26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Flavien Berger

Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps.

À la Belle électrique samedi 26 janvier


Indianizer + L'Éclair

Serait-ce l'influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méconnus de ces décennies. Après les Hollandais Altin Gün et The Mauskovic Dance Band en 2018, c'est ainsi aux Turinois d'Indianizer et aux Genevois de L'Éclair d'investir la Bobine en 2019, pour un résultat qu'on espère aussi flamboyant.

À la Bobine vendredi 1er février


SCH

Révélé en 2015 avec le succès massif de sa mixtape A7, le Marseillais SCH s'est rapidement imposé parmi les nouveaux poids lourds du rap français avec un univers assez unique en son genre où s'entrecroisent storytelling et égotrip, instrus planantes et bangers percutants, flow mi-agressif mi-lancinant et ambiances volontiers cinématographiques. Après deux albums en major en demi-teinte, il a repris son indépendance pour sortir à l'automne JVLIVS, troisième opus très réussi en forme de concept-album qu'il viendra défendre sur la scène de la Belle électrique à l'occasion de son premier passage à Grenoble.

À la Belle électrique vendredi 1er février


Pongo

Chanteuse de Lisbonne d'origine angolaise à la voix envoûtante, Pongo peut se vanter d'avoir réussi là où tant d'autres échouent avec une consternante régularité. En y infusant de légères touches de pop, de dance music et de dancehall, elle a en effet su adapter aux attentes du grand public européen les rythmiques syncopées explosives des musiques urbaines de son pays d'origine (kuduro, afro-house…), sans jamais les travestir ou les aseptiser pour autant. Une gageure qui nous incite d'autant plus à la découvrir en live à Eve, où elle partagera la scène avec Al'Tarba & Senbeï et Thems à l'invitation de l'asso Retour de scène.

À l'Espace vie étudiante (campus) mardi 5 février


Fontaines D.C.

Leur album à paraître est l'un des plus attendus de ce début d'année 2019. C'est que la hype qui entoure ces Irlandais (D.C. pour Dublin City), ressortissant du label des groupes Idles et Cigarettes After Sex, est forte comme une gorgée de Guinness, ce qui lui vaut des comparaisons acrobatiques avec Joy Division aussi bien qu'avec le U2 séminal (origines obligent), The Strokes, The Fall ou The Undertones – cochez la ou les cases qui conviennent. Une réputation justifiée par un mélange de post-punk glaçant et batailleur qui ne se dépare jamais de son élégance, et de références raffinées telles que James Joyce. Cette année, on ne dira pas « Fontaines... »

À la Bobine vendredi 8 février


Steve 'n' Seagulls

Il fallait au moins être finlandais, pays où le culte du hard rock pèse lourd, pour accoucher d'un tel concept : reprendre les plus grands tubes du rock bruitiste (d'Offspring à Jimi Hendrix, de Guns N' Roses à Van Halen, de Nirvana à Steppenwolf, de Led Zeppelin à Metallica) en version bluegrass et en faire autre chose que de simples anecdotes musicales jouées en se mordant la joue – si leur reprise d'Antisocial de Trust avec un accent finlandais plein la bouche est à se tordre, celle du November Rain des Guns est, au sens propre, à pleurer. Car ces types, qui en sont à leur troisième déclinaison sur album de cette formule, sont de véritables virtuoses. Et transforment chaque anthem de rock qui tache en envie de danser autour d'un bivouac en headbanguant comme un damné.

À l'Ilyade dimanche 10 février


Rhoda Scott

À 80 ans dont 72 consacrés à son instrument fétiche (celui d'une fille de pasteur : l'orgue), Rhoda Scott est entrée dans la légende. Et pour fêter son arrivée dans sa neuvième décennie, elle a choisi de réunir autour d'elle un all-star band de jazz entièrement féminin. Celle que l'on a pu voir comme l'une des rares instrumentistes de jazz à s'être offert une place aux côtés de noms tels que George Benson, Count Basie ou Ella Fitzgerald a ainsi invité à ses côtés quelques jeunes talents – Julie Saury et Anne Paceo (batteries), Aurélie Tropez (clarinette) et Géraldine Laurent, Lisa Cat-Berro et Sophie Alour (saxophones) – pour un spectacle mêlant morceaux originaux et reprises.

