King Doudou : le discours (musical) d'un roi

DJ | DJ hors pair et producteur de premier plan (pour PNL notamment), surfant aux confluences du rap, des musiques latines et afro-caribéennes et des sonorités électroniques, l’irréprochable King Doudou sera de passage à Grenoble pour deux dates consécutives (dont une grosse soirée au Drak-Art). On revient du coup sur son parcours.

Damien Grimbert | Mardi 20 juin 2017

Photo : Beaurepaire Studio


Ce n'est un secret pour personne : aussi exaltante puisse-t-elle sembler a priori, la confrontation entre différents univers musicaux est dans les faits un exercice souvent casse-gueule au possible. Utilisation alibi de samples soi-disant "exotiques", fusion bouillabaisse putassière de styles antinomiques, pales copies occidentalisées d'esthétiques nées dans des conditions socio-culturelles bien spécifiques… : les écueils dans lesquels les aspirants au genre, aussi bien intentionnés soient-ils, peuvent sombrer à chaque instant sont littéralement innombrables.

À ce petit jeu risqué, pourtant, le DJ/producteur lyonnais Hugo Douster, rebaptisé depuis quelques années King Doudou, a toujours excellé. Passionné de rap français et de musiques caribéennes depuis son plus jeune âge, il possède en effet une connaissance en profondeur des racines et évolutions des différents styles musicaux qu'il aborde et entremêle... Ainsi qu'un talent inné pour savoir séparer le bon grain de l'ivraie, cultivé pour moitié sur le terrain et pour moitié sur internet.

Entre mainstream et avant-garde

Entamée dans la deuxième moitié des années 2000 à l'occasion d'un séjour prolongé en Argentine, sa carrière, déjà riche de nombreuses étapes et bifurcations, l'a ainsi amené à collaborer avec toute une constellation de labels et d'artistes des quatre coins du monde, parmi les plus excitants à avoir émergé ces dernières années. Aujourd'hui producteur pour le duo des Tarterêts PNL, la jeune égérie barcelonaise du dancehall autotuné Bad Gyal ou encore le rappeur d'origine haïtienne Jeff Chery (pour n'en citer qu'une poignée), King Doudou n'a pas pris pour autant ses distances avec les pistes de danse.

Auteur d'innombrables remixes et edits percutants au possible, où les stars du rap sudiste américain croisent la nouvelle génération du rap français sur fond de rythmiques dembow, baile funk, trap ou coupé-décalé, il continue de faire suer abondamment les dancefloors de France et d'Amérique Latine, au sein de sets ultra-énergiques où s'entremêlent basses surpuissantes, nappes de synthé étincelantes et rythmes tropicaux syncopés.

King Doudou
Au bar-restautant Ici Grenoble vendredi 23 juin à 21h
Au Drak-Art samedi 24 juin à 23h


Le Drak-Art invite King Doudou

+ PHILOU PASSE DES DISQUES + KLVVS + VELASQUEZ
Drak-Art 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Avis de tempête

MUSIQUES | DJ/producteur défricheur, toujours en quête de sonorités inédites, Douster apporte depuis quelques années un vent de fraîcheur bienvenu à la scène électronique française. Rencontre avec un pionnier de la vague tropicale, parti depuis explorer de nouveaux horizons. Propos recueillis par Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 11 juin 2012

Avis de tempête

On vous a découvert en 2009 avec une série de mixes frénétiques, influencés par les musiques ghetto des quatre coins du globe. Comment avez-vous mis les pieds là-dedans ?Douster : Par le biais d’Internet essentiellement. Je pense que c’est mon background "rap" qui m’a poussé à rechercher ces styles un peu ghetto venus du monde entier. Mes mixes étaient des espèces de compilations de "musiques du monde", mais avec la même thématique de production électronique ; et oui, des musiques qui viennent plus ou moins du ghetto.  Le fait de vivre en Argentine à l’époque, ça a joué un rôle à votre avis ?C’est vrai qu’à mon arrivée là-bas, j’ai découvert la cumbia villera, et ça m’a pas mal influencé. J’ai commencé à faire des productions mélangeant de la cumbia avec du rap ou des musiques plus électroniques, ce qui a bien plu aux gens de Zizek [le principal label électronique de Buenos Aires, sur lequel Douster a fait ses débuts  – NdlR]. Ils m’ont pas mal poussé à aller jouer devant du monde, et du coup, c’est là-bas que j’ai fait des DJ-sets en club pour la première fois. Donc c’est vrai qu’étant immergé dans

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