIQUES | Jeune prodige du saxophone, le Français Guillaume Perret malaxe le jazz pour en faire une forme musicale on ne peut plus hybride. Véritable bête de scène, il sera cette semaine à la Bobine avec son groupe The Electric Epic pour défendre un second album très attendu. Et totalement réussi. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 4 novembre 2014

Guillaume Perret : « J’ai toujours franchi les limites »

Votre nouvel album Open Me fait suite à un premier qui fut unanimement salué à sa sortie en 2012... L’attente du public et des professionnels n’était-elle pas effrayante ? Guillaume Perret : Si, carrément. J’étais même mort de trouille ! Le premier, j’avais pris le temps de le faire, de rassembler toutes les compositions déjà en stock. Avec le groupe, on avait fait plein de concerts en amont du studio, pour roder le répertoire. Le travail en studio avait pris du temps, puis on avait sorti l’album. C’était donc monté petit à petit. Alors que pour le nouveau, avant même de commencer à l’écrire, je savais qu’il était attendu ! J’avais des échéances dès le début, avec une date de sortie envisagée. J’ai aussi commencé à bosser avec un manager et un tourneur qui ont fait un super boulot, qui ont balisé le parcours d’échéances professionnelles importantes bien évidemment nécessaires mais qui m’ont mis une pression de dingue ! L’album a été accouché dans la douleur. Surtout que je craignais de me laisser influencer par ce que les gens at

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Un pavé dans le jazz

MUSIQUES | « Un pavé de bœuf » : voilà comment le saxophoniste Guillaume Perret définit la matière brute de sa musique. Mais alors un pavé de bœuf qu'on aurait l'occasion (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 4 novembre 2014

Un pavé dans le jazz

« Un pavé de bœuf » : voilà comment le saxophoniste Guillaume Perret définit la matière brute de sa musique. Mais alors un pavé de bœuf qu'on aurait l'occasion de suivre à toutes les étapes de sa fabrication. Des râles horrifiques de la bête blessée jusqu'à sa mise en sauce, cela pourrait presque être un magnifique plaidoyer contre la maltraitance animale et pour le droit (des bêtes, hein) à la bestialité. Sans doute n'y a-t-il pas de hasard à ce que le dernier disque de Guillaume Perret s'intitule Open Me, tant il s'agit d'ouvrir en grand la boîte de Pandore d'une fureur indomptable, un animal libéré de sa cage, un diable sorti de sa boîte, un sax éléphantesque sorti de son étui.   On tremble beaucoup à l'écoute de ce très organique et tripal Open Me, sans doute autant que l'on vibre. Dans le grand cirque du jazz contemporain, Guillaume

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Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

SCENES | Quand un comédien et metteur en scène grenoblois s’empare de l’excellent "Petit lexique amoureux du théâtre" de Philippe Torreton et le complète par quelques textes piochés ici et là (du Shakespeare, du Lagarce, voire même du Muriel Robin), ça donne "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose". Un spectacle accessible et généreux à mettre devant tous les yeux. Rencontre avec Grégory Faive et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Grégory Faive : « Je ris pour ne pas pleurer »

Le spectacle rencontre un succès impressionnant depuis sa création en 2011... Grégory Faive : Je suis très heureux. Je profite de chaque représentation et de chaque retour avec le public parce que c’est rare – c’est la première fois que ça m’arrive ! C’était assez inattendu en plus, parce que j’ai préparé ce spectacle en marge d’un autre [Une souris grise de Louis Calaferte – ndlr]. C’était une tentative, pour voir ce que ça allait donner. Je suis donc heureux que ça plaise, que ça marche, et que ça soit reçu par un public si varié – ce qui, là aussi, n’a pas toujours été le cas dans mes autres spectacles ! Pourvu qu’il nous arrive quelque chose ouvre des discussions avec les amateurs de théâtre, les professionnels, les néophytes... J’imaginais que ce serait intéressant de partager ce texte, mais je n’avais pas prévu qu’il fasse écho aussi positivement chez les gens qui prati

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Pour le meilleur et pour le rire

SCENES | La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Pour le meilleur et pour le rire

La loge du comédien (« un endroit qui en raconte beaucoup sur ceux que vous voyez sur scène »), le trac avant de rentrer en scène (« le trac, c’est "Pourvu qu’il nous arrive quelque chose... " comme disent les marins lorsqu’ils montent sur leur bateau avant de prendre la mer »), le trou de mémoire (« sensation de chuter, d’être aspiré, le trou noir »)... Mais aussi le métier de comédien (« la plupart des gens vont travailler, les comédiens vont jouer »), le public (« je suis persuadé qu’il y a des gens qui ne toussent qu’au théâtre ») ou encore le rôle des critiques (« une bonne critique fait plaisir, une mauvaise énerve, mais souvent la réciproque est vraie »)... Dans son Petit lexique amoureux du théâtre, le comédien Philippe Torreton ausculte son art avec finesse et surtout recul, très loin des discours verbeux autocentrés. Une véritable déclaration d’amour au théâtre, à ses codes, ses figures, sa magie, que le comédien et metteur en scène grenoblois Grégory Faive transmet magistralement, en se mettant au service du texte – la

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« La musique savante n’est pas réservée à une élite »

ACTUS | Les Détours de Babel, ce n’est pas seulement un festival musical. C’est aussi un grand nombre de rencontres culturelles, débats, conférences et ateliers pédagogiques. Depuis deux ans, Vincent Tournoud est chargé d’actions culturelles, relations avec les publics et partenariats pour le festival. L’objectif est notamment d'ouvrir les portes au grand public. Rencontre. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Lundi 31 mars 2014

« La musique savante n’est pas réservée à une élite »

Ateliers de découverte, conférences, débats, sorties scolaires… Quel est le but de ce programme ? Vincent Tournoud : Pendant le festival, nous proposons un certain nombre de rendez-vous culturels, qui permettent soit d’aller plus loin sur une thématique abordée par un concert, soit de rendre plus accessibles les prestations du festival. Pour ce qui concerne le premier objectif, nous organisons par exemple un colloque sur l’énergie sonore. Et pour le second, nous faisons notre possible pour attiser la curiosité du public. La curiosité ? Oui, étant donné que le festival est tourné vers la musique de création, la plupart des concerts n’ont jamais été joués ailleurs. Les spectateurs n’ont donc aucune idée de ce qu’ils vont voir, ce qui peut en freiner plus d’un. Nous tâchons de faire en sorte que ce caractère inédit suscite la curiosité et non l’appréhension. Comment familiariser le grand public avec ce type de musique ? Nous organison

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