Bruno Messina : « Berlioz était un punk ! »

Festival | Cela fait maintenant 24 ans que La Côte-Saint-André accueille un festival dédié au compositeur français Hector Berlioz (1803 – 1869). D’année en année, l’événement prend de l’ampleur, à tel point qu’il est aujourd’hui l’un des plus grands festivals de musique classique de la région. Pour Bruno Messina, son directeur artistique depuis 2009, un tel rassemblement est un hommage logique pour celui qui, de son temps, a toujours vu les choses en grand.

Nicolas Joly | Mardi 27 juin 2017

Photo : H Coste / DR / Delphine Warin


Grâce à vous, Berlioz est un véritable un globe-trotter : après l'Italie en 2012 et l'Amérique en 2014, il se rend cette fois en Angleterre (le sous-titre de cette nouvelle édition est "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles"). Pourquoi ce choix ?

Bruno Messina : En réalité Berlioz était un vrai voyageur. Au XIXe siècle, il fut l'un des premiers compositeurs à connaître plus de succès à l'étranger qu'en France, et notamment en Angleterre.

Mais surtout, la musique classique est quelque chose qui peut tenir à l'écart les gens qui ne la connaissent pas. C'est donc plus facile d'amener le public à s'y intéresser en lui racontant une histoire, qui est celle de l'aventurier qu'était Berlioz. D'autant plus que Berlioz vouait un amour profond à l'Angleterre, un amour de cœur. Il découvrit Shakespeare à 24 ans, qui le fascina, et se découvrit en même temps une passion pour une actrice irlandaise, Harriet Smithson, qui sera le deuxième grand coup de foudre de sa vie et pour laquelle il écrira la Symphonie fantastique. C'est aussi cette histoire que l'on va raconter.

Son voyage au pays de Shakespeare a l'air de l'avoir beaucoup marqué. En tout cas c'est ce que l'on voit sur l'affiche du festival, sur laquelle il arbore un look complètement punk !

Mais Berlioz en son temps était un punk ! C'est pour cela qu'on l'a représenté de cette façon sur l'affiche, qui est un clin d'oeil à la pochette de l'album Anarchy in th U.K des Sex Pistols. Berlioz est quelqu'un qui a véritablement rompu avec la musique de son époque en s'éloignant des académismes français.

On a parfois l'impression que les grands compositeurs étaient des gens très sages qui mangeaient en levant le petit doigt, mais pas du tout. Berlioz était quelqu'un de subversif, en permanence dans la provocation. On m'a d'ailleurs fait le reproche de lui avoir mis du rouge à lèvres sur l'affiche et pourtant c'est lui qui, à un moment de sa vie, a envisagé de se travestir pour aller assassiner sa fiancée. Donc l'idée n'est pas de moi en réalité !

Votre capacité à sortir Berlioz des clichés habituels témoigne d'une connaissance très personnelle de celui-ci. Comment arrivez-vous à dépasser l'image traditionnelle du compositeur ?

Je m'intéresse à Berlioz à partir de l'homme qu'il était. Pas uniquement le compositeur et les quelques lignes qui lui sont consacrées dans les dictionnaires. C'est par exemple en lisant la correspondance personnelle qu'il tenait avec un ami isérois, que j'ai découvert son désir de faire un « concert shakespearien ». C'est-à-dire un concert qui rassemblerait toutes les œuvres que Berlioz a écrites en rapport à Shakespeare. Et bien ce rêve, qu'il n'a jamais pu concrétiser de son vivant, nous avons décidé de réaliser pour lui cet été.

Est-ce qu'un festival aussi fourni, centré autour d'une seule personnalité, peut être accessible aux néophytes qui ne connaissent pas du tout Berlioz ?

On travaille pour cela en tout cas, et c'est une volonté partagée par le Département de l'Isère qui nous soutient. Nous accueillons chaque année des gens issus de milieux totalement différents mais qui ont en commun de ne pas avoir eu accès à Berlioz. J'ai vu ces dernières années des jeunes étudiants qui n'avaient sur lui que des a priori et à qui je dis : sachez que Berlioz ce n'était pas quelqu'un de coincé, il était plus fou que vous, regardez la vie qu'il a eue ! Ou bien des agriculteurs à qui je dis : vous croyez que Berlioz c'est un autre monde ? Mais lui-aussi a vécu des produits de sa ferme, pas de ses compositions ! Et en prenant les gens par la main, comme cela, je vous assure que je ne les ai jamais déçus.