À la MC2 mardi 12 février


Omar Souleyman

Omar Souleyman, c'est un peu le Rachid Taha syrien, qui a su assaisonner la musique traditionnelle de son pays de modernité électronique. Sauf que lui n'a pas été nourri au départ au biberon punk mais au dabke du Proche-Orient qu'il pratiquait pour vivre. En la branchant sur des synthétiseurs et des ordinateurs, Souleyman, qui vit aujourd'hui en exil en Turquie, a transformé la chose en énorme hype musicale prisée par les représentants les plus pointus de la pop mondiale – Damon Albarn, Björk, Four Tet… Plus que ça, la recette conçue par l'homme à l'éternel keffieh et à la moustache surplombante est une irrésistible invitation à la transe.

À la Belle électrique jeudi 14 février


Ange

Figure culte du rock progressif français et même du rock progressif tout court, Ange semble (peut-être du fait de son nom) résolument immortel. De même que son culte semble immuable. En 2019, la formation de Christian Décamps (72 ans), produit post-soixante-huitard par excellence et par essence, fête ses 50 ans d'existence. Et a, pour célébrer ça, entamé il y a quelques mois une tournée au long cours (deux ans). Manière de boucler la boucle d'une histoire du rock français pas comme les autres.

À la Source jeudi 14 février


Cyril Cyril + Bégayer

Respectivement originaires de Genève et de Grenoble-Chambéry, Cyril Cyril et Bégayer n'ont pas seulement en commun des noms un peu surprenants au premier abord. Chacun auteurs de disques très convaincants sortis à l'automne (Certaine Ruines pour les premiers, Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit pour les seconds), ils partagent également une passion similaire pour les musiques folkloriques d'ici et d'ailleurs, l'expérimental, la chanson décharnée, le rock dissonant et l'improvisation à tout crin. Ce qui ne les empêche pas pour autant d'évoluer chacun dans des registres très différents, comme leur concert commun à la Bobine ne devrait pas manquer d'en témoigner.

À la Bobine vendredi 15 février


Thylacine

Etonnant voyageur de l'électro, Thylacine est un adepte des albums déracinés, composés sur la route – ce qui n'est pas peu dire. Après un Transsiberian conçu à bord du célèbre train, le producteur français a parcouru l'Argentine dans une caravane vintage transformée en studio. D'où il a tiré son album à venir, fortement et forcément influencé par les paysages physiques et mentaux traversés à cette occasion. Lesquels renforcent l'effet hypnotique des productions tout en délicatesse de cet électronicien aux semelles de vent.

À la Belle électrique vendredi 8 mars


Moms I'd like to Surf + Cannibal Mosquitos

C'est très clairement LA formation instrumentale à ne surtout pas manquer en live. Et ça tombe bien : après avoir embrasé successivement cet été les scènes de l'Engrenage, du Cabaret frappé et du festival Jour & Nuit, l'époustouflant quatuor de Chambéry Moms I'd like to Surf sera de retour dans l'agglo pour délivrer leur interprétation haut de gamme de la surf music californienne des années 1960. Au programme, ambiance caniculaire, bonne humeur de tous les instants et plaisir de jouer communicatif.

À la Source jeudi 14 mars


Rendez-vous

Depuis la sortie de leur premier EP en 2014, et plus encore de leur premier album Superior State en octobre dernier, les Parisiens de Rendez-Vous sont le sujet de discussions enflammées au possible chez les fans de rock. Acclamés comme le messie par les uns pour leur romantisme noir et leur énergie sauvage et incandescente (le groupe dispose en effet d'atouts scéniques assez incontestables), énièmes représentants d'un revival post-punk / cold-wave qui n'en finit plus de tourner à vide pour les autres (ce qui n'est pas complètement faux non plus), la formation a dans tous les cas le mérite de ne laisser personne indifférent.