L'un des éléments qui rend ce festival si particulier, c'est son cadre : La Côte-Saint-André, dont Berlioz est natif. Comment vous êtes-vous approprié ce lieu ?

D'abord de façon anthropologique. Ayant une double formation de musicologue et d'ethnologue, je me suis demandé : quel était le contexte de Berlioz ? Qu'est-ce qu'on dansait à son époque ? Qu'est-ce qu'on mangeait ? Afin de pouvoir le transmettre aux spectateurs.

Ensuite, le lieu n'étant pas destiné à accueillir des concerts, il a fallu faire des forces de nos difficultés. Ainsi, notre festival est peut-être le seul au monde où l'on peut venir écouter la pastorale de Beethoven [le festival ne programme pas que des œuvres de Berlioz – NDLR] et certains soirs, du haut des gradins, voir des vaches brouter sur la colliine de La Côte-Saint-André.

Festival Berlioz
À La Côte Saint-André du 18 août au 3 septembre

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Un Festival Berlioz tout en majesté

Festival | Pour l’acte 2 du 150e anniversaire de la mort du fameux compositeur français, le Festival Berlioz nous annonce "Le roi Hector". L’an passé, l’acte 1 nous avait montré un "sacré Berlioz". In fine, on célèbre chaque année à La Côte-Saint-André un sacré roi Hector Berlioz par toutes ses facettes, dans tout son génie. La preuve une nouvelle fois cet été.

Pascale Clavel | Mercredi 19 juin 2019

Un Festival Berlioz tout en majesté

Hector Berlioz (1803 – 1869), compositeur si singulier dans l’histoire de la musique, est chaque année fêté en grande pompe en Isère, et toujours avec de la démesure, du faste, du grandiose mais aussi beaucoup d’émotions. Car il ne faut jamais oublier que si Berlioz fut un immense compositeur, cela ne peut le résumer entièrement, lui qui était aussi chef d’orchestre, écrivain, journaliste, grand voyageur, amoureux transi, visionnaire fou… Et surtout autodidacte talentueux. Pour cette édition 2019 du Festival Berlioz, clin d’œil appuyé au roi Hector (le compositeur) donc, doublé d’un autre clin d’œil au fameux roi Hector de L’Énéide (la fameuse épopée de Virgile écrite entre 29 et 19 av. J.-C.) tué par Achille au cours de la guerre de Troie. Cette programmation a ainsi été tricotée à partir de cette histoire et de ce que Berlioz en a fait. Ouverture en fanfare De la démesure pour l’ouverture samedi 17 août, puisqu’un village troyen sera installé au cœur même de La Côte-Saint-André (dans lequel on pourra notamment se prendre au jeu du tir à l’arc – encore un clin d’œil, pauvre Achille !) ; de la démesure en

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Berlioz, un sacré musicien ; et ce n'est pas le Festival Berlioz qui va dire le contraire !

Festival | Chaque fin d’été à La Côte-Saint-André, Berlioz renaît. Le Festival est ainsi devenu un événement musical incontournable pour les amoureux d’une musique française romantique inclassable. 2018, un cru prestigieux.

Pascale Clavel | Mardi 19 juin 2018

Berlioz, un sacré musicien ; et ce n'est pas le Festival Berlioz qui va dire le contraire !

Après le succès d'une édition 2017 "so british", le Festival Berlioz se tourne cette année vers les œuvres sacrées de Berlioz et, en même temps, annonce l'acte 1 des commémorations du 150e anniversaire de la mort du compositeur (disparu en 1869). Par son ambiguïté, le thème "Sacré Berlioz" résume bien l’homme à la personnalité singulière : compositeur romantique avant-gardiste, écrivain, poète, orchestrateur hors cadre, maître de l’idée fixe (ce thème principal obsessionnel qui ne vous lâche jamais…), Berlioz poussa l’écriture de ses mélodies comme personne : des phrases fiévreuses, des envolées charnelles, jamais décoratives, des thèmes qui vous collent aux oreilles, absolument. Il fallait oser, sacré festival ! Un festival qui s’ouvrira, samedi 18 et dimanche 19 août à Saint-Pierre-de-Bressieux, sur une grande fête des moissons avec musiques et métiers d’antan. On y retrouvera la folle ambiance d’un village dauphinois comme on y vivait au XIXe siècle : les batteuses,

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Le Festival Berlioz, les sorcières et les loups-garous

Festival | La Côte-Saint-André se prépare : fin août, l’incontournable Festival Berlioz va résonner dans tous les contreforts de l’Isère. Une nouvelle programmation qui a une couleur toute particulière : les sorcières seront au rendez-vous, les monstres et les diables vont sortir du bois.