À la Bobine vendredi 15 mars


Lucky Peterson

« Le légendaire bluesman américain Lucky Peterson, maître de la guitare blues et de l'orgue Hammond B3, célèbrera son 50e anniversaire de scène en 2019. Il sera de passage à la Belle électrique pour un concert exceptionnel » assure la salle. D'accord.

À la Belle électrique dimanche 17 mars


Dominique A

Dominique A, saison 2. Au printemps dernier, le Nantais avait publié l'album électro-rock Toute latitude, avec l'idée de lui donner pour successeur un disque plus acoustique et, si cela est possible le concernant, plus intimiste. Avec l'idée aussi d'une tournée adaptée à chacune des sorties. Après un premier passage grenoblois pour Toute latitude, revoici donc sur la scène de la Belle électrique un Dominique A plus dépouillé pour le deuxième acte live de cette année (pas si) schizophrène et si riche de créations – il a également publié une autobiographie en chansons Ma vie en morceaux. Celle, pas anodine, de ses 50 ans.

À la Belle électrique jeudi 21 mars


Supersonic invite DeLevallet Bidiefono

On connaissait déjà le caractère pantagruélique des projets de Thomas de Pourquery, parmi lesquels son Supersonic est sans doute le plus caractéristique – notamment lorsqu'il s'était mis en tête de « jouer Sun Ra », cette figure tout aussi orgiaque du jazz déviant. Cette fois, De Pourquery et son band supersonique ont choisi, à la remorque d'un long séjour en République démocratique du Congo, de convier, autour de l'idée de transe, la compagnie de danse du chorégraphe congolais contemporain Delavalett Bidiefono. Une création qui devrait voyager loin sans ménager aucune monture.

À la Source samedi 23 mars


Hamza

Rappeur et beatmaker belge d'origine marocaine, Hamza est sans doute l'un des artistes les plus intrigants à avoir émergé de la scène rap bruxelloise ces dernières années. Sorte d'ovni fantomatique adepte d'un flow trainant et versatile mi-rappé mi-chanté qui n'est pas sans rappeler parfois la star d'Atlanta Young Thug, il conjugue ainsi d'innombrables expérimentations sur la forme sans jamais s'éloigner d'un fond paradoxalement très basique – champagne, filles faciles, réussite ; on ne vous fait pas un dessin. Une sorte d'esthète de l'égotrip en quelque sorte, dont on a en tout cas très hâte de découvrir le potentiel sur scène.

À la Belle électrique mardi 26 mars


Guillaume Perret

Jeune prodige du saxophone, le Français Guillaume Perret malaxe le jazz pour en faire une forme musicale on ne peut plus hybride. Et en live, c'est une véritable bête de scène !

Au Théâtre municipal jeudi 28 mars


Christophe Chassol

Sorte d'Indiana Jones aussi aventurier qu'entomologiste des musiques contemporaines, pop et électro, Christophe Chassol mêle à ses recherches musicales une véritable inclination pour l'image. On pourra le constater lors de son passage aux Détours de Babel où cette dernière (l'image) fera plus qu'illustrer les représentations de son Indiamore, variation en quatre mouvements autour de la musique modale indienne, et du Six Pianos de Steve Reich – œuvre minimaliste pour... six pianos que Chassol interprétera néanmoins en solo sous une forme déstructurée. Un must.

À la Source mardi 2 avril


Mulatu Astatke

Il aura fallu 40 ans pour que la musique de Mulatu Astatke, considéré comme le père de l'éthio-jazz (cette forme de jazz bien à part née dans la corne de l'Afrique dans les années 1960), parvienne jusqu'à nous – grâce soit rendue aux indispensables compilations Ethiopiques du label Buda Musique publiées en 1999. Celui qui se forma notamment dans les clubs new-yorkais et au prestigieux Berklee College of Music (dont il fut le premier étudiant africain), puis qui côtoya Duke Ellington, connaît depuis une seconde carrière qui le voit notamment apparaître sur la BO du Broken Flowers de Jim Jarmusch et jouer sur toutes les scènes du monde en un mérité retour de hype.