Pascale Clavel | Lundi 18 juillet 2016

Le Festival Berlioz, les sorcières et les loups-garous

Berlioz : un romantique génial, un orchestrateur hors-norme, un chef d’orchestre impétueux, un compositeur rare écrivant avec autant de brio une symphonie qu’un oratorio. Il a composé des mélodies sublimes, des opéras grandioses, a été nourri aux œuvres de Shakespeare et de Virgile, s’est immergé dans les légendes les plus énigmatiques. La musique de Berlioz reste unique. C’est logiquement dans sa ville natale que s’est installé depuis longtemps un festival qui lui rend un vibrant hommage. Pour cette nouvelle édition s'invitent du décalage, de l’humour, du grand, du beau, un brassage d’ingrédients subtils, des chemins musicaux de traverse. Une recette succulente à faire pâlir les chefs les plus étoilés ; et dans la marmite, un mélange plutôt original avec du cinéma, une intégrale pour piano de Chopin, des monuments de la musique berliozienne, de la poésie de Baudelaire, de la danse et d’autres joyeuses surprises. Recette gagnante L'ouverture est en forme de bizarrerie, le public étant invité à se rendre au château et, devant, à se laisser surprendre : ici des contes et des légendes, là une dégustation de produits du terroir, là-bas des concerts,

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En Isère, la droite joue la culture

ACTUS | On murmure dans les couloirs du conseil départemental de l’Isère que la nouvelle majorité de droite, élue il y un an, soutient la culture. Voire même que les subventions augmenteraient. L’annonce semble irréelle. Pour en avoir le cœur net, on est allés rencontrer Patrick Curtaud, vice-président à la culture, et quelques acteurs culturels plutôt satisfaits.

François Cau | Mardi 19 avril 2016

En Isère, la droite joue la culture

Un an après avoir ravi le département à la gauche, la nouvelle majorité départementale de droite présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains) prend ses marques. Et l’action, en matière de culture, semble lancée. « Il y a eu peu d’opposition à l’augmentation du budget du département » annonce dans un sourire Patrick Curtaud, chargé de la culture au département. Après les dernières années plutôt sombres de la présidence du socialiste André Vallini, voilà l’éclaircie. Pour 2016, le département annonce 12% d’augmentation par rapport à l’an dernier. Soit 1.5 millions d’euros en plus pour le budget de la culture. « Aujourd’hui, en cette période trouble, où l’on parle de vivre ensemble et de laïcité, la meilleure façon d’apprendre des autres, c’est le développement de la culture » assure Patrick Curtaud. Une politique de gauche appliquée par des gens de droite ? Il y a de quoi perdre le nord. « La culture n’est ni de droite, ni de gauche » continue le vice-président à la c

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L'été des festivals autour de Grenoble

ACTUS | Certes, on a sorti fin juin notre supplément consacré au festivals en Rhône-Alpes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas reparler de ceux prévus autour de Grenoble en juillet et août ; qu’ils soient branchés musique, spectacle vivant ou les deux ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

L'été des festivals autour de Grenoble

10 – 12 juillet Le Vercors Music Festival Pour la première édition de ce nouveau festival prévu à Autrans, les organisateurs (et notamment le programmateur Jean-Philippe Bruttmann, compositeur et guitariste de son état) se sont offert quelques têtes d’affiche, sans doute pour marquer les esprits. Les excellents Moriarty, groupe au folk tendrement barré et bricolé, et la pimpante Yael Naim seront de la partie. Tout comme l’Américaine Ilene Barnes, à la voix impressionnante, et le guitariste américain de jazz fusion Al Di Meola. « Toutes les esthétiques musicales seront présentes autour des deux scènes du festival, mais auront toutes pour point commun de placer la guitare au centre des attentions. » Ça se tient. 15 – 19 juillet Merci, Bonsoir ! Encore un nouveau festival ! Dans le cadre de la première édition de l’événement spectacle vivant (versant arts de rue) et musique Merci, Bonsoir ! organisé à Grenoble (à la Bifurk et au parc Flaubert) par l’association

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Le Festival Berlioz surprend encore !

MUSIQUES | Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un (...)

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

 Le Festival Berlioz surprend encore !

Pas facile d’imaginer été après été un festival dédié à un même compositeur sans risquer de tourner en rond. Le Festival Berlioz réussit pourtant à surprendre avec un programme à l’inspiration chaque fois renouvelée, grâce à une maline approche thématique. Sans oublier les tubes berlioziens tels la Symphonie Fantastique, le festival nous emmène cette année sur la route Napoléon (qui relie les Alpes et la Côte d’Azur) et sous la figure impériale de… Napoléon. Bonaparte est au centre des choix musicaux des invités, dont le chef Daniel Kawka avec trois évocations napoléoniennes (Schönberg, Castérède, Honegger), ainsi que d’une création mêlant les polyphonies corses d’A Filetta et un orchestre signée Bruno Coulais. Et comme on ne saurait fêter Berlioz sans ses œuvres XXL pour masses orchestrales et chorales, le festival investira le Théâtre antique de Vienne pour une nuit autour du monumental Te Deum dirigé par François-Xavier Roth réunissant près de 1000 pros et amateurs. Une nuit symboliquement ouverte aux jeunes et clôturée par une relecture jazz avec Louis Sclavis, Vincent Segal et l’Arfi. Excusez du peu. Philippe Yves

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Harold en Amérique

MUSIQUES | Après les Bleus, c’est au tour du Festival Berlioz de s’envoler pour l’Amérique du Sud à l’occasion de sa vingt-et-unième édition, ordonnée par Bruno Messina sous l’intitulé imaginaire “Berlioz en Amérique au temps de la révolution industrielle”. En point de mire : le Brésil et la ville de Rio de Janeiro, dont Hector Berlioz fut membre correspondant de l’Académie impériale des Beaux-Arts. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Mardi 24 juin 2014

Harold en Amérique

Ça commencera fort : lors de sa journée inaugurale, le jeudi 21 août, le Festival Berlioz reprendra le concert monstre qu’Hector Berlioz échafauda à Paris le 1er août 1844 dans le cadre de l’Exposition de l’Industrie. Ce jour-là, devant un parterre de 8 000 spectateurs, le fils du docteur de la Côte-Saint-André mobilisa l’essentiel des forces musicales de la capitale dans une grande œuvre qu’il dirigea pour mille exécutants. Un désir que Berlioz caressa d’abord comme un rêve, mais qu’il put répéter à quatre reprises dans la salle du vaste Cirque Olympique. Afin de réitérer cet exploit, le festival se déploiera à grande échelle et investira l’Usine-pensionnat Girodon. Cité ouvrière édifiée à Saint-Siméon-de-Bressieux dans les années 1870, l’établissement réunissait, dans un même espace, lieu de production et d’habitation. Pour cette odyssée monumentale, le jeune chef français Nicolas Chalvin (photo) dirigera, outre son Orchestre des Pays de Savoie, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, le Chœur Emelthée et les amateurs rhône-alpins ayant voulu souscrire à cette aventure. Escale transatlantique Admiré par Berlioz, à qui il succéda en 1869 à l’Institut de F

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Berlioz à la Côte

MUSIQUES | Du 22 août au 1er septembre, le Festival Berlioz fêtera ses vingt ans avec "L'homme-orchestre", programme anniversaire en l'honneur du fils du pays né le (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 juin 2013

Berlioz à la Côte

Du 22 août au 1er septembre, le Festival Berlioz fêtera ses vingt ans avec "L'homme-orchestre", programme anniversaire en l'honneur du fils du pays né le 11 décembre 1803 à la Côte-Saint-André. Un sous-titre qui nous rappelle une caricature anonyme de 1850 dépeignant le compositeur affublé d'un tambour et portant dans le dos un instrument à vent plus proche du tromblon que du trombone. Maître des expériences orchestrales et des effectifs géants, Hector Berlioz consigna ses études et pratiques dans deux livres : un Traité de l'instrumentation et de l'orchestration moderne, suivi de l'essai Le Chef d'orchestre : théorie de son art, recherches que certains considérèrent en leur temps comme des extravagances. À l'exemple de la symphonie Harold en Italie, qui sera donnée le 25 août par la Chambre philharmonique d'Emmanuel Krivine (photo), où sur un sujet emprunté au poète anglais Byron, le maestro développe une ballade symphonique tracée comme un chemin d'honneur pour le violon alto. Autre orfèvre des masses musicales, Ludwig von Beethoven, que Berlioz considérait à la fois comme un génie, un bienfaiteur et un ami, sera présent chaque jour p