À la Belle électrique vendredi 5 avril


Caballero & JeanJass

Fervents défenseurs d'un rap déconneur et potache mais néanmoins parfaitement maîtrisé sur toute la ligne, les rappeurs belges Caballero et JeanJass s'accaparent avec aisance tous les codes et les tendances du rap contemporain pour mieux les introduire au sein de leur univers volontiers cartoonesque. Une recette qui leur a permis de fédérer un vaste public pas forcément fan de rap à l'origine, mais séduit pas leur humour et leur absence totale de prétention. Après un premier passage à guichets fermés à Eve en 2017 aux côtés de Roméo Elvis, on ne serait pas surpris que leur nouvelle date à la Belle électrique connaisse rapidement le même sort.

À la Belle électrique jeudi 11 avril


Miossec

Avec son dernier album, c'est une facette inédite du chanteur brestois que l'on a découverte fin 2018. Disque de survivant perpétuel (y plane l'ombre de la vie dissolue et de la maladie du chanteur) particulièrement inspiré, Les Rescapés surprend surtout par sa facture musicale résolument électronique et synthétique aux résonances aussi nostalgiques que révélatrices, dans ses élans pop, d'une envie d'aller de l'avant. De trouver toujours un moyen supplémentaire de se relever et de vivre sa vie à fond sans pour autant succomber aux excès. De composer coûte que coûte, dans les intervalles des coups bas de l'existence, une petite mélodie du bonheur.

À la Belle électrique vendredi 12 avril


Tamino

Il porte en guise de double prénom Tamino, du nom du prince de La Flûte enchantée de Mozart, et Amir, qui évoque ce même titre de noblesse en arabe. Il est anversois mais ses origines courent jusqu'en Égypte. On ne peut qu'y voir une somme de déterminismes qui font de Tamino un artiste unique au talent tiraillé, héritier du magnifique rock belge (on pense beaucoup aux impeccables Balthazar) puisant dans ses racines orientales. Mais aussi la réincarnation possible de la grâce de Jeff Buckley, baladant son timbre sur toutes les octaves possibles et ses semelles de vent jusqu'aux confins du monde de la tradition égyptienne. À la fois ange surplombant et prince doublement conquérant.

À la Belle électrique mercredi 17 avril


P.r2b

Nouvelle coqueluche du label défricheur de la pop française underground La Souterraine, P.r2b, de son vrai nom Pauline Rambeau de Baralon, est une drôle de jeune femme dispensant une drôle de chanson. Diplômée de la Fémis (fameuse école de cinéma parisienne), compositrice de musiques de films et de pubs, la jeune chanteuse (et clarinettiste) officie sur un terrain mouvant. Comme si une réincarnation féminine de Léo Ferré réinterprétait Jean-Roger Caussimon sur un épais lit d'électronique avec un magnétisme fascinant.

À la MC2 mercredi 15 mai


Angèle

Difficile d'échapper au phénomène Angèle, récemment interrogée dans ces pages sur sa notoriété explosive. C'est qu'en une poignée de titres et un album (Brol, particulièrement applaudi à sa sortie cet automne), la jeune Belge (par ailleurs sœur du rappeur Roméo Elvis) a su imposer un mélange de chanson cool, de hip-hop décontracté et d'électro R'n'Bisante nourri d'autodérision. Le résultat est au « croisement de Rihanna, de Lily Allen et de la Schtroumpfette » comme l'écrivent les salles (de plus en plus grandes) qui la programment. On ne saurait mieux dire.

Au Summum jeudi 23 mai


Anne Sylvestre

Inutile de présenter Anne Sylvestre qui, entre textes engagés teintés de féminisme et fabulettes pour enfants, survole à sa manière la chanson française tout en empruntant des chemins de traverse bien éloignés des autoroutes médiatiques. 60 ans que ça dure, et l'intéressée est la première à s'en étonner sincèrement. La voici qui revient sur scène avec un nouveau spectacle titré… 60 ans de chansons ! Déjà ? Un tour de chant rempli de classiques, de nouveautés et de pépites méconnues.

Au Diapason (Saint-Marcellin) samedi 25 mai

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