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MUSIQUES | C’est traditionnellement fin août que la Côte-Saint-André honore Hector Berlioz, le fils prodige né dans la capitale de la Bièvre le 11 décembre 1803. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 22 juin 2012

Berlioz à la Côte

Niché au milieu des terres froides, le village de la Côte-Saint-André voit grandir Hector Berlioz jusqu’à ses dix huit ans. L’âge du départ pour Paris, où un Bac es lettres en poche, le côtois se destine à faire médecine comme papa. Mais rapidement, les études du carabin se voient contrariées, celui-ci préférant la musique à la thérapie. Inscrit au Conservatoire de Paris, il se consacre alors exclusivement à sa muse, jusqu’à obtenir en 1831 un premier prix de Rome en récompense de sa cantate Sardanapale. Protégé de l’Académie de France, il quitte dès lors la capitale pour mettre pied à terre à la Villa Médicis, « palais » d’attache des lauréats. Nuits romaines Après les nuits fantasmagoriques de Berlioz Liszt et le Diable, c’est la période italienne du compositeur que s’attache à faire vivre Berlioz et l’Italie, un carnaval romain. Du 22 août au 2 septembre et aux quatre coins du village, l’évocation du voyage transalpin de Berlioz imaginé par Bruno Messina, directeur de l’agence iséroise de diffusion artistique, donnera lieu à plus de cinquante événements. Onze soirées orchestrales se dérouleront dans la cour du

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Rock star classique

MUSIQUES | Cette année, le plantureux Festival Berlioz consacre une part non négligeable de sa programmation au contemporain hongrois d’Hector, le compositeur et (...)

François Cau | Vendredi 8 juillet 2011

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Cette année, le plantureux Festival Berlioz consacre une part non négligeable de sa programmation au contemporain hongrois d’Hector, le compositeur et pianiste virtuose Franz Liszt. Mieux : dans le cadre du Château de la Côte-Saint-André sera projetée une œuvre à même de secouer violemment le public, Lisztomania (1975) de Ken Russell. Ce réalisateur anglais malheureusement trop méconnu (seulement deux de ses films, Tommy et Le Repaire du Ver Blanc, sont édités en DVD chez nous) procède ici comme dans toutes ses biographies cinématographiques. A l’instar de ses films consacrés à Mahler, Tchaïkovski ou encore Rudolph Valentino, le cinéaste, profondément iconoclaste, ne se soucie pas vraiment de coller stricto sensu aux grandes étapes de la vie de son sujet (la relation “vampirique“ entre Liszt et Richard Wagner est ainsi totalement fantasmée), mais livre sa propre interprétation de son œuvre, à travers une imagerie très – d’aucuns diront trop – baroque. Au gré d’une mise en scène évoquant la frénésie d’Andrzej Zulawski, Ken Russell transforme Franz Liszt (campé par Roger Daltrey, chanteur des Who) en véritable rock star de son temps, notamment lors d’une scène de concert éloquente. E

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L’influence shakespearienne

MUSIQUES | Cinés concerts classiques / Deux semaines de programmation, 18 000 spectateurs et pas moins de 16 éditions, le festival Berlioz de la Côte-Saint-André (qui (...)

François Cau | Mercredi 8 juillet 2009

L’influence shakespearienne

Cinés concerts classiques / Deux semaines de programmation, 18 000 spectateurs et pas moins de 16 éditions, le festival Berlioz de la Côte-Saint-André (qui n’est autre que la ville natale du compositeur Hector Berlioz) est aujourd’hui un rendez-vous estival très prisé des amateurs de musique classique de la région Rhône-Alpes. Loin de s’enterrer dans un processus de programmation « facile » et convenue, le festival s’attache plutôt à développer les sens et la réflexion de son auditoire. La preuve en image cette année avec les cinés concerts, qui seront à l’honneur les 19, 21 et 23 août au sein du cinéma le Club de la Côte-Saint-André. Trois films seront ainsi projetés et mis en musique par l’Ensemble Carpe Diem, dirigé par Jean-Pierre Arnaud : deux productions d’Orson Welles, MacBeth (1948) et Othello (1952), puis une version de Falstaff réalisée pour le festival par l’Ensemble Carpe Diem lui-même. Point commun, ces trois projections se voient réunies sous la musicalité de Verdi, le cinéma d’Orson Welles (qui avait réalisé son propre Falstaff - Chimes at Midnight en 1965) et la littérature de Shakespeare. Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que les travaux respectifs de Ve

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